Littérature générale


  • C'est beau mais c'est faux !
    Colportées par le bouche-à-oreille, les discussions de café du commerce ou par les médias, les idées reçues donnent de la France et de ses habitants une image caricaturale, distordue, aux antipodes de la réalité. Plus grave encore : elles tiennent fréquemment lieu de constat, d'argument, de raisonnement, voire d'idéologie : les personnages les plus en vue et les plus influents en usent et en abusent, y apportant leur caution.
    En cette période de crise, de doute et d'échéances électorales, ce livre passe ces idées reçues au banc d'essai en faisant appel à des arguments historiques, économiques, aux données chiffrées et au raisonnement. Il explore tous les domaines : culture, société, économie, politique. La France est-elle la patrie des droits de l'homme ? Est-elle dépassée par la mondialisation ? Est-ce vraiment le pays où l'on fait le plus la grève et où l'on paye le plus d'impôts ?
    Il ressort de cette plongée dans le pseudo savoir commun un constat : certains de ces lieux communs ont un fond de vérité, beaucoup sont faux, d'autres sont les deux à la fois. De fait, la France pourrait bien être le pays du paradoxe. A l'image de sa gastronomie, opulente mais faisant des Français les champions de la minceur et de la longévité, la France est tout, et son contraire. Pays du bon vivre où règne le pessimisme. Enraciné dans son terroir mais ouvert sur le monde. Conscient de sa grandeur mais miné par la certitude du déclin. Frivole et profond. La définition même du " génie français " !

  • François Mittérand avait prophétisé : " La France du XXIe siècle sera africaine. " De fait, les communautés africaines installées en France regroupent aujourd'hui près de six millions de personnes, venues du Maghreb ou de l'Afrique subsaharienne, étrangers, immigrés ou jeunes nés en France issus de l'immigration.
    Qui sont-ils? Où vivent-ils? Qu'attendent-ils de la France et comment sont-ils perçus par ceux qui les ont accueillis? Jean-Paul Gourévitch nous propose d'aller à leur rencontre, de découvrir la diversité de leurs parcours et de leurs modes de vie, leur rapport au travail, à la religion, à l'éducation, mais aussi d'analyser leur rôle économique, social et culturel, leurs liens avec leur pays d'origine, les dépenses, les investissements et les bénéfices des politiques d'immigration et d'intégration.
    Entre discrimination et citoyenneté, sentiment de victimisation et réalité de l'exclusion, les Africains de France, conscients de leur importance, sont désireux de prendre toute leur place dans une société moderniste, irriguée par la mondialisation.
    Au-delà de la surmédiatisation des violences urbaines ou des sagas de la réussite individuelle, l'auteur nous invite à porter un regard lucide et documenté, sans tabous ni amalgames, sur les enjeux du présent et les scénarios du futur.

  • Qu'est-ce qu'un " Français " ? Au-delà de détenir la nationalité française existe une croyance, très largement répandue et mythique de l'idendité nationale. Le " vrai " Français, " de souche ", serait un " Gaulois " de race blanche dont les traditions, ancrées dans un " terroir ", se perdraient dans la nuit des temps.
    C'est dans le domaine de l'anthropologie, ou dans ses marges, entre 1870 et 1945, que se sont élaborées les théories les plus sophistiquées de l'identité nationale. D'un côté, l'anthropologie physique, cherchant à mesurer et à classer les hommes, n'a pas su éviter de se poser la question de la " pureté " de la " race française ". De l'autre, les études de folklore, visant à recueillir les survivances de traditions paysannes ou artisanales en déclin, ont exclu de fait l'étude des traditions de bon nombre de Français qui n'étaient pas " de souche ". Une conception figée de l'identité nationale atteignit son paroxysme avec l'Occupation et le Régime de Vichy, mais on la trouve jusque chez les anthropologues antiracistes de l'entre-deux-guerres et les folkloristes du Front populaire.
    L'auteur retrace la genèse du récit mythique qui a imprégné la communauté scientifique française. Par un curieux effet d'inertie, ce mythe, aujourd'hui abandonné par les anthropologues qui ont fait depuis un demi-siècle leur autocritique, est toujours présent dans le sens commun et dans la sphère médiatico-politique. Cette histoire s'adresse donc, au-delà du cercle des spécialistes de l'histoire des sciences sociales, à tous ceux qui s'intéressent aux débats actuels sur les questions " d'identité ".

  • Qui a pris le pouvoir dans les milieux culturels ? Qui sont ceux qui tirent vraiment les ficelles ? Quels sont leurs réseaux ? Ces questions se posent avec d'autant plus d'acuité que le monde de la culture vit une mutation sans précédent. Au cours de cette enquête en profondeur, les auteurs ont rencontré une centaine de producteurs, grands patrons, cinéastes, politiques ou artistes pour raconter, de l'intérieur et sans détour, les coulisses de ce monde. Qui a pris le pouvoir dans les milieux culturels français ? Qui sont ceux qui, aujourd'hui, tirent vraiment les ficelles, et quels sont leurs réseaux ? Ces questions se posent avec d'autant plus d'acuité que le monde de la culture est confronté, en ce début de XXIe siècle, à des bouleversements sans précédent. L'argent privé y prend le relais des deniers publics. Le numérique bouleverse son économie. Ceux qui la financent ne sont plus les mêmes. La culture est devenue une industrie qui s'assume, avec de nouveaux dirigeants qui ont su profiter de cette métamorphose.
    Dans
    Main basse sur la culture, Michaël Moreau et Raphaël Porier enquêtent sur les coulisses de la culture en France, et retracent son évolution depuis trente ans : des secrets de fabrication du cinéma (salaires, castings, budgets, etc.), secteur bousculé par les polémiques depuis deux ans, aux nouvelles méthodes des maisons de disques (contrats, licenciements d'artistes, etc.), en passant par le regain d'intérêt d'hommes d'affaires pour le théâtre ou le pouvoir des chaînes de télévision dans les industries culturelles, jusqu'au lobbying hyperactif des nouveaux géants du numérique - Google, Amazon, Facebook ou Netflix.
    Sur tous ces sujets polémiques, une centaine de personnalités - producteurs, grands patrons, cinéastes, politiques ou artistes - ont accepté de raconter, de l'intérieur et sans détour, les rouages de ce monde en pleine mutation.

  • Berlin 36

    Alexandre Najjar

    Dans un roman tumultueux, Alexandre Najjar met habilement en scène ces personnages et nous raconte en trois temps les Jeux olympiques de Berlin défigurés par la propagande nazie.
    Ce roman est d'abord celui d'un événement : les Jeux olympiques de Berlin, organisés par le IIIe Reich en 1936. Autour de cette manifestation gravite une foule de personnages : le Führer, bien déterminé à leurrer le monde en montrant un visage pacifique de l'Allemagne ; Jesse Owens, l'athlète noir qui défiera les Nazis et leurs théories racistes en remportant quatre médailles d'or ; les ministres Goebbels et Gring, qui déploient mille stratagèmes pour instrumentaliser les Jeux ; le baron Pierre de Coubertin, icône déchue qui se fourvoie en soutenant les organisateurs ; Leni Riefenstahl, l'égérie du Reich, cinéaste exigeante et capricieuse chargée de fixer sur la pellicule la spectaculaire mise en scène de l'évènement ; Oskar Widmer, un pianiste de jazz qui, tant bien que mal, résiste à la déferlante nazie ; Pierre Gemayel, un jeune Libanais de passage, qui découvre avec étonnement l'envers du décor ; Claire Lagarde, une courageuse journaliste française qui, en décrivant les Jeux, va rencontrer l'amour... Dans un roman foisonnant, Alexandre Najjar met habilement en scène ces personnages, réels pour la plupart, fictifs pour quelques-uns, afin de nous raconter, comme une valse à trois temps, les jeux Olympiques de Berlin.



  • De calamités naturelles en faillites industrielles, le continent africain vit en marge du développement. Les taches brunes des génocides se multiplient sur les cartes : Congo, Rwanda, Liberia, Sierra Leone, Somalie, Darfour... Depuis les indépendances, aucun pays africain n'a connu une paix civile totale, alors que l'Afrique ne manque ni de richesses ni d'atouts. L'image manichéenne de l'Afrique d'aujourd'hui rejaillit sur l'histoire de son passé. Quel est le bilan de cinq siècles de présence de la France en Afrique ? Le rôle des Occidentaux dans la traite des Noirs ? La colonisation fut-elle un esclavage ? Qu'avons-nous fait pour l'Afrique depuis les indépendances ? L'aide des bailleurs de fonds ne vise-t-elle qu'à freiner l'immigration ou à éviter une explosion sociale qui mettrait en difficulté nos civilisations ? Jean-Paul Gourévitch s'efforce de rétablir une histoire largement travestie, soit par excès de complaisance vis-à-vis de la mission civilisatrice de la France, soit par la condamnation sans nuances d'une France hier impérialiste ou arrogante, aujourd'hui néocolonialiste ou afro-pessimiste. Il fait le tri entre ce sur quoi les spécialistes s'accordent, les zones d'ombre qui restent à explorer et les points de vue contradictoires des chercheurs occidentaux et africains. La synthèse lucide et documentée qu'il nous livre nous incite à bousculer les tabous et à changer notre regard sur l'Afrique, la France, notre passé et notre avenir communs, au moment où le dialogue Nord-Sud et la coopération Sud-Sud connaissent des mutations décisives.

  • Un "fascisme" américain ? L'expression peut surprendre.
    Certes, aux États-Unis, le fascisme n'est jamais parvenu au pouvoir, il n'a pas disposé de groupe important réellement constitué. Pourtant, les USA de l'entre-deux-guerres portent en germe tous les éléments constitutifs d'une imprégnation fasciste particulière qui est loin d'être un simple phénomène d'importation.
    Damien Amblard concentre son étude du fascisme américain sur le personnage emblématique que fut Henry Ford. Ruraliste, populiste, antimarxiste, Ford mit en place avec sa Ford Motor Company une idéologie industrielle basée sur les principes d'ordre et d'autorité.
    Nombreux furent les mouvements américains qui prirent la suite de ses théories antisémites pour raviver une haine nationale latente.

  • Comment susciter le débat dans une société qui le vit souvent comme une menace? Au Québec, on n'aime pas «la chicane» et cette pusillanimité irrite à bon droit Denise Bombardier, qui ne voit aucun avantage à démissionner de ses idées et à rechercher en toutes circonstances l'unanimité et les consensus mous. Elle croit plutôt que c'est à la vigueur de ses débats internes qu'on juge de la vitalité d'une démocratie. Qu'ils portent sur les accommodements raisonnables, le climat politique et social, la vie intellectuelle ou l'éducation des enfants, les textes réunis ici, s'ils sont nés des sollicitations de l'actualité, concernent des enjeux permanents sur lesquels Denise Bombardier ne craint jamais de prendre position, et donc de relancer le débat, au risque de déplaire.

  • Histoire du comique

    Robert Aird

    Le goût des Québécois pour la rigolade passe depuis longtemps pour un de leurs traits nationaux. Robert Aird fait ici l'histoire du rire au Québec sous l'angle politique, en dégageant ce que le comique révèle des rapports du peuple avec les pouvoirs de l'État, de l'Église ou des élites. Il illustre son propos par des exemples qui font encore rire aujourd'hui - du moins dans la plupart des cas. Il montre la persistance, dans les fêtes populaires, de la tradition carnavalesque, héritée du Moyen Âge, notamment avec cette étonnante coutume du charivari, par lequel les anciens Canadiens exprimaient leur désapprobation de certains comportements sociaux. Il rend compte de la vigueur de la tradition orale et du conte, d'où dérive l'art des monologuistes, encore bien vivant de nos jours. Il évoque la multitude de journaux satiriques qui ont fleuri au xixe siècle. Il présente ces amuseurs publics, comme Napoléon Aubin, Hector Berthelot ou Jules Fournier, qui ont eu des ennuis avec la justice pour s'être payé la tête des puissants. Il rappelle le souvenir de la Bolduc et de Jean Narrache dans les années de crise, du personnage de Fridolin durant la guerre, des comiques de l'âge d'or des cabarets sous Duplessis et des chansonniers du temps de la Révolution tranquille. Il en arrive enfin à l'époque actuelle, caractérisée par l'industrialisation du rire et la société humoristique. Ce faisant, Robert Aird donne une version populaire, amusante et insolite de l'histoire du Québec.

  • Joseph François Davignon (ou D'Avignon) eut un destin exceptionnel: il prit part à la fois à la rébellion des Patriotes de 1837-1838 et à la guerre de Sécession américaine. Jeune médecin, il participa activement à l'agitation politique des années 1830 au Bas-Canada et son arrestation donna lieu aux premières escarmouches entre les Patriotes et les troupes britanniques. Quand sa tête fut mise à prix par le gouverneur, il se réfugia dans l'État de New York. Lorsque la Couronne offrit l'amnistie aux anciens insurgés, Davignon, fidèle à ses convictions républicaines, décida plutôt de rester aux États-Unis, où il se maria et fonda famille. Quand la guerre de Sécession éclata, il s'engagea comme chirurgien dans l'armée nordiste. Il témoigna de cette guerre et de son expérience dans les lettres qu'il adressa à son fils Eugène, alors étudiant à Montréal. Cette correspondance, un document rare et précieux sur lequel repose cette étude, rend compte du drame d'un exilé et de ses contradictions politiques.Jean Lamarre fait ici le portrait d'un personnage au parcours étonnant, qui devint un héros aux États-Unis, alors qu'il sombra dans l'oubli au Québec.En annexe, on trouve l'intégrale des lettres que D'Avignon adressa à son fils entre 1862 et 1867.

  • Idées fausses, idées reçues, et idées politiquement correctes sont mises à mal dans ce dernier tome d'une trilogie décapante.
    Complément au Dictionnaire incorrect et à L'Abécédaire mal-pensant, ces Dernières Salves viennent clore une manière d'encyclopédie de combat qui se voulait instrument d'interpellation et de subversion de ce qu'on a appelé la " pensée unique ".
    Cinq dimensions participent de cette contre-offensive : chansonnière, pamphlétaire, démystificatrice, pédagogique et philosophique. Montrer, en somme, qu'on peut réfléchir et s'instruire en se fendant largement la pipe.
    Outre un entrelacs de miniportraits, saillies, vannes, lazzis ou brèves de comptoir, quatre dominantes dans ce volume : le démontage de quelques grands mensonges historiques ; le détricotage des discours propagandistes dont la grande crise de 2008 a démontré l'inanité ; la mise à mal d'idées toutes faites et bien pensantes qui ont, ces dernières décennies, envahi l'espace idéologico-politique ; et le dévoilement de quelques réalités économiques et sociales que le conformisme, y compris médiatique, a trop longtemps réussi à camoufler.
    Des salves pour rire... non pour tuer, mais pour permettre de vivre !

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