• Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Edition enrichie (présentation, notes, appendices, chronologie et biblioggraphie)Lorsque Baudelaire publie Les Paradis artificiels en 1860, l'expérience du hachisch n'a guère été pour lui qu'une curiosité passagère, quand l'opium, au contraire, accompagne depuis longtemps le traitement de ses souffrances. Le Poème du hachisch précède donc, dans les Paradis, Un mangeur d'opium, recomposition assez libre des Confessions d'un opiomane anglais de Thomas De Quincey, où Baudelaire a tenté de fondre ses « sensations personnelles avec les opinions de l'auteur original ».
    Le livre fut jugé extravagant et immoral. On aurait tort pourtant d'y lire une apologie de la drogue - et l'adjectif artificiels a sa pleine valeur de dénigrement. Car s'ils transcrivent des expériences, les Paradis touchent à la quête de l'infini : art poétique dissimulé, traité moral marqué d'anecdotes, ils sont la clef d'un monde où la volonté et la volupté entrent en concurrence pour que finalement triomphe une lumière supérieure qui refuse l'abandon trop facile à de fantasmagoriques jouissances. Et c'est le livre d'une poésie fondatrice.
    Edition de Jean-Luc Steinmetz. 

  • Au cimetière du Père Lachaise, des racines ont engorgé les canalisations. Alors qu'il assiste aux travaux, Florent s'égare dans les allées silencieuses et découvre la tombe de Guillaume Apollinaire. En guise de souvenir, le jeune homme rapporte chez lui un mystérieux morceau de bois. Naît alors dans son coeur une passion dévorante pour le poète de la modernité. Entre rêveries, égarements et hallucinations vont défiler les muses du poète et les souvenirs d'une divinité oubliée : Florent doit-il accepter sa folie, ou croire en l'inconcevable ?
    Dans cet hommage à la poésie et à la nature, Alexandra Koszelyk nous entraîne dans une fable écologique, un conte gothique, une histoire d'amours. Et nous pose cette question : que reste-il de magique dans notre monde ?
    Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien.

  • Paris, capitale du XIXe siècle: texte écrit directement en français par W. Benjamin - in Das Passagen-Werk (le livre des Passages), Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1982, pages 60 à 77.
    "Notre enquête se propose de montrer comment les formes de vie nouvelle et les nouvelles créations à base économique et technique que nous devons au siècle dernier entrent dans l'univers d'une fantasmagorie. Ces créations subissent cette "illumination" non pas seulement de manière théorique, par une transposition idéologique, mais bien dans l'immédiateté de la présence sensible. Elles se manifestent en tant que fantasmagories. Quant à la fantasmagorie de la civilisation elle-même, elle a trouvé son champion dans Haussmann, et son expression manifeste dans ses transformations de Paris." WALTER BENJAMIN
    Contenu du livre:
    Introduction
    A. Fourier ou les passages
    B. Grandville ou les expositions universelles
    C. Louis-Philippe ou l'intérieur
    D. Baudelaire ou les rues de Paris
    E. Haussmann ou les barricades
    Conclusion

  • Eureka

    Edgar Allan Poe

    Dans ce court texte paru en 1848, Edgar Poe entreprend d'expliquer 'l'univers physique, métaphysique et mathématique, matériel et spirituel'. À la fois poème en prose et essai, Eureka est une véritable cosmogonie poétique, un récit qui a pour intrigue l'origine, la destinée et la fin de l'univers et pour personnages Dieu, l'Homme et la Matière. Il fusionne tous les savoirs et les discours de son temps, autant philosophiques qu'astronomiques. Dernière oeuvre de Poe, ce texte-limite se présente comme un aboutissement absolu, une fascinante synthèse où se croisent et se subliment toute sa pensée et sa pratique de l'oeuvre d'art.

  • À la fin de l'automne 1908, Proust rentre de Cabourg épuisé. Depuis longtemps, il a renoncé à son oeuvre. Profitant d'un répit que lui laisse sa maladie, il commence un article pour Le Figaro : "Contre Sainte-Beuve". Six mois plus tard, l'article est devenu un essai de trois cents pages. Conversant librement avec sa mère, l'auteur entrelace, autour d'une réflexion sur Sainte-Beuve les souvenirs personnels, les portraits d'amis, les impressions de lecture. Voici le château de Guermantes : voici M. de Quercy et Mme de Cardaillac, grands lecteurs de Balzac, mais qui ressemblent à s'y méprendre à Charlus et à Gilberte. Sans le savoir, Proust venait de libérer son génie.
    Proust ne voulait pas qu'on mît des idées dans un roman. Toutes les analyses qu'il a écartées d'À la recherche du temps perdu, on les trouvera ici. Elles confirment que Proust, le plus grand romancier de son siècle, pourrait en être aussi le plus grand critique.

  • Une femme délaissée charge un ami - Samuel Cramer, écrivain raté - de séduire la maîtresse de son mari - la Fanfarlo, actrice excentrique - afin qu'il lui revienne. Mais le héros est pris à son propre piège quand il tombe réellement amoureux de la sulfureuse actrice...

    L'un des premiers textes du jeune Baudelaire, satire féroce et ironique du monde du théâtre et de la littérature, qui témoigne de l'éternelle fascination - dans un mélange d'attraction et de répulsion - de Baudelaire pour la femme.

  • Edition enrichie d'une préface de Baudelaire et d'un dossier sur le roman.

    "Lentement, peu à peu, se déroule une histoire dont tout l'intérêt repose sur une imperceptible déviation de l'intellect, sur une hypothèse audacieuse, sur un dosage imprudent de la Nature dans l'amalgame des facultés. Le lecteur, lié par ce vertige, est contraint de suivre l'auteur dans ses entraînantes déductions."

    Baudelaire

  • «Sur une chaise, on trouva un rasoir mouillé de sang.»

    Dans Paris, un crime atroce défraye la chronique. Une mère et sa fille ont été sauvagement assassinées, leurs corps mutilés. Pourtant, aucun mobile ne semble expliquer un tel déchaînement de violence. Plus inconcevable encore : la pièce dans laquelle s'est déroulé le meurtre était verrouillée de l'intérieur...
    À travers son investigation, le chevalier Dupin fait triompher l'esprit rationnel en levant le voile sur un mystère en apparence insoluble. Servi par la prose ciselée d'Edgar Allan Poe, traduit par Charles Baudelaire, Double assassinat dans la rue Morgue est un classique du récit d'enquête.

    Double assassinat dans la rue Morgue est suivi du Mystère de Marie Roget.

    o Objet d'étude : La fiction pour interroger le réel
    o Dossier pédagogique spécial nouveaux programmes
    o Prolongement : Adapter un livre à l'écran : du policier au film noir

    Classe de quatrième.

  • Les enjeux du goût sont toujours furieusement politiques et métaphysiques. Charles Baudelaire (1821-1867), l'amateur et critique d'art qui arpente les Salons, en a une conscience extrême. Contre l'académisme pompier, il lance son mort d'ordre : retour au présent, mais un présent revêtu de la Beauté éternelle. Dans son essai publié en feuilleton en 1863 qui passe pour l'acte de naissance de la modernité, il fait l'éloge de l'artifice, du maquillage et des parures, de la femme élégante, de la ville, du frivole et de l'horreur. Il développe une théorie du dandy. « La modernité, c'est le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. »

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Théophile Gautier. Fondé en 1844 par le psychiatre Jacques Joseph Moreau de Tours, qui a découvert les effets du cannabis lors de ses voyages en Orient et publié un traité "Du hachisch et de l'aliénation mentale", le Club des Hachichins se réunissait chaque mois chez le peintre Fernand Boissard, à l'Hôtel de Lauzun, quai d'Anjou à Paris, pour expérimenter diverses drogues hallucinogènes, haschich et opium notamment. Parmi ses membres, outre des scientifiques, de nombreux artistes et écrivains: Eugène Delacroix, Honoré Daumier, Gérard de Nerval, Honoré de Balzac, Alphonse Karr, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert, Théophile Gautier ou encore Charles Baudelaire (futur auteur des "Paradis artificiels" et traducteur des "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey, occupant par ailleurs l'étage au-dessus du Club). C'est l'une de ces séances, appelées fantasias par les membres du groupe, que relate ici Théophile Gautier. Non sans ironie, et avec un sens certain du romanesque, l'auteur du "Capitaine Fracasse" se penche d'abord sur l'ancienne secte des Haschischins et l'origine du mot haschich, "d'où vient hachichin, mangeur de hachich, racine du mot assassin", puis décrit en détail les effets psychotropes que la drogue - en réalité du dawamesk, une sorte de confiture verdâtre composée de résine de marijuana, de miel et d'épices - exerce sur son esprit et son corps: sensations amplifiées, métamorphoses, hallucinations, dilatation et mort du temps,... "C'est aujourd'hui qu'il faut mourir de rire !" décrète l'un des personnages.

  • D'après les nouvelles les plus récentes de Rotterdam, il paraît que cette ville est dans un singulier état d'effervescence philosophique. En réalité, il s'y est produit des phénomènes d'un genre si complètement inattendu, si entièrement nouveau, si absolument en contradiction avec toutes les opinions reçues que je ne doute pas qu'avant peu toute l'Europe ne soit sans dessus dessous, toute la physique en fermentation, et que la raison et l'astronomie ne se prennent aux cheveux.

  • Plus d'un siècle après sa mort, Arthur Rimbaud sème le chaos dans le département qui l'a vu naître, les Ardennes. Le maire de Charleville-Mézières, voulant fêter dignement le poète, décide de redonner un peu d'éclat au musée qui lui est consacré. Las, en préparant la nouvelle exposition, l'édile et son conseil provoquent une découverte inouïe qui va révolutionner la galaxie rimbaldienne, mais pas seulement... Une cellule de crise est mise sur pied. On va y croiser, entre autres participants, un officier de police a priori peu porté sur la poésie et un juge d'instruction en fin de carrière qui préfère Baudelaire à Rimbaud. Ce duo improbable va croiser quelques personnages bien étranges, prêts à toutes les extrémités pour éviter que le terrible secret entourant la mort de Rimbaud soit éventé.
    Un magistrat aussi désabusé que roublard, un enquêteur aussi entêté que perspicace et un amateur de rimes aussi expert que curieux gravitent autour du cercueil de Rimbaud.
    Leur intérêt pour ce " Vilain bonhomme " va-t-il les conduire à vivre Une saison en enfer ?

    Jean-Michel Lecocq signe ici une captivante fantaisie littéraire qui ravira les amateurs d'énigmes, de poésie et d'histoire.



  • « Paris est la seule ville qui soit aussi un monde », disait Charles Quint.

    Paris a en effet toujours représenté une sorte d'Amérique. Des romanciers nombreux y résidèrent ; encore plus quittèrent leur province ou pays d'origine pour s'y installer, le temps d'une halte ou toute une vie.
    Ces écrivains ont noté leurs impressions ou traduit leurs sentiments dans des récits personnels ou dans des romans. Nous les avons suivis, eux, mais aussi leurs créatures que l'on observe cheminant dans les squares, les allées des Champs-Élysées ou du Palais-Royal, évoluant dans les hôtels bourgeois du faubourg Saint-Honoré et à Saint-Germain-des-Prés, trottant sur les Grands Boulevards.

    Cette visite du Paris des écrivains nous révèle des joyaux.

    Jean Le Nouvel est un Parisien amoureux de sa ville et baigné de littérature. Il a arpenté Paris durant quinze ans, revenant de ses balades ébloui de choses vues. Écrivain exquis, il les a associées, à l'aide de sa riche bibliothèque personnelle, à ce qu'en avaient dit ou conté les écrivains.


  • Poétique de l'exploration urbaine !
    Depuis le flâneur des villes jusqu'à l'explorateur de salon, de la dérive au détournement, la psychogéographie nous procure de nouvelles manières d'appréhender notre environnement, des méthodes pour transformer les rues familières de notre expérience quotidienne en quelque chose de nouveau et d'inattendu.

    Depuis Guy Debord et les situationnistes jusqu'à Jacques Réda, Iain Sinclair ou Will Self, en passant par Stevenson, Baudelaire, Léon-Paul Fargue ou Jacques Yonnet, nombreux sont les adeptes de la psychogéographie qui ont couché par écrit leurs errances et leurs explorations urbaines. Londres et Paris sont les territoires privilégiés de la psychogéographie, mais celle-ci peut se pratiquer tout aussi bien à New York ou à San Francisco, à Lisbonne ou à Bruxelles.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Champfleury. Le chien des musiciens raconte l'histoire simple et touchante d'un joueur de basson, amoureux de son art et des chiens errants. Musicien dans la fanfare de la Garde impériale, il traverse l'Europe au gré des conquêtes et des batailles de Napoléon en compagnie de son chien, Terrible, assistant au sacre de l'Empereur à Milan, rencontrant Hoffmann à Dresde et voyant disparaître un à un ses amis musiciens le long du chemin. Un jour, Terrible décide de l'abandonner pour suivre une petite fille juive aux grands yeux noirs jouant d'une guitare à trois cordes. Ce petit conte d'automne, salué en son temps par Baudelaire et Victor Hugo, est l'un des plus représentatifs de l'oeuvre de Champfleury, ce "Courbet des Lettres" associé aux grands jours du Réalisme français avant d'être éclipsé par Gustave Flaubert, qui allie ici ses deux passions pour la musique et les chiens.

  • Il est d'usage que la biographie escorte la littérature, ne serait-ce que par le récit des vies d'écrivains. Mais l'idée qu'elle pourrait agir sur la conception même du littéraire a sans doute de quoi surprendre. Et pourtant, depuis qu'au XVIIIe siècle sont apparues et la notion moderne de « littérature » et le mot même de « biographie », leur relation a été on ne peut plus étroite : la pratique biographique a sans cesse remis en question, infléchi et transformé les façons d'envisager la littérature. Sous ses formes multiples, des « vitae » aux dictionnaires biographiques, de l'histoire littéraire à la presse, de la critique aux vies romancées, de l'autobiographie aux innovations d'aujourd'hui, la biographie est intervenue au coeur de tous les débats littéraires. Héritière de la tradition antique et médiévale de l'exemplarité, elle a redoublé l'incessant « qu'est-ce que la littérature ? », en lançant à celle-ci le défi permanent pour contester et réinventer ce qui la fonde et la justifie.
    Ce livre propose l'histoire de cette relation complexe par l'analyse des textes où la conjonction de ces usages d'écriture est particulièrement intense, de l'autobiographie de Rousseau aux « vies » de Pierre Michon, de la biographie inscrite en poésie chez Hugo et Baudelaire à l'écriture de soi chez Roubaud.

  • Le Mystère de Marie Roget (The Mystery of Marie Rogêt) est une nouvelle de l'écrivain américain Edgar Allan Poe, parue en trois parties en novembre 1842, décembre 1842 et février 1843 dans le Ladies' Companion et traduite en français par Charles Baudelaire pour le recueil Histoires grotesques et sérieuses. Le nom complet de la nouvelle est Le Mystère de Marie Roget, pour faire suite à Double assassinat dans la rue Morgue : le lien entre les deux nouvelles tient au personnage d'Auguste Dupin qui mène l'enquête sur une affaire qui dépasse les capacités de la police. Extrait : Il y a peu de personnes, même parmi les penseurs les plus calmes, qui n'aient été quelquefois envahies par une vague mais saisissante demi-croyance au surnaturel, en face de certaines coïncidences d'un caractère en apparence si merveilleux que l'esprit se sentait incapable de les admettre comme pures coïncidences. De pareils sentiments (car les demi-croyances dont je parle n'ont jamais la parfaite énergie de la pensée), de pareils sentiments ne peuvent être que difficilement comprimés, à moins qu'on n'en réfère à la science de la chance, ou, selon l'appellation technique, au calcul des probabilités. Or ce calcul est, dans son essence, purement mathématique ; et nous avons ainsi l'anomalie de la science la plus rigoureusement exacte appliquée à l'ombre et à la spiritualité de ce qu'il y a de plus impalpable dans le monde de la spéculation.

  • Parue en 1930, "Noire idole" s'inscrit dans la littérature sur l'opium. Dans cet essai, Jean Dorsenne s'attache, de façon objective, à renseigner le public sur une substance aussi diversement appréciée afin de dissiper les légendes et les erreurs trop abondamment répandues à propos de la « Noire idole ».C'est une présentation précise qu'il nous offre au sujet de cette drogue, retraçant son historique et sa philosophie, ses dévastations et sa littérature.
    Dans la deuxième partie du livre, Jean Dorsenne reprend de courts extraits de livres sur ce thème. Nous retrouvons ainsi Thomas de Quincey, Charles Baudelaire, Jean Cocteau, Jules Boissière, Albert de Pouvourville ou encore Jules Verne.
    Ce livre de Kailash Éditions, réalisé en coopération avec Les Éditions de Londres, est un inédit numérique.

  • Ce livre, au carrefour de la philosophie et de la littérature, est centré, à travers l'analyse des oeuvres de Nietzsche, Baudelaire, Wilde et Kierkegaard, sur ce que l'auteur appelle « une esthétique de l'âme et du corps ». C'est là une thèse allant à l'encontre du dualisme platonicien comme du rationalisme cartésien pour se situer aux confins de l'hédonisme épicurien et de l'ascèse stoïcienne. C'est ce que l'auteur nomme, en accord avec Oscar Wilde en son De profundis et Sartre en son Baudelaire, la « spiritualisation du corps » et la « matérialisation de l'âme ».
    Ce que cet ouvrage examine donc, ce sont, en une étude originale et inédite, les bases philosophiques tout autant que le contexte historique dans lesquels le dandysme est né. Les deux penseurs majeurs sur lesquels l'auteur se fonde sont Sren Kierkegaard et Friedrich Nietzsche.
    Ainsi la deuxième partie de cet essai est-elle consacrée à Kierkegaard et à sa « théorie des trois stades » : comment il passe, dans Le Journal du Séducteur notamment (où son héros apparaît comme l'archétype du dandy moderne), de l'esthétique au religieux.
    La troisième partie de cette étude gravite autour de l'oeuvre de Nietzsche et, en particulier, de sa théorie du « philosophe-artiste ». Car c'est en une dynamique exactement inverse à celle de Kierkegaard que sa réflexion s'insère dès lors qu'elle part du religieux pour aboutir, après la mort de Dieu et sa critique des valeurs morales, à l'esthétique.
    D'où l'importance de Baudelaire et de Wilde, chantres du dandysme : attitude existentielle perçue, ici, comme étant l'application, sur le plan poético-littéraire, de concepts philosophico-esthétiques. Car c'est à la croisée de la démarche kierkegaardienne et du projet nietzschéen que le dandysme se situe, ainsi que l'indique la première partie (suite athéologique) de ce livre et que le confirme sa quatrième partie (métaphysique du dandysme).

  • En 1946, Antonin Artaud sort de l'asile de Rodez. Des amis, Arthur Adamov et Marthe Robert entre autres, s'entremettent pour lui trouver un hébergement en milieu médical, proche de Paris. Une jeune interne en psychiatrie, Paule Thévenin, âgée de vingt-trois ans, rend visite au docteur Delmas qui a une maison de santé à Ivry et avait soigné Roger Gilbert-Lecomte et la fille de Joyce. Il accepte de loger Artaud dans un bâtiment à l'écart, où il pourra écrire en toute liberté. Artaud, qui a l'habitude de dicter ses textes une fois rédigés, demande à Paule Thévenin de les taper à la machine. Il lui dicte différents textes, dont le célèbre Van Gogh le suicidé de la société. Artaud meurt en 1948. Après diverses difficultés de mise en route, les éditions Gallimard confient l'édition des OEuvres complètes à Paule Thévenin, seule capable de déchiffrer l'énorme somme des manuscrits et d'en établir une copie conforme à la lettre et à l'esprit de l'auteur du Pèse-nerfs. C'est le début de l'une des plus étonnantes aventures de l'édition contemporaine : Paule Thévenin y consacrera sa vie, son énergie et son talent de scribe et d'exégète en publiant, à ce jour, une trentaine de volumes, des premiers poèmes aux Cahiers de Rodez et aux Cahiers du retour à Paris. À l'édifice, énorme et flamboyant, des textes, s'ajoutera, en 1986, l'ensemble des dessins et portraits, qu'elle présentera en collaboration avec Jacques Derrida. Le présent livre rassemble les écrits de Paule Thévenin consacrés à Artaud : préfaces, commentaires de textes, élucidations, recherches généalogiques, entretiens, récits anecdotiques. Travaux incessants, exercices de la fidélité esthétique autant que de l'admiration familière, ces essais ont accompagné le travail de l'édition des OEuvres complètes comme un témoin, comme une lumière.


  • Les Editions Alexandrines s'intéressent à la vie et au quotidien des écrivains dans leur région d'origine ou d'appartenance. "Le Calvados des écrivains" , ouvrage collectif, permet de découvrir la Normandie maritime, de Honfleur à Colleville et Saint-Laurent sur Mer, en passant par Trouville, Deauville, Villers-sur-Mer et Cabourg, en suivant les pas d'une vingtaine d'auteurs : Baudelaire, Delarue-Mardrus, Alphonse Allais, Proust, Duras, Sagan, Grainville, Garcin... Ce guide littéraire nous entraîne aussi dans la Normandie intérieure, de Pont l'Evêque à Caen, Vire et Falaise en passant par La Roque-Baignard, Lisieux, Verson, Bayeux et Aunay-sur-Odon ; nous traversons le pays d'Auge en visitant les maisons et les lieux d'inspiration des grands auteurs passés et présents: Gide, Flaubert, Segrais, Malherbe, Gracq, Senghor, Robbe-Grillet, Arcisse de Caumont, Olivier Basselin, Wace.

    Cet ouvrage est dirigé par Marie-Odile Laîné, spécialiste de littérature normande.

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