Presses universitaires de Caen

  • Récusé en 1200 par le pape Innocent III pour la succession à l'Empire, Frédéric II de Hohenstaufen sera couronné et sacré empereur en 1220 par Honorius III. Stupor Mundi pour nombre de ses contemporains, il n'a cessé d'être un sujet d'attentions et de controverses qui se sont cristallisées en une série de mythes opposés. L'image du roi et empereur souabe - politicien, législateur, mécène, naturaliste et homme de lettres - s'est développée sur un fond de visions épiques et merveilleuses liées aux splendeurs de la cour sicilienne et à la majesté des châteaux. Son oeuvre politique n'est pas moins controversée : il est le pourfendeur des hérétiques et l'adversaire de la papauté. Le colloque réuni en septembre 1997 au château de Cerisy-la-Salle visait à mettre en lumière, dans les domaines juridique, religieux, économique, scientifique et artistique, les attaches privilégiées de Frédéric II avec l'héritage normand de sa mère Constance, fille de Roger II roi de Sicile et descendante de Tancrède de Hauteville.

  • Pays réputé surtout pour la force de sa tradition religieuse et pour la façon dont celle-ci a contribué au déchaînement de la violence politique, l'Irlande connaît aujourd'hui le début d'un processus de sécularisation qui, emboîtant le pas d'une modernisation économique, est l'aboutissement d'une autre tradition, celle du combat séculaire mené en ce pays pour la tolérance et contre le sectarisme.

  • Les hommes du Moyen Âge croyaient que le monde dans lequel ils vivaient était le théâtre d'un affrontement cosmique entre les forces du Bien et celles du Mal. Ils étaient persuadés que les Puissances surnaturelles se manifestaient a tout instant sur cette terre et intervenaient constamment dans la vie quotidienne de chacun. Mais dans ce combat inégal et angoissant dont l'humanité était l'enjeu, les mortels savaient qu'ils avaient des alliées efficaces pour affronter les forces maléfiques : les saints. Ceux-ci avaient acquis par leurs mérites le pouvoir de mettre en échec le Mal et d'assister les humains dans leurs épreuves. Aussi les communautés chrétiennes honoraient-elles ces intercesseurs indispensables en leur dédiant autels, chapelles, églises et cathédrales. Elles vénéraient leurs reliques qui avaient le pouvoir d'effectuer des miracles en faveur des hommes frappés par le malheur et exposés a des difficultés de toutes sortes. La Normandie médiévale a partagé ces certitudes et honoré les grands saints de la Chrétienté occidentale. Mais elle a eu aussi ses propres saints dotés de pouvoirs particuliers, ses pèlerinages, ses fêtes, ses légendes et ses histoires miraculeuses. Telles sont les questions essentielles qui furent évoquées lors du colloque international de Cerisy-la-Salle dont le présent ouvrage publie les Actes.

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