• La cité de larmes

    Kate Mosse

    • Sonatine
    • 21 Janvier 2021

    Une famille plongée dans l'enfer de la Saint-Barthélemy : l'Histoire de France comme vous ne l'avez jamais lue !1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd'hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manoeuvré dans l'ombre et le royaume s'apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d'Henri, le roi protestant de Navarre.
    Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l'amiral de Coligny. C'est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l'Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans...
    Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s'écrire l'Histoire.

  • 1572. La France des guerres de religion est devenue le champ clos des grands seigneurs et des prétendants au trône. A Paris, le jeune roi protestant de Navarre, le futur Henri IV, vient d'épouser Marguerite de Valois, dite Margot ; mariage politique qui n'empêche pas les Guise et le roi Charles IX de fomenter les horreurs de la Saint-Barthélemy. Sur les pas du jeune comte de La Mole, dont s'éprend éperdument la belle Margot, et de son compagnon, le tonitruant Annibal de Coconnas, nous entrons dans ce labyrinthe d'intrigues, d'alliances, de trahisons. Les poignards luisent sous les pourpoints. René le Florentin fournit les poisons à l'implacable Catherine de Médicis. Le vieux Louvre avec ses fêtes brillantes, ses passages secrets, son peuple de soldats et de jolies femmes, est le théâtre où se déploient en mille péripéties les jeux de l'amour, de la politique, de la haine. Le père des Trois Mousquetaires nous en donne une passionnante chronique, où sa pétulante bonne humeur survit aux plus sanglants épisodes. 

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    1596, Deux ans avant l'édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion

  • D'Henri IV à Michel Rocard en passant par Marguerite de Navarre ou Théophraste Renaudot, cette galerie de portraits dresse en fait une histoire haute en couleurs du protestantisme français et de sa contribution au récit national. Une livre d'histoire aux résonances contemporaines.
    De la Réforme à nos jours, quelles personnalités protestantes ont participé à la construction de la France ? Quel a été le sens de leur action, et à quels moments se sont-ils signalés ?
    Pour répondre à ces questions, Frédérick Casadesus dessine ici douze portraits de protestants sans qui notre pays ne serait pas devenu ce qu'il est : le brillant théologien, Jean Calvin ; la protectrice des arts et des humanités, Marguerite de Navarre ; le roi converti au catholicisme, Henri IV ; le fondateur de La Gazette, premier journal français sous le règne de Louis XIII, Théophraste Renaudot ; la courageuse prisonnière de la tour de Constance, Marie Durand ; l'infatigable défenderesse des Lumières, Mme de Staël ; le célèbre architecte de Napoléon III, le baron Haussmann ; le plus grand ministre de Louis-Philippe, François Guizot ; un des pères fondateurs de la laïcité, Ferdinand Buisson ; l'illustre résistant assassiné par la Milice, Jean Zay ; l'implacable homme d'État et opposant de François Mitterrand, Michel Rocard ; sans oublier le génial cinéaste de la Nouvelle vague, Jean-Luc Godard.
    Humanistes, artistes ou républicanistes, tous ont servi la plus grande gloire de notre roman national. Une fresque passionnante !

  • Le destin de Pau est hors du commun. Il bascule une première fois lorsque, petite bourgade née vers la fin du XIe ou au début du XII e siècle, elle est promue capitale par le choix des princes de Béarn et de Navarre, au milieu du XV e siècle. L´ascension

  • Forteresse de Pignerol, 1669. François de Vendôme, duc de Beaufort et amiral de France, surnommé le roi des Halles, est incarcéré sans jugement, ni motif signifié. Officiellement, il est mort en héros lors d'un affrontement contre les Turcs à Candie. Au secret absolu, il se lie d'amitié avec le gouverneur Saint-Mars, son geôlier à l'insu duquel il entreprend de rédiger ses mémoires.

  • Paris, 1572.
    Le lundi 18 août, devant la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, Henri de Navarre s'apprête à prendre pour épouse la princesse Marguerite de Valois, soeur du roi de France. Dans la foule, c'est la consternation : le roi va-t-il vraiment donner sa soeur à un huguenot, un hérétique ?
    Au service de Catherine de Médicis, la reine-mère, Louise de Laval observe la mariée, mais elle a bien d'autres choses en tête. Une jeune demoiselle d'honneur tout comme elle est morte dans des circonstances mystérieuses. Louise est persuadée qu'il s'agit d'un assassinat, un crime qui serait lié à un sombre complot, ourdi dans les couloirs mêmes du Louvre. Aidée par son jeune valet Perdicault, Louise va tenter de démasquer l'assassin. Mais à la Cour, le climat est détestable ; et elle se trouve entraînée dans un tourbillon d'intrigues.
    Que veut réellement Catherine de Médicis ? René, le parfumeur de la reine, est-il un empoisonneur ? Qui souhaite se débarrasser de l'amiral de Coligny, l'un des chefs huguenots ?
    Autant de questions auxquelles Louise va tenter de répondre, mais quand elle approchera du but, elle sera rattrapée par l'Histoire. Une nuit, les cloches de Paris sonnent à toute volée. On est à l'aube du 24 août, et Paris s'apprête à fêter la Saint Barthélémy...

  • Du long et difficile cheminement vers la couronne de France d'Henri III de Navarre, devenu Henri IV de France, l'assassinat puis le mythe du « bon roi Henri » -, le rattachement forcé du Béarn à la France par Louis XIII et la création du Parlement de Navarre, la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV et ses conséquences pour le protestantisme en Béarn, les relations ambivalentes entre catholiques et protestants au cours du XVIIIe siècle jusqu'à la Révolution où le Béarn va se « fondre » dans la nation française.
    La suite et la fin de la souveraineté du pays de Béarn, impressionnante, passionnante et précise monographie historique, en trois volumes (tome I : des origines à Henri III de Navarre ; tome II : d'Henri IV à la Révolution ; tome III : la civilisation béarnaise).
    Christian Desplat et Pierre Tucoo-Chala - tous deux furent professeurs à l'Université de Pau - sont, par excellence, les historiens du Béarn. Après le précurseur Pierre de Marca au XVIle siècle, après les érudits du XIXe siècle, ils ont su, brillamment, remettre à jour, compléter et renouveler l'histoire millénaire du Béarn et de ses souverains.

  • L'histoire de la tapisserie est intimement associée à celle de la France, à ses années de paix ou de guerre, à ses périodes heureuses ou tragiques. En 1600, son épopée sur les bords de la Creuse, tant à Felletin qu'à Aubusson, est encore jeune, tout comme le héros de l'écrivain Georges Nigremont, Jean Parizet. Henri IV, couronné roi de France en 1589, descendant de la famille des Bourbon, appelé Henri le Grand » apparaît aujourd'hui encore un monarque idéal, un personnage entre mythe et réalité, un homme qui a oeuvré pour la paix et le mieux être de la population. C'est tout naturellement un personnage de roman dont s'est emparé Georges Nigremont dans les années 1960. Sans trahir le sens de l'histoire, elle a imaginé sa venue à Aubusson, ville protestante, haut lieu de la tapisserie. De quoi mettre la population en émoi et de mobiliser les tapissiers pour offrir au bon roi un cadeau digne de lui. L'écrivain met en scène deux lissiers dont Jean Parizet pour emporter le lecteur dans une intrigue qui pousse la porte des ateliers de tissage et parcourt les rues, de La Terrade aux faubourgs. Georges Nigremont a puisé dans des faits avérés tout en donnant libre cours à son inspiration. Jean a du talent à revendre, c'est aussi un grand rêveur. Il a la mauvaise idée de disparaître alors qu'il doit tisser le présent royal... Jean Parizet, tapissier d'Aubusson comblera les jeunes lecteurs et les autres. Avec une langue simple et belle, Georges Nigremont leur dévoile le quotidien des tapissiers, qui, au fil des années et des siècles, ont tissé tant de panneaux célèbres dans le monde entier. Jean Parizet, tapissier d'Aubusson est un roman délicieux et évocateur, le seul consacré aux tapissiers des temps anciens.

  • Qui était donc ce Ravaillac dont le nom demeure dans notre mémoire collective comme celui du régicide ? Quelles forces obscures l´ont conduit à perpétrer l´acte sacrilège ? Enfant des guerres de Religion, François Ravaillac apparait comme un être solitaire, tourmenté, malheureux. Rejeté par l´Église alors qu´il est obsédé par le désir de lui consacrer sa vie en entrant dans les ordres, il éprouve la certitude que le Seigneur l´a chargé d´une mission essentielle, celle d´éliminer le tyran hérétique, ce roi Bourbon protecteur d´une religion réformée qui menace l´avenir du royaume et l´autorité du pape. Tout au long du chemin qui d´Angoulême à Paris le conduit vers l´acte fatal, chaque rencontre, chaque évènement est perçu par lui comme autant de signes, de messages qui le confirment dans ses certitudes.

  • Les contes sont une partie du patrimoine des Pyrénées. Maguelonne Toussaint-Samat les a collectés et retranscrits avec malice.




    Ici, on raconte des histoires d´encantadas ou de mitounes (petites fées), de bonnet magique, d´enfant-ours ou de bécut (géant cyclope). Et parce que les Pyrénées sont aussi un lieu chargé d´histoire, des personnages tels que Henri IV dit le Béarnais, petit-fils de Marguerite de Navarre, ou Roland de Roncevaux, neveu de Charlemagne, de par les traces de leur passage laissées sur ces terres, tissent la toile de fond de récits pour le moins croustillants.
    Maguelonne Toussaint-Samat, historienne médiéviste et membre de l´Académie culinaire de France, s´est spécialisée dans l´étude des comportements alimentaires et des coutumes populaires. Elle est l´auteur de nombreux ouvrages, notamment Histoire naturelle et morale de la nourriture (Éditions Le Pérégrinateur), Histoire de la cuisine bourgeoise des origines à nos jours (Éditions Albin Michel), Contes du Périgord et Contes de Provence et Contes d´Auvergne et du Bourbonnais (Éditions Sud Ouest).

  • Ce n'est qu'en 1885 que le manuscrit d'Antoine Bonal fut enfin publié sous les auspices de la Société de Lettres, Sciences & Arts de l'Aveyron. C'est à une « pré-histoire » du comté de Rodez rédigée au début du XVIIe siècle que nous sommes convié. Ce comté de Rodez qui connaîtra une histoire tourmentée pour finir entre les mains de la maison d'Armagnac puis dans celle des rois de Navarre-Béarn et dont le dernier comte s'appellera Henri IV, roi de France ! On peut donc considérer Bonal comme le tout premier historien du Rouergue, de même que Besly le sera du Poitou ou Marca du Béarn, sensiblement aux mêmes époques.
    Antoine Bonal (1548-1627), issu d'une famille bourgeoise « de robe », fut, comme son père, gardien des archives du comte de Rodez et Juge des Montagnes de Rouergue. Ses deux oeuvres majeures : Histoire du Comté et Comtes de Rodez et Histoire des évêques de Rodez étaient demeurés à l'état de manuscrits jusqu'à sa mort. Le travail de ce grand érudit nous a conservé le souvenir de faits et le texte de documents que, sans lui, les historiens du Rouergue qui l'ont suivi n'auraient jamais connus.

  • J'ai désiré simplement rappeler aux lecteurs que les souvenirs de notre ancienne province intéressent, ceux de ces souvenirs qui se rattachent, d'une manière plus spéciale, à cette région, - autrefois si bien nommée le Clos du Cotentin, - que son isolement topographique et sa physionomie particulière permettent d'étudier à part. Nous ne sommes plus, en effet, au temps où l'on se contentait du récit rapide et superficiel des événements ; nous voulons les voir de plus près et en comprendre la signification, l'enchaînement et la portée. Les documents originaux sont devenus la base nécessaire de tout travail consciencieux. La perspective, en se rapprochant, a dû, dès lors, rétrécir son cercle ; les monographies ont remplacé les vues d'ensemble et ont mis en relief des détails qui, auparavant, malgré leur importance relative, étaient restés dans l'ombre... » (extrait de l'Avant-propos).
    De la tortueuse politique de Louis XI envers la Normandie et l'Angleterre, en passant par le face-à-face François Ier-Henri VIII, les dévastatrices guerres de religion, jusqu'au règne de Henri IV qui s'achève en 1610, voici le troisième tome de cette imposante fresque de l'histoire du Cotentin.
    Gustave Dupont, conseiller à la cour d'appel de Caen, membre de la Société des Antiquaires de Normandie, historien normand, a publié cette monumentale histoire du Cotentin entre 1870 et 1885. En voici, toujours en 4 tomes, une nouvelle édition entièrement recomposée.

  • Cénac-Moncaut (1814-1871) est, tout comme J.-F. Bladé, l'archétype de l'érudit gascon, génial "touche-à-tout" qui foisonne tout au long du XIXe siècle. Il s'intéresse au folklore, à la langue et aux moeurs de la Gascogne et publie des contes (hélas en français seulement), un dictionnaire gascon et un fort recueil de littérature populaire gasconne. Il écrit plusieurs romans historiques se déroulant au XIIIe siècle, et en particulier sur la période du catharisme. Il s'intéresse également à l'Espagne voisine et fait paraître un Espagne inconnue, voyage dans les Pyrénées espagnoles et à bien d'autres choses encore.
    Mais l'oeuvre de sa vie, c'est l'Histoire des Peuples & des Etats pyrénéens, fresque historique en 4 forts volumes dont la troisième édition (posthume) date de 1873-1874.
    Partant de l'Antiquité et des origines connues, il "traverse" toutes les époques jusqu'au premier tiers du XIXe siècle pour finir avec les guerres carlistes des années 1830... C'est dire l'ampleur de la tâche réalisée !
    L'ouvrage est d'une grande érudition et permet, surtout, d'appréhender dans leur ensemble les peuples et les états pyrénéens qui n'ont correspondu au tracé des frontières modernes (et encore bien imparfaitement : Basques, Catalans et Gascons du Val d'Aran le savent bien !) que depuis le XIXe siècle. Cette soi-disant frontière naturelle a, de tout temps, était un point de passage (pour ne pas dire une "passoire") et d'échanges. C'est là tout l'intérêt - novateur à son époque et guère suivi depuis lors - de l'ouvrage de Cénac-Moncaut. Si, 130 ans plus tard, certaines considérations sont vieillies, à quel phénoménal "morceau" d'histoire transpyrénéenne et transnationale ne sommes-nous pas conviés avec la réédition de cette Histoire des Peuples & des Etats pyrénéens !

  • Paru initialement en 1872, cette importante étude de l'abbé Puyol porte sur les dernières années de l'entité que représentent le Béarn, principauté souveraine et le royaume de Navarre, réduit à la Basse-Navarre. Dans cette période de dix ans qui suit l'assassinat d'Henri IV (1610) va se jouer le dernier acte de la Souveraineté béarnaise jusqu'à la tentative avortée de résistance des Béarnais, menée par le sieur de Lescun (qui le paiera de sa tête en 1623) et la venue de Louis XIII en Béarn qui impose l'annexion de la Navarre et du Béarn à la Couronne de France (1620). Une étude historique minutieuse sur ces dix ans dont on ne connaît trop souvent que le résultat : l'annexion à la France, mais dont les tenants et aboutissants, encore moins les protagonistes et les (bonnes ou mauvaises) raisons qui en sont la cause, nous sont souvent inconnus.
    Pierre-Édouard Puyol (1835-1904), professeur à la faculté de théologie en Sorbonne. Outre cet important essai sur l'ancien état de Béarn-Navarre et des ouvrages religieux, on lui doit deux études sur Capbreton : Etude sur la création d'un port à Capbreton et L'Adour et le gouf de Capbreton.
    Un beau « morceau » d'histoire régionale de l'ancien état « souverain » de Béarn et de Navarre !

  • Au cours de la nuit, une ombre m'est apparue. Elle m'a touché l'épaule pour me tirer de mon sommeil et m'a soufflé à l'oreille : « François Ravaillac, pour laver l'affront fait aux catholiques, je t'ordonne d'aller assassiner Henri IV », se remémora-t-il, le regard extasié. - Ne t'es-tu pas dit au réveil que tu pouvais avoir rêvé ? - Si doute j'eusse pu avoir, il aurait été vite levé. Une dague avait été déposée sur la table de ma chambre. Elle n'y était pas la veille, argua-t-il. Découvrez le roman d'une enquête dans la France de Louis XIII, sur les pas du régicide le plus célèbre de notre Histoire.

  • Le quatrième tome des Mémoires-Journaux du règne de Henri IV tenus par Pierre de L'Estoile relate de bonnes nouvelles ! En 1598, la paix avec l'Espagne et la signature discrète de l'édit réglant la coexistence entre huguenots et catholiques, en 1601, la paix avec la Savoie, le mariage de Henri IV, bientôt suivi de la naissance d'un Dauphin : une paix qu'on n'avait pas vue depuis 1562, une naissance qu'on n'avait pas vue depuis 1548, signes d'une rénovation des forces nationales par la pratique et par le symbole. La politique extérieure s'estompe, exceptées la conspiration d'Essex ou la mort d'Elizabeth, laissant place aux mécontentements dispersés, des tentatives de régicides aux rivalités dans la faveur du roi, qui n'empêchent pas la vie du royaume de se dérouler selon les catégories d'une rubrique mondaine : amours, mariages, naissances. L'écriture du Journal peut enfin jouer de la variété : morts subites, événements étranges ou prodiges retiennent l'attention, avec quelque mélancolie mêlée d'ironie.

  • Il est vraisemblable que Jeanne d'Albret aurait paru plus grande si son fils avait été moins grand. Cependant, elle ne fut pas seulement la mère d'Henri IV : Jeanne incarna chez nous la Réforme, cette immense révolution, une des plus importantes dans ses prolongements que le monde ait connues et qui n'aurait pu avoir en France son puissant déroulement sans sa présence. Elle incarna aussi la survivance de nos libertés provinciales et particulièrement l'indépendance des régions gasconnes qui n'avaient pas eu de défenseur plus farouche depuis son ancêtre Gaston Fébus. Cette princesse de la Renaissance, amie des lettres et des arts comme sa mère, la Marguerite des Marguerites, écrivant et versifiant avec esprit, sévèrement honnête dans son comportement public, parfaitement pure dans sa vie privée, fut accusée de sectarisme et de sécheresse de coeur. Ce dénigrement systématique devait être très sensible à tous les Béarnais. La renaissance de nos vallées délaissées depuis des siècles date de son règne. Le Béarn lui doit une multitude de petits châteaux, qui portent tous l'empreinte de son caractère. Elle est considérée comme la patronne de ce pays. Les villages tirés de leur torpeur, repeuplés, réconfortés par une bonne législation, de nouvelles industries créées, le lit des rivières approfondi, nous lui devons tout cela. Elle avait le sang ardent des seigneurs à la race desquels elle appartenait, ces Gascons turbulents et audacieux qui avaient remué la France pendant deux siècles. Elle les continua, ne craignant pas la bataille, sachant parler au peuple aussi bien qu'au soldat, toujours prête à risquer sa vie pour la religion, ses intérêts pour ceux de sa race. Plus tard, cette femme dont la vie fut un long drame fut peu défendue. Les biographies d'elle sont fragmentaires, incomplètes ou périmées. J'essayerai surtout, en utilisant des documents épars, édités ou inédits, de faire revivre la figure de celle que dépeignait ainsi d'Aubigné, qui l'avait connue : « Cette princesse n'avait de femme que le sexe, l'âme entière aux choses viriles, l'esprit puissant aux grandes affaires, le coeur invincible aux adversités ».
    Bernard Nabonne, né à Madiran (1897-1951), écrivain, historien, auteur de romans et de biographies historiques. Il obtint le prix Renaudot, en 1927, pour son roman Maïtena. Voici une nouvelle édition, entièrement recomposée de cette biographie, publiée initialement en 1945.

  • Henri IV est sans conteste le souverain le plus populaire de notre histoire, mais il est aussi le plus mal connu, trop souvent réduit aux clichés folkloriques du roi de la « poule au pot » ou du « panache blanc ».
    Or, par-delà l'image d'Épinal du Gascon ou du Vert-Galant, il y a un homme d'action et de coeur qui a su, contre ses ennemis de l'extérieur comme de l'intérieur, se tailler un destin extraordinaire. Généreux, lou nouste Henric, né à Pau le 13 décembre 1553, ambitionnait de faire le bonheur de ses sujets. Tolérant, en un siècle d'atrocités et de fanatisme, il se voulait l'artisan de la paix et de la réconciliation nationale.
    Ses prises de position anticonformistes ont souvent dérangé, et il devait périr le 14 mai 1610 sous le couteau d'un sectaire exalté.
    S'appuyant sur les récits des mémorialistes de la Renaissance et les témoignages des contemporains du Béarnais, Hélène Tierchant montre dans cette biographie l'étonnante modernité d'Henri IV. Et en même temps qu'elle brosse le portrait d'un personnage au charisme exceptionnel, elle ressuscite une période captivante et cruciale de l'Histoire de la France et de l'Europe.
    Un ouvrage de référence, s'il en est.

    En couverture : Henri IV en habit de cour blanc, musée national du château de Pau © RMN / René-Gabriel Ojéda.

  • Le retour de Lyon sous l'autorité royale à la fin des guerres de Religion (1593-1597) Nouv.

    Le livre d'Henri Hours sur la fin de la Ligue à Lyon fait partie des incontournables de l'historiographie lyonnaise du XVIe siècle alors que très peu de lecteurs ont pu le consulter. C'est son principal paradoxe et c'est l'enjeu de cette édition. Thèse de l'École Nationale des Chartes soutenue en 1951, elle ne fut jamais publiée et conformément au règlement de cette École, elle a été jusqu'à présent incommunicable. Seuls ceux qui ont connu l'auteur ont pu un jour la lire, ce qui ne l'empêche pas encore aujourd'hui de figurer dans toutes les bibliographies concernant les guerres de Religion. Suite à son décès en 2017 et avec l'accord de sa famille, la Collection Chrétiens & Sociétés a décidé de publier pour la première fois ce mémoire pour le rendre accessible au public lyonnais et aux historiens des affrontements religieux. Henri Hours s'est attaché à analyser méticuleusement les derniers temps de la Ligue lyonnaise, les années cruciales 1593-1597. Depuis 1589, la ville avait basculé du côté de l'intransigeance catholique au point de rejeter son souverain, Henri IV, et d'entretenir un effort de guerre coûteux mais nécessaire dans une région traversée de frontières confessionnelles. L'évêque, Pierre d'Epinac, les consuls lyonnais, le gouverneur de la ville, les espions savoyards et espagnols, mais aussi les prédicateurs de rue et le petit peuple très enclin à s'alarmer, sont les principaux acteurs de ces événements. On touche ici les dimensions politiques et religieuses de l'histoire urbaine. Par les délibérations municipales, par les correspondances, par la production pamphlétaire et quelques récits de contemporains, Henri Hours dénoue l'écheveau du basculement politique de la ville vers la soumission au roi. En revenant sur les écrits de certains de ces acteurs, notamment Pierre Mathieu et Claude de Rubys, il interroge aussi la mémoire de l'évènement dans les consciences lyonnaises.

  • « Mais, au fond, la cour de France n'était point du tout fanatique. Elle était toute dominée par l'intérêt de famille, et partout trouvait devant elle, en Angleterre, en Pologne, en Allemagne, l'opposition de Philippe II. L'Europe favorisa la France dans ses vues les plus chimériques, et l'on eut ce spectacle étrange, que, le lendemain d'un massacre dont chacun avait horreur, le roi qui s'en disait coupable eut tout le monde pour lui. Il devint le centre de tout ; on semblait de toutes parts vouloir entasser les couronnes sur la tête folle et furieuse du roi de la Saint-Barthélemy. Nous entrons dans un pays étrange et nouveau, la terra incognita, comme disent les anciens géographes. Dans cette terre inconnue, ne nous étonnons pas si nous voyons surgir des monstres. Le fait le plus imprévu, c'est que, sur ce sol rouge et détrempé d'une des plus larges saignées qu'ait faites le fanatisme religieux, la religion baisse tout à coup et n'est plus qu'en seconde ligne. Un Dieu blafard, à masque blême, trône à sa place : Politique. Les huguenots, sauf quelques villes, quelques fortes positions où ils essayent de résister, vont fuir ou se convertir. Les catholiques sont malades ; ils tâchent de rester furieux, mais leur coeur n'en est pas moins trouble, comme au lendemain d'un grand crime. Tout à l'heure, par un art habile, un mélange artificieux de grands seigneurs et de canaille qu'on parvient à griser ensemble, on fera l'orgie de la Ligue. Ce qui n'empêchera pas qu'après avoir cuvé son vin, ce parti ne doive rester tout aussi énervé que l'autre. »
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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