• Dans quelles circonstances Fritz Lang est-il arrivé à Hollywood ? Comment Raoul Walsh s'est-il nourri de son expérience de cowboy ? Howard Hawks a-t-il vraiment été influencé par Casablanca pour Le Port de l'angoisse ? Comment George Cukor dirigeait-il

  • Fritz Lang

    Alfred Eibel

    « J'ai fréquenté Fritz Lang durant de nombreuses années. J'ai vu et revu la plupart de ses films. Le texte qui va suivre ne s'adresse pas à un public de cinéphiles. Les rapports souvent orageux avec Fritz Lang sont ici rapportés avec exactitude. Les rapports souterrains entre la vie de Fritz Lang et les personnages de ses films font partie de mon interprétation personnelle. Les critiques que j'ai pu lire à propos de son oeuvre, nombreuses, se recoupent ici et là et pourtant diffèrent sur bien des points. Aucun ne détient la vérité absolue. Je laisse de côté ceux qui, revoyant certains films, sont revenus sur leurs premières impressions. Leur enthousiasme a disparu. Certains considèrent l'oeuvre américaine du cinéaste comme un pis-aller dû à un exil forcé. Les quelques propositions que j'avance concernant les deux Tigre n'engagent que moi et peuvent aussi bien être refusées. Les lettres que Fritz Lang m'avait adressées, figurant en fin de volume, sont suffisamment parlantes pour que je m'abstienne de les commenter. Enfin, reconnaissons que cet homme n'a pas cédé un pouce en rapport avec ce qu'il voulait exprimer ; plus souvent qu'on ne l'imagine avec des budgets dérisoires. Il s'en est accommodé en tirant le meilleur parti possible, restant lui-même. Ce fut à la fois sa force et son anémie. » Alfred Eibel

  • Un grand appartement oublié de l'île Saint-Louis dont les portes et les pièces disparaissent les unes après les autres...
    Un bureau secret du ministère de l'Intérieur chargé d'explorer la banlieue parisienne pour y trouver les preuves de l'existence de Dieu...
    Une entreprise géante qui fait surveiller ses employés par des espions semi-visibles...
    Une ville utopique construite d'après Fritz Lang et hantée par un mystérieux «Charbonnier»...

    Six histoires étranges, drôles, tragiques, métaphysiques. Six plongées dans l'abîme pour découvrir ce qui se cache de l'autre côté de la réalité. À mi-chemin entre Jules Verne et Jorge Luis Borges : bienvenue dans le monde de Serge Lehman.

    Bibliographie complète des oeuvres de Serge Lehman en fin de volume.

  • Conte de cinéma

    Jean Lods

    Colin est un génie de la restauration des films, qui redonne une jeunesse aux plus grands classiques. Mais on réduit les subventions de son Institut. Et son nouveau directeur l'affecte à des productions qu'il estime plus rentables que les oeuvres de Howard Hawks ou de John Ford. Aussi, est-ce en secret que Colin travaille sur Une partie de campagne de Jean Renoir.
    Une nuit, alors qu'il peaufine le relief des boutons du chemisier de la jeune héroïne, Henriette, il a la curieuse sensation de voir l'étoffe bouger. Quatre-vingt-quinze pulsations par minute, estime-t-il même, en regardant sa montre.
    Bientôt, il entre dans le film.
    Né en 1938, Jean Lods a passé son enfance et son adolescence à l'île de la Réunion. Il est l'auteur des récits et romans suivants : La Part de l'eau (Gallimard, 1977 ; prix Ève Delacroix) ; La Morte saison (Gallimard, 1980 ; dernière sélection des Prix Renaudot et Femina) ; Le Bleu des vitraux (Gallimard, 1987 ; prix Alain Fournier) ; Sven (Calmann-Lévy, 1991) ; Quelques jours à Lyon (Calmann-Lévy, 1994 ; dernière sélection du Prix Renaudot) et Mademoiselle (Vénissieux, Editions Paroles d'Aube 1994).

  • Danielle Bleitrach, sociologue, universitaire spécialiste de la mondialisation et du développement, auteur de nombreux ouvrages sur le mouvement ouvrier, l'Amérique latine et plus récemment sur l'espace postsoviétique, a voulu interroger deux antinazis. Il s'agit de deux références dans leur domaine, Brecht et Lang, dont la rencontre a lieu à Berlin - L'Opéra de quat'sous, M le Maudit - puis l'exil, là ils retrouvent un autre grand, Hanns Eisler, le musicien, le communiste, et ils font un film sur l'assassinat d'Heydrich, le bourreau de Prague : Les Bourreaux meurent aussi. Heydrich est le bourreau des juifs, l'organisateur de la solution finale, question juive à laquelle il ne sera pratiquement pas fait allusion dans le film. Pourquoi ce silence, pourquoi le choix de la fiction, l'histoire d'un mensonge collectif de la population pragoise ? Mais surtout en quoi, aujourd'hui, le vaccin antifasciste a-t-il désormais perdu son efficacité, laissant chacun impuissant devant le retour des périls ?
    Ce livre porte aussi la marque de conversations menées avec Richard Gerhke, architecte, autour de l'Allemagne de Weimar, la relation entre l'architecture et le cinéma, arts de masse, industrie, création et propagande, celle de la mise en scène nazie et ses décors.

  • Cette image est destinée à un public majeur.

    J'ai plus de 18 ans

    SM le maudit

    Christophe Bier

    Une bande dessinée d'auteur bouleversante de vice et d'originalité
    Berlin, 1930. La République de Weimar vit ses derniers moments de décadence. Siegfried Mann se travestit dans un cabaret érotique. La tenancière, une naine à monocle, lui voue un amour exclusif. Mais le jeune garçon rêve de gloire et de cinéma. Un casting providentiel le propulse dans les griffes de Hilda von Kroft, autoritaire patronne de la Femdom Produktion. Elle fait du naïf acteur la nouvelle égérie d'un genre très spécial. Siegfried devient la star souffrante de romances sadomasochistes dans lesquelles aucun supplice n'est truqué. Sous la férule des femmes, il hurle avec conviction et vérifie la justesse de cet adage : l'art est une discipline. Cravaché, humilié, torturé, peut-il encore espérer un registre moins éprouvant ?
    Un choc visuel. Une bande dessinée d'auteur bouleversante de vice et d'originalité, servie par le trait étonnant d'Yxes et la perversion de Christophe Bier. Mieux qu'une contribution à l'univers sadomasochiste, SM le Maudit marque une révolution dans un genre qui donne rarement la suprématie aux femmes et s'offre au passage le luxe d'un hommage au courant artistique de la Nouvelle Objectivité et au cinéma des années 1930 (Marlene Dietrich, Fritz Lang, Tod Browning).

  • Il s´agit d´un ouvrage consacré à Fritz Lang (1890-1976), l'un des plus grands cinéastes du XXe siècle, actif en Allemagne puis en Amérique. Il a réalisé, entre autres, Metropolis et M le Maudit, ainsi qu´un grand nombre de films hollywoodiens dont Furie, La Femme au portrait, Le Secret derrière la porte ou Les Contrebandiers de Moonfleet. La vie et les films de Lang sont évoqués à partir de trois angles privilégiés : les relations de Lang avec les femmes et son obsession « biblique » pour la chute de l´homme et le meurtre d´Abel par Caïn ; les rapports de Lang et de son oeuvre avec la politique contemporaine, d´abord dans l´Allemagne de Weimar et lors de l´arrivée de Hitler au pouvoir, puis à Hollywood, où il affiche son identité de Juif viennois et son engagement antinazi ; enfin, le statut artistique de Lang, ses rapports avec Murnau, Eisenstein et les surréalistes, sa longue rivalité avec Hitchcock, les débats qui ont agité la critique sur l´importance relative de son oeuvre allemande et de son oeuvre américaine, son influence sur les cinéastes de la Nouvelle Vague.
    Le livre, soigneusement documenté, accorde une large place aux anecdotes de la vie de Lang, son exil d´Allemagne, ses démêlés avec Goebbels et le FBI. Il s´appuie principalement sur des analyses détaillées d´un petit nombre de films considérés comme les plus importants et les plus personnels.

  • « Mon histoire d´amour avec le cinéma est d´abord celle d´un éblouissement. Les livres, la littérature sont mes véritables amis d´enfance, je les ai toujours connus, ils font partie de ma vie intime, ils ne m´auront pas quitté. Le théâtre, la peinture, la musique, je les ressens comme ces camarades déjà presque adultes qu´on se fait dans les dernières années d´études et qui deviendront, même éloignés par les circonstances, des amis sûrs - ou disparaîtront sans laisser de trace. Le cinéma, c´est autre chose. Si vous n´avez jamais découvert à vingt ans, surgie au bout d´une plage, une jeune fille nimbée de soleil qui vous apparaît soudain telle que vous la rêviez sans la connaître, vous ne pouvez imaginer ce que fut ma rencontre avec le cinéma. Moi qui, à cet âge, éprouvais une certaine difficulté à me saisir de la réalité, à m´accoler aux choses concrètes, qui sentais le sable du monde s´écouler entre mes doigts, soudain je le vis solide, compact, roc ruisselant de lumière et d´ombre devant moi ; un monde plus intelligent, plus signifiant, donc plus beau : plus vrai que le vrai.
    (...) Et cinquante ans plus tard, dans ses meilleurs moments, comme une femme aimée avec laquelle on vit depuis longtemps et dont, à l´improviste, avec les yeux de radium de la mémoire, on retrouve sous le fard d´aujourd´hui le jeune visage d´autrefois, l´écran que je regarde redevient éblouissant, une lumière bouillonnante en déborde et mon coeur de cinéphile recommence à battre. Prélevés sur un électrocardiogramme long d´un demi-siècle, j´ai recueilli dans ce livre quelques-uns de ces battements de coeur. » (Extrait de l'Avant-propos)

empty