• Au bord de l'Amazone, un vieil homme ami des Shuars, qui lui ont appris à connaître la forêt, découvre la lecture et chasse un jaguar.
    "Il ne lui faut pas vingt lignes pour qu'on tombe sous le charme de cette feinte candeur, de cette fausse légèreté, de cette innocence rusée. Ensuite, on file sans pouvoir s'arrêter jusqu'à une fin que notre plaisir juge trop rapide." - Pierre Lepape, Le Monde
    "Un livre sauvage et beau, bâti comme un thriller américain." - Frédéric Taddei, Actuel

    Prix du roman d'évasion des Relais H 1992


    Prix du meilleur roman étranger France Culture 1992

  • Ordesa

    Manuel Vilas

    "Mon coeur ressemble à un arbre noir couvert d'oiseaux jaunes qui piaillent et me perforent la chair.' Tel est l'autoportrait brut et sans tabou d'un écrivain confronté à la disparition de ses parents. Assailli par les fantômes de son passé, il retrouve espoir dans le souvenir baigné de lumière jaune de leur amour et de la beauté d'antan. À travers l'évocation d'une famille modeste, c'est alors la peinture d'une certaine Espagne qui se révèle à nous dans toute sa complexité. L'appartenance à une classe sociale, l'éducation, l'alcoolisme ou encore la paternité sont autant de sujets traités ainsi de façon personnelle et collective à la fois.
    Profondément sincère, bruyamment intime, merveilleusement écrit dans une langue à la fois poétique et crue, Ordesa se lit comme la catharsis d'un deuil impossible, celui de la mort de nos parents et de la fin d'une époque, une expérience pour le moins universelle.
    Phénomène de librairie en Espagne, Ordesa a été désigné Meilleur livre de l'année par les grands quotidiens El País et El Mundo, imposant Manuel Vilas comme un écrivain majeur de la littérature espagnole.
    "Voici l'album, les archives, la mémoire sans mensonges ni consolation d'une vie, d'une époque, d'une famille, d'une classe sociale condamnée à tant d'efforts pour obtenir si peu. Il faut beaucoup de précision pour dire ces choses, un acide, un couteau aiguisé, une aiguille assez fine pour faire éclater le ballon de la vanité. Ce qui reste à la fin, c'est l'émotion propre de la vérité et la détresse devant tout ce qui a été perdu.'
    Antonio Muñoz Molina
    "Un livre magnifique, courageux et bouleversant'
    Javier Cercas
    Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

  • Mars 1937. Le Mount Castle, un cargo républicain transportant trente tonnes d'or de la Banque d'Espagne et faisant route pour l'Union soviétique, s'est réfugié dans le port international de Tanger, où un destroyer franquiste le détruira s'il tente de reprendre la mer. Falcó reçoit pour mission de s'y rendre, de convaincre le capitaine du Mount Castle de changer de camp s'il veut sauver son bateau et son équipage, et de récupérer ainsi l'or républicain. Mais son supérieur lui apprend qu'Eva, à qui il a sauvé la vie dans le précédent roman, est à bord. Et la tâche de Falcó va être beaucoup plus compliquée que prévu...
    Deuxième volume de la nouvelle série d'Arturo Pérez-Reverte, Eva est un roman magistral, subtil et haletant. Dans le fabuleux décor de Tanger, grouillant d'agents secrets, de tueurs à gages, de marins et de prostituées, on retrouve les personnages qui ont d'ores et déjà fait de Falcó l'une des plus belles réussites de la littérature d'espionnage contemporaine. La passion, la politique, l'honneur, la loyauté - tous les ingrédients sont réunis dans ce livre rythmé par un suspense de chaque page et empreint d'une finesse psychologique remarquable.

  • De Santiago du Chili à Martos en Andalousie, Luis Sepúlveda nous entraîne d'aventure en aventure, de rencontre en rencontre à la recherche de ses origines.

    Un voyage pour rire et se laisser émouvoir.

  • Espagne, automne 1936. Sous le commandement de Franco, l'armée s'est soulevée pour renverser la République. Les services secrets franquistes chargent Lorenzo Falcó, ex-trafiquant d'armes et espion dénué de scrupules, d'une mission impossible : pénétrer en zone rouge et organiser, avec l'aide d'un groupe de miliciens, l'évasion du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, détenu par les républicains dans la prison d'Alicante. Un homme et deux femmes – Ginés Montero, sa sœur Cari et l'énigmatique Eva Rengel – seront ses compagnons, et peut-être ses victimes.
    Mêlant réalité et fiction avec une maîtrise du récit et un art du suspense rarement égalés, Arturo Pérez-Reverte invente avec Falcó un nouveau et fascinant personnage, véritable archétype des grandes fictions littéraires et cinématographiques. Fanatisme et naïveté, trahisons et interrogatoires musclés, scènes d'action et dialogues se succèdent à un rythme trépidant et entraînent le lecteur jusqu'au rebondissement final qui annonce le deuxième volume de cette exceptionnelle série d'aventures et d'espionnage.
    Arturo Pérez-Reverte est né à Carthagène, Espagne, en 1951. Il a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Avec plus de vingt millions de lecteurs dans le monde entier, plusieurs de ses romans ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation. Il est membre de l'Académie royale d'Espagne.

  • Douze nouvelles. Un enfant de junkie disparaît du jour au lendemain dans un ancien quartier cossu de Buenos Aires, livré désormais à la drogue et à la violence. Des jeunes femmes se promettent dans le sang de ne jamais avoir d'amants et sont obsédées par la silhouette fugace d'une adolescente disparue. Adela, amputée d'un bras, aime se faire peur en regardant des films d'horreur jusqu'à en devenir prisonnière. Alors qu'il vient de devenir père, Pablo est hanté par la figure du Petiso Orejudo, un enfant serial killer. Un voyage confiné en voiture dans l'humidité du Nord se termine sur un malentendu. Marcela, elle, se mutile en pleine salle de classe, au grand désarroi de ses camarades. Vera, un crâne repêché dans la rue, se meut en double dénué de chair d'une femme au bord de la crise de nerfs. Paula, ancienne assistante sociale, se bat avec ses démons et ses hallucinations. Marco, lui, se cache derrière sa porte, mutique, espérant échapper à l'existence, dehors. Sous l'eau noire, des secrets bien gardés par la police sont prêts à ressurgir. Et des femmes, désespérées, s'enflamment pour protester contre la violence.
    L'univers de Mariana Enriquez n'est pas tendre. Sorte de Julio Cortázar féminine et féministe, elle partage avec l'auteur de Tous les feux le feu, l'art de jouer avec les codes du fantastique sans jamais y plonger. Le monstre n'est pas tapi dans les bois : nous sommes les monstres. D'une main de maître, elle dessine avec Ce que nous avons perdu dans le feu un univers romanesque qui flirte avec l'horreur mais n'y sombre pas. Mêlant petites histoires et grande Histoire, elle évoque le passé de l'Argentine – ses morts, ses fantômes – par petites touches. Dans une langue délicate et faussement simple, elle déploie une construction narrative où le suspense et l'humour s'entremêlent pour mieux nous faire rire et frissonner du même coup.
    Mariana Enriquez (Buenos Aires, 1973) a fait des études de journalisme à l'université de La Plata et dirige Radar, le supplément culturel du journal Página/12. Elle a publié trois romans – dont le premier à 22 ans – et un recueil de nouvelles avant Ce que nous avons perdu dans le feu, actuellement en cours de traduction dans dix-huit pays. Certaines de ses nouvelles ont été publiées dans les revues Granta et McSweeney's.

  • Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier oeuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler.
    Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites.
    À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie.

    Prix Sorcière 1997 de l'Association des libraires spécialisés jeunesse.

  • États Unis de la Terre 2119, les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu'une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l'histoire de l'humanité et la rendre manipulable.
    Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même, sur le mémoriste qui a créé les souvenirs qu'elle porte en elle et qui la rapprochent des humains. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n'a d'alliés que marginaux ou aliens, les seuls encore capables de raison et de tendresse dans ce tourbillon répressif de vertige paranoïaque.
    Rosa Montero choisit un avenir lointain pour nous parler de ce qui fait notre humanité, notre mémoire et notre identité, la certitude de notre mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s'accrochent à la morale politique, à l'éthique individuelle, à l'amitié et à l'amour.
    Elle construit pour nous un futur cohérent, une intrigue vertigineuse et prenante pour nous parler de notre mort et de l'usage que nous faisons du temps qui nous est imparti. Elle écrit avec passion et humour, les outils essentiels pour comprendre le monde.
    Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle devient journaliste puis chroniqueuse à El País. Elle est l'auteure de nombreux romans traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels Le Territoire des Barbares, La Folle du logis, La Fille du cannibale (Prix Primavera et best-seller en Espagne), Le Roi transparent et Instructions pour sauver le monde.

  • Interrompu un matin dans l'écriture de son prochain roman, Manuel Ortigosa, auteur à succès, trouve deux policiers à sa porte.
    Cela aurait pu n'être qu'un banal et triste accident - une voiture qui, au petit jour, quitte la route de façon inexpliquée. Mais le mort, Álvaro Muñiz de Dávila, est le mari de Manuel, et le chef d'une prestigieuse dynastie patricienne de Galice.
    Dans ce bout du monde - sublime peut-être, mais aussi le plus archaïque de toute l'Espagne -commence alors pour Manuel un chemin de croix, au fil duquel il découvre qu'Álvaro n'était pas celui qu'il croyait. Accompagné par un garde civil à la retraite et par un ami d'enfance du défunt, il plonge dans les arcanes d'une aristocratie où la cupidité le dispute à l'arrogance.
    Il lui faudra toute sa ténacité pour affronter ces fantômes de secrets impunis, pour lutter contre ses propres démons, et apprendre qu'un rire d'enfant peut mener à la vérité aussi sûrement que l'amour.

  • C'est l'histoire de Guille...C'est l'histoire d'un petit garçon débordant d'imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins.
    L'histoire d'un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère.
    D'une institutrice qui s'inquiète confusément pour l'un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves.
    D'une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l'air d'aller beaucoup trop bien.
    Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?
    Un roman choral aussi tendre que bouleversant, qui emprunte à l'enfance toute sa sincérité désarmante pour dire l'amour, le vide, le rêve et la puissance de l'imaginaire.
    Après
    Une mère et
    Tout sur mon chien, Alejandro Palomas nous surprend encore avec cette histoire qui peut faire penser à
    Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer, tant elle est hors norme.

  • Dans une Espagne secouée par de graves troubles politiques, un maître d'escrime assiste à la lente disparition de son art et des valeurs auxquelles il a été fidèle toute sa vie. En 1868, à Madrid, les mots "honneur" et "honnêteté" agonisent en même temps que le vieux monde, et le maître, réfugié en lui-même, s'applique à mettre au point une botte secrète, imparable, son Graal.
    Lorsque dans sa salle d'armes apparaît la belle et énigmatique Adela de Otero, sa vie bascule. Son amour, qu'il n'ose exprimer, l'entraîne malgré lui dans une aventure où les trahisons succèdent aux manoeuvres politiques et aux crimes, et qui se déroule selon les règles d'un duel : assaut, fausse attaque, dégagement forcé, jusqu'au combat à pointe nue, mortel.
    Arturo Pérez-Reverte, révélé en France par Le Tableau du maître flamand, nous livre ici un suspense haletant, où l'intrigue policière tracée au fleuret laisse apparaître la vision d'un monde qui a perdu ses repères et vacille.

  • Depuis la parution posthume de son roman " total ", 2666, Roberto Bolaño est considéré comme une figure majeure de la fiction contemporaine. La publication de ses Œuvres complètes vient confirmer le statut déjà acquis de son vivant avec, notamment, Les Détectives sauvages et La Littérature nazie en Amérique.
    Tout au long de sa vie, Roberto Bolaño n'a cessé de se considérer, avant tout, comme un poète. Ce premier tome, qui comporte un grand nombre d'inédits, montre le rôle capital joué par la poésie dans sa vie et ses écrits.
    Œuvres complètes I
    Poèmes (dont inédits)
    Amuleto (roman)
    Appels téléphoniques et autres histoires (nouvelles)
    Étoile distante (roman)
    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.

  • Séfarade

    Antonio Munoz Molina

    Séfarade, c'est la patrie de tous les accusés, exilés, bannis, chassés de leur quotidien, de leur maison, de leur terre et qui, où qu'ils se trouvent, sont à jamais des étrangers.
    Séfarade, c'est la patrie de la mémoire, celle des disparus, morts ou vivants, personnages réels ou imaginaires réunis par la fraternité et la solidarité d'un écrivain.
    Séfarade, ce sont dix-sept chapitres racontant chacun une histoire différente, toutes traversées par des motifs, phrases, personnages qui assemblent un discours dont le thème central est la persécution.
    À travers la voix émouvante et forte d'Antonio Muñoz Molina résonnent celles de Primo Levi, Franz Kafka et Milena Jesenska, Willi Münzenberg, Evguénia Guinzbourg, Margarete Buber-Neumann, mais aussi l'attente d'une femme qui ne revit jamais son père, les nostalgies de Mateo le cordonnier, la folie amoureuse d'une nonne ou encore le souvenir d'une rescapée des geôles argentines. Autant d'êtres détruits au plus intime d'eux-mêmes par l'Histoire.
    Ce livre magnifique brise les limites de la fiction en même temps qu'il les transcende. Et comme toujours sous la plume de ce grand écrivain espagnol, matière humaine et matière narrative se fondent en des pages d'une beauté inouïe.


  • Un garçon de seize ans lit Moby Dick et part chasser la baleine.

    Un baleinier industriel japonais fait un étrange naufrage à l'extrême sud de la Patagonie.
    Un journaliste chilien exilé à Hambourg mène l'enquête et ce retour sur les lieux de son adolescence lui fait rencontrer des personnages simples et hors du commun, tous amoureux de l'Antarctique et de ses paysages sauvages.
    Il nous entraîne derrière l'inoubliable capitaine Nilssen, fils d'un marin danois et d'une Indienne Ona, parmi les récifs du Cap Horn, sur une mer hantée par les légendes des pirates et des Indiens disparus, vers des baleines redevenues mythiques.
    "Le Monde du bout du monde a les vertus des coquillages de nacre que l'on colle à son oreille : la musique de ses phrases nous révèle le bruit sans âge de la mer." - Michèle Gazier, Télérama

  • Sur le point de rejoindre son régiment en Flandre, Diego Alatriste y Tenorio est sollicité par son ami le poète Francisco de Quevedos pour résoudre une affaire délicate et dangereuse, qui n'est peut-être pas sans lien avec le meurtre d'une femme, retrouvée étranglée dans une chaise à porteurs devant l'église de San Ginés. Il s'agit de libérer la jeune Elvira de la Cruz, recluse dans un couvent sur lequel courent d'étranges et inquiétantes rumeurs. Mais l'affaire tourne mal et, au cours d'une échauffourée tragique, le jeune page du capitaine, Iñigo Balboa, est enlevé par des inconnus, jeté dans un cachot et menacé de périr sur le bûcher.
    Une fois encore l'ombre de l'Inquisition s'étend sur le Madrid décadent de Philippe IV où, depuis plus de deux siècles, les juifs convertis sont traqués sans relâche. Le capitaine Alatriste et Francisco de Quevedo devront, pour sauver Iñigo, déjouer un complot aux multiples ramifications et affronter de vieux ennemis : le perfide secrétaire Luis de Alquézar, le sinistre père Emilio Bocanegra et le spadassin sans âme Gualterio Malatesta.

  • Le premier roman de la jeune poétesse espagnole Elvira Sastre.
    " Quand deux personnes tombent amoureuses l'une de l'autre, elles deviennent une, de même que l'espace qu'elles occupent, qui est unique mais contient tout l'univers. À l'inverse, quand quelqu'un nous manque, son espace devient un trou immense et terrifiant pour celui qui le regarde. " Deux histoires d'amour, l'une détruite par la vie, l'autre par la mort. Celle, d'abord, de Gael, sculpteur et professeur talentueux bouleversé par sa rencontre avec une jeune modèle. En miroir, l'histoire de Dora, la grand-mère de Gael, enseignante qui tombe amoureuse de l'un de ses élèves. Un amour interdit qui sera mis à rude épreuve par la guerre civile et le régime franquiste. Avec Douze jours sans toi, Elvira Sastre nous offre un premier roman saisissant, porté par une écriture sensible et poétique, sur les blessures de l'amour et la guérison.

  • À la fin de 1936, Ignacio Abel, architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte l'escalier de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté. Hanté par les récriminations de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita, il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine. L'auteur le regarde prendre le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l'Hudson, Reinheberg, et reconstruit au cours d'un époustouflant va-et-vient dans le temps la vie d'Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène rétrograde et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques. Au long de ces mille pages d'amour et de guerre, les personnages de fiction mêlent leur vie à celle des hommes politiques et des écrivains de l'époque. Dans ce chef-d'œuvre intimiste et charnel, Antonio Muñoz Molina fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine.
    Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon
    Né à Ubeda, espagne, en 1956, Antonio Munoz Molina est l'un des plus grands écrivains de langue espagnole. Son oeuvre romanesque, réunie au éditions du Seuil, a reçu de nombreux prix littéraires en Espagne, dont le Prix national de littérature. et en France le Prix Femina étranger. Il est membre de la Real Academia Espanola.

  • Barcelone, 1888 : sur le chantier de l'Exposition universelle débarque un petit paysan effaré qui gagne misérablement sa vie en distribuant de la propagande anarchiste. Barcelone, 1929 : d'un pavillon de la seconde Exposition universelle décolle un engin stupéfiant, mi-soucoupe volante, mi-hélicoptère. Aux commandes, le petit paysan devenu l'un des hommes les plus riches et les plus extravagants du monde. Entre-temps, Prométhée crapuleux des temps modernes, il aura été camelot, homme demain, chef de gang, grand industriel d'avant-garde, entre-temps la guerre aura ravagé l'Europe, le cinéma commencé à faire rêver les foules, les cheminées des usines auront noirci le ciel, les émeutes ouvrières ensanglanté les rues, les ailes des aéroplanes fait glisser leur ombre sur la ville des prodiges.
    Au rythme vertigineux d'un roman " picaresque " contemporain, l'aventure individuelle est brassée par l'aventure collective, l'histoire locale devient l'histoire universelle : le grand carnaval des maquereaux, des rufians, des rois, des trafiquants d'armes, le bal burlesque où dansent poseurs de bombes et généraux éthyliques, condamnés à mort et savant fous, impératrices assassinés, espionne, travestis, vierges et martyres, mythes et apparitions.

  • En 1928, Max, gigolo, chasseur de femmes fortunées, fait route vers Buenos Aires à bord du Cap Polonio où il travaille comme danseur mondain, quand il aperçoit une pièce de choix : Mecha Inzunza, épouse richissime d'un célèbre compositeur, qui danse merveilleusement le tango. La passion de Max est immédiate et à Buenos Aires, où il guide le couple dans les cabarets des faubourgs, il noue avec elle une liaison qui tourne mal. Le hasard les réunira deux fois : en 1937 à Nice, où ont été volées des lettres compromettantes sur le financement du coup d'État de Franco, et en 1966, dans un grand hôtel de Sorrente, où le fils de Mecha dispute un tournoi d'échecs sous l'œil vigilant du KGB chargé de veiller sur les carnets secrets de Sokolov, le champion soviétique.
    Le tango, l'espionnage, le jeu relient les trois moments de ce roman d'amour et d'aventures, semé d'intrigues et de trahisons. Après avoir traversé un siècle flamboyant et tragique, Max et Mecha, tour à tour proie et chasseur, tireront lentement leur révérence dans la lumière crépusculaire d'une époque qui s'éteint.
    Arturo Pérez-Reverte est né à Carthagène, Espagne, en 1951. Il a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Ses romans sont des succès dans le monde entier et plusieurs d'entre eux ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation. Il est membre de la Real Academia Española de las Letras.
    Traduit de l'espagnol par François Maspero

  • " Il n'était pas le plus honnête ni le plus pieux des hommes, mais il était vaillant. " Ainsi commence Le Capitaine Alatriste, histoire d'un ancien soldat espagnol, vétéran de la guerre de Flandre, spadassin à la solde des nobles ou de riches hidalgos. Ses aventures, aussi dangereuses que passionnantes, nous entraînent dans les intrigues de la cour de Philippe IV, roi d'une Espagne corrompue et décadente, dans les ruelles obscures de Madrid où l'on croise le fer pour quelques maravédis, dans les tavernes où Francisco de Quevedo compose des sonnets la main à l'épée, dans les théâtres où les représentations des comédies de Lope de Vega finissent en échauffourées. Le jeune Iñigo de Balboa, l'implacable Inquisiteur Emilio Bocanegra, l'assassin Gualterio Malatesta et le diabolique secrétaire du roi, Luis de Alquézar sont quelques-uns des personnages inoubliables de ces aventures où l'action renoue grâce à une plume flamboyante avec la plus grande tradition du roman de cape et d'épée.


  • Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste.

    Tous trois anciens militants de gauche, condamnés à l'exil par le coup d'État de Pinochet, se retrouvent trente-cinq ans après pour participer à une action révolutionnaire organisée par le Spécialiste.
    Mais alors que celui-ci se dirige vers ce rendez-vous, il est tué de façon grotesque, frappé par le destin sous la forme d'un tourne-disque jeté par une fenêtre au cours d'une dispute conjugale.
    Tout le plan tombe à l'eau jusqu'au moment où ressurgit dans la mémoire des complices l'expression favorite du Spécialiste : On tente le coup ?
    L'auteur nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l'Histoire récente et l'exil, mais qui n'ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire en un rêve. Ce roman est un exercice de virtuosité littéraire au service d'une histoire émouvante et sombre jouée par des perdants. Un roman écrit avec le cour et l'estomac pour toucher et faire rire et penser.

    Ce roman a reçu en Espagne le Prix Primavera 2009.

    Luis Sepulveda est né en 1949 et vit actuellement dans les Asturies, en Espagne, après avoir habité Hambourg et Paris. Il est l'auteur du Vieux qui lisait des romans d'amour, d'Un nom de torero, du Neveu d'Amérique, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, du Journal d'un tueur sentimental, de Yacaré, Hot Line, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet, d'Une sale histoire, des Pires contes des Frères Grimm et de La lampe d'Aladino.

  • Un éditeur charge Alejandra Varela, spécialiste de l'art urbain, de retrouver Sniper, graffeur célèbre pour son talent exceptionnel et ses actions de rue à la limite de la légalité et de la guérilla. Elle doit lui proposer, en même temps qu'une édition de ses œuvres, une grande rétrospective au MoMA. Mais personne n'a jamais vu le visage de Sniper ni ne sait où il se trouve. De Madrid à Lisbonne, de Vérone à Naples, Alejandra se lance alors sur ses traces et se retrouve prisonnière d'un piège mortel à mesure qu'elle comprend les véritables objectifs des performances stupéfiantes de cet artiste radical.
    Après Le Peintre de batailles, Arturo Pérez Reverte revient à l'un de ses thèmes de prédilection en interrogeant, au fil d'une traque haletante et impitoyable dans l'univers du graffiti, la fonction de l'art aujourd'hui, pure beauté ou objet de spéculation, et les nouvelles formes de rébellion dans nos sociétés occidentales mondialisées.
    Traduit de l'espagnol par François Maspero
    Arturo Pérez-Reverte est né à Carthagène, Espagne, en 1951. Il a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Ses romans sont des succès dans le monde entier et plusieurs d'entre eux ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation. Il est membre de la Real Academia Española de las Letras.

  • Au cours d'une soirée chez son ami le docteur Benavides, Juan Gabriel Vásquez, auteur et narrateur du livre, fait la connaissance de Carlos Carballo, un personnage étrange, tourmenté par les meurtres d'hommes politiques célèbres. Quels liens y a-t-il entre l'assassinat, en 1948, du leader libéral Jorge Eliécer Gaitán, ceux de John Fitzgerald Kennedy et du sénateur Rafael Uribe Uribe, tué en 1914 à coups de hachette par deux menuisiers ? Pour Carlos Carballo, tout est lié par le complot de puissances obscures. En écrivain passionné par l'histoire et le récit des autres, Juan Gabriel Vásquez ne résiste pas à la tentation d'écouter ce qu'il tient pour des élucubrations et tombe dans le piège que lui tend son interlocuteur. Au cours d'une nuit hallucinée, il se rend chez Carballo pour lire le récit d'un certain Anzola sur la mort d'Uribe Uribe et le procès de ses assassins. Ces fantômes du passé qui réclament vérité et justice manquent de faire vaciller la raison de l'auteur et sèment le doute dans l'esprit du lecteur.
    Autobiographie, enquête politique et policière aux accents shakespeariens, Le Corps des ruines est de la première à la dernière page un livre magistral et ensorcelant où le roman devient l'instrument par excellence de la spéculation historique. Il consacre définitivement Juan Gabriel Vásquez comme le grand écrivain latino-américain d'aujourd'hui.
    Traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon

  • Qu'est-ce qui rapproche un pirate de la mer du Nord, mort il y a 600 ans, un militant qui attend le 31 mars l'éclosion des roses d'Atacama, un instituteur exilé qui rêve de son école et s'éveille avec de la craie sur les doigts, un Italien arrivé au Chili par erreur, marié par erreur, heureux à cause d'une autre énorme erreur et qui revendique le droit de se tromper, un Bengali qui aime les bateaux et les amène au chantier où ils seront détruits en leur racontant les beautés des mers qu'ils ont sillonnées?
    Peut-être cette frontière fragile qui sépare les héros de l'Histoire des inconnus dont les noms resteront dans l'ombre. Leurs pas se croisent dans les pages de ce livre.

    Voici, riche d'une humanité palpable, dans un style direct et incisif, toutes ces vies recueillies par un voyageur exceptionnel, capable de transformer la tendresse des hommes en littérature.

empty