Littérature traduite

  • Vous trouverez dans cet ouvrage neuf lettres de guerre, écrites par Rudyard Kipling à André Chevrillon, grand voyageur, agrégé d'anglais, essayiste et proche ami de l'écrivain. Kipling s'y interroge sur la psychologie nationale anglaise en analysant la foi de cette armée composée de volontaires. Cette correspondance nous permet de mieux connaître l'homme, dans une sorte d'autobiographie imprévue.
    Sont également réunies ici trois études intitulées La Poésie de Rudyard Kipling. Un conte qui tient aussi du reportage, " la guerre en montagne ", traite du conflit sur le front italo-autrichien et souligne le talent d'ethnographe de l'auteur. Enfin, un court essai de Thérèse Bentzon, " L'armée anglaise peinte par Kipling ", datant de 1900, offre une synthèse sur l'oeuvre et la personnalité de Kipling, ainsi que sur l'empire et l'armée britanniques.
    Par leur grande variété d'analyse, ces textes regroupés pour la première fois ici mettent en valeur les talents d'observateur du célèbre conteur.
    Édition présentée et annotée par Lucien d'Azay

  • Après Le Casse du siècle, Michael Lewis nous propose un voyage dans " le nouveau tiers- monde " : l'Europe.
    La crise qui s'est abattue sur la planète depuis 2008 a eu de nombreuses conséquences, dont l'une des plus notables est l'écroulement financier progressif de quelques pays européens. Nous savons quelle est aujourd'hui la situation en Grèce et en Irlande. Nous avons entendu les avertissements concernant l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Du haut de leur triple A, la France et l'Allemagne paraissent sauves. C'est du moins ce qu'on nous dit. Michael Lewis a donc décidé de faire un tour d'Europe afin de juger de la situation sur le terrain. Et les séquelles humaines, sociales et financières de la crise qu'il a constatées sont pour le moins saisissantes. Entre les États les plus touchés, qui peu à peu commencent à s'apparenter à de véritables pays du tiers-monde, et ceux qui sont encore épargnés, dont l'inconscience est difficile à croire, le tableau est éloquent. Avec le ton inimitable, d'une singulière pertinence économique et d'une humanité rare, qui a fait le succès du Casse du siècle, Michael Lewis confirme dans ce portrait tragi-comique de l'Europe contemporaine qu'il est l'un des analystes les plus remarquables de sa génération. À propos du Casse du siècle : " Personne n'écrit sur la finance et l'argent avec un tel sens de l'humain et du romanesque. Michael Lewis est notre nouveau Tom Wolfe. " The New York Times " Lewis décortique le système en moraliste autant qu'en analyste. C'est de loin le meilleur ouvrage sur la crise. " Le Monde

  • Que savons-nous des idées et des hommes qui élaborèrent à dater du XX siècle, la démocratie dans laquelle nous vivons ? Pourquoi et comment fut-il impossible de mettre en place des démocraties libérales solides entre les deux guerres en Europe ? Pourquoi et comment une telle chose devint-elle possible après 1945 ?
    Que savons-nous des idées et des hommes qui élaborèrent à dater du XX siècle, la démocratie dans laquelle nous vivons ? Pourquoi et comment fut-il impossible de mettre en place des démocraties libérales solides entre les deux guerres en Europe ? Pourquoi et comment une telle chose devint-elle possible après 1945 ? Quelles propositions firent Max Weber, Georges Sorel ou Antonio Gramsci pour aider les masses à faire face à leurs nouvelles responsabilités ? Quel rôle joua la démocratie chrétienne après 1945 ? Comment est né le néolibéralisme ? Quelle fut la puissance intellectuelle des dissidents à l'Est ? À ces questions et à d'autres, Jan-Werner Müller l'un des plus brillants historiens de sa génération répond dans une synthèse passionnante. Il explique que depuis le début du XX siècle deux idées s'affrontent en Europe : la première voudrait que la voix du peuple soit sacrée et infaillible. La seconde considère qu'elle peut être dangereuse et capable de faire le mal tout autant que le bien. C'est ce conflit qui constitue le motif dominant de toute l'histoire européenne. Et c'est à partir de lui que nous pouvons aujourd'hui penser la crise et l'Europe en crise. Publié en 2011 par Yale University Press, L'énigme de la démocratie prolonge les travaux réalisés par deux autres historiens : Tony Judt et Eric J. Hobsbawm.

  • Publié en Angleterre en 1787, l'ouvrage de ce Rousseau noir est considéré outre-Atlantique comme un classique des " récits d'esclaves ". Méconnue en France, cette pièce essentielle de l'histoire de la conscience noire est enfin rendue disponible, rééditée ici pour la première fois depuis deux siècles.
    À la fois récit et essai philosophique, ces Réflexions furent le premier texte abolitionniste à être écrit au XVIIIe siècle de la main d'un ancien esclave africain. Publié en Angleterre en 1787, l'ouvrage de ce Rousseau noir est considéré outre-Atlantique comme un classique des " récits d'esclaves ". Méconnue en France, cette pièce essentielle de l'histoire de la conscience noire est enfin rendue disponible, rééditée ici pour la première fois depuis plus de deux cents ans dans une belle traduction originale du XVIIIe siècle. Cugoano raconte comment, jeune garçon, il fut enlevé sur les côtes de l'Afrique et déporté dans la colonie britannique de la Grenade. Il témoigne directement de la violence des razzias, des conditions terribles de la traversée, des traitements inhumains à bord des bateaux négriers et de l'enfer de l'exploitation sur les plantations. Au-delà du récit, Cugoano rédige un véritable acte d'accusation contre les nations esclavagistes : faute de s'insurger contre la traite et l'esclavage, tous les Européens sont complices de l'oppression des Africains déportés. Il signe ainsi au nom de l'Afrique exploitée un réquisitoire sans appel contre les cruautés de l'Europe coloniale, dont les accents de colère résonnent encore aujourd'hui d'un écho particulier. Autodidacte et lecteur scrupuleux de la Bible, Cugoano se propose en outre de réfuter les justifications de l'esclavage. En philosophe et exégète du texte sacré, l'ancien esclave démonte systématiquement chacun des arguments allégués pour justifier la domination de ses frères. Au-delà de l'indignation morale et de la condamnation politique, il entend triompher de l'oppression par la critique intellectuelle : retournant la langue du maître contre elle-même, réfutant la pratique des Européens par les principes mêmes dont ils se réclament.

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