• Abattre l'ennemi

    Juan Branco

    Comment ? Comment sortir de l'impasse et sauver un pays qui étouffe sous ses charges, la médiocrité et l'impunité ? En abattant l'ennemi. Voilà la réponse de Juan Branco qui, pour les avoir beaucoup fréquentés, connaît ad nauseam l'égoïsme, la concupiscence mais aussi l'extrême fébrilité de ceux qui nous gouvernent. Tour à tour menacé, flatté, vilipendé par des médias aux ordres, lui qui a battu le pavé avec les Gilets jaunes, dont le mouvement de protestation, violemment réprimé, n'a rien perdu de sa vigueur ni de sa légitimité, appelle à un changement de paradigme majeur en proposant un programme révolutionnaire, incluant la création de tribunaux d'exception, et la mise à bas des coteries qui gouvernent le pays. Une véritable bascule pour permettre à la France de se libérer des forces nocives, et à son peuple de recouvrer sa souveraineté.
    Qu'est-ce qui transforme une révolte en révolution ?

  • En quelques décennies, tout a changé. La France, à l'heure des gilets jaunes, n'a plus rien à voir avec cette nation soudée par l'attachement de tous aux valeurs d'une république une et indivisible. Et lorsque l'analyste s'essaie à rendre compte de la dynamique de cette métamorphose, c'est un archipel d'îles s'ignorant les unes les autres qui se dessine sous les yeux fascinés du lecteur.
    C'est que le socle de la France d'autrefois, sa matrice catho-républicaine, s'est complètement disloqué. Jérôme Fourquet envisage d'abord les conséquences culturelles et morales de cette érosion, et il remarque notamment combien notre relation au corps a changé (le développement de certaines pratiques comme le tatouage et l'incinération en témoigne) ainsi que notre rapport à l'animalité (le veganisme et la vogue des théories antispécistes en donnent la mesure). Mais, plus spectaculaire encore, l'effacement progressif de l'ancienne France sous la pression de la France nouvelle induit un effet d'" archipelisation " de la société tout entière : sécession des élites, autonomisation des catégories populaires, formation d'un réduit catholique, instauration d'une société multiculturelle de fait, dislocation des références culturelles communes.
    À la lumière de ce bouleversement anthropologique, on comprend mieux la crise que traverse notre système politique : dans ce contexte de fragmentation, l'agrégation des intérêts particuliers au sein de coalition larges est tout simplement devenue impossible. En témoignent, bien sûr, l'élection présidentielle de 2017 et les suites que l'on sait...
    Cette exploration inédite de la France nouvelle est fondée sur la combinaison originale de différents outils (sondages, analyse des prénoms, géographie électorale, enquête-monographie de terrain), méthode permettant de demeurer au plus près de l'expérience de celles et de ceux qui composent la société française d'aujourd'hui.
    Avec de nombreuses cartes, tableaux et graphiques originaux réalisés par Sylvain Manternach, géographe et cartographe.
    Jérôme Fourquet est analyste politique, expert en géographie électorale, directeur du département Opinion à l'IFOP.

  • Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l'histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire.
    Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l'évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d'antidépresseurs, etc.
    Les faits surprendront. Les interprétations que propose l'auteur doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis " sous surveillance statistique ". À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession conduit même Emmanuel Todd à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.
    À la lecture de ce livre riche, stimulant, provocateur, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s'invitent les classes sociales.
    Bienvenue donc dans cette France du xxie siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s'affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l'individu-roi, avant l'inéluctable retour de la lutte des classes.
    Emmanuel Todd est l'auteur d'une œuvre originale d'anthropologie historique. Il a notamment publié L'Invention de l'Europe (Seuil, 1990), L'Origine des systèmes familiaux (Gallimard, 2011) et Où en sommes-nous ? (Seuil, 2017).
    Baptiste Touverey est journaliste au magazine Books, où il réalise des entretiens avec de grands intellectuels et chercheurs de renommée mondiale. On lui doit aussi un roman Constantinople (Robert Laffont/Versilio, 2018).

  • Nouveau (contre) pouvoir est un guide sur la création de mouvements sociétaux, le partage et la propagation des idées dans une ère chaotique et hyper connectée.
    Dans cet essai, Jeremy Heimans et Henry Timms exposent les grands évènements de notre époque - l'apparition de méga plateformes telles que Facebook et Uber, l'inattendue victoire d'Obama et celle totalement improbable de Trump, l'émergence de mouvements tels que #MeToo - et ils révèlent ce qui se cache vraiment derrière eux : l'émergence de nouveaux pouvoirs.
    Durant une grande partie de l'histoire de l'humanité, les règles du pouvoir étaient claires : le pouvoir traditionnel est détenu par un petit nombre et une fois acquis il est jalousement gardé, hors de portée du plus grand nombre ; il est fondé sur le leadership. Mais notre connectivité omniprésente a rendu possible l'émergence d'un autre type de pouvoir. Ce " nouveau pouvoir " est en fait multiple. Il est ouvert, participatif et fondé sur le partage. Il opère comme un courant et il prend sa puissance dans la circulation. La bataille entre pouvoir traditionnel et ces nouveaux pouvoirs détermine qui nous gouverne, comment nous travaillons et même comment nous pensons et gérons nos émotions.
    Cet essai amène un éclairage nouveau sur des phénomènes culturels du quotidien tels que #BlackLivesMatter, le Ice Bucket Challenge ou encore sur Airbnb, en révélant les nouveaux pouvoirs qui les ont fait croître. À partir d'exemples concrets sur le milieu des affaires, l'activisme, la pop culture mais aussi l'étude d'organisations telles que Lego, la NASA, Reddit et TED, Heimans et Timms expliquent comment se construisent ces nouveaux pouvoirs. Ils explorent aussi le côté sombre de ces forces comme la manière dont ISIS a co-opté ce nouveau pouvoir à des fins monstrueuses.
    Dans un siècle de plus en plus construit autour de ces nouveaux pouvoirs, cet ouvrage propose une nouvelle manière de comprendre notre monde et le rôle que nous avons à y jouer.

  • " Gouverner le peuple sans l'irriter. Là est le grand secret. Toutes les colères du peuple se retrouvent un jour donné et se soldent en révolutions. " Victor Hugo, Choses vues.Monarchie absolue, Consulat, Empires, République présidentielle : la France semble mariée depuis des siècles avec une certaine idée, verticale, du pouvoir et son corollaire, la garantie de l'ordre public. Or, cette quête marche de pair avec une instabilité chronique, témoignage d'une fronde récurrente du peuple contre les détenteurs du pouvoir. Elle se conjugue avec une autre instabilité qui, au sommet, a longtemps opposé le trône à la noblesse avant que la Révolution de 1789 ne vienne perturber le jeu et rebattre plusieurs fois les cartes jusqu'en 1870. Au final, la France aura connu en moins de deux siècles deux empires, trois types de monarchie (Ancien Régime, Constitution de 1791, Chartes de 1814 puis de 1830) et cinq républiques.
    Quel est le déroulement de ces troubles majeurs qui remontent au Moyen Âge et dont la longue crise des Gilets jaunes forme la dernière manifestation après la Ligue, la Fronde, la Révolution française, les Trois Glorieuses, la Commune, Mai 68... et bien d'autres ? Quel fut à chaque fois le détonateur ? Le rôle exact du peuple ? Et, d'ailleurs, de quel peuple parle-t-on ? Comment le pouvoir en place a-t-il répliqué et avec quelles forces ? Dans quelles circonstances précises ? Enfin, pourquoi et comment a-t-il été plusieurs fois renversé ?
    C'est à ces questions que les seize auteurs ici réunis, historiens et journalistes du Point, répondent dans des contributions qui font revivre les heures les plus mouvementées de notre histoire, afin de mieux comprendre cette autre " exception " française.
    Sommaire
    1. Les va-nus-pieds (Yves-Marie-Bercé)
    2. Etienne Marcel (Georges Minois)
    3. La Ligue (François-Guillaume Lorrain)
    4. La Fronde (Emmanuel Hecht)
    5. Octobre 1789 (Michel Biard)
    6. Août 1792 (Charles-Eloi Vial)
    7. Printemps 1793 (chute des Girondins) (Patrice Gueniffey)
    8. 1830 (Camille Pascal)
    9. Février 1848 (Marie-Hélène Baylac)
    10. Juin 1848 (Arnaud Teyssier)
    11. 4 septembre 1870 (Eric Anceau)
    12. La Commune (Hélène Lewandowski)
    13. 6 février 1934 (Renaud Meltz)
    14. 1947, La guerre civile froide (Robert Mencherini)
    15. Mai 68 (Gérard Courtois)
    16. Les Gilets Jaunes (Saïd Mahrane)

  • " Construire un monde nouveau invite à inventer de nouveaux modes de subversion. "" Sous la pression de l'économie, l'être humain se desséchait. Il était temps que la vie lui revînt. "
    Daté pour la rédaction finale du 25 janvier 2020, le manifeste
    La liberté enfin s'éveille au souffle de la vie a été revu en juillet de la même année en raison d'une épidémie, révélatrice du délabrement et du malaise de notre civilisation. Que mes thèses s'en soient trouvées affermies est d'une importance mineure en regard du projet d'émancipation qui est entre les mains de l'humanité tout entière.
    Nous sommes au coeur d'un bouleversement des mentalités, des comportements, de moeurs. Au coeur d'une Renaissance.
    De la désobéissance civile à l'insurrection de la vie quotidienne, le cheminement échappe désormais à ce time is money qui a imprimé sa marque infamante sur l'histoire de notre inhumanité. L'émergence de la vie brise le temps monnayable du profit. Quel que soit le cours des années, tout se joue ici et maintenant.
    R. V.

  • Alors que le mot " révolution " sert à vendre à peu près n'importe quoi et n'importe qui, ce livre fort et joyeux montre comment il a été domestiqué par tous les pouvoirs depuis le xixe siècle et comment, en le prenant de nouveau au sérieux là où il veut dire quelque chose, il est possible de renouer avec la puissance et la promesse imaginatives des processus révolutionnaires.
    Le mot " révolution " se prête désormais à tout. Il sert à vendre des yaourts ou des chaussures aussi bien que les idées de campagne, pourtant très libérales, du président Macron. Il est temps de lutter contre ces détournements. Ludivine Bantigny, spécialiste renommée et engagée de l'histoire des luttes contemporaines, et notamment de Mai 68, montre ici combien les révolutions ont été l'objet d'un intense travail de domestication. Les élites du xixe siècle se sont montrées obsédées d'en finir avec elles, d'en dompter les élans et d'en effacer les traces. Celles du xxe siècle, en les célébrant, en les commémorant avec faste, n'ont pas cessé de les apprivoiser au point qu'elles n'inquiètent plus personne. Mais arracher le mot à la langue feutrée du pouvoir, qu'il soit économique ou politique, ne suffit pas. Il faut en retrouver le sens en acte. En prenant pour appui les mouvements de lutte contre le capitalisme, comme ceux du Chiapas, ce livre vigoureux libère avec bonheur la force des espérances, des rencontres et des potentialités que font naître les révolutions.

  • Sortie de rails

    Leon Cornec


    Un voyage sidérant dans la France du sous-sol.

    " Je retiens mon casque. Un train passe dans l'autre sens, défile à un mètre de nous comme un cheval fou. Je tremble. Les cailloux sautent et me frôlent. Je perds l'équilibre, pose un genou à terre. Le train s'éloigne. Nous avons eu de la chance. Je masque ma frayeur aux autres. Eux aussi, je pense. "Un train peut en cacher un autre !' s'écrie mon annonceur en rigolant. "
    Embauché comme simple intérimaire par une grande entreprise ferroviaire, le jeune narrateur de ce roman va en gravir peu à peu les échelons. D'abord enthousiaste, motivé, il est vite confronté à une série d'invraisemblables défaillances : accidents graves, matériel vétuste, sous-qualification, alcoolisme, vols... Il n'en croit pas ses yeux. Au fil de ses déplacements, il découvre aussi une France plongée dans la misère. Des lieux désaffectés, lunaires, où zonent des populations oubliées, déglinguées. Avec un réalisme saisissant, Sortie de rails raconte le parcours halluciné d'un cheminot d'aujourd'hui.

  • La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans la vision économique du candidat Macron. En défendant l'idée d'une transformation néolibérale radicale du modèle économique, ce programme conduit à un inévitable conflit avec une population opposée à une telle évolution. Incapable de construire une majorité autour de ce projet, le pouvoir n'a d'autres solutions que de durcir la démocratie par un excès d'autorité permanent.
    La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat Macron.
    Depuis des décennies, la pensée néolibérale mène une guerre larvée contre le modèle social français de l'après-guerre. La résistance d'une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu'ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d'un compromis social. À partir de la crise de 2008, l'offensive néolibérale s'est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l'homme de la revanche d'un capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le travail, avec l'appui de l'État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour " civiliser " la lutte de classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d'une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l'époque. Le pouvoir n'a ainsi d'autre solution que de durcir la démocratie par un excès d'autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l'épuisement de la société doit provenir son obéissance.

  • La populophobie

    Guillaume Bigot

    La cause semble entendue : en Occident voire dans le monde entier, cédant aux sirènes du populisme, les peuples semblent avoir pris en grippe leurs élites. Mais, est-ce que ce ne sont pas les classes dirigeantes qui, en vérité, avaient déjà décidé de rompre avec leurs peuples ? Est-ce que ce n'est pas le sommet qui n'aime plus la base ? Tel est le point de départ de l'essai décapant que Guillaume Bigot consacre à la colère des gilets jaunes et au besoin de renouvellement de la classe dirigeante française.
    Ce divorce, que les élites mondialisées voulurent partout à l'amiable, a revêtu une tournure particulièrement exacerbée en France avec la spectaculaire crise des ronds-points. En replaçant la révolte de la France périphérique dans le long terme de notre histoire, l'auteur montre que les élites françaises aiment rarement le peuple, qui le leur rend bien. Relisant la crise de 2018-2019 il montre que cette explosion de colère est le prélude d'une remise en cause plus profonde et durable des classes dirigeantes françaises. Car Guillaume Bigot éclaire l'actualité en lui apportant le relief de l'histoire, sans lequel celle-ci demeure difficile à interpréter et impossible à prévoir. Et applique à la société de 2020 les analyses de l'abbé Sieyès sur le tiers état. En s'appuyant également sur Michelet, il montre que l'Hexagone ne peut être gouverné que par un souverain allié au peuple pour tenir en respect les importants. Enfin, la loi des 3 âges des classes dirigeantes formulée par Chateaubriand lui sert de point d'appui pour appeler au renouvellement profond de la classe dirigeante française.
    Selon l'essayiste, la France est entrée en convulsions et n'en sortira que lorsque l'élite actuelle et son paradigme auront été remplacés. Voici le plaidoyer d'un intellectuel républicain en faveur du populisme.

  • Le mot " peuple " sert aujourd'hui à tout mais n'est plus nulle part. Nombreux sont ceux qui s'en réclament ou bien qui prétendent le défendre contre les populismes. Incisif et décapant, ce livre change la perspective ; il montre la nécessité de réinventer des mobilisations qui se passent à présent du mot et se méfient du mythe.
    " Je fais partie du peuple", " je veux défendre le peuple ", ""les gens', c'est le peuple " : les dernières élections présidentielles ont vu plusieurs candidats, retrouvant des accents déjà anciens, prendre possession du mot. Certains, dénonçant la montée du populisme, opposent désormais la nécessité de ne pas abandonner le peuple à tous ces détournements. Mais le mot, fétichisé, est sans doute plus trompeur que jamais. S'agit-il de parler d'une entité nationale douée de souveraineté, de décrire une catégorie de femmes et d'hommes formant la " classe populaire " ou de mobiliser, toujours avec un brin de nostalgie, le symbole un peu vite unifié des révoltes venues d'en bas ?
    Avec force, Déborah Cohen, en historienne convaincue que les mots ne font pas que désigner le monde mais qu'ils le construisent, pose ici le problème tout autrement. Il n'est plus temps, selon elle, de s'en tenir à reconquérir le mot peuple. Ce qu'il faut c'est se demander ce qui nous manquerait vraiment à l'abandonner. En montrant que les luttes d'aujourd'hui se livrent sans recourir aux mots hérités du passé, elle invite à saisir le peuple, ni mythe ni entité en soi, là où il est, dans les mobilisations qui le font vivre à présent.

  • En prenant à bras-le-corps l'expérience sensible du politique, ce numéro souhaite interroger la question de la légitimité politique : la dimension affective, et même charnelle, du champ politique et la légitimité de chacun à occuper ce champ, l'expérience sensible pouvant contribuer à une requalification politique de ce qui était jusque-là conçu comme échappant au politique.
    Peur, haine, indignation, passion, enthousiasme, confiance : loin d'être extérieurs au domaine du politique, les affects y prennent pleinement leur part - mais laquelle et comment ?
    En prenant à bras-le-corps l'expérience sensible du politique, ce numéro fait singulièrement écho à l'actualité la plus récente, française et mondiale. Des places et des ronds-points aux marches collectives puis au confinement, c'est tout notre présent qui invite à repenser les intensités du politique, comme les logiques émotionnelles et les affects communs qui le structurent. Ce volume s'efforce par conséquent d'appréhender la fabrique du politique à l'endroit même, parfois le plus quotidien, où les rapports de pouvoir s'élaborent, s'exaspèrent ou offrent prise aussi à la contestation radicale. Et s'il met en exergue les élans du présent, les soulèvements, clivages et slogans de notre époque, il vise également à les réinscrire dans leurs ancrages historiques, à arrimer les luttes sociales et les solidarités de groupe à la longue chaîne des générations. Ainsi révèle-t-il les infinies vibrations et incandescences qui font toute la chair du politique.
    Avec : Ludivine Bantigny, Déborah Cohen, Stéphanie Dechézelles, Serge D'Ignazio, Emmanuel Fureix, Boris Gobille, Alban Jacquemart, Antoine Lilti, Piroska Nagy, Julie Pagis, Nathalie Quintane, Federico Tarragoni et Sophie Wahnich.

  • Alors que les taux de participation politique déclinent dans de nombreuses démocraties, les mouvements sociaux apparaissent comme une forme montante de l'expression politique. Comment en rendre compte ?
    Ce livre offre une synthèse cohérente d'une énorme littérature savante. Parmi les énigmes qu'il tente d'éclairer : pourquoi certains groupes se mobilisent-ils plus facilement ? En quoi les mobilisations révèlent-elles des problèmes parfois négligés par les autorités politiques ? Pèsent-elles sur les politiques gouvernementales ? Quel rôle les médias jouent-ils dans les mobilisations ? Comment l'État tente-t-il de les " domestiquer " ?
    Au fil des chapitres et des concepts, ce sont aussi des questions actuelles qui émergent : se mobilise-t-on dans les pays des Suds comme dans ceux du G8 ? Jusqu'à quel point peut-on parler d'une mondialisation de certaines mobilisations ? Existe-t-il une séparation si nette entre mouvements sociaux et partis ? De quelles satisfactions, émotions et contraintes l'expérience protestataire est-elle faite ?
    À l'heure des " gilets jaunes " et des mobilisations pour faire face au réchauffement climatique, ce livre aide à comprendre les conflictualités sociales du présent, tout autant que leur refoulement.

  • Le meilleur des slogans de manif du xxie siècle : parce que l'imagination au service de la politique, ça fait des étincelles !Que ce soient les Gilets jaunes, les Marches pour le climat, Nous toutes... rien n'arrête plus ces grandes manifestations qui rassemblent la société française autour de slogans souvent décapants !
    Do Ré Mi Fa Sol Lacrymo. Enseigner jusqu'à 67 ans, yes we canne... La retraite avant l'arthrite. Les bronzés ne feront plus de ski. Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite ? La correspondance entre ta main et mon cul n'est pas assurée. Range ton zizi, j'ai pas dit " oui " ! Retrouvez plus de 150 slogans de manif inoubliables et inoubliés d'hier et d'aujourd'hui.
    /> Parce que la lutte, c'est classe !

  • On ne peut comprendre la crise de la représentation politique sans l'inscrire dans celle qui affecte la notion même de " représentation " et la symbolique de l'image depuis plus d'un siècle. Représenter est un verbe tellement courant que nous oublions de lier trois de ses sens majeurs : les artistes nous représentent le monde, les médias le saisissent dans son actualité, les citoyens enfin se plaignent d'être mal représentés. Le pari de ce livre est d'éclairer chacune de ces trois dimensions par les deux autres, et d'enrichir ainsi une esthétique, une théorie des médias ou une science politique trop étroites.
    Cette triple crise s'illustre par l'expression des mains levées. Que veulent ces paumes tendues vers le haut, mais peut-être aveugles ? Voter bien sûr, exprimer la singularité d'une opinion ou d'une voix, et en même temps protester de son existence, ou de sa présence : je suis là, ne m'écrasez pas, comme disent les oubliés de la représentation nationale revêtus de leurs gilets fluo... Mais, au-delà du vote, ces mains voudraient surtout agripper : une autre main, secourable, ou pourquoi pas un smartphone, où la communication bien nommée digitale passe par les doigts. Très en deçà, ou au-delà d'une société dite du spectacle, ces mains voudraient faire, et participer ; et elles cherchent pour cela un contact, un réseau, une relation plus charnelle qu'un simple rapport fondé sur la vue.
    Dans la nuit des grottes ornées, des hommes déjà ont signé leur présence par ces mains négatives, empreintes, contacts ou indices que la photographie a multipliés depuis jusqu'au vertige ; elle aussi a mis la représentation en crise, au profit d'une sorte de présence, et d'une communication ou d'une manifestation plus directes.

  • L'approfondissement de la crise des systèmes politiques, économiques et sociaux pose avec force la question de l'alternative. Si celle-ci suscite de grandes attentes, elle se heurte à de puissants blocages. Aspirations et déceptions se renforcent réciproquement, au point de donner au phénomène un accent dramatique, dont la vague populiste reste la manifestation essentielle.
    Parmi les facteurs et mécanismes générateurs se mêlent ravages de la " pensée unique ", poids des structures économiques, usures politiques, aveuglement face à la mondialisation, obsessions identitaires, malformations institutionnelles, échec de la gouvernance mondiale. La description des tentatives plus ou moins malheureuses d'alternance révèle la diversité de ces blocages. Des essais de dépassement, encore très fragiles, peuvent-ils néanmoins laisser poindre des lueurs d'espoir ?
    Les chercheurs et journalistes réunis autour de Bertrand Badie et Dominique Vidal opposent l'analyse éclairée au constat fataliste, pour entrevoir l'avenir avec lucidité.
    Ce livre reprend l'intégralité des textes publiés dans
    L'état du monde 2018.

  • En finir avec les gougnafiers(un essai engagé sur la société actuelle)
    TEST : Êtes-vous un "gens honnête" ou un "gougnafier" ?1. Le boulanger vous rend trop de monnaie. Le lui dites-vous ? Oui (1 point) - Non (0 point)
    2. Le parking est complet. Prenez-vous la place réservée aux handicapés ? Oui (0 point) - Non (1 point)
    3. Vous jetez un déchet au sol, mais vous ratez la poubelle et le détritus tombe au sol. Le ramassez-vous ? Oui (1 point) - Non (0 point)
    4. Un touriste vous demande son chemin. Prétendez-vous ne pas être du quartier ? Oui (0 point) - Non (1 point)
    5. Vous êtes en vacances, mais l'odeur de purin de la ferme voisine vous irrite les narines à toute heure du jour et de la nuit. Portez-vous plainte au commissariat ? Oui (0 point) - Non (1 point)
    Vous avez entre 4 et 5 points : Vous êtes un·e champion·ne de l'honnêteté et ce livre est fait pour vous ! Mais avez-vous vraiment répondu honnêtement à ce test ? Si la réponse est non, vous rétrogradez illico au statut de gougnafier, non mais !
    Entre 2 et 3 points : Vous êtes quelqu'un d'honnête, mais il y a un risque de basculer gougnafier. Lisez vite ce livre, il vous aidera à rester du bon côté !
    Entre 0 et 1 point : Vous êtes un vrai gougnafier (mais peut-être l'ignoriez-vous). Puisse ce livre vous éclairer (après tout, il doit bien rester un fond d'honnêteté en vous) !

  • Les démocraties sont aujourd'hui à ce point menacées et fragilisées que rien ne paraît stopper le virus anti-démocratique. Le populisme identitaire force les citoyens, pour s'en dégager, à repenser leur présence au monde, à renouveler les imaginaires de la relation, à réinventer le politique, bouleversé par les violences et les affrontements. Habiter le monde, en le réajustant aux attentes citoyennes, suppose, d'une part, de prendre la mesure de la bascule actuelle des temps, et, d'autre part, de faire sortir de nouveaux gisements inédits de sens. Pour analyser ce qui s'opère sous nos yeux et prendre le pouls du basculement, d'un monde à l'autre, dix ans, de 2008 à 2018, constituent une bonne mesure : la violence terroriste, la montée des nationalismes, l'outrance du populisme, le dérèglement climatique, la tragédie migratoire, la crise de l'Europe, l'accélération du capitalisme ou encore la révolution numérique et l'ubérisation de la société.
    Ce second tome du Panorama de la pensée d'aujourd'hui permet à trente-et-une figures de la pensée d'aujourd'hui de se mobiliser et de proposer des solutions à construire ensemble. Autant de nouveaux champs de paroles, d'idées et d'horizons à transmettre aux futures générations.
    12/21 INÉDIT

  • In Girum imus nocte et consumimur igni. " Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. " Qui aurait pu imaginer que cette locution latine, palindrome à l'origine incertaine, livrerait aujourd'hui la tonalité d'une vaste contestation et, au-delà, l'allégorie d'une époque ?
    En novembre et décembre 2018, ont en effet surgi sur les ronds-points de France des dizaines de milliers de gilets jaunes. S'ils y ont brûlé des feux conjugués de leurs colères, de leurs espoirs et d'une implacable répression d'État, ils y ont aussi entamé une longue marche giratoire autour d'un autre foyer : celui d'une politique ancrée dans le local, où s'articuleraient autonomie, écologie et justice sociale. Une politique de la Commune, ou plutôt des communes, qui ne serait plus seulement une lubie d'anarchistes ou de révolutionnaires sans révolution, mais un appel auquel les mouvements sociaux du futur auront à répondre.
    Pour en entendre d'ores et déjà la rumeur, il faut s'essayer à une lecture d'ensemble du soulèvement jaune. Comprendre comment une mobilisation imprévue a mis en crise les habitudes éculées de la lutte. Expliquer pourquoi ce mouvement s'est tenu à l'écart des idéologies, parvenant, en définitive, à politiser des groupes populaires et périurbains jusqu'alors réfractaires à la politique. Et finir par inscrire l'événement dans une série de protestations qui font des potentialités libératrices et démocratiques du " proche " un nouvel enjeu d'imagination politique.

  • Ce qui se joue en France depuis plusieurs semaines ne saurait se résumer à ce que gouvernants et éditorialistes veulent y voir. Spontanée et nourrie de motivations disparates, cette révolte doit s'entendre à la fois dans l'histoire longue des mouvements populaires et dans la spécificité de son époque, prompte à confondre le droit de tous et le privilège de certains.
    La révolte des gilets jaunes est un événement inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations, bouscule les commentateurs, affole les gouvernants. Comme toute lutte collective, elle s'invente dans une création politique autonome où l'auto-organisation est maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France dans sa diversité, avec ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs, ses beautés et ses laideurs.
    Prenant le contrepied de la morgue de classe qui s'est déchaînée face à un peuple rabaissé au rang de foule, cet essai veut en déchiffrer l'énigme en mêlant l'histoire immédiate et la longue durée. Né d'un refus de l'injustice fiscale et d'une exigence sociale d'égalité, ce mouvement s'est emparé de la question démocratique centrale, celle du pouvoir présidentiel qui confisque la volonté de tous. C'est cette audace républicaine qu'une répression policière sans équivalent lui fait payer.
    L'avenir n'est pas écrit, et le cours des événements dépendra de l'action de celles et ceux qu'ils convoquent. Aussi ce livre est-il une alarme face à la fuite en avant d'un pouvoir affolé qui, pour se légitimer, a choisi de jeter les gilets jaunes dans les bras de l'extrême droite. Si cette catastrophe advenait, en seraient aussi responsables tous les tenants d'une République démocratique et sociale qui auront préféré tenir à distance cet inédit, plutôt que de mener la bataille de l'égalité auprès des gilets jaunes.


  • Le dernier De Gaulle.

    Le 27 avril 1969, Charles de Gaulle perd le référendum qu'il avait organisé sur la Région et la réforme du Sénat. Il annonce aussitôt sa démission, se retire définitivement à Colombey, dont il ne sort que pour deux échappées étranges et romanesques vers l'Irlande et l'Espagne, et rédige des Mémoires d'espoir. Ses derniers mois au pouvoir ont souvent été présentés comme une succession d'erreurs ou de maladresses, attribuées pour l'essentiel à la vieillesse, ainsi qu'à l'incompréhension de la modernité dont Mai 1968 venait d'annoncer l'avènement avec fracas.
    Ce livre dit tout autre chose : de Gaulle, en ses derniers temps, avait pleinement pris conscience qu'il faisait face à un personnage nouveau, la société moderne, libérée du souvenir de la guerre, traversée de besoins et de désirs, et pour qui la puissante organisation de gouvernement qu'il avait mise en place était devenue trop lourde. Il appréhendait la venue de temps inédits, porteurs des illusions du bien-être, mais chargés de difficultés, de menaces, de crises.
    C'est pour y préparer la France que de Gaulle entreprit, dans ses derniers mois, une révolution de grande ampleur. Pour lui, la réalité du monde, imprégnée d'histoire et de tragédie, était dangereuse, mais aussi pleine d'espoir : si on pouvait la saisir dans sa densité et dans sa profondeur, alors " un grand élan emporterait les êtres et les choses ". De Gaulle, en 1969, pressent déjà les angoisses, la peur de l'inconnu, la tentation du renoncement et du nihilisme qui s'empareront cinquante ans plus tard de nos démocraties : aujourd'hui, en 2019, ses intuitions nous aident à corriger la myopie de notre civilisation.

  • Les gilets jaunes

    Florent Vandepitte

    • First
    • 25 Avril 2019

    TOUT SUR LA CRISE SOCIALE QUI BOULEVERSE LA FRANCE.Depuis plusieurs années, en France, aucune révolte citoyenne n'avait atteint l'intensité de celle des gilets jaunes. Après un bref rappel de la chronologie des événements, cet ouvrage expose les principales clés de voûte du mouvement : Qui en sont les chefs de file ? Quels sont les précédents dans l'Histoire de France ? Quel est le rapport des gilets jaunes aux médias ? En neuf " actes ", l'auteur nous permet de comprendre l'histoire, brève mais dense, des gilets jaunes.

  • Le sens du collectif.Le choix collectif doit l'emporter sur le besoin individuel : la société évolue, le numérique et l'intelligence artificielle transforment les modes de travail, souvent au détriment de l'humain. Solidarité, démocratie et liberté sont plus que jamais essentielles. Pour le progrès social, pour une meilleure répartition des richesses et de meilleures conditions de travail, il faut s'engager. Syndiquez-vous ! est un appel à se mobiliser, au sein d'une entreprise mais également bien au-delà, dans toute la société française, en Europe, dans le monde, pour que ces espaces soient plus justes, plus protecteurs et plus proches des travailleurs. Il faut se syndiquer pour que la justice sociale progresse et inventer une nouvelle manière de vivre au travail.

  • Dans les pays d'Europe occidentale, on considère généralement que les libertés sont acquises. Au rebours de cette conviction, ce livre établit que de larges pans de l'expérience de ces libertés ont disparu de notre vie politique et sociale. Du fait d'évolutions récentes - du souci d'efficacité dans la gestion administrative de la société à l'usage de plus en plus répandu des outils numériques -, elles peuvent même être menacées directement.
    Tel est le contexte où se révèle peu à peu l'épuisement des notions clés du libéralisme : la notion d'individu, celle de responsabilité personnelle doivent être redéfinies, comme, en politique, les exigences de représentation, de médiation et de contre-pouvoir. Nous défaire des dogmes du libéralisme est une condition pour sauver nos libertés les plus précieuses et mieux comprendre le temps présent.

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