• Qu'est-ce qu'une religion sans dieu unique, sans Église, sans clergé, sans dogme ni credo, sans promesse d'immortalité ? Brosser le tableau de la religion civique des Grecs c'est, en s'efforçant de répondre à cette question, s'interroger sur le statut de la croyance dans ce type de commerce avec l'au-delà, sur les rapports du fidèle à ses dieux, sur la place restreinte qu'occupe l'individu dans cette économie du sacré.Engagé dans les institutions de la cité, le religieux apparaît orienté vers la vie terrestre : il vise à ménager aux citoyens une existence pleinement humaine ici-bas, non à assurer leur salut dans l'autre monde.Ce que la religion laisse en dehors de son champ et que des courants sectaires et marginaux prennent en charge, la philosophie se l'appropriera : élaboration du concept de transcendance, réflexion sur l'âme, sa nature, son destin, recherche d'une union de soi et de dieu en purifiant l'âme de tout ce qui n'est pas en elle apparenté au divin.J.-P. Vernant

  • Une monnaie, une page de rhétorique, un graffiti, une humble dédicace, rien n'est insignifiant pour l'historien. Puisant de façon très subjective dans les matériaux épars laissés par les Grecs et leurs émules de la Sicile au Soudan, de l'Attique à l'Asie

  • Jean-Pierre Vernant raconte les mythes de la Grèce ancienne. Il évoque les origines de lUnivers, la guerre des dieux et les liens que lhumanité na cessé dentretenir avec le divin. De la castration dOuranos aux ruses de Zeus, de linvention de la femme au voyage dUlysse, des aventures dEurope au destin boiteux ddipe et à la course aux Gorgones, lauteur nous fait entendre ces vieux mythes toujours vivants.Jean-Pierre Vernant, qui a consacré sa vie à la mythologie grecque, nous permet alors de mieux en déchiffrer le sens souvent multiple. Cest à cette rencontre entre le conteur et le savant que ce livre doit son originalité.Dans son Avant-popos, Vernant écrit : « Dans ce livre, jai tenté de livrer directement de bouche à oreille un peu de cet univers grec auquel je suis attaché et dont la survie en chacun de nous me semble, dans le monde daujourdhui, plus que jamais nécessaire. Il me plaisait aussi que cet héritage parvienne au lecteur sur le mode de ce que Platon nomme des fables de nourrice, à la façon de ce qui se passe dune génération à la suivante en dehors de tout enseignement officiel.Jai essayé de raconter comme si la tradition de ces mythes pouvait se perpétuer encore. La voix qui autrefois, pendant des siècles, sadressait directement aux auditeurs grecs, et qui sest tue, je voulais quelle se fasse entendre de nouveau au lecteurs daujourdhui, et que, dans certaines pages de ce livre, si jy suis parvenu, ce soit elle, en écho, qui continue à résonner. »

  • Supposons un instant que le dirigeant de la Banque de France, le directeur de la police et celui des Archives nationales soient des esclaves, proprits titre collectif du peuple franais. Imaginons, en somme, une Rpublique dans laquelle certains des plus grands serviteurs de l'tat seraient des esclaves.Ils taient archivistes, policiers ou vrificateurs de la monnaie : tous esclaves, quoique jouissant d'une condition privilgie, ils furent les premiers fonctionnaires des cits grecques. En confiant des esclaves de telles fonctions, qui requraient une expertise dont les citoyens taient bien souvent dnus, il s'agissait pour la cit de placer hors du champ politique un certain nombre de savoirs spcialiss, dont la matrise ne devait lgitimer la dtention d'aucun pouvoir. Surtout, la dmocratie directe, telle que la concevaient les Grecs, impliquait que l'ensemble des prrogatives politiques soit entre les mains des citoyens. Le recours aux esclaves assurait ainsi que nul appareil administratif ne pouvait faire obstacle la volont du peuple. En rendant invisibles ceux qui avaient la charge de son administration, la cit conjurait l'apparition d'un tat qui puisse se constituer en instance autonome et, le cas chant, se retourner contre elle.Que la dmocratie se soit construite en son origine contre la figure de l'expert gouvernant, mais aussi selon une conception de l'tat qui nous est radicalement trangre, voil qui devrait nous intriguer.Paulin Ismard est matre de confrences en histoire grecque l'universit Paris 1 Panthon-Sorbonne. Il a rcemment publi L'vnement Socrate (Flammarion, 2013, prix du livre d'histoire du Snat 2014).

  • Françoise Frontisi-Ducroux raconte quelques grands mythes du féminin liés à la quenouille et au métier à tisser.
    Par ce choix, elle nous convie à une traversée de la politique des sexes où l'on passe sans cesse des figures de la mythologie aux réalités du quotidien chez les mortels.
    Si l'art d'entrelacer est un savoir-faire des femmes, le tissage suppose jeux et tensions entre masculin et féminin – comme dans le rapport nécessaire entre la chaîne et la trame sur le métier à tisser.
    Pour notre bonheur, l'auteur met en scène quelques grandes dames de la mémoire de nos cultures d'aujourd'hui : Ariane, Hélène, Pénélope, Philomèle et Procné, Arachné...
    Ce livre nous éclaire sur une histoire sans fin qui met en jeu des mécanismes imaginaires où s' " entrelacent " masculin et féminin.
    Françoise Frontisi-Ducroux, helléniste, sous-directeur au Collège de France a publié, entre autres, Dédale, mythologie de l'artisan en Grèce ancienne (Maspero, 1975/ La Découverte, 2000), Le Dieu-masque (La Découverte/ École française de Rome,1999), Du masque au visage (Flammarion, 1995), L'Homme-cerf et la Femme-araignée (Gallimard, 2003) et, avec Jean-Pierre Vernant, Dans l'oeil du miroir (Odile Jacob, 1997).

  • Sparte

    Edmond Levy

    SparteDe légende héroïque ou noire en travestissement idéologique, Sparte a souffert de ne devenir que difficilement objet d'histoire. Edmond Lévy offre au lecteur français une belle synthèse de ce que la recherche la plus scrupuleuse sait sur l'État lacédémonien. Quelle forme de pouvoir s'y exerce ? Devant quel type de société sommes-nous ? Qu'en est-il vraiment de la mystérieuse kryptie et de la vie des femmes ? Sparte, cité renfermée sur elle-même ou impérialiste, malgré toutes les tensions, connaît une véritable stabilité, mais ne réforme pas ses institutions. Prisonnière de son passé, Sparte a été la première victime de son mythe.Edmond LévyAncien membre de l'École française d'Athènes, il a été professeur d'histoire grecque et doyen de la faculté des sciences historiques de Strasbourg. Il dirige la revue Ktèma.

  • Explorez les trésors de la civilisation de la Grèce antique !



    La civilisation de la Grèce antique et ses nombreux apports culturels ont marqué durablement et profondément l'histoire et les contours du monde tel qu'on le connaît aujourd'hui. Littérature, philosophie, mythologie, architecture, système politique, sciences, sport et traditions... cet ouvrage complet, nourri de l'imaginaire grec et de sa mythologie, offre un fantastique tour d'horizon de la Grèce antique.


    Dans La Grèce antique pour les Nuls, vous partirez à la rencontre des anciens Grecs, participerez aux guerres persiques (prenez garde à vous !), avant de prendre la parole dans l'agora et devenir maître dans l'art de philosopher. Vous êtes curieux d'en savoir plus sur la vie au coeur de la cité ? Découvrez la vie de famille, les conditions des travailleurs, les questions des citoyens. Ce sont autant d'éléments du quotidien qui vous permettront également de mieux comprendre les croyances, mais aussi les mythes et pratiques religieuses des Grecs anciens. La Partie des Dix, enfin, dressera pour vous le top des dix plus grandes inventions grecques, de la machine à vapeur (eh oui !) à la monnaie, vous contera dix mythes platoniciens et, entre autres, décryptera pour vous dix expressions cultes des Grecs anciens.

  • L'objet réel de ce texte est de montrer que la question qu'il pose, en dernière instance, n'a pas de sens. C'est que la poser est implicitement se ranger dans la descendance de Fontenelle et des hommes du siècle des Lumières, confrontant les dits avec les faits. Mais, précisément, cette question-là n'a pas de sens pour un ancien ; et, comme l'a montré Foucault, la vérité elle-même est historique. Autrement dit, l'idée de vérité a évolué. Paul Veyne compare volontiers la vérité d'un moment à un récipient ou, plus abstraitement, à un programme : c'est dans le cadre du programme que la question : est-ce vrai ? est- ce faux ? se pose. Quant au récipient-programme, il est lui-même le fait d'une création. Enfin, il ne serait pas juste de penser qu'en un même moment, tous ont le même programme de vérité, voire que chez un même sujet n'est mis en oeuvre qu'un programme (on peut ne pas croire au fantôme et néanmoins en avoir horriblement peur). Telle est l'arête intellectuelle de ce livre, donnée par approches successives au long d'une investigation sur les textes les plus divers : d'Aristote et Pausanias à Cicéron et Eusèbe.

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