Sciences humaines & sociales

  • Enfin un ouvrage emballant qui met de côté les malheurs de l'Acadie pour mieux démontrer à quel point les pionnières et pionniers du 17e siècle faisaient preuve de créativité, d'industrie et d'audace dans la création d'un nouveau pays en terre d'Amérique ! Écrits avec entrain et enthousiasme, les 20 textes présentés dans ce livre nous racontent les grandes premières qui ont marqué une période peu connue du grand public. Le livre rassemble une iconographie très riche dont certaines illustrations n'ont jamais été présentées auparavant. Un beau cadeau en cette année 2019 qui accueille le 5e Congrès mondial acadien !

  • Presque deux cents ans avant l'arrivée en France de près d'un million de Pieds-Noirs contraints de quitter l'Algérie, l'administration française avait déjà dû faire face à une première vague de rapatriement de colons. Entre six mille et huit mille réfugiés venus du Canada et de l'Acadie arrivèrent dans divers ports français en 1758. « Toutes vos terres et habitations, bétail de toute sorte et cheptel de toute nature, sont confisqués par la Couronne [britannique], ainsi que tous vos autres biens, sauf votre argent et vos meubles, et vous devez être vous-mêmes enlevés de cette Province qui lui appartient. » L'ordre de déportation du lieutenant-colonel John Winslow était sans appel. Alors que l'Acadie était définitivement passée aux mains des Anglais en 1713, la reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre lors de la guerre de Sept Ans conduisit à la déportation systématique des Acadiens. Après leur arrivée en France, le gouvernement met en place diverses mesures, notamment des projets de défrichement ou encore la distribution de secours journaliers de six sous. Mais l'intégration de ces réfugiés dans la population métropolitaine ne sera pas aisée. Progressivement, les voix de différents administrateurs s'élèvent contre la prétention des réfugiés de former un « corps de nation », solidaire et récalcitrant. L'irrégularité du versement de la solde, les retenues et les retards fréquents, tout comme les inégalités entre réfugiés, voilà ce qui caractérise leur sort en France. Parviendront-ils à réintégrer la mère patrie ?

  • Infatigable travailleuse, organisatrice et négociatrice chevronnée, pédagogue d'une grande modernité, Marie-Esther Robichaud a oeuvré à la professionnalisation de l'enseignement et a favorisé, par ses méthodes et son mentorat, le développement de nombreuses carrières dans le domaine. Dans cet ouvrage, Nicolas Landry retrace le parcours de Marie-Esther Robichaud et met au jour sa contribution inestimable à l'avancement de l'éducation en français en Acadie.

    L'examen minutieux de la correspondance que Marie-Esther Robichaud a entretenue avec plusieurs enseignant-e-s et administrateurs, de même que l'étude de ses rapports d'inspection des écoles révèlent ses vues sur le recrutement et la formation des maîtres, la langue d'enseignement, l'absentéisme des élèves, la discipline ou encore les conditions matérielles d'enseignement. Surtout, ces documents d'archives donnent à connaître une femme d'avant-garde dans un milieu et à une époque où le pouvoir décisionnel est encore détenu par les hommes.

    La biographie professionnelle de cette pionnière ouvre une fenêtre sur les défis vécus par les enseignant-e-s francophones du comté de Gloucester, dans la Péninsule acadienne, et plus largement sur les enjeux de l'éducation en Acadie entre 1929 et 1965.

  • Caraquet, l´une des trois plus anciennes paroisses acadiennes du Nouveau-Brunswick, fait partie de cette nouvelle Acadie qui surgit au lendemain de la Déportation lorsque les rescapés de 1755 s´établissent un peu partout dans les provinces maritimes, au Québec et en Louisiane. Cet ouvrage, qui puise dans les travaux de nombreux historiens acadiens, ne prétend pas être une synthèse historique de Caraquet de 1760 à 1860, mais plutôt une série d´études thématiques de sa population francophone à l'ère où elle se dotait d'institutions religieuses, éducationnelles, politiques et économiques. Les paramètres, l´approche et les sources de ces études sont applicables à d´autres régions côtières de l´est du Canada à la même époque.

    Les six chapitres de cet ouvrage dressent un portrait de la communauté en abordant des constituantes incontournables de son histoire. Ils s'intéressent à l'occupation du territoire et aux tendances dans le comportement démographique; à la structure économique de la région et plus particulièrement à celle de la pêche alors que les pêcheurs étaient subordonnés au système de crédit jersiais avant la Confédération de 1867; à l´Église missionnaire et à l´éducation. Grâce à la collaboration du Musée acadien de Caraquet, des photos permettent d'effectuer une convergence entre l´histoire fondamentale et l´histoire appliquée, surtout matérielle.

  • La première édition de La jointure du temps, parue en 1997, a reçu le prix Champlain du Conseil de la vie fran­çaise en Amérique.

    Dans cette nouvelle édition revue et augmentée, l'auteur offre une réflexion lim­pide et approfondie sur le pays, l'art et l'Univers. Il étoffe ses propos de ses années d'expérience en tant que cinéaste et producteur?; de la création d'un film, à la naissance d'un studio, en passant par la traduction d'un poème, il aborde ces thèmes de prédilection avec respect et lucidité, non sans une pointe d'humour, repoussant encore plus loin les champs d'exploration jusqu'au cosmos dont il nous ouvre la porte en un clin d'oeil.

  • Analyse sociopolitique, ces essais étudient l'identité et son rapport à la modernité à partir de deux perspectives : la première, de longue durée, évalue le processus de modernisation qui s'est imposé en Occident depuis le début des « Temps modernes » (XVIe et XVIIe siècles) ; la deuxième, perspective plus contemporaine, analyse l'hypermodernité qui traverse nos sociétés au cours des années récentes. Plus concrètement, les essais tentent de comprendre les transformations identitaires de nos sociétés à lapproche XXIe siècle, à la lumière des conséquences du processus de modernisation sur lidentité.

  • L'Acadie, depuis ses débuts, a fasciné explorateurs, colonisateurs, voyageurs, historiens et écrivains. Ceci s'avère particulièrement vrai pour l'Acadie qui précède le « Grand Dérangement ». Cette Acadie souvent mythique et mythifiée s'est trouvée figurée sous des formes diverses dans le discours littéraire et historiographique. L'Acadie des origines explore les différentes manifestations de ce mythe aussi bien dans l'imaginaire que dans la réalité, des textes fondateurs aux représentations contemporaines. Les spécialistes explorent ici une variété de facettes de ce mythe à la vie longue, notamment la cartographie, la construction discursive, les pratiques linguistiques et socioculturelles et les études littéraires.

  • Dans « Faire société », Joseph Yvon Thériault poursuit l´analyse des tribulations identitaires de l´Acadie et des francophonies minoritaires du Canada qu´il avait amorcée en 1995 dans L´identité à l´épreuve de la modernité (Prix France-Acadie).

    S'il y a une constante et une originalité dans l´aventure des francophonies d´Amérique du Nord, c´est bien celle de vouloir faire oeuvre de civilisation en français dans le continent anglo-américain. Cette idée, présente déjà en Amérique française, a été reprise et réinterprétée dans le projet canadien-français, et reconduite, depuis les cinquante dernières années, principalement par la mouvance nationaliste québécoise.

    Aujourd'hui, pourtant, en Acadie et au sein des francophonies minoritaires, l'ambition de faire société demeure présente même si elle est mise à rude épreuve, que ce soit au plan de la réalité - le fait minoritaire - ou de la représentation - leur exclusion de l´imaginaire québécois et l´attraction de l´imaginaire canadien. Entre l´affirmation d´une continuité nationale unissant Canada français et francophonies minoritaires, et celle d´une rupture ayant disloqué le Canada français en autant de fragments constitutifs de la mosaïque multiculturelle canadienne, la tension reste forte.

    Si le Canada français n´est plus une réalité historique ni un espace sociopolitique commun, il en reste une trace encore lisible. Une mémoire vivante qui vient d´une expérience historique particulière, mais dont il faut chercher le sens. La lecture de cette trace se différencie selon le lieu à partir duquel on lit cette tradition : de l´Acadie, de l´Ontario français, du Québec.

    Les essais réunis dans Faire société, écrits de 1995 à 2005, relatent les enjeux et les écueils rencontrés par les francophonies minoritaires dans leurs parcours récents qui visent à faire société. Cet ouvrage rend compte de ce fait.

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