• L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville, s'étend à perte de vue. C'est là qu'une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L'un d'entre eux est chargé d'étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l'usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais lorsqu'il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine. Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s'occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L'adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu'à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

  • Il y a ces papiers légers qui entourent les agrumes, avec leurs images et leurs mots venant de Sicile ou d'Andalousie. Il y a une petite fille qui, dans l'Allemagne convalescente des années d'après la Seconde Guerre mondiale, les collectionne et rêve avec eux. Il y a le monde qui l'entoure et qu'elle effleure. Et à la fin il y a ce conte moderne qui rend visible, avec une infinie précaution, l'espace inquiet de ce qui s'ouvre à la sortie de l'enfance. On retrouvera dans ce récit le sens quasi tactile qui fait tout le prix des enquêtes menées par Hanns Zischler. Collection « Détroits » fondée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe.

  • « Par ce mélange de lucidité, de brièveté dans l'aphorisme, d'originalité dans la forme, de comédie astucieuse, de désolation métaphysique, de contrainte philosophique et de sagesse humaine, l'oeuvre de Lydia Davis est sans doute unique dans la littérature américaine. » James Wood, The New Yorker

    « Aussi puissante que Kafka, aussi subtile que Flaubert et aussi représentative de son époque - à sa manière - que Proust de la sienne... Ce qui ressemble à un jeu est infiniment sérieux... Elle vous remplit de joie. Il n'existe aucun écrivain comme elle. » Ali Smith, The Guardian

    « Ce qui rend excitantes, parfois palpitantes [les nouvelles de Davis], c'est son habileté à ciseler une phrase, sa capacité à écrire avec une précision féroce, électrisante. Elle capture les mots tel un chasseur et utilise la ponctuation comme un piège... Un esprit original, audacieux. » Colm Toibin, The Sunday Telegraph

    « La meilleure styliste pour ce qui est de la prose américaine. » Rick Moody

    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Rabinovitch

  • « Prendre des risques, écrire à partir de la marge, être étranger chez soi. La maison de l'étranger est l'art, la littérature en particulier. Il y retrouve sa terre et son exil. Il y rencontre à la fois sa demeure et l'exclusion de cette demeure. L'aliénation, de ce merveilleux mot estrangement en anglais. Le processus qui transforme quelque chose de familier en quelque chose de non familier. D'étrange, même. Être artiste, c'est débusquer l'inquiétante étrangeté de l'être au sein du familier. C'est être défamiliarisé, par soi-même ou par les autres. Comme circuler en train dans un paysage que l'on connaît - on (y) est à la fois le même et un autre. » Un travail sur le temps, son épaisseur et sa densité, les sensations et impressions qu'il laisse en nous : voici ce qui semble être un moteur dans l'écriture de ces courts textes qui captent, avec cet outil imparfait qu'est la langue, tout ce qui peut se passer l'instant d'une rencontre, lors d'une confrontation à une oeuvre d'art, durant un moment a priori anodin. De là, peut-être, ce style à l'infinitif, ces phrases averbales, qui tentent de retenir les émotions et pensées, de les figer sur la page pour en faire comme des trésors à revenir, plus tard, contempler et méditer.

  • Dans Figures de l'étranger dans la littérature française, l'écrivain et penseur marocain Abdelkebir Khatibi, place Marguerite Duras aux côtés de Segalen, de Jean Genet et de Roland Barthes, de ces écrivains `exotes' qui ont transformé leurs voyages dans les pays lointains en une plongée dans l'étrangeté et en une expérience initiatique riche et féconde qui leur a permis de sortir de leur culture, de libérer leur regard et d'aller à la rencontre de l'autre. C'est peut-être avec Marguerite Duras que cette rencontre va le plus loin, aussi bien pour l'écrivain que pour le lecteur, parce qu'elle n'est pas seulement découverte d'un ailleurs géographique, culturel et/ou mental, mais exploration des zones inconnues et ténébreuses de soi-même.

  • Mère et fille se rendent au Japon à l'occasion de la fête de hanami pour apprendre à « regarder les cerisiers ». À la lisière des codes et des conventions, elles y découvrent une réalité souvent insolite : la minutie d'un maquillage, les yeux pénétrants d'un robot nommé Pepper, l'art des gelées, l'architecture colorée des love hotels, l'hyperréalisme des sampurus - tout ce qu'elles voient leur apparaît sous un angle neuf. Comment ajuster leur regard à ce « monde courbe » ? Voyagerait-on pour ces fulgurants changements d'aiguillages, ces perceptions de scènes que l'on comprend à peine et qui ébranlent les sens ? Ce voyage où tous les repères sont déboussolés trouve son prolongement dans l'écriture.
    Sans autre indication que leurs styles distinctifs pour démêler leurs voix, on suit ces deux auteures au plus près de l'émerveillement, de la pensée brute, dans un pays énigmatique qui offre une matière idéale à leur carnet.

  • Je suis allé voir l'aube quand le clair n'était pas encore. Je trouve le présent, cette seule connaissance utile. La couleur nommée, la main pose la nécessité de l'instant et la survie des identités. Le trait illumine, dispose l'oeil à la disparition de l'habituel. Ici commence le parcours. Une infinie tendresse. Au premier pas, je prends congé des mémoires. Je porte le jour comme une fidélité au présent, le seul moment qui soit. Je préfère à l'étroit ce qui advient au regard. Pour tracer le matin il me manque les mots jamais rencontrés. Je me refais près du corps. Une joie avance au bout du champ. On dirait des paupières traçant l'éternité. Comme le théâtre Nô, quelque chose arrive et gagne la proximité. Aujourd'hui tout se fait rare, les choses sans nom, l'envers, l'endroit. L'étrange c'est plus sûr. L'éphémère, de l'autre côté de l'oeil. L'aube c'est bleu, parfois jaune et ocre.

  • Le docteur Jekyll est un homme bon et loyal. M. Hyde, lui, est un individu étrange, capable des pires crimes. Pourquoi alors Jekyll a-t-il fait son testament en faveur de Hyde ? Pourquoi le laisse-t-il venir chez lui à n'importe quelle heure ? Serait-il victime d'un chantage ? Le vieux docteur Lanyon aimerait bien savoir. Peut-on être à la fois homme de bien et criminel, Jekyll et Hyde ?

  • Une oeuvre dramatique composée de trois pièces courtes. Un triptyque cubiste où la parole fait acte ; où le quotidien révèle son étrangeté ; où les univers de l´intime sont explorés ; où la voix des personnages compose comme une musique brisée.

  • Pierre Schlémihl, jeune homme pauvre, vend son ombre au diable contre la fortune à volonté. Cependant, Pierre découvre que la perte de son ombre le transforme en monstre banni de la communauté humaine et c'est en vain qu'il essayera de racheter son ombre au diable.
    Parmi les premiers romans fantastiques, L'histoire merveilleuse de Pierre Schlémihl a apporté la gloire littéraire à son auteur. Ecrit presque en même temps que le Frankenstein de Mary Shelley, il annonce déjà l'univers du Dracula de Bram Stocker ou le fantastique d'un Rosny aîné et, comme ces grands classique, c'est un incontournable du genre.

  • Après avoir exploré la « Couronne Sud » et la « Couronne Nord » dans les deux premiers tomes des Cartographies, La Mèche réunit dans ce troisième volet des fictions, récits et textes inclassables qui donnent à lire des trajectoires d'écrivain.e.s de toutes provenances. Sans s'arrêter à une zone géographique spécifique, «Translations » s'intéresse aux expériences, fictives ou réelles, de déracinement territorial, de même qu'aux thématiques de l'identité, de l'altérité et de l'étrangeté.
    Ces nouvelles Cartographies promettent un voyage fascinant au coeur de six univers singuliers, entre un quartier chaud et criminalisé de Naples, un périple nauséeux en haute-mer au large de l'Islande, les années new wave dans les discothèques de Londres, les bidonvilles de Lyon, un séjour décevant au Caire, et un message poétique généré par le biais d'ondes radio venues du cosmos.
    Avec les textes de Mélikah Abdelmoumen, Maryse Andraos, Véronique Béland, Daniel Canty, Patrice Lessard et Éric Mathieu.

  • Trois jours, c'est le temps qu'un adolescent va passer dans un village isolé, où il décide de planter sa tente en plein mois de février. sa démarche insolite éveille la curiosité des villageois et bientôt, la méfiance tourne à la suspicion lorsque survient dans son sillage une série d'évènement étranges. Chacun, au coeur de ce village pétrifié de froid, projette ses fantasmes et ses peurs sur le jeune inconnu...

  • Au-delà d'un imaginaire légendaire connu et d'une tradition gothique qui, de Melmoth à Dracula, a durablement marqué le fantastique européen, la littérature irlandaise contemporaine a inventé de nouvelles formes d'expression de l'inquiétude et du spectral. Qu'il s'agisse des résurgences d'une histoire longtemps occultée ou d'une appréhension subtile des seuils du réel, les écrivains irlandais du XXe siècle ont cartographié des territoires de l'étrange toujours troublants, quelquefois drôles, souvent implacables. De Elisabeth Bowen à Eavan Boland, de Beckett à Banville en passant par William Trevor, John McGahern ou Ciaran Carson, ils ont su donner corps à l'effroi lucide d'une culture où poétique et politique se sont toujours mêlés.

  • Un homme traverse un désert. Deux amies partent en excursion. Un éleveur de chevaux quête son chemin vers l´hippodrome. Une foule se fait parachuter des billets de loterie. Au début, tout semble vraisemblable... Et puis, soudain, une faille - un regard différent, une attention autre, une logique détournée, un ancrage précis - et nous voilà entraînés malgré nous dans une histoire bien étrange.

    Côtoyant tantôt l´absurde, tantôt l´horreur, la fantaisie ou le mystère, les nouvelles réunies dans ce recueil s´amusent, dans un style juste et délicat, à nous surprendre, parfois à nous confondre, pour nous faire réaliser que la vie n´est pas toujours aussi ordinaire qu´on croit.

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