Presses de l´Université Saint-Louis

  • La double élection pontificale de 1378, l'interminable conflit au sommet de l'Église, la division de la chrétienté, l'agitation du monde universitaire, le désarroi des fidèles, le trouble des consciences... Il semblait que le sujet avait été épuisé... Mais le colloque d'Avignon de 1978, consacré à la genèse et aux débuts du Grand Schisme d'Occident, avait renouvelé la problématique et relevé que la Belgique était le seul pays d'Europe occidentale à ne présenter aucune étude d'ensemble. Une lacune qu'il fallait combler tôt ou tard... Pour mener pareille étude, il importait de « descendre des sommets de l'histoire ecclésiastique » et de partir à la rencontre des hommes et des femmes qui, entre 1378 et 1417, avaient noué des relations avec la papauté, qu'ils fussent guidés par des préoccupations spirituelles ou motivés par des intérêts matériels. Pour ce faire, on ne pouvait imaginer meilleur cadre qu'un vaste diocèse de confins. À la croisée des influences française, flamande, bourguignonne, liégeoise et impériale, le diocèse de Cambrai fut d'abord le théâtre d'une lutte d'influence entre les papes romain et avignonais, avant de se ralier avec une belle unanimité, dès 1409, à la solution conciliaire de la crise.

  • Le constat n'étonnera personne : les faits, les manifestations ou les phénomènes religieux attirent aujourd'hui l'attention, à des degrés divers. Face à la question de savoir ce que les religions viennent faire dans la société et la culture, on dispose d'un large éventail d'analyses et de réponses. Toutefois, en centrant ainsi l'intérêt sur ce que les religions font, une autre question est souvent laissée dans l'ombre : celle de savoir ce qui fait la religion, ou encore Qu'est-ce que la religion ? Les contributions rassemblées dans ce recueil n'entendent pas traiter la question de manière abstraite, ni trancher l'épineux problème d'une définition théorique de la religion. Il s'agit plutôt de prêter attention à ce que la religion donne à entendre, quand on l'interroge sur ce qui la fonde et la constitue, dans le champ de la conscience et de la pensée humaines, dans celui des rapports sociaux, et face aux pôles de sens et de vérité qui aimantent les traditions religieuses et leurs divers itinéraires. La théologie chrétienne se doit aujourd'hui de reprendre ce questionnement, pour envisager comment le christianisme se comprend lui-même comme religion, en ayant dépassé l'opposition duelle entre foi et religion. L'interlocution avec d'autres religions se tient certainement au coeur de cette tâche. Mais en même temps, ce questionnement appelle aujourd'hui le christianisme à revoir ses propres bases anthropologiques, où ce qui fait la religion prend naissance.

  • On dénonce volontiers aujourd'hui des formes de pouvoir qui mettent nos sociétés et l'humanité à l'épreuve de leur avenir éthique. Régulièrement, ces dénonciations font usage du lexique religieux de la critique des idoles : faux-dieux (argent, marché, profit, capital), « culte » de la maîtrise technique (manipulations du vivant, emprise des images, mondes virtuels), « sacrifices » humains et animaux sur l'autel de la rentabilité (crises alimentaires, pillage du Sud par le Nord), « rituels » de compétition (médias, sports, luttes d'influences politiques). Pour révélateur qu'il soit, ce langage ne suffit cependant pas à élucider le rapport au pouvoir impliqué dans l'idolâtrie. L'idolâtrie a certainement à voir avec l'artifice, le simulacre, la reproduction du même, la maîtrise et les formes narcissiques du désir. Mais au fond, que cache l'idole, par sa visibilité même ? Est-elle une figure extérieure, dont la seule critique entraînerait la destitution ? Ou bien est-elle le reflet d'une servitude immanente aux pouvoirs que l'humanité s'accorde à elle-même, tout en se persuadant de sa liberté ? Ces questions recoupent la réflexion théologique sur l'idolâtrie. Il est trop court de traiter celle-ci comme une « erreur » sur Dieu, ou dans le cadre d'un dualisme opposant faux et vrai Dieu. Mais s'il y a un sens à parler d'idolâtrie, il convient de se demander pourquoi et comment parler aujourd'hui de Dieu. De sorte que, s'il nomme Dieu, l'humain puisse ne pas s'asservir à un mensonge à lui-même.

  • Le discrédit jeté sur les institutions devient aujourd'hui une nouvelle idéologie qui oublie de se soumettre elle-même à la critique. C'est le cas aussi pour l'institution ecclésiale, qui est durement contestée par beaucoup de ses membres. Ne convient-il pas, sans rien oublier, bien au contraire, des acquis récents de l'ecclésiologie et de la pratique ecclésiale, de repenser le fondement théologique de l'Église comme institution? Un historien, un évêque, un sociologue, un exégète, un ecclésiologue, un théologien tentent d'éclairer, chacun de leur point de vue, ce problème difficile mais essentiel pour l'Église d'aujourd'hui. Ce volume résulte d'une session théologique, tenue en 1978 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

  • Les publications sur le baptême se multiplient en ce moment, reflets de et réponses à un problème pastoral et ecclésial préoccupant, parce que vital, pour l'Église et pour les chrétiens. Le livre que voici vient s'ajouter à ce dossier complexe et difficile en présentant un point de vue plus synthétique : il s'efforce de situer la difficile question pastorale (en gros, celle du baptême généralisé des petits enfants) dans une perspective plus ample, celle d'une réflexion sociologique, exégétique, historique et théologique, qui permet de dégager l'extrême charge de sens que porte le rite baptismal pour l'existence chrétienne et par là même de mesurer les ambiguïtés de la pratique baptismale actuelle et de tracer quelques perspectives d'orientation pastorale. L'ouvrage réunit les contributions présentées à une session théologique tenue en 1982 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

  • La doctrine de la Création après avoir connu une longue éclipse, revient à I'avant-plan de la réflexion théologique et catéchétique. Elle y est conviée par une conjoncture où en tous domaines, s'opère une redécouverte du cosmos. L'objectif de la session théologique, organisée par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., a dès lors été, d'abord, de bien entendre la sollicitation multiple ainsi adressée à la pensée chrétienne. En particulier, il s'est agi de faire le point sur les avancées de la recherche dans les champs de l'astrophysique et de la cosmologie, ainsi que sur les interrogations proprement philosophiques qui en naissent ; d'offrir des voies de réappropriation du donné biblique en matière de visée des origines et de l'origine ; de méditer sur la confession biblique du monde comme création en tant que mode spécifique d'expérience du tout ; de déployer les axes majeurs d'une théologie articulant, à frais nouveaux, Création et Salut, essentiellement au moyen de la catégorie apocalyptique d'accomplissement. Il apparaîtra, au terme du parcours, que penser et reconnaître le monde comme, « réalité tierce » entre l'homme et Dieu, restituer au cosmos une dimension « salutaire » propre, constitue un acte audacieux et réflexif, décisif pour la vitalité du christianisme aujourd'hui

  • L'éthique contemporaine, qu'elle soit d'inspiration kantienne ou pragmatique, adopte une attitude ambivalente à l'égard des convictions. Tantôt, elle considère celles-ci comme de simples opinions sur la vie bonne dont le particularisme culturel risque de conduire à l'exclusivisme s'il n'est pas soumis aux exigences de la justification pluraliste et consensuelle. Tantôt, elle restreint la notion de conviction au point de n'y reconnaître que la garantie subjective d'une sincérité dans l'engagement moral. La conviction devient alors la formule de la raison pratique sans contenu sémantique particulier susceptible d'orienter l'engagement concret des sujets. C'est donc sur le plan sémantique qu'il est d'abord nécessaire de réintégrer le rapport entre éthique et convictions (Ire partie), si l'on veut ensuite élucider de manière positive le rôle des contenus de conviction dans le processus historique concret de l'engagement moral (IIe partie).

  • Un immense besoin de spiritualité traverse le monde contemporain, asphyxié par la science, la technique, le matérialisme, la critique des métaphysiques et des religions, l'absence de raisons de vivre et de mourir, la crise des idéaux et des valeurs absolues. D'où, la vogue des spiritualités et des sagesses orientales, le développement des sectes, et bien d'autres signes d'une recherche souvent équivoque. D'où, aussi, le développement dans les Églises du renouveau charismatique et d'une pratique renouvelée de la prière. Souvent, cependant, cette aspiration semble se déployer sans contact véritable avec la réflexion théologique et la tradition spirituelle chrétienne, ni avec les apports récents des sciences humaines. Ce livre veut contribuer à établir cette communication, dans un esprit à la fois critique et constructif, en faisant appel à un observateur de la situation spirituelle de notre temps, à un spécialiste de la science du langage, à un philosophe, à un psychologue de la religion et à un théologien.

  • Dans le contexte actuel de pluralisme idéologique généralisé, l'individu peut sans doute choisir d'être chrétien ou de ne pas l'être, mais que signifie dans un tel contexte l'étiquette « chrétienne » accolée à des institutions héritées d'un passé qui semble largement révolu ? La question se pose aussi pour les écoles, l'université, les partis politiques, mais elle présente sans doute une acuité plus grande lorsqu'il s'agit d'institutions sociales et de santé. Y a-t-il une santé chrétienne ? Un hôpital chrétien, ou une crèche, ou un home pour personnes âgées, sont-ils différents de leurs équivalents sans référence religieuse ? Celle-ci joue-t-elle encore un rôle ? La Confédération chrétienne des institutions sociales et de santé, qui rassemble en Belgique francophone les institutions d'obédience catholique, représente une part notable du secteur. Ses responsables ont voulu en avoir le coeur net. Au risque d'obtenir des résultats inattendus, ils ont confié la recherche à des équipes universitaires de chercheurs en sciences sociales, accompagnées par un petit groupe de théologiens. Utilisant des méthodes différentes (enquêtes, analyses qualitatives, « recherche-action »), les chercheurs ont interrogé les usagers de ces institutions, leur personnel, leurs gestionnaires. Le présent ouvrage publie les résultats de cette recherche, mais également les problèmes méthodologiques qu'elle a posés dès le départ. En effet, comment définir l'identité chrétienne ? Et encore, ne fallait-il pas s'interroger sur les motifs politiques qui peuvent guider une telle recherche ? N'est-elle pas motivée par la volonté de renforcer une image de marque, en termes de marketing ? Cette vigilance critique a accompagné tout le processus de la recherche, et se manifeste dans les résultats et les propositions qui les accompagnent. Elle a bénéficié aussi de cette option inédite qui consiste à mettre en dialogue des chercheurs en sciences humaines et des théologiens. D'où le double intérêt du volume : il oblige à poser des questions de fond sur la signification de la référence chrétienne lorsqu'il s'agit d'institutions au service de la société dans son ensemble, et il propose une démarche qui n'a guère d'équivalent jusqu'ici dans les pays francophones.

  • L'annonce du retour du Seigneur est un thème central de la prédication apostolique. Dès les origines, elle fait cependant question à cause du retard frustrant de cette venue. Depuis lors, l'attente chrétienne traverse les siècles en inspirant de multiples spéculations et des mouvements religieux très divers, tandis que la tradition juive développe une espérance messianique selon des modalités propres. Dans le monde actuel, la pensée de la fin de l'humanité est étonnamment présente dans l'angoisse et l'insécurité, mais parfois aussi dans la redécouverte d'une attente collective du Christ. Quel message l'affirmation originaire de la foi chrétienne apporte-t-elle à notre temps ? Grâce à une approche à la fois exégétique, sociologique, philosophique et théologique, les leçons de la session théologique tenue en 1983 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis tentent de baliser les chemins d'une réponse.

  • Cet ouvrage constitue une introduction a une sociologie compréhensive du changement social, qui place l'acteur social au coeur de son questionnement. À partir d'une élucidation prospective de l'oeuvre de Maurice Chaumont l'ouvrage propose un ensemble de textes qui portent sur les principales facettes du travail sociologique, tel que le concevait Maurice Chaumont : la réflexion épistémologique, l'essai, la problématisation et la construction de modèles d'analyse ainsi que l'analyse concrète. À travers l'unité du projet et la complémentarité des différents apports, une manière neuve d'aborder le changement social est proposée ici, dont l'intérêt est à la fois théorique, pratique et pédagogique. Des chercheurs de l'École des hautes études en sciences sociales à Paris (Alain Touraine), de l'Université de Sao Paulo (José-A Guilhon Albuquerque), de l'Université de Montréal (Annick Germain), des Universités du Zaïre (Benoit Verhaegen) et du Centre d'étude et de documentation africaines (Gauthier de Villers et Benoit Verhaegen), de l'Université catholique de Louvain (Guy Bajoit. Jean Ladrière, Michel Molitor et Jean Remy) et du Centre d'études sociologiques des facultés universitaires Saint-Louis (Anne Devillé, Michel Hubert, Jean Remy et Luc Van Campenhoudt participent à cet ouvrage d'hommage.

  • Aujourd'hui, comme dans le passé, Jésus de Nazareth suscite l'admiration et l'attachement de beaucoup d'hommes, et inspire leur vie et leur action. Cependant, dans le même temps, beaucoup de chrétiens s'interrogent sur le sens de leur foi en lui, telle qu'elle s'exprime dans le Nouveau Testament et dans les grands conciles christologiques. Autour de la confession de foi « Jésus Christ, Fils de Dieu », cinq croyants (parmi lesquels un exégète, un psychologue de la religion, un philosophe, un théologien) proposent leur réflexion en vue de contribuer à cette réappropriation, pour notre temps, de la christologie, que la foi et le monde attendent et que la théologie, au premier chef, avec les sciences humaines, a pour mission d'assurer comme un apport provisoire au travail séculaire et toujours inachevé de l'intelligence de la foi.

  • Sous des formes diverses, nous assistons à un retour de l'intérêt du chrétien pour le juif, concomitant d'une percée significative de thèmes spécifiques de la pensée juive dans notre conjoncture culturelle. Qualifier le rapport entre les deux traditions de « vis-à-vis permanent », c'est donc, d'abord, par-delà une longue histoire d'oubli ou de négation, enregistrer un fait. C'est aussi promouvoir une mutation du regard théologique tant sur l'identité chrétienne que sur la permanence du fait juif. La session théologique, organisée en 1986 par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., s'inscrit dans cette perspective et apporte une contribution aux efforts de rencontre destinés à préparer le dialogue à venir. Elle offre un réexamen de la problématique séculaire, dans trois dimensions : l'histoire comme défi théologique, la question de la loi et de l'herméneutique reformulée en termes de rapport entre le(s) texte(s) et leurs commentaires, l'interrogation sur le messianisme. De chacun de ces dossiers, deux approches, une juive et une chrétienne, en appellent, par la vigueur de leur prise de position, à un débat fraternel.

  • La loi, qui a peut-être été trop célébrée à une certaine époque, n'a pas bonne presse dans l'éthique chrétienne actuelle, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque certains n'hésitent pas à l'en bannir purement et simplement. Il s'agit cependant d'une notion et d'une réalité fondamentales dont il faudrait redécouvrir la fonction constitutive pour l'agir humain en général et pour l'agir chrétien en particulier. Cet ouvrage veut y disposer par une réflexion pluridisciplinaire qui fait appel à la philosophie, au droit, à la sociologie, à l'exégèse, à la psychanalyse et à la théologie, en vue d'éclairer quelque peu la signification du concept de loi et, par conséquent, la fonction que celle-ci joue dans l'éthique chrétienne.

  • Qui est Saint-Simon ? Il semble que l'auteur des Mémoires cherche à occuper dans ceux-ci une position immuable : celle du narrateur. À la vérité, cette position n'est pas monolithique. Elle ne peut cacher, en admettant qu'elle le veuille, une personnalité diverse et complexe, ce qui n'en exclut pas la presque totale cohérence. Cette étude veut s'appliquer à le dégager.

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