Langue française

  • L'Heptaméron est une oeuvre à la croisée des discours religieux et mondain, où diffèrent sans s'exclure amour sacré et amour profane qui transmet depuis des siècles le testament spirituel, vivace, émouvant et profondément humain d'une des grandes dames de l'Histoire de France. Soeur de François Ier et grand-mère de Henri IV, Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre, a joué un rôle essentiel dans la vie culturelle de la Renaissance française. Avec l'Heptaméron, elle a composé un recueil de nouvelles inspiré du Décaméron de Boccace, resté inachevé (72 nouvelles) au moment de sa mort (1549).

  • Les débuts de la représentation du Christ sont mal connus. Ils ont surtout été problématiques et son histoire renseigne sur des transformations qui vont au-delà des images. Ce livre en suit l'évolution dans les premiers siècles du développement des images chrétiennes. Il s'efforce de comprendre une diversité inattendue et une évolution qui conduit du début du IIIe, à Rome, jusqu'au Xe siècle à Byzance. Le développement du christianisme est lié à la profonde transformation du monde romain. Les images chrétiennes, celles du Christ en particulier, donnent des éclairages sur les modalités de cette évolution et permettent de voir une radicale transformation dans la manière de percevoir les images et de comprendre le monde. Le christianisme aussi a évolué : les images ne sont, dans les débats sur le Christ, ni absentes, ni passives, mais y contribuent à travers leurs commanditaires qui, pour ne pas représenter une voix officielle de l'Eglise, n'en sont pas moins informés.

  • Lorsque Calvin entreprend sa réforme religieuse, il fait appel à différents moyens de communication : le sermon, la correspondance, le livre. Quelle place accorde-t-il cependant à l'imprimerie pour assurer le rayonnement de son message ? Cette question suppose une enquête approfondie sur les relations que Calvin entretient avec le livre : les genres littéraires qu'il a illustrés; les raisons qui l'ont poussé à prendre la plume; la langue utilisée (latin et français) et les publics visés; plus concrètement encore l'organisation de son cabinet de travail et les relations avec ses imprimeurs et libraires. Il convient également de s'interroger sur sa bibliothèque et sur ses lectures, celle de la Bible et celle des auteurs anciens et contemporains. Comment intègre-t-il ses lectures dans son oeuvre écrite ? Dernier volet de l'enquête: la censure. Comme les auteurs et les imprimeurs sont étroitement contrôlés à Genève, Calvin peut-il imprimé impunément tout ce qu'il veut ? Joue-t-il le jeu de la censure ? Pour mener l'enquête, Jean-François Gilmont tire profit de sa connaissance approfondie tant de la bibliographie calvinienne que de son oeuvre, jusqu'à la correspondance relue à nouveau frais. Son étude, qui nous donne une image extrêmement vivante et parfois inattendue de Calvin, offre de nouvelles perspectives sur le Réformateur, sur son action pastorale et même sur son style et sa théologie.

  • La Brieve Instruction pour armer tous bons fideles contre les erreurs des anabaptistes résulte d'une coopération étroite entre Guillaume Farel et Jean Calvin. Confronté aux mouvements anabaptistes qui agitent Neuchâtel, Farel suggère en effet à Calvin de prendre la plume contre ses opposants. Il l'informe de la situation et lui fournit la traduction française de la Confession de Schleitheim de Michael Sattler, circulant alors à Neuchâtel. Mais Calvin produit un ouvrage de portée générale contre les anabaptistes tandis que Sattler s'en tenait à l'approche particulière convenant à une confession. Usant de son Institution chrétienne et de sa Psychopannychie, Calvin réagit promptement et publie son traité dès 1544. La Brieve Instruction, qui appartient à la deuxième vague polémique contre les anabaptistes, réitère des arguments désormais stéréotypés et véhicule leur image négative de secte révolutionnaire bouleversant l'ordre de la société chrétienne. L'édition que donne Myriam van Veen rend le texte accessible aux lecteurs modernes; attentives à la pensée polémique de Jean Calvin et de ses contemporains, les notes autorisent une comparaison entre la conception que se faisait le réformateur de l'anabaptisme et l'image qu'en renvoie la Confession de Schleitheim.

  • Dans la vie de Bèze, l'année 1600 est marquée par sa rencontre avec Henri IV à L'Eluiset, près de Genève. Pourquoi le roi était-il venu en ces lieux ? Pour ramener à la raison l'insupportable duc de Savoie, qui n'arrivait pas à se décider à conclure la paix. Henri IV dut se rendre lui-même en Savoie, à la tête de son armée, pour l'impressionner. A cette occasion, le roi souhaita rencontrer M. de Bèze, qu'il n'avait pas vu depuis 40 ans. Notre volume 41 contient une lettre jusqu'ici inconnue où Bèze raconte lui-même l'événement, avec les propos échangés entre le vieux réformateur et le roi. On trouvera aussi cent autres choses dans ces documents : les vers en l'honneur de Zastrisell senior, gravés sur son tombeau. Des avis très pondérés sur les disputes de religion, notamment celle de Fontainebleau, où Duplessis-Mornay fut déconfit par le futur cardinal Du Perron. La visite de Broughton à Genève, cet hébraïsant anglais à demi-fou. Le cas douloureux de Marie de Normandie, fille du célèbre Laurent de Normandie, persécutée par ses demi-frères affamés. La consolation de Nicolas Rapin, poète poitevin, que Bèze avait fort attristé en critiquant les « vers mesurés », mais qui finit par lui avouer, de vive voix, que ses vers étaient quand même fort beaux et très réussis !

  • Qu'entend-on par Réforme radicale ? L'expression a paru en 1957 sous la plume de l'historien G. H. Williams, qui la définissait en relation avec les Eglises protestantes magistérielles. Ce mouvement complexe naissait à l'intérieur de la Réforme, dont il partageait les principes et les instances de renouvellement religieux. Il offrait toutefois des orientations et des issues différentes, qui se sont avérées fondamentales pour le développement dans le monde moderne de valeurs telles que la liberté, la tolérance, la dignité individuelle, la sécularisation de l'Etat et de la société. L'absence d'un corpus doctrinaire et d'une organisation homogène a permis à la Réforme radicale de faire émerger des parcours individuels, communautaires et sectaires, souvent confrontés à la persécution et à la clandestinité. Les conceptions religieuses de ces hommes donnèrent naissance au spiritualisme, à l'anabaptisme et à l'antitrinitarisme. Ce volume présente une reconstruction de l'histoire du mouvement et une remise à jour du débat historiographique.

  • Le chant des psaumes n'est pas une invention de la Réforme, mais au XVIe siècle il n'est plus réservé aux couvents et aux chapitres, aux moines et aux clercs. C'est l'ensemble de la communauté croyante qui donne du ceur et de la voix pour élever ses psaumes à Dieu, d'abord à Wittenberg, à Strasbourg puis à Genève et dans la France réformée. Un jubé sonore est tombé. Entre 1531 et 1561, s'élabore un monument identitaire qui force toujours l'admiration : la paraphrase versifiée des cent cinquante Psaumes qui va s'affirmer comme le Psautier huguenot. Clément Marot, puis Théodore de Bèze sont les auteurs à l'oeuvre : le premier est le plus grand poète d'expression française du XVIe siècle avant Ronsard, le second, l'un des plus grands poètes néo-latins du même siècle ardent.
    On offre ici la première édition critique du Psautier paru à trente mille exemplaires au début 1562 (le plus gros tirage du premier siècle de l'imprimerie), avec les sources, références et variantes, ainsi que les essais de Jean Calvin. Dans une longue introduction, Max Engammare étudie entre autres la langue des deux poètes, leur poétique, l'hébraïsation de la langue française. En fin d'édition, il donne un glossaire très complet.

  • Sans prétendre à l'exhaustivité, cette étude se propose de retracer l'histoire littéraire du livre de piété en prose dans le milieu réformé européen francophone, des origines de la Réforme jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes, en accordant une place de choix à la méditation, qui domine la production de ces ouvrages. Il s'agit de replacer les expressions de la dévotion dans leur contexte socio-historique, en lien avec l'histoire singulière d'une communauté de croyants. La littérature de piété n'est pas strictement spirituelle, elle est aussi existentielle et résolument militante. Opter pour la Réforme dès son origine, c'est entrer de plain-pied sur la scène de l'Histoire : prendre position dans la cité, s'exposer à payer le prix de ses croyances et de sa manière particulière d'aimer Dieu. Ce n'est pas seulement à l'aune de critères esthétiques que sera interrogé le concept d'identité confessionnelle appliqué à la littérature, mais aussi sous l'angle de l'histoire politique, religieuse, sociale et littéraire. Après un premier regard portant sur les origines du livre réformé tel qu'il s'affirme à partir des années 1550, l'ouvrage s'attache à dégager une typologie des pratiques de dévotion : la préparation à la mort, la méditation pénitentielle, la méditation sur les Psaumes, la préparation à la cène et les recueils méthodiques. Les derniers chapitres proposent, quant à eux, des synthèses sur les problématiques soulevées par le livre de piété : le militantisme dévotionnel, le langage de la piété, l'auctorialité, enfin le lectorat. Au fil de ce parcours, il s'agit de montrer le rôle primordial que joue le livre de piété dans la vulgarisation des pratiques et des savoirs religieux comme dans la constitution d'une langue littéraire repensée à partir de nouveaux critères rhétoriques.

  • L'année 1590 montre bien la faiblesse de la République de Genève : comme la guerre s'éternise - on pensait que tout aurait été réglé en quelques mois. La ville n'a plus d'argent, les caisses de l'Etat sont vides et celles des particuliers aussi : il faut trouver des prêteurs au-dehors... Les alliés bernois, par l'inique traité de Nyon, ont fait faux-bond. Mais il y a de temps à autre une bonne nouvelle, une lueur d'espoir : les Genevois s'emparent de Gex et même du fort de l'Ecluse. Les Bernois renoncent au traité de Nyon, le duc de Savoie paraît soudain pris par ses campagnes en Provence. Voilà beaucoup de points auxquels rattacher l'optimisme naturel de Théodore de Bèze. Il prêchait assidûment, et s'écriait : qui aurait jamais cru qu'au seizième mois de guerre, on trouve encore quelque chose à manger au marché de Genève ? Ses lettres sont de même pleines de ces élans d'espoir qui brillent dans la nuit.

  • Les minutes des séances du Consistoire pour cette année nous révèlent le début de plusieurs conflits importants qui culminèrent en 1555 avec la défaite d'Ami Perrin et des Enfants de Genève face à Calvin. À la suite de la querelle entre Calvin et Bolsec à propos de la prédestination et le libre arbitre, nous retrouvons plusieurs souteneurs de Bolsec devant le Consistoire. En 1551, le Consistoire doit aussi faire front à plusieurs Genevois mécontents du pouvoir grandissant des pasteurs et du nombre de réfugiés qui cro^t rapidement. Des citoyens influents, tels que Philibert Berthelier et Jean-Philibert Bonna, un membre du Consistoire lui-même, se rebellent et tentent de restreindre l'autorité du Consistoire et des pasteurs. Ayant déjà réussi à détourner les Genevois des pratiques catholiques, le Consistoire peut maintenant se concentrer sur d'autres affaires morales. Ainsi, dans ce registre, on trouve beaucoup de personnes convoquées pour avoir dansé, joué aux jeux de hasard ou chanté des chansons profanes. Le Consistoire semble se concentrer en particulier sur le problème des blasphémateurs à tel point que, vers la fin de 1551, le Petit Conseil publie une ordonnance contre les serments frivoles et les blasphèmes. En plus, les actions du Consistoire contre la sexualité illicite continuent à être courantes, ainsi que les questions matrimoniales et les tentatives de réconciliation entre des parties adverses.

  • Entre son commentaire des épîtres pauliniennes et de l'épître aux Hébreux et avant celui qu'il donnera des Evangiles, Jean Calvin, dans sa volonté de commenter tout le Nouveau Testament, s'intéressa à cinq des sept épîtres catholiques : Pierre 1, Jean 1, Jacques, Pierre 2 et Jude. En suivant l'ordre des péricopes, il commence habituellement par l'examen du vocabulaire, du sens des mots grecs, en commentant les traductions (Vulgate, Erasme) et en s'attachant aux cas (grammaire). Dans un deuxième temps, il étudie le contenu, paraphrasant et analysant, comparant à Paul, soulevant des interrogations et offrant un Respondeo (dialectique). Enfin, il conclut par la formule Summa est, qui se termine par une exhortation (rhétorique), saisissant le texte pour s'opposer aux arrêts du Concile de Trente sur l'ambiguïté des Ecritures et sur la notion d'élection par les mérites.

  • Ce volume collectif met en valeur le Calvin littéraire, à l'occasion du cinquième centenaire de sa naissance. Les contributions s'emploient à approfondir ce qui, dans le rapport du Réformateur à l'écriture et à la Bible, et dans son rayonnement auprès des écrivains du XVIe siècle (à travers une série d'échanges, d'influences, d'interactions et de rapprochements possibles), témoigne d'une appréhension humaniste des textes et de l'homme, comme de l'inscription d'une pratique littéraire dans une anthropologie humaniste. Cet "humanisme" de Calvin - avec toutes les ambiguïtés que la notion comporte - a été étudié selon trois axes majeurs : l'axe culturel bien sûr, à travers l'étude d'un milieu de formation, d'une communauté d'arrière-plans et d'un ensemble de références culturelles, antiques en particulier, mais aussi l'axe anthropologique et l'axe philologique de sa relation à l'écriture et à la langue française, qu'il contribue largement à clarifier et à simplifier en la libérant du latin. Le volume s'attache surtout à mettre en évidence les liens qui existent entre la formation de Calvin, l'anthropologie qu'il propose, et sa pratique stylistique.
    Ainsi réunies, les diverses approches des spécialistes sollicités permettent d'établir que ce qui semble inscrire Calvin dans un ordre de référence humaniste est toujours remis en cause au nom d'une anthropologie repensée, questionnant la notion d'"humanisme" même, en dialogue avec une communauté d'"humanistes". Deux aspects de l'écriture calvinienne structurent en particulier la réflexion menée dans ces pages: les tensions d'un héritage, parce que le rapport à l'écriture convoque, et repense, à travers des références humanistes et au-delà d'elles, toute une anthropologie propre; et une écriture de combat, qui permet de voir comment ce rapport aux textes et aux hommes se traduit concrètement dans un style qui a fait reconnaître Calvin comme écrivain, "illustrateur" de la langue française.

  • L'édition critique des sermons de Calvin sur la naissance du Christ, la Passion, la Résurrection et l'Ascension, la Pentecôte, et la seconde venue du Christ, est le premier volume des Recognita Calvini Opera, série V, Sermones. Les sermons sont annotés afin de les rendre accessibles aux lecteurs modernes. Le texte de la première édition de 1558 est comparé avec les éditions ultérieures de 1559 et 1563. L'introduction de Wilhelmus Moehn replace les sermons dans leur contexte liturgique et historique.

  • Cette nouvelle série de publications des registres du Petit Conseil de Genève poursuit celle entreprise au siècle passé par E. Rivoire et V. van Berchem, qui couvre les années 1409-1536, interrompue en mai 1536 avec l'adoption officielle de la Réforme, quelques semaines avant l'arrivée de Jean Calvin à Genève. Les mois suivants (mai-décembre 1536) font l'objet de la présente publication ; ils constituent une période décisive pour l'avenir de la Seigneurie. En politique extérieure, cette dernière doit affirmer son indépendance à l'égard des Bernois qui occupent, depuis février 1536, les bailliages savoyards de Gex et de Ternier, encerclant ainsi complètement Genève, et qui ont remplacé le duc de Savoie Charles III dans ses prérogatives judiciaires dans les terres de Saint-Victor et Chapitre, sous dépendance genevoise. Elle doit également défendre les intérêts de ses bénéfices ecclésiastiques en Faucigny, territoire appartenant à Charlotte d'Orléans, duchesse de Nemours, alors sous protectorat français. Enfin, en politique intérieure, soutenue par Guillaume Farel, la Seigneurie proclame des édits et prend des mesures disciplinaires pour mettre en place la nouvelle doctrine religieuse. Cette édition est enrichie de nombreuses pièces annexes provenant des Archives d'Etat de Genève, de Berne et de la Bibliothèque nationale à Paris.

  • La grande affaire de l'année 1589, c'est la guerre que Genève a déclarée à la Savoie, en avril. Voilà Bèze transformé en correspondant de guerre, envoyant à ses amis des nouvelles du front. Il le fait dans le style des vieux Romains, Tite-Live, Salluste, César ... Ce qui est très apprécié : on en donne lecture au Conseil de Zurich ; Grynaeus, à Bâle apprécie tant ces récits, qu'il fait faire une publication de l'une de ces lettres, non sans y ajouter quelques citations et développements supplémentaires, et ce sera une brochure d'actualité paraissant à Bâle en juillet sous le titre d'Expositio Verissima. Mais en juillet, on pouvait encore envisager l'avenir avec optimisme, espérer une victoire assez retentissante pour que le duc de Savoie se contienne au-delà des Alpes, sans plus molester les Genevois. Las ! Il n'en fut rien. Les alliés de Genève se dérobaient les uns après les autres, la France, Berne... et les Genevois restaient seuls, avec leur toute petite armée, face au gendre du roi d'Espagne ! Cela n'empêche pas Bèze d'applaudir à l'accession de Henri IV au trône de France et de lui faire une propagande infatigable auprès des Suisses. Notre volume donne aussi de curieux carnets donnés au roi Henri pour gouverner la France, car on a autrefois cru que ce document datait de l'avènement royal d'août 1589. Une étude plus attentive a permis de le dater de 1576 : on le trouvera donc parmi les Addenda des tomes précédents.

  • Sixième tome du Journal de Pierre de L'Estoile, qui constitue, de l'avis général, le document le plus important et le plus curieux pour la connaissance historique et littéraire de la fin du XVIe siècle en France. Pour la première fois, ce texte est édité d'après le manuscrit original fr. 6678 et les variantes du manuscrit fr. 6888 de la Bibliothèque nationale de France.
    Les années 1588 et 1589 enregistrent la tragédie de la monarchie française, qui voit la victoire de la Ligue et la fuite d'Henri III hors de Paris. Le meurtre des Guises à Blois par le roi déchu ne marque qu'un faible sursaut, avant l'assassinat du monarque sous les murs de la capitale. Le royaume est à l'agonie, comme le note de Thou à propos de ces années de terreur sanglante, martelées par des "événements si singuliers" et si "funestes à la France, puisque ce fut alors, que par l'indolence, ou le peu d'habilité des Ministres, aussi bien que par la foiblesse naturelle, et l'aveuglement malheureux du Prince, on vit le premier trône du monde, prêt à tomber en ruine".
    Comme pour les volumes précédents, Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck ont procuré une édition soigneusement annotée à la lumière des travaux les plus récents.

  • Depuis les travaux précurseurs de William Monter et de Bob Kingdon voici vingt ans, tous les spécialistes du XVIe siècle, des sociologues de la religion aux historiens des mentalités, des chercheurs calviniens aux historiens de la langue française, tous attendaient une édition des registres du Consistoire de Genève, cette institution de contrôle des moeurs et des idées religieuses. Ces registres dépeignent avec précision les idées et comportements du menu peuple face aux bouleversements de la révolution religieuse que fut la Réforme calvinienne. Ce premier tome couvre les années 1542-1544, années pendant lesquelles les nombreuses traces de "papisme" sont traquées dans la population (cierges, prières, livres d'Heures, etc.), années d'enseignement réformé pour des Genevois qui doivent se faire à la nouvelle religion en fréquentant sermons et leçons de catéchisme. Des affaires de moeurs au sens propre, promesses de mariage rompues, adultères ou femmes battues, sont également traitées par les membres du Consistoire, alors qu'un bâtier qui tient taverne doit absolument y placer une bible en bonne place... Il a du mal à s'exécuter.

  • Sujet très controversé à la Renaissance, que celui de l'astrologie dite judiciaire, c'est-à-dire celle qui prédisait le destin des individus d'après la disposition des astres au moment de leur naissance. Plusieurs humanistes, parmi lesquels Mélanchton, avaient pris sa défense, d'autres l'avaient critiquée, notamment Savoranole. Calvin reprend l'argumentation de Savoranole, contredit Mélanchton sans le nommer, mais son traité de 1549 réfute surtout celui de Mellin de Saint-Gelais (1549). Sans nier aux astres toute influence - ils peuvent par exemple déterminer le meilleur moment de prendre médecine, car les choses physiques influent sur les corps qui sont du domaine matériel - le réformateur nie qu'ils puissent déterminer les destins individuels ou collectifs, qui dépendent de la seule volonté de Dieu.

  • En 1958, Rodolphe Peter entreprend la refonte complète de l'ouvrage d'Alfred Erichson (publié en 1900). A la mort de R. Peter, en 1987, c'est à Jean-François Gilmont que l'on demande de reprendre les recherches. Voici enfin terminé cet ouvrage tant attendu par les spécialistes. La Bibliotheca se propose de décrire toutes les oeuvres de Jean Calvin publiées au XVIe siècle. L'ouvrage est divisé en 3 sections : les écrits théologiques, littéraires et juridiques ; les écrits ecclésiastiques ; et les ouvrages avec la participation de Calvin.

  • Des scandales

    Jean Calvin

    Les textes français de Calvin, ces joyaux de la littérature, sont souvent introuvables, ou ont été réédités dans des versions modernisées. Il nous les faut dans leur forme authentique, avec des bonnes annotations. Tel est le cas du Traité des scandales, dans lequel Calvin stigmatise les intellectuels qui avaient goûté quelque peu de la Réforme puis s'en étaient retirés pour se contenter de spéculations philosophiques plus individualistes, moins engagées. Il y en avait beaucoup à Paris et ailleurs : des humanistes, des élégants, des "Lucianistes et Épicuriens". Toutes ces opinions constituent des "scandales" pour la foi.

  • C'est en 1620 lorsqu'il trouve refuge à Genève qu'Agrippa d'Aubigné entreprend de réviser son Histoire Universelle en trois tomes. Amplement corrigée et augmentée, c'est cette seconde version qui est ici éditée, suivant le découpage de Ruble en XV livres. On trouvera dans le dixième et dernier volume de la présente édition le quatrième tome qu'Agrippa d'Aubigné entreprenait d'adjoindre à son ouvrage mais qu'il ne put achever avant la fin de sa vie. Conservés dans les Archives Tronchin, ces textes furent publiés pour la première fois, de manière lacunaire, en 1925, par Jean Plattard. Ces ultima scripta brossent l'image d'un homme à qui le grand âge n'avait rien ôté de la vigueur de son « gros style ferré » et qui demeurait inébranlablement fidèle à la cause pour laquelle il s'était jeté dans la guerre soixante-deux ans plus tôt.

  • Avant-propos; HISTOIRE POLITIQUE ET PSYCHOLOGIE HISTORIQUE; HUMANISME ET RÉFORMATION, ÉTAT DE LA QUESTION; LE MYTHE DE GENÈVE AU TEMPS DE CALVIN; PREMIER APPENDICE « AU MYTHE DE GENÈVE » : Vers latins pour Servet, contre Calvin et contre Genève;
    APPENDICE II AU « MYTHE DE GENÈVE » : Epistre du Seigneur de Brusquet aux Magnifiques et honorés Seigneurs Syndicz et Conseil de Genève, Lyon 1559

  • Jean Crespin est connu comme l'auteur du fameux martyrologe protestant ; les bibliophiles connaissent ses livres et les spécialistes de la Réforme savent que le principal de la production théologique genevoise vers 1550-1572 est sorti de ses presses. C'est cependant la première fois que ses publications font l'objet d'une étude de cette importance. Jean-François Gilmont s'est attaché à utiliser toutes les sources d'archive disponibles et tout d'abord les livres eux-mêmes qu'il examine à la lumière des récentes techniques de "bibliographie matérielle" mises au point par les Anglo-saxons. En annexe, la bibliographie la plus complète à ce jour des ouvrages édités par Crespin.

  • Guillaume Farel est l'un des premiers réformateurs, l'aîné de Calvin et Bèze. Parmi les premiers instruments qu'il estima nécessaires au réveil de la foi, il plaça les textes liturgiques comme le Pater Noster ou le Credo.
    Francis Highman nous présente ces textes, qui furent parmi les plus diffusés de la Réforme, comme la première expression de la piété réformée française. Car si l'exposition du Credo est largement inspirée de Luther, Farel développe autour du texte du Pater Noster de nombreuses explications où se reflètent les éléments de sa spiritualité : rapport personnel en même temps que dépendance entière du croyant envers Dieu, et purification intérieure par le Saint Esprit.
    Lisez Chrestiens et vous trouverez consolation.

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