• D'où vient l'univers ? Et d'où vient qu'il y a un univers ? Irrépressiblement, ces questions se posent à nous. Et dès qu'un discours prétend nous éclairer, nous tendons l'oreille, avides d'entendre l'écho du tout premier signal : les accélérateurs de particules vont bientôt nous révéler l'origine de l'univers en produisant des « big bang sous terre » ; les données recueillies par le satellite Planck nous dévoiler le « visage de Dieu » ; certains disent même qu'en vertu de la loi de la gravitation l'univers a pu se créer de lui-même, à partir de rien... Le grand dévoilement ne serait donc devenu qu'une affaire d'ultimes petits pas ? Rien n'est moins sûr... Car de quoi parle la physique quand elle parle d'« origine » ? Qu'est-ce que les théories actuelles sont réellement en mesure de nous révéler ? À bien les examiner, les perspectives que nous offre la cosmologie contemporaine sont plus vertigineuses encore que tout ce que nous avons imaginé : l'univers a-t-il jamais commencé ?

    2 Autres éditions :

  • 29 août 1909 : Freud pose le pied sur le sol du Nouveau Monde. Une université américaine l'a invité à venir présenter ses découvertes et résultats. Freud a cinquante-trois ans, le mot « psychanalyse » en a douze.
    En cinq leçons, Freud saura donner à un public profane une vue d'ensemble de sa méthode d'investigation et de guérison. Il en retrace les origines : Breuer (le cas Anna O., la théorie de l'hystérie, l'abandon de l'hypnose et l'avènement de la cure par la parole) ; Charcot (le traitement des hystériques et l'élaboration de la doctrine du refoulement) ; Jung (la méthode de l'association libre et la mise en évidence des « complexes » refoulés) ; le rêve comme « voie royale » d'accès à l'inconscient. Il montre ensuite le rôle central de la vie amoureuse et de la sexualité, en remontant à la « sexualité infantile » qui en est la clef. Puis il dégage les « destins » de la pulsion à partir du refuge dans la « maladie », pour terminer sur l'importance décisive du transfert.
    Ces Cinq leçons constituent la toute première introduction à la psychanalyse en même temps que son « coup d'envoi». Freud ne retournera jamais aux États-Unis, mais l'annonce au monde a été faite.

    1 autre édition :

  • Interdite de littérature par son amante Virginia Woolf, Vita Sackville-West (1892-1962) prend en un éclair conscience des trésors qu'elle possède : un mari et un jardin. Son mari, le diplomate Harold Nicolson, conçoit l'architecture et dessine les plans de ce qui deviendra le somptueux jardin de Sissinghurst dans le Kent, que Vita, aristocrate anglaise exubérante, transgressant sans vergogne les règles de l'art des jardins, transforme à quatre mains : elle fait surgir de terre une mosaïque de couleurs, une jungle asymétrique, une orgie dans l'aurore ou le soleil couchant, mais aussi... un extraordinaire jardin blanc. Attention, prévient-elle « j'aime la couleur, qui me met en joie, mais j'ai une prédilection pour le blanc. Les ombres d'un vert glacé que la blancheur peut prendre sous certains éclairages, au crépuscule ou au clair de lune, surtout au clair de lune, peut-être, font du jardin un rêve, une vision irréelle, et l'on sait cependant qu'il ne l'est pas le moins du monde puisque il a été planté exprès. » Ce journal, qui n'est pas sans évoquer, mais en plus féminin et en plus anglais, L'année du jardinier de Karel Capek, est un superbe traité d'horticulture. Les conseils pratiques, organisés par saisons, raviront tous les amoureux de jardins... et de littérature. Les jardins de Sissinghurst sont aujourd'hui les plus visités d'Angleterre.

  • Semblable au pauvre Orphée, le nouvel Adam libéral est condamné à gravir le sentier escarpé du "Progrès" sans jamais pouvoir s'autoriser le moindre regard en arrière.
    Voudrait-il enfreindre ce tabou - "c'était mieux avant" - qu'il se verrait automatiquement relégué au rang de Beauf, d'extrémiste, de réactionnaire, tant les valeurs des gens ordinaires sont condamnées à n'être plus que l'expression d'un impardonnable "populisme".
    C'est que Gauche et Droite ont rallié le mythe originel de la pensée capitaliste : cette anthropologie noire qui fait de l'homme un égoïste par nature.
    La première tient tout jugement moral pour une discrimination potentielle, la seconde pour l'expression d'une préférence strictement privée.
    Fort de cette impossible limite, le capitalisme prospère, faisant spectacle des critiques censées le remettre en cause.
    Comment s'est opérée cette, double césure morale et politique ? Comment la gauche a-t-elle abandonné l'ambition d'une société décente qui était celle des premiers socialistes ? En un mot, comment le loup libéral est-il entré dans la bergerie socialiste ? Voici quelques-unes des questions qu'explore Jean-Claude Michéa dans cet essai scintillant, nourri d'histoire, d'anthropologie et de philosophie.

  • Combattre l'utopie libérale et la société de classes renfoncée qu'elle engendre inévitablement passe aujourd'hui par une rupture radicale avec l'imaginaire intellectuel de la gauche.
    Certes. l'idée d'une telle rupture pose à beaucoup de graves problèmes psychologiques. car la gauche, depuis le XIXe siècle, a surtout fonctionné comme une religion de remplacement (la religion du "Progrès") ; et toutes les religions out pour fonction première de conférer à leurs fidèles une identité, et de leur garantir la paix avec eux-mêmes. J'imagine même sans difficulté que de nombreux lecteurs tiendront cette manière d'opposer radicalement le projet philosophique du socialisme originel et les différents programmes de la gauche et de l'extrême-gauche existantes pour un paradoxe inutile, voire une provocation aberrante et dangereuse de nature à faire le jeu de tous les ennemis du genre humain.
    J'estime, au contraire, que cette manière de voir est la seule qui donne un sens logique au cycle d'échecs historiques à répétition, qui a marqué le siècle écoulé et dont la compréhension demeure obscure pour beaucoup, dans l'étrange situation qui est aujourd'hui la nôtre. De toute façon, c'est à peu près la seule possibilité non explorée qui nous reste, si nous voulons réellement aider l'humanité à sortir, pendant qu'il en est encore temps, de l'impasse Adam Smith.

  • Quand on vit près de la mer, dans le Dorset, écrit Llewelyn Powys, il est remarquable, à l'heure qui précède l'aube, d'écouter les goélands déchirer le majestueux silence des collines de leurs cris perçants sauvagement réitérés. C'est une musique qui oblige l'imagination à sortir des limites du monde contemporain et force l'esprit à se remémorer le long travail de la planète, un travail entamé à une époque inconcevablement éloignée de la nôtre et qui se poursuivra longtemps après que nous serons poussière. Préfaçant les Essais de son frère, John Cowper Powys avoue : « Il y a dans les essais de Llewelyn un courant souterrain constant semblable à un bruit d'ailes dans les airs, au bris des vagues dans l'eau, aux craquements d'un feu sur la lande, aux sifflements des herbes que l'on brûle dans le jardin, au son des cloches dans les beffrois (...) Le style de Llewelyn est celui de nos pensées quand un long rêve diurne nous enveloppe soudain merveilleusement, sur une lande, une terrasse, une balustrade, un coin de mer familier depuis l'enfance. » Traduit de l'anglais et préfacé par Patrick Reumaux. Illustrations de Bernard Duhem.

  • Jérusalem cristallise haines et passions. Plus ou moins sanctifiée par deux milliards et demi de chrétiens, de musulmans et de juifs, disputée par deux nations antagonistes, l'antique cité fait ici l'objet, cartes à l'appui, d'une analyse authentiquement

  • Présente la vision des Sarrasins dans les ouvrages chrétiens du VIIe au XIIIe siècle, qui colportent bien souvent des injures envers le prophète, de grossières caricatures du rituel musulman et des déformations délibérées de passages du Coran. Les causes de cette animosité et la riposte chrétienne par des tentatives de conversion, à travers la multiplication des missions, sont également évoquées.

  • Pensées du cinéma

    Raymond Bellour

    Accompagner un film, c'est se tenir dans sa compagnie. Et ainsi, sans même le suivre pas à pas, ce qui est de toute façon illusoire, en figurer au moins une manière d'utopie grâce à la proximité marquée envers tels ou tels de ses moments, tels de ses traits les plus saillants. Afin que se révèle une prégnance du détail attestant l'intensité de la capture dont le spectateur a été la proie et qu'il essaie de rendre au fil de l'argumentation, de l'évocation qui lui paraît propre à servir le caractère unique, la valeur, le génie du film auquel il a choisi de s'attacher.

    Robert Wise, Jacques Tourneur, Ritwik Ghatak, Roberto Rossellini, Satyajit Ray, Jean-Claude Biette, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Chantal Akerman, Claude Lanzmann, Gus Van Sant, Ingmar Bergman, José Luis Guerín, Benoit Jacquot, Stephen Dwoskin, Avi Mograbi, Philippe Grandrieux, Alfred Hitchcock, John Ford, Vincente Minnelli, Federico Fellini, Chris Marker, Harun Farocki, Paul Sharits, Max Ophuls, Fritz Lang - tels sont ici, dans leur ordre d'apparition, les principaux cinéastes dont les films ont suscité pour l'auteur autant d'émotions que de questions propres au cinéma.

  • Fragilisation de l´école, montée de l´individualisme, expérience toujours plus problématique de la parentalité : jamais les modèles d´après lesquels les adultes exercent leurs responsabilités à l´égard des enfants ne sont apparus aussi énigmatiques.
    Ni la posture réactive - il faut réarmer les formes anciennes de l´autorité - ni le discours progressiste - on ne doit à aucun prix brader les libertés acquises - ne s´attaquent frontalement à la question décisive : les formes de pouvoir qui, dans les sociétés traditionnelles, ont fonctionné sur le mode de l´autorité (éducative, mais aussi politique, judiciaire, médicale) sont-elles encore compatibles avec la logique de la démocratie ?
    Si l´exercice de l´autorité consiste à conférer au pouvoir une dimension mystérieuse qui le rende indiscutable, la crise de l´autorité n´est-elle pas inhérente aux sociétés qui considèrent qu´aucun pouvoir n´est légitime s´il n´a obtenu l´adhésion de ceux sur qui il s´exerce ? Curieusement, nos sociétés n´ont pas encore tiré toutes les conclusions de la conviction qui constitue leur pari le plus audacieux.
    Entre l´appel réitéré à réactiver purement et simplement l´autorité et l´affirmation illimitée des formes les plus spontanées de la liberté, cet essai tente d´ouvrir une voie originale : les interrogations qui traversent aujourd´hui la famille, l´école et plus généralement tous les lieux de pouvoir n´appellent-elles pas surtout à repenser les pouvoirs, voire à les consolider sur des bases renouvelées ?

  • Il existe un agencement du désir sexuel.
    Il s'impose à chacun, qui y répond comme il le peut sans savoir d'où vient cette force ni ce qu'elle doit à l'amour. N'est-il pas accablant de constater que les désirs les plus profonds, qui sembleraient les plus aisés à satisfaire, parce qu'ils rencontrent presque toujours leur complice, paraissent la plupart du temps s'empêtrer dans leur propre mouvement et laisser, sinon dans l'insatisfaction, du moins dans une attente indéfiniment reconduite ?

  • Qu´on l´admette ou qu´on le dénie, chacun sent bien qu´à présent l´avenir de la vie terrestre se trouve mis en jeu dans une urgence inouïe. Et chacun sait que, depuis la séquence historique qui s´est engagée en 2007 et qui paraît avoir déclenché ce qu´on appellerait en physique nucléaire une réaction en chaîne, chaque pas compte et semble se surcharger systémiquement de conséquences très difficilement réversibles - sinon absolument irréversibles.

    Cette crise est sans précédent d´abord en cela. Si krisis signifie bien et d´abord décision, elle est critique comme jamais : elle révèle que le destin humain - qui est un destin inéluctablement technique et technologique - est pharmacologique au sens où, en grec, le pharmakon est à la fois le remède et le poison.

    Le pharmakon est à la fois ce qui permet de prendre soin et ce dont il faut prendre soin - au sens où il faut y faire attention : c´est une puissance curative dans la mesure et la démesure où c´est une puissance destructrice. Tel est aussi le feu dans la mythologie grecque. Devenu technologie industrielle, le pharmakon est de nos jours hégémoniquement contrôlé par l´économie, c´est-à-dire par le marketing, et c´est une calamité. Cet état de fait, qui a installé une économie de l´incurie génératrice d´une bêtise systémique, signifie que la question du soin - que l´on appelle aussi le care - est une affaire d´économie politique, et non seulement d´éthique.

  • Plus d´un siècle après sa naissance, la psychanalyse est toujours l´objet de controverses et d´attaques virulentes. Son histoire est jalonnée de batailles et de remises en question qui montrent la nécessité d´examiner sa place dans la société, d´interroger son épistémologie, afin de maintenir vivants son développement et sa transmission en sortant d´une position essentiellement défensive.
    Les détracteurs contemporains puisent dans les dogmes modernes de la science les éléments de leur contestation, mais Freud en avait déjà anticipé les principales tendances.
    En développant une généalogie de l´interprétation, un des concepts clefs de la théorie et de la pratique psychanalytique, l´auteur entreprend de resituer les différentes critiques dans leur contexte historique. La psychanalyse est ici en débat avec l´herméneutique (en montrant comment le freudisme en modifie son histoire), avec la science (en partant de la querelle entre les sciences de la nature et les sciences de l´esprit), enfin avec la philosophie du langage (puisque Wittgenstein se présentait comme un « disciple » de Freud).
    Trois temps, trois débats, trois perspectives théoriques dont les racines permettent de renouer le fil d´un conflit moderne des paradigmes.

  • Bric à brac hopperien

    Thomas Vinau

    Une vision de « l´intime » ressentie par « l´extime » des tableaux du peintre Edward Hopper. La solitude, l´espace américain, le XXe siècle sont reconstruits à partir de miettes. Des listes, des notes, des déchets biographiques.

    Thomas Vinau orchestre les détails, reproduit les sensations et rédige la correspondance d´une famille d´artistes. L´histoire d´amour d´une vie entière, de deux êtres, Jo et Ed, avec la peinture.

  • Un philosophe peut m´instruire ou m´éclairer, mais son oeuvre n´exerce sur moi aucun charme si en filigrane de ses concepts, de ses thèses, de ses arguments, je ne perçois pas le récit d´un chagrin personnel.
    Sous le masque du cérébral, j´aime deviner l´orphelin, l´amoureux, l´abandonné, le déclassé, le décalé - l´« animal malade ». Les auteurs que je cite dans ces pages, en exergue de chaque chapitre, n´appartiennent pas à une même sensibilité intellectuelle ou littéraire. Si, cependant, leurs pensées m´accompagnent depuis longtemps et me reviennent à l´esprit comme des refrains, sans doute est-ce parce que j´y entends une semblable tonalité mélancolique.
    Que j´aie à m´en féliciter ou à m´en blâmer, c´est à Schopenhauer, mais aussi à Nietzsche, Pessoa, Proust, l´Ecclésiaste, Chamfort, Montaigne, Freud, Rosset, Ortega y Gasset, que je dois ma vocation de philosophe sentimental.

  • Depuis plusieurs années, Sylvie Le Poulichet explore la dynamique de phénomènes qu´elle a dénommés « processus limites », à l´oeuvre chez des patients ordinairement désignés comme borderline. Ces patients souffrent d´une difficulté à « habiter » leur corps, à repérer les limites entre le vivant et le mort et à s´approprier leur histoire.
    Le déploiement de la vie paraît chez eux tombé sous le coup de condamnations parentales, émanant d´événements traumatiques et de fantasmes inconscients, qui se transmettent de génération en génération. Ces sujets en viennent à sacrifier inconsciemment certaines zones de leur corps ou des aspects de leur identité sexuelle. Et des somatisations, des dépressions, des addictions (la boulimie, par exemple), des états de figement affectent souvent leur devenir.
    /> Dans cet ouvrage, on voit se déployer les mouvements de la démarche analytique : l´auteure relate des séquences de cure où l´analyse de rêves et la traversée de fantasmes permettent de recomposer les figures du corps en souffrance.
    Des scènes insoupçonnées apparaissent, ayant le pouvoir de construire de nouvelles versions de la venue au monde du sujet. Et c´est lorsque s´animent les images du corps pensées par le langage du rêve que se produisent de nouvelles prises de corps. C´est lorsque sont analysées les chimères du corps - ces étranges assemblages fantasmatiques de plusieurs corps, vivants ou morts, en un seul, qui vont jusqu´à menacer la continuité d´existence - que tous les symptômes douloureux disparaissent.
    Ce livre montre quels sont les modes d´interprétation qui permettent de dissoudre les fantômes, de dénouer les forces traumatiques et de mettre en jeu des processus créateurs qui laisseront enfin surgir un nouveau champ de regard, de présence, de jeu et de désir.

  • La désoccidentalisation du monde a commencé. L´Occident qui se croyait surpuissant se découvre déficient. Aux conséquences de l´arrogance (guerre en Irak, crise financière, péril climatique) succèdent les crises de l´impuissance (incapacité politique, crise identitaire, crainte des classes moyennes). L´angoisse gagne les Occidentaux.
    Pourquoi s´inquiéter de l´avenir d´un Occident qui a fait tant de mal ? Parce que, nous répond Hakim El Karoui, l´Occident a deux faces : la face sombre, certes, mais aussi la face claire, celle qui a fait de lui le creuset des idéaux de liberté et de démocratie en lesquels les Occidentaux doivent continuer à croire. Mais alors que faire et par où commencer ?
    D´abord, prendre la mesure exacte de cette désoccidentalisation du monde, de l´impuissance économique et symbolique dans laquelle sont plongés l´Europe et les États-Unis.
    Ensuite, comprendre que ceux qui sont souvent désignés comme coupables ne sont pas les ennemis de l´Occident. Le monde arabe en général et la rive sud de la Méditerranée en particulier, à l´issue de la crise de transition qu´ils traversent, seront des vrais partenaires. La Chine, elle, construit une nouvelle Grande Muraille économique et politique avec l´Asie du Sud-Est, qui impose à l´Europe et à l´Occident de réinventer un projet.
    Soucieux d´expliquer le monde qui vient sans le filtre des clivages idéologiques convenus, réfléchissant à toutes les échelles, nourri d´économie, de géopolitique, mais aussi de littérature, cet essai d´analyse et de conviction fait entendre une voix originale dans le débat public.

  • « Les "réflexions théoriques" m´apparaissent comme un matériau romanesque aussi bon qu´un autre, et meilleur que beaucoup d´autres. Il en est de même des discussions, des entretiens, des débats... Il en est encore plus évidemment de même de la critique littéraire, artistique ou musicale. Tout devrait pouvoir se transformer en un livre unique, que l´on écrirait jusqu´aux approches de la mort ; cela me paraît une manière de vivre raisonnable, heureuse, et peut-être même envisageable en pratique. » M. H.

    Les textes de ce recueil, lettres, entretiens ou articles, ont été publiés depuis 1992 dans des publications diverses, de la NRF à Paris Match, 20 ans ou Les Inrockuptibles. Ils n´étaient plus disponibles. Il y est question de cinéma, d´architecture, de philosophie, de la fête, du féminisme, de la réhabilitation du beauf, de la connerie de Jacques Prévert ou encore de l´indigeste Alain Robbe-Grillet... Parcours éclaté qui dessine une réflexion d´une cohérence et d´une exigence aiguës. Le constat est implacable : « On s´est bien amusés, mais la fête est finie. La littérature, elle, continue. Elle traverse des périodes creuses, puis cela revient. »

  • Antonine Maillet, prodigieuse « Acadienne, femme et écrivaine », tisse habilement les fils du mythe, de la patrie et de lendemains nouveaux dans cette inspirante allocution prononcée à l'occasion de la cérémonie de remise de la Médaille Symons.


    En véritable artiste, Maillet se fait « créateur de sons, de couleurs, de formes ou de mots ». Surgit alors un immense territoire de montagnes et d'océans, d'histoire et d'histoires - tantôt mythiques, tantôt modernes, tour à tour sous le signe de l'épopée flamboyante et de l'intimité illuminée par un feu de foyer. Un pays à la fois jeune et vieux, qui a deux langues, un riche subconscient, des aspirations. En guise de conclusion, elle raconte une histoire que Rabelais avait écrite l'année même de la découverte de l'Amérique. 

    Sous le couvert du conte, cette grande dame lance un puissant appel à la solidarité, à la protection des cultures et à la sauvegarde des langues. Son pays « aux multiples visages » et fait de paradoxes, demande-t-elle, « saura-t-il accorder leur juste place aux peuples d'origines diverses? »

    Connue notamment pour sa pièce de théâtre La Sagouine (1971), Mme Maillet n'en a pas moins remporté le prestigieux Prix Goncourt pour son roman Pélagie-la-Charette, devenant du coup la première lauréate non européenne du plus grand prix littéraire de France. Depuis, elle a publié plus de 20 romans, une multitude de pièces de théâtre et des traductions d'auteurs célèbres tels que Shakespeare. Elle est récipiendaire de nombreux prix, dont le Prix littéraire du Gouverneur général, la Médaille Lorne Pierce de la Société royale du Canada, et le Prix Goncourt.A veritable artist, Maillet becomes a "creator of sounds, of colours, of forms and words." As she speaks, she paints a vast landscape of mountains and oceans, history and story, using the tools on her palette: blending the colours of myths and those of contemporary issues, creating an epic poem in a profoundly personal voice. This country she portrays is both young and old, speaks two languages, has a rich subconscious, and aspirations. She ends her lecture by re-telling a story originally written by Rabelais- which, incidentally, was penned the same year as the discovery of America.

    The grande dame of storytelling uses her art to make an appeal for solidarity, in favour of the protection of
    cultures and the preservation of languages. Will her country, she asks, the one made "of many faces" and paradoxes, "be able to give nations of diverse origins their rightful place?"

    Renowned, notably, for her iconic play La Sagouine, Antonine Maillet received the prestigious Prix Goncourt for her novel Pélagie-la-Charette, thereby becoming the first non-European laureate of the most prestigious award in France. Since then, she has published over twenty novels and many plays, and also translated several celebrated authors such as Shakespeare. She is the recipient of numerous literary awards, including the Governor General Literary Award, the Royal Society of Canada's Lorne Pierce Medal, and the Prix Goncourt.

  • L'ombre de Stendhal "Je mets un billet de loterie dont le gros lot se résume à ceci : être lu en 1935." Stendhal, au sujet de chacun de ses livres.

    (Un essai pour comprendre les véritables enjeux du livre numérique...) Que retiendra-t-on de l'arrivée du Kindle en France ?

    Déjà avant son lancement, je me posais la question.

    J'ai rapidement commencé à écrire sur la présence, dans le Top 100 des ventes, de nombreux ebooks d'oeuvres classiques qui pourraient être gratuits (ils le sont même souvent sur le même site !) mais aussi sur celle de Stéphane Hessel et quelques vedettes de l'économie papier.
    Quand soudain a déboulé le tout nouveau poulain d'Antoine Gallimard, Alexis Jenni, sacré prix Goncourt, offrant même le podium à la maison anti-ebook malgré un tarif exorbitant... L'art du commerce pour le président du Syndicat National de l'édition...

    Un mois jour pour jour après le 7 octobre 2011, une saine concurrence se préparait, avec le Kobo de la Fnac... Opportunité d'un premier bilan...

    Après Amanda Hocking aux Etats-Unis et Stephen Leather en Angleterre, les dés seraient déjà jetés ? Une star du vieux microcosme remportera la grande loterie Amazon Kindle en France ? Internautes, il est temps de réagir, d'ouvrir les yeux !

    Au départ, je souhaitais limiter la pagination au modeste 32 de Stéphane Hessel mais je me suis laissé déborder ! Peut-être porté par l'euphorie de figurer aussi, quelques jours, dans ce Top 100 de la boutique numérique... 49 pages (format papier) comme les 49 numéros du Loto...

    Stéphane Ternoise

  • Le 6 décembre 2006, à l'occasion de la Saint Nicolas, j'avais présenté aux citoyennes et citoyens d'en France, et naturellement aux candidats à l'Elysée, un album de réflexions politiques en musique, principalement sous la forme de la parodie de chansons, le CD SARKOZY Selon Ternoise. Cet album de 14 titres est devenu un collector (http://www.cdsarkozy.com) : nos vaillants médias si prompts à dénoncer la censure en Chine n'ont pas jugé nécessaire d'accorder la moindre attention à ces chansonnettes, peut-être par souci de ne pas les retrouver dans la bouche des électrices et électeurs. Je n'ai pas encore noté le terme censure !
    J'ai même hésité au sujet du titre. Facile de crier à la censure ! Je précise rester persuadé qu'aucun décret secret ne fut pris pour interdire aux journalistes d'honorer leur métier au sujet de cette production indépendante et lotoise.

    Puis j'ai relu l'article les médias et la censure du 22 juin 2005, de l'Observatoire français des médias : « la forme la plus courante de censure est l'autocensure par laquelle les journalistes décident eux-mêmes de ne pas couvrir certains sujets qui seront vus d'un mauvais oeil par des supérieurs. » (http://www.censures.info) Je me souviens aussi de Daniel Carton dans « bien entendu... c'est off » : "la presse est aujourd'hui en France moralement sinistrée, mais comme ils me disent tous « il faut bien bouffer »".

    Pourtant, peut-être, qu'en 2012, quelque chose a changé : Internet est vraiment devenu un média.

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