Sciences humaines & sociales

  • La philosophie moderne nous a interdit l'accès aux choses. Depuis, nous errons dans les mots, orphelins de l'évidence du monde. Comment une philosophie de l'intuition peut-elle être aussi un exercice de la sensation ? C'est tout l'enjeu de cet essai sur l'indistinction de l'intellect et du corps.
    On peut remplir des bibliothèques entières d'ouvrages philosophiques sur la fiction. Mais il n'existe aucune théorie d'ensemble concernant les oeuvres non-fictionnelles et documentaires. C'est ce vide que comble ici Frédéric Pouillaude. Définissant la notion de " représentations factuelles ", il propose un cadre conceptuel et des critères pour penser la non-fictionnalité et l'émergence des " oeuvres factuelles " aux XXe et XXIe siècles. Trois grands groupes de médiums sont ici étudiés : les images, les textes et les performances.
    Voici détaillée avec méthode l'hypothèse d'un " art documentaire " qui fera date.
    Un livre novateur sur ce que l'art peut faire du monde et de ses représentations dès lors qu'il s'interdit les ressources de la fiction.

  • La parodie, qui consiste en une imitation caricaturale d'une oeuvre ou d'une personne, est présente dans la bande dessinée dès les débuts de celle-ci. Elle acquiert néanmoins rapidement un deuxième degré en devenant une parodie de genre quand, notamment, la série Lucky Luke parodie l'épopée western. Elle franchit un troisième degré, au cours des années 1970, quand la bande dessinée se met à se moquer d'elle-même, évoluant en une parodie de bande dessinée de genre ou parodie formelle. La bande dessinée se réfère alors à elle-même, au risque de devenir moins lisible par le grand public, mais contribue ainsi à sa légitimation en tant qu'art. Pierre Huard étudie ce jeu hypertextuel grâce à une analyse exhaustive appuyée sur la sémiotique visuelle et la critique artistique des oeuvres. Il montre les liens entre un corpus de dix bandes dessinées franco-belges, publiées entre 1952 et 1994 et jugées exemplaires par la critique spécialisée, et un ensemble d'autres oeuvres dont les traits sont imités ou déformés. Il propose par ailleurs une grille d'analyse très détaillée sur les caractéristiques narratives et visuelles de la bande dessinée, un apport considérable à ce domaine pour lequel l'analyse se fait encore trop rare. Tout comme son objet d'étude, donc, Pierre Huard contribue à sa façon, dans cet ouvrage, à la légitimation du neuvième art.

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