• A l'orée de la cinquantaine, Henri Queffélec a déjà largement contribué par ses romans à une « défense et illustrations des îles bretonnes ». Au moment où le monde de sa jeunesse prend irrémédiablement fin, il accepte comme un point d'orgue de rédiger un plaidoyer insulaire illustré par des photographies en noir et blanc de Jacques Boulas. Ce texte comme ces images revêtent une précieuse valeur de témoignage sur les îles de l'Armor à la fin des années 1950. Aujourd'hui, 60 ans plus tard, Eric Chaplain a suivi leurs traces au sens propre pour offrir au lecteur du XXIe siècle des photographies en couleur, comme des ricochets temporels qui font écho à la plume queffélécienne...
    Laissons une fois de plus à Henri Queffélec le mot de la fin, puisque malgré tout, contre vents et marées, les îles bretonnes surnagent, hier comme aujourd'hui. La raison en est simple : si les îles auront toujours besoin des hommes pour vivre, les hommes auront toujours besoin des îles pour rêver... : « Dans le message que portent jusqu'à nous les îles bretonnes actuelles figure certainement un souci de témoigner pour d'autres lieux, d'autres peuples, d'autres époques, dont, sous peine d'être des barbares, les nations doivent garder la mémoire. Même si elle est condamnée à demeurer vague » (extrait de l'Avant-propos d'Eric Auphan pour la présente édition).
    Henri Queffélec (1910-1992) né à Brest, écrivain, essayiste. Il est considéré comme le romancier maritime français par excellence du XXe siècle, auteur de plus de 80 livres, dont beaucoup ont été inspirés par la Bretagne natale,la mer et les îles.
    L'Association des Amis d'Henri Queffélec et les Editions des Régionalismes ont prévu de rééditer l'ensemble de son oeuvre bretonne et maritime sur la période 2013-2023, à raison de trois ouvrages par an.

  • L'île fleurie, c'est bien le nom que l'on doit donner à l'île de Bréhat. Partout des hortensias, des marguerites, une flore méditerranéenne : palmiers, mimosas, eucalyptus, figuiers et aloès. Autrefois terre de corsaires avec ses rochers découpés, encerclés de nombreux récifs, l'île s'harmonise aujourd'hui à la beauté de son climat par une végétation généreuse et diverse... Bréhat, centre attractif de la région paimpolaise, est un des piliers touristiques de la côte qui va du Mont-Saint-Michel à la pointe du Raz... (Extrait de l'Introduction, édition originale de 1948).
    Octave-Louis Aubert (1870-1950), né à Paris, journaliste, éditeur et écrivain. Ami de Charles Le Goffic et d'Anatole Le Braz, il contribue grandement à la promotion touristique de la Bretagne, dans l'Entre-deux-guerres et l'immédiat après-guerre. Eric Chaplain, éditeur régionaliste depuis plus de 30 ans, en participant au salon du livre insulaire d'Ouessant, s'est laissé inoculer le virus des îles, bretonnes plus particulièrement. Il a initié une collection de beaux-livres sur les îles du littoral atlantique : « Bréhat » en est le 7e opus. - Préface d'Eric Auphan.
    Une nouvelle édition de ce beau-livre sur Bréhat, actualisé par des photos de l'aujourd'hui de l'île qui permet de faire le parallèle avec celles de 1948 à 70 ans d'écart !

  • Je rêve à cette tournée extraordinaire des îles que je fais depuis un mois. Comme une eau-forte vigoureuse se profilent les traits durs de Sein et d'Ouessant, Bréhat se dresse avec ses rochers rouges, le dragon de l'île de Batz siffle à mes oreilles, les pierres druidiques des Glénans se lèvent pour m'écraser... Mais Groix, prise de pitié, me cache au creux de ses sillons, sous une jonchée de bluets et de coquelicots, Belle-Isle me jette le parfum de ses fleurs et les jolies patriciennes des îles d'or me tendent leurs lèvres à baiser ! Je rouvre les yeux. Le beau rêve est fini ! Finie aussi l'excursion des îles bretonnes, si étrangement pittoresques !... ».
    Ainsi achève Th. Caradec son ouvrage, paru initialement dans la première moitié du XXe siècle, d'une découverte des îles bretonnes, encore « sauvages » et bien éloignées du continent à tous points de vue.
    Légendes, moeurs et coutumes, souvenirs et anecdotes historiques jalonnent ce périple enchanteur.
    Un ouvrage à lire et relire pour s'imprégner de ce que pouvaient être ces îles et leurs habitants voici 50 ou 100 ans. Peut-être une façon plus « humble » de les aborder, avec cet ouvrage, sorte de guide touristique hors du temps, mais qui vous donnera certainement un goût supplémentaire pour apprécier et méditer la Bretagne au fil de ses îles...

  • En 1865, François-Marie Luzel fait paraître, dans la Revue de Bretagne et de Vendée, ses notes de voyages, sorte de reportage sur le vif au jour le jour, de ses diverses « missions » de collectage que le Ministère de l'Instruction publique lui a confiées (1863 et 1873-74 pour les îles). C'est pour Luzel l'occasion de présenter in vivo dans un véritable récit de voyage ce qu'était alors son travail de collectage, ses informateurs, leurs versions des textes collectées, bref une vision plus vivante de ce qu'était la Bretagne et les Bretons sous le Second Empire et les débuts de la IIIe République
    François-Marie Luzel est né à Plouaret dans les Côtes-d'Armor (1821-1895). A la fois poète bretonnant, folkloriste et journaliste, il finira sa carrière professionnelle comme conservateur des Archives départementales du Finistère. Il demeure un des artisans majeurs de la renaissance culturelle bretonne de par l'importance et la qualité de ses collectages.

  • Dans la Manche, l'impétuosité des flots a creusé une longue succession de golfes, de havres, de baies, dentelant capricieusement d'immenses promontoires qui s'avancent dans la mer, derniers restes d'un continent autre­fois submergé par l'action combinée des ma­rées et des tempêtes.
    Parmi ces golfes, les baies de Saint-Malo et de Saint-Brieuc sont les plus curieuses à étu­dier. Grâce à la diversité des accidents de terrain, à la richesse des plages qu'on y rencon­tre, elles offrent au touriste des attraits aussi variés qu'incessamment renouvelés. Prolonge­ment l'une de l'autre, elles ne sont séparées que par le promontoire de Fréhel; la première commence au groin de Cancale, la seconde se termine au plateau de Tréguier, de Perros-Guirec et de Trégastel. [...] Nous allons passer rapidement en revue les principaux faits historiques dont ces contrées ont été le théâtre, et conduire nos lecteurs sur les diverses plages du littoral, au milieu des récifs qui le bordent, parmi les rochers gigantesques qui le surplombent et semblent arrêter les eaux prêtes encore à envahir le continent. Nous allons aussi parcourir ces gra­cieuses stations balnéaires où les familles sont attirées chaque année par la renommée des casinos et l'attrait des plaisirs de toutes sortes qu'on y rencontre ; nous allons visiter enfin tous ces sites, à bon droit chers aux touristes, car ils trouvent, en les parcourant, le calme et la tranquillité qui reposent de l'agitation fié­vreuse des villes (extrait de la Préface, édition originale de 1893).
    Une plongée historique, sociologique et bien agréable, dans la Bretagne d'il y a un siècle, vue à travers les yeux d'un touriste de l'époque et abondamment illustrée de cartes postales d'époque !

  • Qui veut comprendre les îles du Ponant aujourd'hui ne peut faire l'impasse sur leur histoire et leur géographie si particulières. A ce titre, les meilleurs témoignages littéraires sur la vie dans ces petits mondes insulaires entre 1850 et 1950 nous sont offerts par l'écrivain brestois Henri Queffélec (1910-1992). Ce grand connaisseur des «travailleurs de la mer» y situa en effet l'action de six de ses romans les plus célèbres.
    La réédition de La voile tendue, pour le 50e anniversaire de sa parution, ravira tous les amoureux de cette région de France qui s'avance dans l'océan comme «la figure de proue de l'Ancien Monde». D'autant plus que ce roman n'a fait l'objet d'aucune réédition depuis sa publication, ni seul ni dans un recueil.
    Ici, l'intrigue ne fait qu'effleurer l'île de Bréhat. Seule la première partie de l'ouvrage traite de l'île. Pourtant, l'auteur y fait profusion de comparaisons grandioses. Le livre raconte les aventures de Jacques Sirbin, un Cauchois, qui gagne l'Angleterre dans les derniers jours de la débâcle française de 1940 et s'engage dans les Forces Françaises Navales Libres. Réalité et fiction se mêlent autour de l'île des rochers roses. Le jeune marin sert surtout d'alibi à Queffélec pour dépeindre l'émerveillement du visiteur qui débarque à Bréhat.
    La voile tendue est certainement le moins insulaire des neuf romans qu'Henri Queffélec a consacrés aux îles bretonnes. Il n'en reste pas moins un fantastique récit de mer et d'aventure, dans la grande tradition des Melville, Loti, Conrad, Kipling et Vercel. - Avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec.

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