Librairie Droz

  • Sans prétendre à l'exhaustivité, cette étude se propose de retracer l'histoire littéraire du livre de piété en prose dans le milieu réformé européen francophone, des origines de la Réforme jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes, en accordant une place de choix à la méditation, qui domine la production de ces ouvrages. Il s'agit de replacer les expressions de la dévotion dans leur contexte socio-historique, en lien avec l'histoire singulière d'une communauté de croyants. La littérature de piété n'est pas strictement spirituelle, elle est aussi existentielle et résolument militante. Opter pour la Réforme dès son origine, c'est entrer de plain-pied sur la scène de l'Histoire : prendre position dans la cité, s'exposer à payer le prix de ses croyances et de sa manière particulière d'aimer Dieu. Ce n'est pas seulement à l'aune de critères esthétiques que sera interrogé le concept d'identité confessionnelle appliqué à la littérature, mais aussi sous l'angle de l'histoire politique, religieuse, sociale et littéraire. Après un premier regard portant sur les origines du livre réformé tel qu'il s'affirme à partir des années 1550, l'ouvrage s'attache à dégager une typologie des pratiques de dévotion : la préparation à la mort, la méditation pénitentielle, la méditation sur les Psaumes, la préparation à la cène et les recueils méthodiques. Les derniers chapitres proposent, quant à eux, des synthèses sur les problématiques soulevées par le livre de piété : le militantisme dévotionnel, le langage de la piété, l'auctorialité, enfin le lectorat. Au fil de ce parcours, il s'agit de montrer le rôle primordial que joue le livre de piété dans la vulgarisation des pratiques et des savoirs religieux comme dans la constitution d'une langue littéraire repensée à partir de nouveaux critères rhétoriques.

  • Sujet très controversé à la Renaissance, que celui de l'astrologie dite judiciaire, c'est-à-dire celle qui prédisait le destin des individus d'après la disposition des astres au moment de leur naissance. Plusieurs humanistes, parmi lesquels Mélanchton, avaient pris sa défense, d'autres l'avaient critiquée, notamment Savoranole. Calvin reprend l'argumentation de Savoranole, contredit Mélanchton sans le nommer, mais son traité de 1549 réfute surtout celui de Mellin de Saint-Gelais (1549). Sans nier aux astres toute influence - ils peuvent par exemple déterminer le meilleur moment de prendre médecine, car les choses physiques influent sur les corps qui sont du domaine matériel - le réformateur nie qu'ils puissent déterminer les destins individuels ou collectifs, qui dépendent de la seule volonté de Dieu.

  • Des scandales

    Jean Calvin

    Les textes français de Calvin, ces joyaux de la littérature, sont souvent introuvables, ou ont été réédités dans des versions modernisées. Il nous les faut dans leur forme authentique, avec des bonnes annotations. Tel est le cas du Traité des scandales, dans lequel Calvin stigmatise les intellectuels qui avaient goûté quelque peu de la Réforme puis s'en étaient retirés pour se contenter de spéculations philosophiques plus individualistes, moins engagées. Il y en avait beaucoup à Paris et ailleurs : des humanistes, des élégants, des "Lucianistes et Épicuriens". Toutes ces opinions constituent des "scandales" pour la foi.

  • Jean Crespin est connu comme l'auteur du fameux martyrologe protestant ; les bibliophiles connaissent ses livres et les spécialistes de la Réforme savent que le principal de la production théologique genevoise vers 1550-1572 est sorti de ses presses. C'est cependant la première fois que ses publications font l'objet d'une étude de cette importance. Jean-François Gilmont s'est attaché à utiliser toutes les sources d'archive disponibles et tout d'abord les livres eux-mêmes qu'il examine à la lumière des récentes techniques de "bibliographie matérielle" mises au point par les Anglo-saxons. En annexe, la bibliographie la plus complète à ce jour des ouvrages édités par Crespin.

  • Sixième tome du Journal de Pierre de L'Estoile, qui constitue, de l'avis général, le document le plus important et le plus curieux pour la connaissance historique et littéraire de la fin du XVIe siècle en France. Pour la première fois, ce texte est édité d'après le manuscrit original fr. 6678 et les variantes du manuscrit fr. 6888 de la Bibliothèque nationale de France.
    Les années 1588 et 1589 enregistrent la tragédie de la monarchie française, qui voit la victoire de la Ligue et la fuite d'Henri III hors de Paris. Le meurtre des Guises à Blois par le roi déchu ne marque qu'un faible sursaut, avant l'assassinat du monarque sous les murs de la capitale. Le royaume est à l'agonie, comme le note de Thou à propos de ces années de terreur sanglante, martelées par des "événements si singuliers" et si "funestes à la France, puisque ce fut alors, que par l'indolence, ou le peu d'habilité des Ministres, aussi bien que par la foiblesse naturelle, et l'aveuglement malheureux du Prince, on vit le premier trône du monde, prêt à tomber en ruine".
    Comme pour les volumes précédents, Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck ont procuré une édition soigneusement annotée à la lumière des travaux les plus récents.

  • C'est en 1620 lorsqu'il trouve refuge à Genève qu'Agrippa d'Aubigné entreprend de réviser son Histoire Universelle en trois tomes. Amplement corrigée et augmentée, c'est cette seconde version qui est ici éditée, suivant le découpage de Ruble en XV livres. On trouvera dans le dixième et dernier volume de la présente édition le quatrième tome qu'Agrippa d'Aubigné entreprenait d'adjoindre à son ouvrage mais qu'il ne put achever avant la fin de sa vie. Conservés dans les Archives Tronchin, ces textes furent publiés pour la première fois, de manière lacunaire, en 1925, par Jean Plattard. Ces ultima scripta brossent l'image d'un homme à qui le grand âge n'avait rien ôté de la vigueur de son « gros style ferré » et qui demeurait inébranlablement fidèle à la cause pour laquelle il s'était jeté dans la guerre soixante-deux ans plus tôt.

  • Dans la vie de Bèze, l'année 1600 est marquée par sa rencontre avec Henri IV à L'Eluiset, près de Genève. Pourquoi le roi était-il venu en ces lieux ? Pour ramener à la raison l'insupportable duc de Savoie, qui n'arrivait pas à se décider à conclure la paix. Henri IV dut se rendre lui-même en Savoie, à la tête de son armée, pour l'impressionner. A cette occasion, le roi souhaita rencontrer M. de Bèze, qu'il n'avait pas vu depuis 40 ans. Notre volume 41 contient une lettre jusqu'ici inconnue où Bèze raconte lui-même l'événement, avec les propos échangés entre le vieux réformateur et le roi. On trouvera aussi cent autres choses dans ces documents : les vers en l'honneur de Zastrisell senior, gravés sur son tombeau. Des avis très pondérés sur les disputes de religion, notamment celle de Fontainebleau, où Duplessis-Mornay fut déconfit par le futur cardinal Du Perron. La visite de Broughton à Genève, cet hébraïsant anglais à demi-fou. Le cas douloureux de Marie de Normandie, fille du célèbre Laurent de Normandie, persécutée par ses demi-frères affamés. La consolation de Nicolas Rapin, poète poitevin, que Bèze avait fort attristé en critiquant les « vers mesurés », mais qui finit par lui avouer, de vive voix, que ses vers étaient quand même fort beaux et très réussis !

  • Qu'entend-on par Réforme radicale ? L'expression a paru en 1957 sous la plume de l'historien G. H. Williams, qui la définissait en relation avec les Eglises protestantes magistérielles. Ce mouvement complexe naissait à l'intérieur de la Réforme, dont il partageait les principes et les instances de renouvellement religieux. Il offrait toutefois des orientations et des issues différentes, qui se sont avérées fondamentales pour le développement dans le monde moderne de valeurs telles que la liberté, la tolérance, la dignité individuelle, la sécularisation de l'Etat et de la société. L'absence d'un corpus doctrinaire et d'une organisation homogène a permis à la Réforme radicale de faire émerger des parcours individuels, communautaires et sectaires, souvent confrontés à la persécution et à la clandestinité. Les conceptions religieuses de ces hommes donnèrent naissance au spiritualisme, à l'anabaptisme et à l'antitrinitarisme. Ce volume présente une reconstruction de l'histoire du mouvement et une remise à jour du débat historiographique.

  • Le chant des psaumes n'est pas une invention de la Réforme, mais au XVIe siècle il n'est plus réservé aux couvents et aux chapitres, aux moines et aux clercs. C'est l'ensemble de la communauté croyante qui donne du ceur et de la voix pour élever ses psaumes à Dieu, d'abord à Wittenberg, à Strasbourg puis à Genève et dans la France réformée. Un jubé sonore est tombé. Entre 1531 et 1561, s'élabore un monument identitaire qui force toujours l'admiration : la paraphrase versifiée des cent cinquante Psaumes qui va s'affirmer comme le Psautier huguenot. Clément Marot, puis Théodore de Bèze sont les auteurs à l'oeuvre : le premier est le plus grand poète d'expression française du XVIe siècle avant Ronsard, le second, l'un des plus grands poètes néo-latins du même siècle ardent.
    On offre ici la première édition critique du Psautier paru à trente mille exemplaires au début 1562 (le plus gros tirage du premier siècle de l'imprimerie), avec les sources, références et variantes, ainsi que les essais de Jean Calvin. Dans une longue introduction, Max Engammare étudie entre autres la langue des deux poètes, leur poétique, l'hébraïsation de la langue française. En fin d'édition, il donne un glossaire très complet.

  • Né à Senlis, réfugié à Genève dès 1561, Simon Goulart (1543-1628) est un des écrivains « polygraphes » les plus féconds de son époque. Traducteur de Plutarque, éditeur de Montaigne, adaptateur des chansons d'Orlande de Lassus, commentateur de Du Bartas, auteur d'« histoires extraordinaires », poète lyrique et satirique voire dramaturge, il fut un « passeur » entre les Réformes d'expression allemande et française. Au carrefour de plusieurs disciplines, mêlant philosophie, théologie, morale, musique, astrologie, démonologie et alchimie, son oeuvre encyclopédique qui résume les préoccupations de la Renaissance tardive oriente le calvinisme vers une sensibilité moins austère, plus « littéraire » et humaniste. Successeur de Calvin et de Bèze à la tête de la Compagnie des Pasteurs il s'engagea dans l'action politique de son temps qu'il a analysée avec sagacité en tant qu'historien des guerres de religion.
    Les études réunies ici explorent pour la première fois la complexité d'une oeuvre dont les « intérêts vastes comme le monde » concernent un public averti aussi bien que curieux.

  • A rebours des interprétations traditionnelles, cet ouvrage propose une lecture inédite du rapport d'Erasme à l'histoire. C'est sur le mode dramatique que Marie Barral-Baron envisage la manière dont Erasme vit l'histoire de son temps. Enthousiaste à l'idée de faire renaître les temps apostoliques, temps bénis du christianisme, il en oublie les réalités de la continuité historique. La brusque irruption de Luther, qui brise soudainement son rêve d'un nouvel âge d'or, lui permet de prendre conscience de sa tragique méprise. Bien involontairement, il a favorisé la rupture d'une unité chrétienne à laquelle il tient plus que tout, anéantissant ainsi lui-même ses propres espérances. Lorsqu'il en prend conscience, il corrige ses textes et révise son appréhension du temps, mais cette course contre la montre est perdue d'avance. Erasme sombre alors dans l'enfer de son propre échec, terrifié à l'idée d'avoir été abandonné par Dieu et confronté à la cruauté de l'histoire.

  • Longtemps ignoré ou plutôt négligé, l'orientaliste Guy Le Fèvre de La Boderie est aussi l'auteur d'une ample oeuvre poétique dont les trois livres principaux paraissent la même année, en 1578. Deux d'entre eux sont depuis quelque temps accessibles au lecteur moderne. Voici le troisième. Constatant le succès du Psautier protestant, Guy veut s'« opposer au chant pipeur des Sirènes » en proposant un hymnaire en français, c'est-à-dire en traduisant un ensemble imposant d'hymnes chrétiennes dont beaucoup appartiennent déjà au Bréviaire, mais dont d'autres lui semblent pouvoir contribuer à nourrir la ferveur des fidèles. S'il participe ainsi au puissant renouveau de l'hymnologie chrétienne à la Renaissance, il veut, pour sa part, mettre à son service les multiples ressources de la poésie française et il ne craint pas d'expérimenter des formes et des mètres nouveaux. De plus, convaincu du pouvoir de « la douceur du vers et chant », il formule l'espoir que quelques bons musiciens s'emploieront à donner l'âme à cette poésie comme lui-même lui a donné le corps. ,

  • Le royaume de France aurait-il pu devenir protestant ? Stimulés par une foi intense et convaincus de l'action providentielle de Dieu en faveur de la « vraie religion », les huguenots l'ont réellement cru à l'orée de la décennie 1560. Cet ouvrage retrace l'histoire éphémère et tragique de cette folle espérance d'une conversion du roi et de tous ses sujets à la Vérité de l'Evangile. A travers la reconstitution des moyens mis en oeuvre par les pasteurs, la noblesse et les élites urbaines réformés, afin de faire triompher leur cause, c'est l'histoire du parti huguenot qui se dessine au fil d'un récit conçu comme une chronique scandée par de multiples rebondissements. Instrument politique et militaire, le parti commandé par Condé, Coligny, Jeanne d'Albret et le jeune prince de Navarre connaît une croissance spectaculaire qui lui permet de déployer ses réseaux jusqu'au coeur de l'Europe protestante. Progressivement affaiblie au fil des revers et des déceptions, l'illusion d'une France huguenote s'évanouit tout à fait en août 1572, noyée dans le sang des victimes de la Saint-Barthélemy.

  • Le huitième volume des Registres du Consistoire de Genève est caractérisé par l'intensification des conflits entre Jean Calvin et le Consistoire, d'un côté, et les Enfants de Genève, de l'autre. Ces derniers se lamentent de l'important afflux de réfugiés qui proviennent surtout de France, ainsi que du pouvoir croissant des pasteurs et du Consistoire. Le pouvoir de privation de la Cène reste toujours une source de disputes amères. Quand, en septembre 1553, le Petit Conseil réadmet à la Cène Philibert Berthelier, antagoniste acharné de Calvin, le réformateur rétorque qu'il préfère mourir plutôt que d'approuver cette décision. Mais la question de la Cène ne sera résolue qu'en janvier 1555. Le Consistoire ne joue aucun rôle dans le tristement célèbre procès d'hérésie contre Michel Servet, dont l'exécution en octobre 1553 provoque en Europe un vif débat sur la tolérance religieuse. Pourtant, l'on remarque dans ce volume une augmentation des investigations contre ceux qui avaient osé critiquer la doctrine de la prédestination ou avaient exprimé des propos hétérodoxes. Les actions contre la mauvaise conduite sont de toute façon beaucoup plus nombreuses que celles contre les croyances inacceptables. Dans ce registre, on continue à trouver des actions contre les pratiques magiques et la consultation des guérisseurs, les chansons profanes, les danses et les blasphèmes. Les actions contre les querelles et la sexualité illicite sont toujours très nombreuses et dans le contrôle du mariage, les enquêtes sur les contrats controversés sont bien plus communes que les demandes de divorces. Dans ce genre de disputes, l'attention du Consistoire est principalement concentrée sur les tentatives de réconciliation entre parties adverses et sur le maintien de la paix sociale.

  • Natif de Gascogne et bourgeois de Genève, médecin et chimiste, calviniste et paracelsien, conseiller d'Henri IV et ami de Du Bartas, Joseph Du Chesne, seigneur de La Violette (1544-1609) était aussi poète. Les cent «octonaires» sur la vanité du monde de La Morocosmie, suivis des stances des deux Chants Doriques, constituent un ­ensemble remarquable, représentatif de la poésie protestante, hélas jusqu'ici méconnu. La ­première édition critique du recueil de 1583, que donne Lucile Gibert, révèle un lyrisme raffiné, un ton polémique énergique et parfois animé par un souffle mystique. Elle contribue par ailleurs à la connaissance du paracelsisme, ce mouvement dont les ­principes ont durablement marqué l'inspiration de Du Chesne. Grâce à l'introduction et aux notes que lui consacre Lucile Gibert, La Morocosmie recouvre son ­contexte, notamment le milieu intellectuel genevois de la fin du XVIe siècle ; sa genèse, les influences qui la nourrissent et son originalité sont examinées ; enfin une place dans l'histoire des genres littéraires, et dans celle de la spiritualité réformée, lui est faite.

  • Ce deuxième tome des oeuvres de Scévole de Sainte-Marthe contient ce qui fut imprimé entre les Premieres OEuvres de 1569 et les publications de 1575 (à paraître dans un troisième volume).,L'actualité des années 1569- 1573 est très présente dans le volume : troisième guerre civile, mariages de Charles IX avec Élisabeth d'Autriche puis de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre, quatrième guerre et siège de La Rochelle. D'autre part Sainte-Marthe, pourvu de l'office de Contrôleur général des Finances en Poitou, adresse des vers à ses nouvelles relations, particulièrement les « gens des finances », qui se trouvent ainsi associés à ses connaissances parisiennes. L'annotation s'efforce d'apporter des informations sur les dédicataires du poète et les auteurs de pièces liminaires, complétant notre connaissance de la société poitevine et de la vie littéraire en France dans la seconde moitié du XVIe siècle.,Plus généralement, le livre s'inscrit dans une perspective clairement iréniste : dans le dernier sonnet, l'auteur attribue à sa poésie la capacité de « tempérer le Discord » et se juge par là investi du pouvoir de faire revenir la paix ; cette signification essentielle du recueil peut être étendue à l'ensemble du contenu du tome II.,,L'édition des OEuvres complètes de Scévole de Sainte-Marthe est établie par Jean Brunel, Professeur honoraire à la Faculté des Lettres de Poitiers, avec la collaboration de Pierre Martin, professeur dans la même Université.

  • Les minutes des séances du Consistoire pour cette année nous révèlent le début de plusieurs conflits importants qui culminèrent en 1555 avec la défaite d'Ami Perrin et des Enfants de Genève face à Calvin. À la suite de la querelle entre Calvin et Bolsec à propos de la prédestination et le libre arbitre, nous retrouvons plusieurs souteneurs de Bolsec devant le Consistoire. En 1551, le Consistoire doit aussi faire front à plusieurs Genevois mécontents du pouvoir grandissant des pasteurs et du nombre de réfugiés qui cro^t rapidement. Des citoyens influents, tels que Philibert Berthelier et Jean-Philibert Bonna, un membre du Consistoire lui-même, se rebellent et tentent de restreindre l'autorité du Consistoire et des pasteurs. Ayant déjà réussi à détourner les Genevois des pratiques catholiques, le Consistoire peut maintenant se concentrer sur d'autres affaires morales. Ainsi, dans ce registre, on trouve beaucoup de personnes convoquées pour avoir dansé, joué aux jeux de hasard ou chanté des chansons profanes. Le Consistoire semble se concentrer en particulier sur le problème des blasphémateurs à tel point que, vers la fin de 1551, le Petit Conseil publie une ordonnance contre les serments frivoles et les blasphèmes. En plus, les actions du Consistoire contre la sexualité illicite continuent à être courantes, ainsi que les questions matrimoniales et les tentatives de réconciliation entre des parties adverses.

  • INTRODUCTION. I. LE SYNODE DE DORDRECHT. La députation genevoise au synode. Le synode de Dordrecht. Enjeux théologiques. Enjeux sociopolitiques. Les théologiens de Genève et ceux des Provinces-Unies. Convocation du synode et Genève. La délégation française. Ouverture et composition du synode. Première phase : De l'ouverture du synode à la comparution effective,des ministres remontrants. Deuxième phase : De la comparution des Remontrants à leur expulsion. Troisième phase : La rédaction des jugements sur les 5 articles,de la controverse et les divisions entre les délégués. Quatrième phase : L'élaboration des canons. Cinquième phase : De la signature des canons à leur réception solennelle. Retour de Diodati et de Tronchin à Genève. II. AFFAIRES DE LA COMPAGNIE. L'avènement de l'électeur palatin Frédéric V sur le trône de Bohême. La reprise des persécutions contre les Églises du marquisat de Saluces et du Piémont. Gaspard Alexius et les troubles qui agitent les Grisons et la Valteline. Les rapports entre la Compagnie et le Magistrat. La Compagnie et le Consistoire. L'Académie et le Collège. Les prolongements de la controverse avec Pierre Coton. La Compagnie et l'administration de l'Hôpital. III. CRITÈRES D'ÉDITION. AVIS AU LECTEUR . SECRÉTARIAT ET MEMBRES DE LA COMPAGNIE. DÉLÉGATIONS ET MEMBRES DU SYNODE DE DORDRECHT. Bureau du Synode. Délégation des États-Généraux. Délégations des Provinces-Unies. Délégation des professeurs des Provinces-Unies. Délégations des Églises étrangères. Remontrants convoqués par le Synode. REGISTRES DE LA COMPAGNIE. 1618 . 1619

  • Le volume de 1597 contient la suite des événements, et des découvertes documentaires. Parmi les premiers, Henri IV achevant sa guerre contre l'Espagne par la reprise d'Amiens. Devant cette ville se retrouvent tous les amis du roi : il n'y manque que les protestants. Mais les alliés des Pays-Bas font merveille de leur côté, et le roi emporte enfin le morceau ! Ce qui déclenche l'effondrement de l'Espagne, dont le roi, Philippe II, est très malade, et décide le pape à se réconcilier avec le roi de France. Le traité de Vervins et l'édit de Nantes se profilent à l'horizon. - Parmi les nouveautés : la grande et belle édition des Poemata de Bèze, grâce à la générosité des Zastrisell, grands seigneurs de Moravie. Grâce au fait que l'empereur Habsbourg est pris par la guerre contre les Turcs, les protestants de Silésie et de Moravie sont à leur apogée. Ils peuvent envoyer leurs enfants à l'Académie de Genève. On découvrira aussi l'esquisse d'une réponse de Bèze à Jean de Sponde, au sujet des marques de l'Eglise. Et aussi le texte d'une de ces Tabellae inconnues de Caspar Peucer, celle sur la Justification. Du nouveau aussi sur ce compositeur de musique auvergnat et lyonnais, François Gras, dont on ne connaissait guère que le nom. Enfin et surtout, ce qui fut le coup de tonnerre de 1597 : les jésuites faisant courir le bruit de la mort de Bèze se convertissant et entraînant toute la ville de Genève dans son abjuration ! La riposte, qui prit la forme d'une brochure connue sous le titre de Beza redivivus, se trouve intégralement publiée dans ce volume.,

  • Avec neuf discours et quatre-vingt-une lettres (conservées dans toute l'Europe), ce volume clôt l'édition critique des discours (1563-1568) et de la correspondance politique et familière (1536-1573) de Michel de L'Hospital, que L. Petris avait entamée dans La Plume et la tribune (Droz, 2002). Il comporte de nombreux inédits, notamment des échanges épistolaires avec Henri II, François II, Charles IX, Catherine de Médicis, Pie IV, Nicolas de La Croix, Marguerite de Savoie, Georg Cracow, etc., complétés par l'édition du testament de Michel de L'Hospital, ainsi que par des textes de Brantôme, Thévet et Turnèbe.
    S'y révèlent à la fois une action politique qui oeuvre à la coexistence confessionnelle au début des guerres de religion et les pensées plus intimes du chancelier de France, partagé entre l'engagement civil et l'« arriere-boutique » de la retraite et des Lettres. Entre parole rhétorique, échange épistolaire, voix poétique des Carmina et écriture privée des notes autographes, c'est une oeuvre majeure et complexe visant à agir sur son temps qui est ainsi mise au jour et qui éclaire les visages de celui qui oeuvra et posa en pacificateur.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Poetiques d'aubigne

    Collectif

    Sous le titre de Poétiques d'Aubigné, ce Colloque tente de dessiner les contours et les enjeux de cette "beauté convulsive" qui distingue l'oeuvre du poète et capitaine Huguenot. Comment représenter la violence? Comment dire la fureur et l'extase? En quoi le texte prétend-il se faire image? Et dans quelle mesure la stylistique et la poétique deviennent-elles partie prenante de la théologie? Toutes ces questions donnent lieu à une réflexion originale et approfondie de la part de quelques-uns des meilleurs spécialistes de l'oeuvre d'Aubigné: Claude-Gilbert Dubois, Jean-Raymond Fanlo, Elliott Forsyth, Marie-Madeleine,Fragonard, Michel Jeanneret, Ullrich Langer, Frank Lestringant, Gisèle Mathieu-Castellani, Olivier Pot, Jean-Yves Pouilloux, Marie-Hélène Prat, Malcolm Quainton, Richard L. Regosin, Gilbert Schrenck, Marguerite Soulié, André Tournon, Henri Weber.,,"Les Tragiques d'Aubigné" : une poétique de la violence. La fureur iconoclaste du poète réformé, mort à Genève en 1630, allait de pair avec une fascination pour la représentation imagée. "(...) Comme le formule d'entrée Michel Jeanneret : "Après une vie de combat pour la cause protestante, Aubigné mourait à Genève en 1630. Il était temps que la ville du refuge lui rende hommage." Cet hommage adopte la forme d'une quinzaine de communications qui, toutes, se penchent sur les Poétiques d'Aubigné. Ce n'est pas un hasard si Aubigné (...) se retrouve de nos jours au bénéfice d'une attention renouvelée. (...) Que ce soit au niveau des thèmes, du lexique, de la syntaxe ou de la prosodie, cette violence ne cesse de se réaffirmer dans un poème hors normes à tous égards." John E.Jackson. Extrait d'un article paru dans "Le Temps", le 30 octobre 1999.

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