Langue française

  • Fritz Lang

    Alfred Eibel

    « J'ai fréquenté Fritz Lang durant de nombreuses années. J'ai vu et revu la plupart de ses films. Le texte qui va suivre ne s'adresse pas à un public de cinéphiles. Les rapports souvent orageux avec Fritz Lang sont ici rapportés avec exactitude. Les rapports souterrains entre la vie de Fritz Lang et les personnages de ses films font partie de mon interprétation personnelle. Les critiques que j'ai pu lire à propos de son oeuvre, nombreuses, se recoupent ici et là et pourtant diffèrent sur bien des points. Aucun ne détient la vérité absolue. Je laisse de côté ceux qui, revoyant certains films, sont revenus sur leurs premières impressions. Leur enthousiasme a disparu. Certains considèrent l'oeuvre américaine du cinéaste comme un pis-aller dû à un exil forcé. Les quelques propositions que j'avance concernant les deux Tigre n'engagent que moi et peuvent aussi bien être refusées. Les lettres que Fritz Lang m'avait adressées, figurant en fin de volume, sont suffisamment parlantes pour que je m'abstienne de les commenter. Enfin, reconnaissons que cet homme n'a pas cédé un pouce en rapport avec ce qu'il voulait exprimer ; plus souvent qu'on ne l'imagine avec des budgets dérisoires. Il s'en est accommodé en tirant le meilleur parti possible, restant lui-même. Ce fut à la fois sa force et son anémie. » Alfred Eibel

  • Conte de cinéma

    Jean Lods

    Colin est un génie de la restauration des films, qui redonne une jeunesse aux plus grands classiques. Mais on réduit les subventions de son Institut. Et son nouveau directeur l'affecte à des productions qu'il estime plus rentables que les oeuvres de Howard Hawks ou de John Ford. Aussi, est-ce en secret que Colin travaille sur Une partie de campagne de Jean Renoir.
    Une nuit, alors qu'il peaufine le relief des boutons du chemisier de la jeune héroïne, Henriette, il a la curieuse sensation de voir l'étoffe bouger. Quatre-vingt-quinze pulsations par minute, estime-t-il même, en regardant sa montre.
    Bientôt, il entre dans le film.
    Né en 1938, Jean Lods a passé son enfance et son adolescence à l'île de la Réunion. Il est l'auteur des récits et romans suivants : La Part de l'eau (Gallimard, 1977 ; prix Ève Delacroix) ; La Morte saison (Gallimard, 1980 ; dernière sélection des Prix Renaudot et Femina) ; Le Bleu des vitraux (Gallimard, 1987 ; prix Alain Fournier) ; Sven (Calmann-Lévy, 1991) ; Quelques jours à Lyon (Calmann-Lévy, 1994 ; dernière sélection du Prix Renaudot) et Mademoiselle (Vénissieux, Editions Paroles d'Aube 1994).

  • Cette image est destinée à un public majeur.

    J'ai plus de 18 ans

    SM le maudit

    Christophe Bier

    Une bande dessinée d'auteur bouleversante de vice et d'originalité
    Berlin, 1930. La République de Weimar vit ses derniers moments de décadence. Siegfried Mann se travestit dans un cabaret érotique. La tenancière, une naine à monocle, lui voue un amour exclusif. Mais le jeune garçon rêve de gloire et de cinéma. Un casting providentiel le propulse dans les griffes de Hilda von Kroft, autoritaire patronne de la Femdom Produktion. Elle fait du naïf acteur la nouvelle égérie d'un genre très spécial. Siegfried devient la star souffrante de romances sadomasochistes dans lesquelles aucun supplice n'est truqué. Sous la férule des femmes, il hurle avec conviction et vérifie la justesse de cet adage : l'art est une discipline. Cravaché, humilié, torturé, peut-il encore espérer un registre moins éprouvant ?
    Un choc visuel. Une bande dessinée d'auteur bouleversante de vice et d'originalité, servie par le trait étonnant d'Yxes et la perversion de Christophe Bier. Mieux qu'une contribution à l'univers sadomasochiste, SM le Maudit marque une révolution dans un genre qui donne rarement la suprématie aux femmes et s'offre au passage le luxe d'un hommage au courant artistique de la Nouvelle Objectivité et au cinéma des années 1930 (Marlene Dietrich, Fritz Lang, Tod Browning).

  • Danielle Bleitrach, sociologue, universitaire spécialiste de la mondialisation et du développement, auteur de nombreux ouvrages sur le mouvement ouvrier, l'Amérique latine et plus récemment sur l'espace postsoviétique, a voulu interroger deux antinazis. Il s'agit de deux références dans leur domaine, Brecht et Lang, dont la rencontre a lieu à Berlin - L'Opéra de quat'sous, M le Maudit - puis l'exil, là ils retrouvent un autre grand, Hanns Eisler, le musicien, le communiste, et ils font un film sur l'assassinat d'Heydrich, le bourreau de Prague : Les Bourreaux meurent aussi. Heydrich est le bourreau des juifs, l'organisateur de la solution finale, question juive à laquelle il ne sera pratiquement pas fait allusion dans le film. Pourquoi ce silence, pourquoi le choix de la fiction, l'histoire d'un mensonge collectif de la population pragoise ? Mais surtout en quoi, aujourd'hui, le vaccin antifasciste a-t-il désormais perdu son efficacité, laissant chacun impuissant devant le retour des périls ?
    Ce livre porte aussi la marque de conversations menées avec Richard Gerhke, architecte, autour de l'Allemagne de Weimar, la relation entre l'architecture et le cinéma, arts de masse, industrie, création et propagande, celle de la mise en scène nazie et ses décors.

  • Il s'agit d'un ouvrage consacré à Fritz Lang (1890-1976), l'un des plus grands cinéastes du XXe siècle, actif en Allemagne puis en Amérique. Il a réalisé, entre autres, Metropolis et M le Maudit, ainsi qu'un grand nombre de films hollywoodiens dont Furie, La Femme au portrait, Le Secret derrière la porte ou Les Contrebandiers de Moonfleet. La vie et les films de Lang sont évoqués à partir de trois angles privilégiés : les relations de Lang avec les femmes et son obsession « biblique » pour la chute de l'homme et le meurtre d'Abel par Caïn ; les rapports de Lang et de son oeuvre avec la politique contemporaine, d'abord dans l'Allemagne de Weimar et lors de l'arrivée de Hitler au pouvoir, puis à Hollywood, où il affiche son identité de Juif viennois et son engagement antinazi ; enfin, le statut artistique de Lang, ses rapports avec Murnau, Eisenstein et les surréalistes, sa longue rivalité avec Hitchcock, les débats qui ont agité la critique sur l'importance relative de son oeuvre allemande et de son oeuvre américaine, son influence sur les cinéastes de la Nouvelle Vague.
    Le livre, soigneusement documenté, accorde une large place aux anecdotes de la vie de Lang, son exil d'Allemagne, ses démêlés avec Goebbels et le FBI. Il s'appuie principalement sur des analyses détaillées d'un petit nombre de films considérés comme les plus importants et les plus personnels.

  • « Mon histoire d'amour avec le cinéma est d'abord celle d'un éblouissement. Les livres, la littérature sont mes véritables amis d'enfance, je les ai toujours connus, ils font partie de ma vie intime, ils ne m'auront pas quitté. Le théâtre, la peinture, la musique, je les ressens comme ces camarades déjà presque adultes qu'on se fait dans les dernières années d'études et qui deviendront, même éloignés par les circonstances, des amis sûrs - ou disparaîtront sans laisser de trace. Le cinéma, c'est autre chose. Si vous n'avez jamais découvert à vingt ans, surgie au bout d'une plage, une jeune fille nimbée de soleil qui vous apparaît soudain telle que vous la rêviez sans la connaître, vous ne pouvez imaginer ce que fut ma rencontre avec le cinéma. Moi qui, à cet âge, éprouvais une certaine difficulté à me saisir de la réalité, à m'accoler aux choses concrètes, qui sentais le sable du monde s'écouler entre mes doigts, soudain je le vis solide, compact, roc ruisselant de lumière et d'ombre devant moi ; un monde plus intelligent, plus signifiant, donc plus beau : plus vrai que le vrai.
    (...) Et cinquante ans plus tard, dans ses meilleurs moments, comme une femme aimée avec laquelle on vit depuis longtemps et dont, à l'improviste, avec les yeux de radium de la mémoire, on retrouve sous le fard d'aujourd'hui le jeune visage d'autrefois, l'écran que je regarde redevient éblouissant, une lumière bouillonnante en déborde et mon coeur de cinéphile recommence à battre. Prélevés sur un électrocardiogramme long d'un demi-siècle, j'ai recueilli dans ce livre quelques-uns de ces battements de coeur. » (Extrait de l'Avant-propos)

  • Écrire sur le cinéma, c'est réécrire le monde. Imaginer des royaumes parallèles, des pays pirates, des rêves crus. C'était encore possible au début des années soixante, quand la télévision n'avait pas achevé de faire du cinéma une industrie de recyclage, pour le meilleur et pour le pire. Depuis, c'est évidemment pire. Culturellement isolés par une exception absurde censée nous protéger du froid, nous ne sommes même plus capables de parler des films du seul endroit d'où ces films sont envisagés et produits : l'industrie mondiale des jeux vidéo. Les textes de ce petit recueil viennent du froid. Ils ont été écrits au jour le jour, contre l'amnésie progressive des « spécialistes » du cinéma. Il suffit de fermer les yeux et de se souvenir. Un jour, il y a eu des films. Un jour, ils ont fait rêver des filles et des garçons. Et si on jouait au docteur ? L. S.

  • Loin des polémiques stériles, cet ouvrage a pour point de départ une évidence : art majeur du vingtième siècle, le cinéma américain appartient aujourd'hui à notre patrimoine commun. On s'est efforcé d'y décrire les phases successives, et parfois contradictoires, de son évolution, qu'illustrent les réalisateurs et les stars du muet et du parlant : Stroheim et Sternberg, Ford et Hitchcock, Welles et Kubrick, Greta Garbo et Gary Cooper, Ava Gardner et James Dean, Robert Redford et Jane Fonda... Ainsi se dessine une tradition qui mène logiquement de La Naissance d'une Nation, et d'Intolérance au Voyage au bout de l'enfer, et à La Porte du Paradis, de Robert Harron et Lillian Gish, à Robert De Niro et Meryl Streep, de Griffith à Cimino.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Comme l'exprima un jour le romancier Lawrence Durrell, c'est le propre des artistes, à certaines époques privilégiées, de créer une sorte de « poche d'air », de ballon d'oxygène qui permet à l'humanité de respirer mieux. Plus tard on parle d'écoles, ou de modes littéraires, mais c'est plus que cela. « Nous sommes tous, les artistes, dit encore Durrell, comme un bataillon attaquant sur un vaste front. Les particularités de tempérament et d'individualité sont fortuites dans l'assaut général et ce que nous, artistes, cherchons à faire, c'est à créer, dans une sorte de métaphore, la cosmologie d'un moment singulier que nous vivons... »
    Ce livre n'est rien d'autre que le récit de l'assaut général livré par quelques princes des années folles, et la tentative de fixer à travers eux l'un des moments les plus singuliers et les plus fascinants de notre vie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À vingt-neuf ans, s'écartant de la voie toute tracée, Stanislas Levigne abandonne sa situation. Le voici dans Paris lancé à sa propre poursuite, explorant les conditions de chômeur ou d'écrivain, d'homosexuel ou de juif, en tirant inlassablement systèmes et fictions. Mais abandonner une situation, est-ce vraiment en finir avec la société ? Combattre sa propre lâcheté, est-ce une manière de triompher de la morale ? Et rompre avec le monde, en apparence, n'est-ce pas le plus sûr moyen de fortifier son monde intérieur le plus oppressant, c'est-à-dire celui qu'il s'agissait précisément de fuir ? Bref, au-delà de la peinture de certains milieux à la mode et du feuilleton de la mauvaise conscience, les interrogations fondamentales de Stanislas Levigne se retournent contre lui-même et le renvoient à l'espoir et à ce parti pris du refus qui caractérisent les révoltés.

  • Depuis la première projection des frères Lumière, le cinéma s'est banalisé mais ses origines sont encore mal connues. La naissance du cinéma a entraîné ses premières stars : metteurs en scène mythiques, acteurs adulés, ont éclairé de leurs extravagances et de leur talent les années de gloire du cinéma muet. Le parlant a connu de nouvelles idoles et les moyens techniques repoussent toujours un peu plus loin les frontières du réalisable. Ce livre est un long travelling sur l'histoire du cinéma, les cinémas du monde, les films charnières, les courants importants. Illustré de nombreuses photos de films, c'est un ouvrage de référence pour tous les amoureux du grand écran.

  • J'étais continuellement en proie au désir - vous appellerez ça le désir de tuer - et plus il y en avait, mieux c'était. Oui, si j'en avais eu la possibilité, j'aurais tué des masses de gens. J'aurais engendré des catastrophes. Tous les soirs, j'écumais les rues de la ville à la recherche d'une victime. Mais ce n'était pas si facile que ça d'en trouver une. Lorsque je rentrais à minuit passé, parfois gorgé du sang de mes victimes, je ne faisais jamais de mauvais rêves et mes nuits n'étaient jamais troublées par le manque de sommeil. Je n'ai absolument aucun remords. Après tout, j'étais là pour accomplir ma mission. Ainsi s'exprime Peter Kürten, le vampire de Düsseldorf, dans ses hallucinantes confessions qui sont pour la première fois publiées en France dans leur intégralité. Sadique sexuel, Kürten nous dresse le portrait d'un serial killer. Ce document capital de l'histoire de la criminologie est complété par deux entretiens de l'auteur avec des vampires tueurs modernes, James Riva et Richard Chase.

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