Langue française

  • Le phénomène du populisme n'a pas encore été véritablement pensé. C'est en effet surtout à caractériser sociologiquement les électeurs populistes que se sont attachés la plupart des livres sur le sujet ; ou à discuter ce dont il est le symptôme (le désenchantement démocratique, les inégalités galopantes, la constitution d'un monde des invisibles, etc.) ; ou encore à sonner le tocsin sur la menace qu'il représenterait.
    Cet ouvrage propose de le comprendre en lui-même, comme une idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l'économie. S'il exprime une colère et un ressentiment, sa force tient au fait qu'il se présente comme la solution aux désordres du présent. Il est pour cela l'idéologie ascendante du xxie siècle, à l'heure où les mots hérités de la gauche semblent dorénavant résonner dans le vide.
    L'auteur en présente une théorie documentée, en retrace l'histoire dans celle de la modernité démocratique et en développe une critique approfondie et argumentée. Il permet ainsi d'en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessine les grandes lignes de ce que pourrait être une alternative mobilisatrice à ce populisme.
    Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. De L'Âge de l'autogestion (1976) au Bon Gouvernement (2015), il est l'auteur de nombreux ouvrages qui occupent une place majeure dans la théorie politique contemporaine et la réflexion sur la démocratie et la question

  • L'anti-démocratie est-elle le nouveau visage de l'avenir ? Les régimes iranien, russe et turc aimeraient sans doute le faire accroire.

    Derrière une façade démocratique, tous trois donnent à voir une même fuite en avant. Culte d'un chef infaillible investi d'une " mission historique " ; " pureté " de la nation trop longtemps humiliée et volonté de revanche face à un Occident corrupteur ; mobilisations de la religion ; organisation d'un État parallèle fondé sur les liens personnels, la corruption et l'accaparement des ressources ; développement d'un appareil sécuritaire pour répondre à une paranoïa savamment entretenue vis-à-vis des " ennemis extérieurs et intérieurs " ; institutionnalisation d'une réalité alternative sur laquelle les faits n'ont plus de prise...

    Plongée stupéfiante au cœur des logiques de radicalisation des régimes autoritaires, cette comparaison aiguisée entre l'Iran, la Russie et la Turquie de ce début de xxie siècle est un puissant avertissement pour nos démocraties qui doutent d'elles-mêmes.

  • Nos régimes sont dits démocratiques parce qu'ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l'action des gouvernements n'obéit pas à des règles de transparence, d'exercice de la responsabilité, de réactivité ou d'écoute des citoyens clairement établies. D'où la spécificité du désarroi et de la colère de nos contemporains.
    À l'âge d'une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs entre les mains de l'exécutif, Pierre Rosanvallon montre que le problème n'est plus seulement celui de la " crise de la représentation ". Il est devenu celui du mal-gouvernement. Or la théorie de la démocratie a jusqu'à présent fait l'impasse sur cette question des rapports entre gouvernés et gouvernants en se limitant à penser la représentation et l'élection. Il est donc urgent d'aller aujourd'hui plus loin pour comprendre les mécanismes de ce mal-gouvernement et déterminer les conditions d'une nouvelle révolution démocratique à accomplir.
    Ce livre propose d'ordonner les aspirations et les réflexions qui s'expriment aujourd'hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d'une démocratie d'exercice comme bon gouvernement.
    Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. Il anime également La République des Idées et le projet Raconter la vie. Après La Contre-démocratie, La Légitimité démocratique et La Société des égaux, Le Bon Gouvernement constitue le quatrième volet de son enquête sur la mutation des démocraties contemporaines.

  • Une rumeur étrange (la disparition de jeunes filles dans les salons d'essayage de commerçants juifs) s'est répandue, sans qu'il y ait la moindre disparition, dans la ville dont le nom symbolise la mesure et l'équilibre : Orléans. Edgar Morin et une équipe de chercheurs ont mené l'enquête sur place. Pourquoi Orléans ? Pourquoi des Juifs ? Pourquoi et comment se propage une rumeur ? Cette rumeur véhicule-t-elle un mythe ? Quel est ce mythe et que nous dit-il sur notre culture et sur nous-mêmes ?
    Des questions se posent : un antisémitisme jusqu'alors latent s'est-il à nouveau éveillé ? N'y a-t-il pas, dans nos cités modernes, un nouveau Moyen Age qui ne demande qu'à surgir à tout moment ?

  • Pendant presque un siècle, la construction de l'Etat-providence a constitué l'horizon naturel du progrès social dans les pays industriels. Cet Etat-providence est aujourd'hui mal en point. Il est d'abord devenu trop coûteux. Si elles continuaient à croître au rythme actuel, les dépenses de santé absorberaient dans trente ans la quasi-totalité des ressources des ménages ! Pour faire face à la hausse des dépenses sociales, les prélèvements obligatoires ont crû très rapidement, menaçant du même coup la compétitivité des entreprises et le dynamisme de l'économie. Mais l'Etat-providence est surtout devenu une machinerie de plus en plus opaque et bureaucratique. Les principes de solidarité et de redistribution qui le commandent, n'apparaissent plus clairement. La crise de l'Etat-providence est culturelle et morale plus encore qu'économique.
    Pierre Rosanvallon, né en 1948. Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Ses recherches portent à la fois sur l'histoire des idées politiques et sociales (Le Libéralisme économique ; Le Moment Guizot ; L'Etat en France de 1789 à nos jours) et sur l'analyse des sociétés contemporaines (L'Age de l'autogestion ; Misère de l'économie ; La République du centre, avec F. Furet et J. Julliard ; La Question syndicale).

  • La raison d'être
    Les premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : " Vanité des vanités, tout est vanité. " Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons à faire à un croyant, ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que la sagesse est du vent, et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.
    Qui est le vrai Ecclésiaste ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. Et le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.
    Jacques Ellul (1912-1994)
    De confession protestante, longtemps professeur à Bordeaux, auteur d'ouvrages nombreux et souvent dérangeants, c'était un esprit indépendant et original, écouté, lu et admiré par de nombreux élèves et disciples.

  • L'État-providence est toujours en crise. Mais celle-ci a changé de nature. Au-delà des lancinants problèmes de financement et de gestion, au-delà des questions posées sur l'efficacité du système de redistribution, ce sont les principes organisateurs de la solidarité et le conception même des droits sociaux qui se trouvent remis en cause. La crise est maintenant d'ordre philosophique. Elle est liée à l'avènement d'une nouvelle question sociale.
    Il ne s'agit pas plus seulement, comme il y a dix ans, de relégitimer l'État-providence. Devant les fractures sociales des années 1980, l'intervention publique a en effet retrouvé toute sa justification. C'est une refondation intellectuelle et morale qu'il faut aujourd'hui procéder. Pierre Rosanvallon explore, dans ce livre, les formes que pourrait prendre un État actif-providence lié au développement de la citoyenneté sociale. Il invite notamment à enrichir la notion de droit social, à reformuler la définition du juste et de l'équitable, à réinventer les formes de la solidarité. Cette recherche est indissociable d'une pratique plus active de la démocratie et d'une idée renouvelée de la nation.
    Ce livre propose une rediscussion d'ensemble de la question sociale. Il prolonge et renouvelle profondément les analyses désormais classiques que l'auteur avait menées dans La Crise de l'État-providence.

  • La légitime défense est au coeur de l'actualité politique et judiciaire : multiplication du nombre de femmes battues qui tirent sur leur mari ou leur compagnon violent, mobilisations pour soutenir des commerçants qui ont tué des voleurs, et, plus récemment, facilitation de l'usage des armes par la police dans le cadre du renforcement de la lutte antiterroriste.

    La légitime défense est au coeur de l'actualité politique et judiciaire : multiplication du nombre de femmes battues qui tirent sur leur mari ou leur compagnon violent, mobilisations pour soutenir des commerçants qui ont tué des voleurs, et, plus récemment, facilitation de l'usage des armes par la police dans le cadre du renforcement de la lutte antiterroriste.

    Si la légitime défense fascine et fait débat – est-elle un permis de tuer ou l'arme du faible ? –, elle a aussi ses partisans radicaux : des militants pro-armes réclamant un " droit de tirer " et un " droit de tuer " ceux qui représenteraient un danger pour eux-mêmes et pour la société.

    Parallèlement à l'étude de leurs mobilisations, Vanessa Codaccioni se penche sur les grandes affaires de légitime défense depuis la fin des années soixante-dix. Elle montre qu'il s'agit le plus souvent d'homicides sécuritaires, de crimes racistes ou de violences policières, et analyse la manière dont leurs auteurs tentent d'échapper à la justice, notamment par un renversement des figures du coupable et de la victime.

    Par l'étude socio-historique des homicides " défensifs " et des usages sécuritaires des armes, ce livre explore la manière la plus radicale de se faire justice. Il interroge plus généralement les liens entre politiques du " faire mourir ", pouvoir de mort et atteintes au droit à la vie dans les régimes démocratiques.

  • La logique de l'honneur
    Chaque pays a ses traditions, sa manière de définir les droits et devoirs de chacun, sa façon de commander, d'obéir, de coopérer et de s'affronter. Notre culte sourcilleux de l'honneur, nos distinguos infinis entre le noble et le vil nous font vivre dans un univers bien différent de celui où s'affrontent, outre-Atlantique, l'avidité du gain et la passion de l'honnête, ou encore des prudentes démarches qui conduisent les Néerlandais à accorder leurs volontés. À discerner les ressorts de chaque culture, on découvre ce qu'y ont de spécifique les moteurs de l'efficacité.
    Un classique de la sociologie et du management.
    Philippe d'Iribarne
    Né en 1937. Polytechnicien, ingénieur des Mines et directeur de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur l'enracinement du fonctionnement des entreprises et des économies dans la diversité des institutions et des cultures.


  • Sommes-nous en dictature ? Non. Sommes-nous en démocratie ? Non plus. Les puissances d'argent ont acquis une influence démesurée, les grands médias sont contrôlés par les intérêts capitalistes, les lobbies décident des lois en coulisses, les libertés sont jour après jour entamées. Dans tous les pays occidentaux, la démocratie est attaquée par une caste. En réalité, nous sommes entrés dans un régime oligarchique, cette forme politique conçue par les Grecs anciens et qu'ont oubliée les politologues : la domination d'une petite classe de puissants qui discutent entre pairs et imposent ensuite leurs décisions à l'ensemble des citoyens.
    Si nous voulons répondre aux défis du XXIe siècle, il faut revenir en démocratie : cela suppose de reconnaître l'oligarchie pour ce qu'elle est, un régime qui vise à maintenir les privilèges des riches au mépris des urgences sociales et écologiques.
    Car la crise écologique et la mondialisation rebattent les cartes de notre culture politique : l'Occident doit apprendre à partager le monde avec les autres habitants de la planète. Il n'y parviendra qu'en sortant du régime oligarchique pour réinventer une démocratie vivante. Si nous échouons à aller vers la Cité mondiale, guidés par le souci de l'équilibre écologique, les oligarques nous entraîneront dans la violence et l'autoritarisme.
    Au terme de ce récit précisément documenté mais toujours vivant, le lecteur ne verra plus la politique de la même façon.
    Comment les riches détruisent la planète et Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, les précédents ouvrages d'Hervé Kempf, ont rencontré un réjouissant succès. Ils ont été traduits dans de nombreuses langues. L'intérêt soutenu qu'ils continuent de susciter en fait désormais des références de l'écologie politique.

  • Souvent réduite à la proclamation d'anathèmes, tel l'appel au meurtre brutal lancé en 1989 par l'âyatollâh Khomeini contre l'auteur des Versets sataniques, Salman Rushdie, une fatwâ se présente pourtant, dès son origine, comme un simple avis juridique en droit islamique, qui vise non pas tant à contraindre qu'à éclairer le croyant. Les fatwâs traitent ainsi de multiples questions, d'abord religieuses, mais aussi bien économiques et sociales, et forment un ensemble gigantesque qui se confond avec la vie sociale et politique des pays musulmans.

    Précisant d'abord la perspective historique nécessaire à leur compréhension, en rappelant leur origine scripturaire dans le Coran, ainsi que les procédures, la typologie et le contexte de promulgation des fatwâs, Stéphane Valter explore les transformations des usages liés à leur production et à leur diffusion dans le monde moderne. Il consacre ainsi une partie de son analyse à l'influence majeure et très conservatrice de l'idéologie wahhâbite et au contrôle religieux exercé par le régime saoudien. Dans un dernier volet passionnant, l'auteur consacre ses réflexions sur les fatwâs en rapport à de grandes questions contemporaines : la guerre (Syrie), la sexualité (excision) et le sport (football).

  • Karl Marx n'a rien à voir avec sa caricature stalinienne, ravageuse pour la nature et pour les hommes. Voici une visite guidée de la dimension la plus méconnue de son œuvre. Elle nous fait découvrir un à un les fondements de l'écologie politique moderne. D'abord, l'humanisme naturaliste de Marx, qui souligne le lien essentiel entre la vie humaine et la nature. Ensuite, la mise en évidence des coûts écologiques et sociaux externes d'un capitalisme irresponsable, qui épuise à la fois la fertilité du sol et la force du travailleur. Puis la critique d'un détournement du progrès technique vers l'exploitation toujours plus intensive de la Terre et des hommes. Enfin, le rejet d'une mondialisation qui accélère l'épuisement conjoint de la nature et des travailleurs. On mesure l'actualité d'une telle pensée. De nos jours, la planète ne peut plus reproduire ce qu'elle consomme, et le réchauffement climatique menace les écosystèmes, donc les générations futures. À ce capitalisme prédateur, Marx oppose une double révolution : écologique et sociale. L'agriculture et l'industrie, confiées aux producteurs, équilibreront prélèvement et restitution. La règle verte rendra impossibles gaspillage et pollution. Délivrée d'une spéculation financière oublieuse des besoins réels, l'économie se recentrera sur la valeur d'usage des produits et sur les biens communs à tous.
    Penseur de la laïcité internationalement reconnu, Henri Pena-Ruiz travaille sur les différents registres de l'émancipation humaine. Dans cet esprit, il publie ici son troisième livre sur Karl Marx.

  • Le pouvoir et la règle
    Le pouvoir et la règle sont inséparables. La règle sans pouvoir devient très vite une forme vide. Le pouvoir sans règle n'existe pas, car l'exercice du pouvoir est générateur de règles. Pouvoir et règle constituent ainsi les deux faces du phénomène " organisation " qui est omniprésent dans l'action collective, qu'elle prenne la forme d'un mouvement diffus et spontané ou celle d'une multinationale formalisée et rationalisée à l'extrême. En stabilisant l'univers toujours complexe, fluctuant et potentiellement conflictuel de l'interaction sociale, il donne durée et épaisseur aux entreprises collectives des hommes.
    Erhard Friedberg
    Professeur émérite de sociologie à Sciences Po, il a notamment publié au Seuil L'Acteur et le Système (avec Michel Crozier, 1977).

  • Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant.

    Nécessaire, le " savoir " appliqué à la crise et à la violence peut s'avérer dépourvu de toute capacité explicative et devenir parfaitement frustrant. L'exigence scientifique comme l'urgence citoyenne imposent certes le savoir comme un devoir ; toute société est obligée de comprendre ce qu'elle produit, y compris l'irrationnel ou l'horreur. Mais comment nier qu'étudier l'horreur, c'est déjà reconnaître,
    a posteriori, notre impuissance ? L'analyse critique est-elle d'une grande utilité quand elle ne dispose pas de moyens d'action ?

    Ce livre s'intéresse à trois notions : la crise, la violence et la dé-civilisation. Elles constituent les trois angles morts de l'histoire du monde, tant la connaissance scientifique que l'on peut en avoir ne permet ni de les comprendre pleinement, ni de les combattre efficacement. Elles ont pourtant une dimension universelle et une histoire longue. Il importe de continuer à se pencher sur ces trois notions, car la crise ne conduit pas nécessairement au chaos, à la violence et à la destruction, et la dé-civilisation ne relève d'aucune fatalité. Une crise peut aussi présenter une chance inédite pour une société de développer une conscience critique sur son passé et se projeter dans un avenir radicalement différent de son présent.

    En étudiant ces questions politiques, historiques et éthiques, fondamentales, Hamit Bozarslan revient sur l'histoire du monde, et s'interroge sur son avenir.

  • Premières élections pluralistes, nouvelle constitution, multiplication des partis et des associations, montée des revendications des minorités sexuelles, régionales et religieuses, recomposition du personnel politico-administratif, explosion des conflits autour de la question sociale...

    Premières élections pluralistes, nouvelle constitution, multiplication des partis et des associations, montée des revendications des minorités sexuelles, régionales et religieuses, recomposition du personnel politico-administratif, explosion des conflits autour de la question sociale... Depuis 2011, la Tunisie vit en ébullition permanente, comme portée par la redécouverte du débat public, trop longtemps confisqué par un parti et un clan. Mais cette effervescence revendicative ne doit pas faire oublier que le pays a toujours été animé par une quête de démocratie.

    Ce livre, en replaçant les événements de 2011 dans le temps long, cherche à dépasser les représentations binaires dictature/démocratie, autoritarisme/pluralisme. Il s'attache à rendre compte des mutations culturelles, sociales et politiques, à décortiquer la part d'inédit et de créativité de la période post-Ben Ali et analyse comment elle s'accommode des structures héritées.

    En une vingtaine de contributions originales (analyses historiques, enquêtes de terrain, entretiens avec les acteurs), ce livre dresse un portrait à la fois sociologique et politique de la Tunisie d'aujourd'hui.

  • Qui doit produire les normes sociales en France ? L'État, les partenaires sociaux ? Ces questions, les mouvements sociaux contre la réforme du Code du travail en 2016 et 2017 puis ceux sur les retraites en ont montré l'actualité. Depuis quelques années, on voit évoluer, parfois radicalement, des situations dont certaines sont issues de lointains héritages historiques comme celui de la Révolution ou le programme du Conseil national de la Résistance.

    Longtemps, en France, le politique et les partenaires sociaux ont relevé d'un rapport de subordination : le politique croyait en sa " toute-puissance " et l'État décidait, intervenant systématiquement dans le domaine social et dans les relations professionnelles. Longtemps aussi, une défiance mutuelle a régné entre syndicats et représentants du patronat. Aujourd'hui, l'autonomie et l'initiative gagnent les partenaires sociaux, et souvent la confrontation ou l'opposition laissent place à d'autres formes de relations, voire à des compromis autrefois considérés comme des compromissions.

    Cet ouvrage propose une mise en perspective des rapports entre la démocratie sociale et le politique tels qu'ils se développent du xixe siècle à nos jours, dans les débats d'idées, les échanges théoriques. Il précise le rôle de ses acteurs, les syndicats bien sûr mais aussi celui de certaines institutions sociales ou de certaines forces politiques. Il aborde aussi l'environnement international de la France, afin de mieux situer son expérience singulière, la place de l'entreprise et son émergence comme " enjeu sociétal ". Il considère enfin les tendances plurielles qui se définissent aujourd'hui pour former la " démocratie sociale à la française " de demain.

  • En dépit des nombreux tournants stratégiques qui ont marqué les relations internationales depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis demeurent la puissance de référence, sans laquelle l'ordre mondial ne saurait être envisagé. Après les guerres néoconservatrices des années 2000 (Afghanistan, Irak), les inflexions opérées par Barack Obama ont eu pour objectif aussi bien de sortir l'Amérique de plusieurs enlisements militaires que de restaurer son image dans le monde. Dans le même temps, la contrainte budgétaire, la montée en puissance de l'Asie, les défis chinois, russes ou issus d'autres puissances encore ont dû être pris en compte. L'une des questions essentielles qui se pose désormais pour l'avenir du système international est de savoir si les orientations politiques des années Obama survivront à leur initiateur. L'Amérique a-t-elle définitivement changé, à la fois dans la sociologie de son débat interne, et dans son approche du monde ? Ou allons-nous assister à la fin, qui pourrait être brutale, d'une parenthèse Obama ? Cet ouvrage revient sur les facteurs tant internes qu'externes qui déterminent les rapports de l'Amérique au reste du monde, et propose une réflexion stimulante sur les changements et continuités de la politique étrangère américaine

  • La réception de John Rawls et des théories de la justice Souvent présenté comme un des plus grands théoriciens politiques du XXe siècle, John Rawls est aujourd'hui un philosophe consacré en France, communément perçu comme le porte-parole d'un " libéralisme égalitaire ", alliant défense de la démocratie, du marché et de la justice sociale.

    La réception de John Rawls et des théories de la justice Souvent présenté comme un des plus grands théoriciens politiques du XXe siècle, John Rawls est aujourd'hui un philosophe consacré en France, communément perçu comme le porte-parole d'un " libéralisme égalitaire ", alliant défense de la démocratie, du marché et de la justice sociale. Rien ne laissait pourtant présager l'entrée dans le canon académique et dans le débat politique d'une œuvre longtemps ignorée des philosophes et intellectuels français. Cette consécration tardive constitue le terme d'une histoire qui court du début des années 1970 aux années 2000, durant laquelle les lectures les plus diverses de Rawls se sont affrontées.

    Porté par une écriture dynamique et accessible, l'ouvrage de Mathieu Hauchecorne rend compte de la réception française de ce qu'on a communément appelé les " théories de la justice ". Il retrace les circulations de Rawls mais aussi d'auteurs comme Robert Nozick, Michael Walzer ou Amartya Sen entre les États-Unis et la France ; entre économie, philosophie, sociologie, droit et science politique ; et entre champ intellectuel et champ politique. Une histoire inséparable de reconfigurations plus globales, comme la domination accrue de l'anglais sur les échanges intellectuels transnationaux, l'affirmation d'une gauche non-marxiste en France, et les débats relatifs aux politiques de redistribution.

    Une contribution majeure à une sociologie de la pensée politique contemporaine.

  • Comprendre le débat européen
    Ce livre est une sonnette d'alarme et un acte citoyen. Il explique pourquoi l'Europe va dans le mur, mais il refuse le fatalisme des replis nationaux. Il défend l'idée qu'une zone euro repensée et solidaire a la capacité de répondre aux enjeux mondiaux et d'édifier un espace économique, politique et social apaisé.
    L'Europe souffre d'un manque d'identité et de démocratie ; elle est devenue le fer de lance d'un libéralisme qui impose des cures d'austérité destructrices ; elle n'offre plus de projet mobilisateur. Il faut donc la changer.
    Mais la refondation nécessaire risque d'être perpétuellement reportée par les gouvernements. Pour avancer vraiment, ce livre appelle à une mobilisation active des citoyens en proposant des instruments pour comprendre et des moyens pour agir. Il espère ainsi redonner le goût et le sens du débat européen.
    Michel Dévoluy
    Professeur émérite à l'université de Strasbourg. Titulaire d'une chaire Jean-Monnet d'économie européenne il codirige l'Observatoire des politiques économiques en Europe.

  • Encensé par les uns, décrié par les autres, toujours invoqué mais rarement défini, le libéralisme serait-il la nouvelle Hydre de Lerne des sciences politiques ? Quelles sont les notions fondamentales sur lesquelles il s'appuie, son histoire, ses textes fondateurs ? Quelles controverses a-t-il suscité et suscite-t-il toujours ? Attentif à la longue durée, cernant au plus près l'évolution des concepts, Alain Policar signe une somme majeure qui démonte les idées reçues et les fausses évidences. Il montre qu'avec les écrits de Locke, Montesquieu, John Stuart Mill et d'autres, la philosophie libérale entend d'abord substituer le " gouvernement des lois " au pouvoir personnel et arbitraire du monarque de droit divin. Le libéralisme politique, c'est une vision des valeurs et des institutions indispensables à la protection des libertés publiques et des droits individuels : en cela, il s'oppose radicalement tant au capitalisme qu'à l'ultralibéralisme qui voit en l'État une menace pour les libertés individuelles. Mais, pour être fidèle à ses promesses, il doit accorder un soutien attentif aux plus démunis et renforcer l'universalisme moral, socle de sa fonction émancipatrice. Une étude qui renouvelle notre connaissance des idées politiques.

  • Rumeurs
    Aujourd'hui, la rumeur est partout : dans les médias, sur Internet, dans les couloirs, les conversations. Qu'on l'appelle rumeur, buzz ou encore légende urbaine, elle imprègne tous les secteurs de la vie quotidienne, l'économique, le social, la politique, le show-business, le marketing, le lobbying, la finance...
    Jean-Noël Kapferer analyse en profondeur ses ressorts fondamentaux dans cet ouvrage devenu la référence incontournable sur le sujet et traduit en seize langues.
    Jean-Noël Kapferer
    Professeur à HEC et expert mondial de la communication, il a publié de nombreux ouvrages sur la communication, la persuasion, les marques.
    Édition augmentée d'une postface sur l'impact des rumeurs sur Internet

  • Qui a découvert un nombre exceptionnel de comètes et d'astéroïdes ? Une femme. Qui a permis d'organiser la population stellaire ? Des femmes. Et la loi permettant d'arpenter d'univers ? Encore et toujours... une femme ! Pourtant, quand il s'agit de citer au hasard un " astronome historique ", on pense le plus souvent à des hommes : Galilée, Copernic, ou plus près de nous, Hubble. Certes, au cours des siècles, les femmes n'ont guère eu l'occasion d'accéder aux sciences en général et à l'astronomie en particulier. Est-ce pour autant une raison de croire en l'absence totale de leurs contributions ?

  • Cet ouvrage réunit les deux thèmes de prédilection de Maurice Clavelin. Le premier interroge l'un des tournants les plus importants de l'histoire des sciences : le " moment Galilée ". L'auteur montre que ce n'est pas une simple critique des idées traditionnelles ou une meilleure attention portée aux données de l'observation qui caractérise la science de ce génie. Rallié aux théories de Copernic, Galilée crée une vraie science mathématisée du mouvement, véritable révolution conceptuelle qui ouvre une ère nouvelle à la spéculation sur la Nature, et signe ainsi l'acte de naissance de la science moderne. Le second aborde sous un angle inédit le rapport entre science et philosophie. Il montre qu'au début du XXe siècle, et après une longue stagnation, la théorie empiriste de la connaissance reprend forme et rigueur sous l'influence combinée de la logique symbolique et de l'interprétation logiciste des mathématiques. Le rôle de Russell, suivi par Wittgenstein, le cercle de Vienne et Quine, est ici décisif. Un livre qui enrichit l'œuvre d'un grand historien et philosophe des sciences.

  • Si l'intention de détruire un groupe humain spécifique dans sa totalité distingue le génocide d'un crime de masse, comment qualifier la famine organisée par Staline en Ukraine au début des années trente, ou plus près de nous, les meurtrières opérations de " nettoyage ethnique " au Kurdistan et durant la guerre en ex-Yougoslavie ?

    Si l'intention de détruire un groupe humain spécifique dans sa totalité distingue le génocide d'un crime de masse, comment qualifier la famine organisée par Staline en Ukraine au début des années trente, ou plus près de nous, les meurtrières opérations de " nettoyage ethnique " au Kurdistan et durant la guerre en ex-Yougoslavie ? Comment définir un génocide ? Et comment éviter l'instrumentalisation de cette notion, qui s'inscrit souvent dans le registre émotionnel au détriment de la jurisprudence définie par le droit international ? À l'ère des revendications mémorielles de toutes sortes qui investissent le débat public, Bernard Bruneteau s'interroge sur l'usage inflationniste du terme de génocide. Retraçant l'histoire du concept depuis sa création par Raphael Lemkin en 1944, il plaide pour une définition rigoureuse des pratiques génocidaires et met en garde contre les captations politiques qui menacent aujourd'hui de brouiller leur compréhension.

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