Sciences humaines & sociales

  • Au-delà des scandales, la logique d'un système mise à nu par des histoires révélatrices, glanées dans les coulisses du règne de Nicolas Ier. Vendu à plus de 100 000 exemplaires, ce livre est aussi un instrument de combat dans les échéances à venir.
    Depuis la parution du Président des riches en septembre 2010, les relations incestueuses entre le pouvoir politique et le monde de l'argent ont engendré de nouveaux rebondissements dans l'affaire Woerth-Bettencourt et dans l'incroyable feuilleton Lagarde-Tapie. Par ses amitiés et ses réseaux, Nicolas Sarkozy est toujours concerné. Ce qui est encore le cas dans la tourmente qui affecte les tableaux de la famille Wildenstein, ou le Mediator des laboratoires Servier. La violence des rapports sociaux atteint des sommets. La réforme rétrograde des retraites, le mépris affiché envers les enseignants et les magistrats, l'appel à la xénophobie en sont des expressions. L'allègement de l'impôt de solidarité sur la fortune est emblématique de cette guerre des classes menée par les plus riches alors que les déficits et les dettes leur servent d'armes et de moyens de chantage pour que le peuple accepte la baisse du pouvoir d'achat et la destruction des services publics. Décidément, Nicolas Sarkozy est bien toujours le président des riches. Ce nouveau livre continue à apporter des faits, des analyses et des arguments qui justifient de mettre à bas la puissance de la finance et des spéculateurs sans foi ni loi qui règnent sans partage.

  • " Face à un Eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse. Face à un Eichmann de papier, il faut répondre par du papier. " Faurisson et ceux qui nient avec lui la réalité du génocide hitlérien n'ont pas désarmé, et certains médias continuent à réserver un accueil surprenant à leurs thèses délirantes. Comprendre cette aberration est donc plus que jamais nécessaire. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la seconde édition de 2005.)
    " Face à un Eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse. Face à un Eichmann de papier, il faut répondre par du papier. Nous sommes quelques-uns à l'avoir fait et nous le ferons encore. Ce faisant, nous ne nous plaçons pas sur le terrain où se situe notre ennemi. Nous ne le " discutons pas ", nous démontons les mécanismes de ses mensonges et de ses faux, ce qui peut-être méthodologiquement utile aux jeunes générations. " Ces lignes, qu'écrivait en 1981 l'historien Pierre Vidal-Naquet, gardent toute leur actualité dix ans plus tard : Robert Faurisson et ceux qui nient avec lui la réalité du génocide hitlérien n'ont pas désarmé, et certains médias continuent à réserver un accueil surprenant à leurs thèses délirantes. Comprendre comment une telle aberration a pu voir le jour est donc plus que jamais nécessaire. Tel est le but des essais réunis dans ce livre."

  • " La démocratie est malade de sa démesure : la liberté y devient tyrannie, le peuple se transforme en masse manipulable, le désir de promouvoir le progrès se mue en esprit de croisade. " - Tzvetan Todorov

    Aujourd'hui, les grands dangers pour la démocratie ne proviennent pas de ses rivaux de l'extérieur - fascisme, communisme ou terrorisme - mais de ses ennemis intimes, ceux qu'elle sécrète en elle-même et qui menacent jusqu'à son existence. Comment la protéger contre ces dérives ? Fidèle à sa méthode, Tzvetan Todorov éclaire l'actualité brûlante (guerre de Libye, tyrannie des marchés, montée des populismes) par des mises en perspective historiques qui vont du Moyen Âge au XXe siècle. Un essai limpide qui permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure.
    Tzvetan Todorov, directeur de recherche honoraire au CNRS, est historien et essayiste. Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Mémoire du mal,tentation du bien (Robert Laffont, 2000), Le Nouveau Désordre mondial (Robert Laffont, 2003), La Peur des barbares (Robert Laffont, 2008) et Goya à l'ombre des Lumières (Flammarion, 2011). L'Académie française vient de lui attribuer le Prix de la critique pour l'ensemble de son oeuvre.

  • L'historiquement correct, c'est le politiquement correct appliqué à l'histoire. Pour le dénoncer, Jean Sévillia entreprend de relire l'histoire dans son contexte et non, comme on le fait généralement, selon la grille des valeurs contemporaines.Depuis sa première édition, il y a plus de dix ans, le succès d'
    Historiquement correct ne s'est jamais démenti. Loué pour son indépendance d'esprit, plébiscité par le grand public, Jean Sévillia reprend un à un les noeuds gordiens de notre histoire pour remettre les pendules à l'heure en évitant les détournements idéologiques qui foisonnent lorsqu'on lit le passé à l'aune du présent.
    En découle un récit souvent novateur et toujours limpide servi par une plume d'envergure.
    " La démonstration de Sévillia est d'une grande salubrité. "
    Philippe Tesson, Le Figaro Littéraire
    " Ce démontage de la vulgate postmarxiste est souvent salutaire, et parfois réjouissant. "
    François Dufay, Le Point
    " Il est aujourd'hui peu d'ouvrages d'utilité plus grande et d'usage plus pressant que celui de Jean Sévillia. "
    Alain Besançon de l'Institut, Le Figaro

  • Pour la première fois, un ouvrage traite de la société française comme société postcoloniale et ouvre des pistes de réflexion neuves pour penser celle-ci en dehors des lieux communs, des tabous et des interdits. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2 e édition de 2006)
    Près d'un demi-siècle après la fin de son empire, la France demeure hantée par son passé colonial. Pourquoi une telle situation, alors que les autres sociétés postcoloniales en Occident travaillent à assumer leur histoire outre-mer ? Pour répondre à cette question Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire ont décidé d'ausculter les prolongements contemporains de ce passé à travers les différentes expressions de la fracture coloniale qui traverse aujourd'hui la société française. Ils ont réuni, dans cette perspective, les contributions originales de spécialistes de diverses disciplines, qui interrogent les mille manières dont les héritages coloniaux font aujourd'hui sentir leurs effets : relations intercommunautaires, ghettoïsation des banlieues, difficultés et blocages de l'intégration, manipulation des mémoires, conception de l'histoire nationale, politique étrangère, action humanitaire, place des DOM-TOM dans l'imaginaire national ou débats sur la laïcité et l'islam de France... Les auteurs montrent que la situation contemporaine n'est pas une reproduction à l'identique du " temps des colonies " : elle est faite de métissages et de croisements entre des pratiques issues de la colonisation et des enjeux contemporains. Pour la première fois, un ouvrage accessible traite de la société française comme société postcoloniale et ouvre des pistes de réflexion neuves. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2006)

  • Stat-activisme

    Emmanuel Didier

    Le parti pris de ce livre collectif, qui rassemble les contributions de sociologues, de journalistes, mais aussi d'artistes et de militants syndicaux ou associatifs, procède du judo : prolonger le mouvement de l'adversaire afin de détourner sa force et la lui renvoyer en pleine face. Faire de la statistique, instrument du gouvernement des grands nombres, une arme critique. Essayer du moins, explorer cette possibilité. Militer avec des chiffres, ce serait faire du statactivisme. Les statistiques nous gouvernent. Argument d'autorité au service des managers, elles mettent en nombres le réel et maquillent des choix qui sont, en fait, politiques. Le parti pris de ce livre, qui rassemble les contributions de sociologues, d'artistes et de militants, procède du judo : prolonger le mouvement de l'adversaire afin de détourner sa force et la lui renvoyer en pleine face, faire de la statistique une arme critique. L'histoire de cette forme de contestation dont Luc Boltanski indique qu'elle permet de formuler des " critiques réformistes " passe d'abord par un retour sur la longue controverse sur l'indice des prix en France, présentée par Alain Desrosières.
    La deuxième partie du livre s'intéresse à la façon dont on ruse, individuellement et souvent secrètement, avec les règles. L'association Pénombre, composée de statisticiens critiques, y présente une fausse interview du brigadier Yvon Dérouillé, qui explique, face caméra, comment tripatouiller les statistiques de la délinquance. Mais les statistiques peuvent aussi servir à faire exister politiquement, en les rendant visibles, des catégories sociales discriminées. Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires, montre comment Victor Schoelcher, au XIXe siècle, mobilisait déjà des arguments quantitatifs pour la défense des droits des Noirs.
    Une dernière stratégie statactiviste consiste à bâtir des indicateurs alternatifs, tels que le " BIP 40 ", qui met en rapport les bénéfices dégagés par l'envolée des cours boursiers et le creusement des inégalités sociales. Ces quatre démarches sont illustrées, avec humour ou sérieux, en texte ou en image, par les contributeurs de cet ouvrage, pour qui " un autre nombre est possible " : ce qu'une logique hégémonique de quantification a instauré, une pratique statactiviste avertie peut chercher à le défaire.


  • L'enquête lauréate du Prix Albert-Londres 2014.

    La French Connection, dans les années 1970, c'était la drogue fabriquée à Marseille et revendue aux États-Unis.
    La French Deconnection, aujourd'hui, c'est la drogue fabriquée au Maroc et revendue à Marseille.
    Avec les mêmes symptômes ici qu'à l'époque aux États-Unis : misère et ghettos.
    Enquête dans les cités, au coeur des trafics, dans les caves, auprès des choufs et des nourrices, des politiques et des braqueurs, des habitants et des caïds.
    " On dit qu'on ne peut pas entrer dans nos quartiers, moi je dis qu'on ne peut pas en sortir. " Mourad, 25 ans
    " Un autre regard sur des quartiers rongés par l'économie du cannabis. "Le Monde

    " Un électrochoc dans la couverture de l'actualité marseillaise et de ses quartiers nord. "Jury Albert-Londres


    Une coédition Robert Laffont / Wildproject

  • L'innovation destructrice

    Luc Ferry

    • Plon
    • 15 Mai 2014

    " Il est temps de se faire une idée claire des raisons pour lesquelles le capitalisme, comme l'avait déjà compris l'un des plus grands économistes du xxe siècle, Joseph Schumpeter, nous voue de manière inéluctable à la logique perpétuelle de l'innovation pour l'innovation et, par là même, c'est tout un, à celle de la rupture, elle aussi incessante, avec toutes les formes d'héritage, de patrimoine et de tradition. Que mon lecteur accepte de me suivre un instant dans cette analyse et il comprendra vite combien elle est irremplaçable pour la compréhension du temps présent. "Luc Ferry

  • Alain Soral dérange, agace, mais il l'un des rares penseurs de sa génération à se poser et à poser les bonnes questions : celles qui font mal, parfois, et surtout celle que l'on n'aime pas s'entendre poser.
    C'est l'une des raisons qui explique le succès populaire de ses deux abécédaires où il analyse avec pertinence, humour et humeur la lente dérive de l'universalisme républicain issu de la Révolution de 1789, vers cet agglomérat de communautarismes revendicatifs et de narcissismes hostiles qui constituent aujourd'hui la société française. Avec Comprendre l'empire, Alain Soral continue à pourfendre les forces qui luttent pour le déclin des Nations et l'avènement de la gouvernance globale. Alain Soral est apprécié d'un public jeune, révolté et anticonformiste qui se retrouve dans sa critique sans concession de cette société qui se délite dans une pensée molle et abêtissante. Écrivains, intellectuels... dans cette France du déclin où tout semble à nouveau concourir au chaos, ils ne sont pas nombreux ceux dont on pourra dire, dans vingt ans, qu'ils ont tenté de résister, sauvé l'honneur de leur génération. Gageons qu'Alain Soral sera de ceux-là

  • Dans une période où le processus de précarisation s'étend au-delà des classes populaires et touche déormais les classes moyennes, cet essai original propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et d'exploitation. Il met au jour les configurations militantes et syndicales qui agrègent les sociabilités et les solidarités propres à la " vie précaire ", sans nostalgie à l'égard du salariat, toujours subordonné. Depuis les années 1980, le mot " précaire " est teinté d'ambivalences. Il désigne en effet à la fois ceux qui subissent les nouveaux modes de fragmentation et de flexibilisation du travail et ceux qui développent des tactiques alternatives de vie et d'emploi. C'est cette double acception que ce livre tente d'analyser. Il faut en effet comprendre, d'une part, que l'expérience du travail non subordonné, notamment chez les travailleurs du savoir et de la culture, les plus touchés par ce phénomène, reconduit la dissymétrie et l'opacité d'un rapport social qui permet d'autant mieux de les exploiter... Et, d'autre part, reconnaître la part active, positive, de ces pratiques disruptives, dans une période où le processus de précarisation s'étend au-delà des classes populaires et touche les classes moyennes.
    Sans nostalgie à l'égard du salariat, qui a institutionnalisé la subordination du travail, ce livre montre le potentiel libérateur de ces " révolutions précaires ". Il propose de repenser les luttes et le droit du travail à partir de la contestation des nouvelles formes de domination économique et de leurs puissances démultipliées d'exploitation. Il cherche ainsi à penser l'avenir de l'émancipation, c'est-à-dire à comprendre comment les luttes de cette " nouvelle plèbe " peuvent s'articuler à un mouvement ouvrier replié sur les figures spécifiques du travailleur industriel et du salariat ; à montrer quelles sont les conditions d'émergence de mobilisations à distance des organisations bureaucratiques antérieures ; à mettre au jour les configurations militantes et syndicales qui peuvent agréger les sociabilités et les solidarités propres à la " vie précaire " ; et à déployer les valeurs politiques portées par ces formes de collectifs en gestation, à la rencontre du socialisme des origines et d'une écologie générale appliquée à la vie quotidienne.


  • Le " poison allemand " est celui que la politique du gouvernement Merkel diffuse dans l'économie de ses voisins. Un poison asphyxiant qui condamne ceux-ci à la misère, au chaos social et politique. Dans ce pamphlet, Jean-Luc Mélenchon appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l'Allemagne actuelle pour stopper la marche au chaos en cours.

    Ceci est un pamphlet. Mon but est de percer le blindage des béatitudes de tant de commentateurs fascinés par l'Allemagne.
    Je prends la plume pour alerter : un monstre est né sous yeux, l'enfant de la finance dérégulée et d'un pays qui s'est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L'un ne serait rien sans l'autre.
    Cette alliance est en train de remodeler l'Europe à sa main. Dès lors, l'Allemagne est, de nouveau, un danger. Le modèle qu'elle impose est, une fois de plus, un recul pour notre civilisation.
    Ce poison allemand est l'opium des riches. Changer la donne politique et faire changer l'Allemagne sont devenus une seule et même chose. Il faut le faire avant qu'il ne soit trop tard.

  • Une étrange épidémie d'" empoisonnements " s'est répandue dans les Antilles françaises aux XVIII e et XIX e siècles. Les colons prêtent aux " nègres " (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance et d'effrayants pouvoirs.L'incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau entraîne la création de juridictions spéciales et une répression épouvantable. L'auteure fait la généalogie passionnante de cette grande peur, elle en reconstitue la logique sociale et toute la violence.
    Aux XVIIIe et XIXe siècle, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le " poison ". Ce terme est souvent associé - voire assimilé - à celui de " maléfices ", les " empoisonneurs " étant d'ailleurs fréquemment dénoncés comme " sorciers ". Les imputations de crime d'empoisonnement participent d'un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux nègres une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte associée à d'effrayants pouvoirs.
    L'effroi qui saisit les colons engendre la terreur contre les esclaves : terreur illégale exercée à titre privé par les maîtres mais aussi terreur légalisée par la création de juridictions spéciales puis par l'instauration d'un impitoyable dispositif administratif de répression.
    Dans ce livre bouleversant, l'auteure trace avec précision la généalogie de cette grande peur et en reconstitue la logique sociale en s'appuyant sur des récits et des documents souvent totalement inédits. La violence esclavagiste mise en lumière par l'analyse du crime d'empoisonnement est tout autant la violence ordinaire (privations quotidiennes, travail effectué sous le fouet, châtiments corporels banalisés) que celle qui prend les formes les plus cruelles pour signifier aux esclaves que leur sort est entre les mains du seul maître, qu'aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.

  • Un essai engagé et polémique, un démontage sans concession de l'imaginaire politique de la droite " bling bling ". Un style incisif, souvent drôle, qui mêle l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale.
    " J'ai fait un rêve ", slogan repris à Martin Luther King, fut l'un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l'essentiel : et si elle correspondait au triomphe d'une nouvelle forme d'imaginaire politique ? Mona Chollet décortique les principaux éléments de l'univers sarkozyste : la " machine de guerre fictionnelle " que représente la success story, le mythe du self-made man, l'identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des " perdants ", l'individualisme borné, le triomphe de l'anecdote et du people... Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d'une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling, dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale. Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l'imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l'aspiration légitime à l'épanouissement personnel, aujourd'hui fourvoyée dans les mirages de la " société-casino ".

  • Depuis 50 ans, Alain Duhamel est le témoin privilégié de la vie politique française. Après le succès de ses Portraits-Souvenirs, il nous livre ici les scènes politiques les plus frappantes, les plus significatives, les plus pittoresques, parfois les plus cocasses et quelquefois les plus sombres auxquelles il a assisté. Une lecture inédite des temps forts de la Ve République.Depuis 50 ans, Alain Duhamel est le témoin privilégié de la vie politique française. Après le succès de ses Portraits-Souvenirs, il nous livre ici les scènes politiques les plus frappantes, les plus significatives, les plus pittoresques, parfois les plus cocasses et quelquefois les plus sombres auxquelles il a assisté. Une lecture inédite des temps forts de la Ve République. " A partir de 1965, j'eus très vite l'occasion d'assister à nombre de scènes politiques mémorables, publiques ou privées. La presse écrite, les livres, puis la télévision et enfin la radio m'ont permis de le faire sans désemparer depuis un demi-siècle, en assez bonne place pour avoir une vue directe sur les évènements et les hommes qui y contribuent. Sous les sept Présidents successifs de la Ve République j'ai ainsi, comme toute ma génération, vu défiler sous mes yeux Mai 1968, le départ fracassant du Général, les héritiers puis les alternances, l'Europe s'édifiant puis chancelant, les victoires de la gauche et le retour du libéralisme, les grands conflits sociaux, les fortes querelles sociétales, l'effondrement du communisme, la crise du capitalisme, trois vagues successives de dirigeants de la majorité comme de l'opposition.
    Des centaines de scènes politiques, parmi lesquelles j'ai trié celles qui me semblaient les plus frappantes, les plus significatives, les plus pittoresques, parfois les plus cocasses, quelquefois les plus sombres. Comme toute sélection, celle-ci comporte une part assumée de subjectivité et une part nécessaire de hasard, selon que j'avais, ce jour-ci ou ce jour-là une vue plus ou moins plongeante sur les personnages de notre histoire. Ma mémoire n'est pas non plus impartiale, personne ne peut revendiquer d'être objectif. J'espère qu'elle est honnête et sans détour. Vider le sac de ses souvenirs est peut-être l'exercice d'écriture le plus plaisant pour un auteur, mais le seul bon juge en reste le lecteur. " Alain Duhamel

  • Entre les apôtres du marché globalisé, qui veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines, et ceux des nouvelles hégémonies religieuses et identitaires, y a-t-il une place pour un nouvel universalisme ? En explorant l'histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe et l'essor des pensées différentialistes en Occident, Sophie Bessis propose des pistes de réflexion pour conjurer cette double impasse.
    Le grand tournant conservateur des années 1980 a fait émerger deux systèmes idéologiques qui ont prospéré sur l'épuisement de la modernité et qu'on peut qualifier de fondamentalismes. D'un côté, les apôtres du marché globalisé veulent inclure dans sa sphère toutes les activités humaines. De l'autre, de nouvelles hégémonies religieuses et identitaires tentent de reconquérir des sociétés que les évolutions mondiales plongent dans l'anomie. Entre les deux versions, plus complémentaires que concurrentes, de la réaction postmoderne, y a-t-il place pour un nouvel universalisme capable de conjurer cette double impasse ?
    Sophie Bessis propose dans ce livre quelques réponses à cette question. Pour ce faire, elle explore l'histoire heurtée de la modernité dans le monde arabe. Refusant de réduire celui-ci à sa spécificité supposée, elle s'interroge sur le sens qu'on peut donner à ses convulsions et sur la part d'universel que portent ses aspirations. Elle questionne, en regard, l'essor des pensées différentialistes en Occident, y voyant l'abandon par ce dernier d'universaux dont il a longtemps fait sa propriété. Sous quelles formes le Sud peut-il reprendre à son compte un projet de modernité, au-delà de ses contradictions et des régressions qu'il connaît ?

  • Vous trouverez dans cet ouvrage neuf lettres de guerre, écrites par Rudyard Kipling à André Chevrillon, grand voyageur, agrégé d'anglais, essayiste et proche ami de l'écrivain. Kipling s'y interroge sur la psychologie nationale anglaise en analysant la foi de cette armée composée de volontaires. Cette correspondance nous permet de mieux connaître l'homme, dans une sorte d'autobiographie imprévue.
    Sont également réunies ici trois études intitulées La Poésie de Rudyard Kipling. Un conte qui tient aussi du reportage, " la guerre en montagne ", traite du conflit sur le front italo-autrichien et souligne le talent d'ethnographe de l'auteur. Enfin, un court essai de Thérèse Bentzon, " L'armée anglaise peinte par Kipling ", datant de 1900, offre une synthèse sur l'oeuvre et la personnalité de Kipling, ainsi que sur l'empire et l'armée britanniques.
    Par leur grande variété d'analyse, ces textes regroupés pour la première fois ici mettent en valeur les talents d'observateur du célèbre conteur.
    Édition présentée et annotée par Lucien d'Azay

  • Le niveau actuel d'hystérie, de crispation et de violence autour des questions religieuses (et de l'islam au premier chef) n'épargne pas la gauche française, toujours prompte à enrôler (le "barbu") Marx et sa dénonciation de l'opim du peuple. Cette lecture dévoyée et incomplète falsifie la pensée critique : et si le combat antireligieux était, aujourd'hui, l'opium du peuple -(de gauche) ?
    " La religion est l'opium du peuple : relisez Marx ! " C'est en ces termes qu'au début de l'année 2010, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) fut renvoyé à ses chères études par un choeur politique et médiatique unanime. Le motif ? La candidature, jugée saugrenue, d'une jeune militante qui avait le mauvais goût d'être musulmane et de porter un foulard. Ce sarcastique conseil de lecture est depuis lors repris quasi-rituellement, dans l'ensemble de la gauche française, à chaque fois que des musulmans investissent le champ politique, tandis que se multiplient les professions de foi antireligieuses. C'est ce conseil qu'on a ici choisi de prendre au sérieux - et l'expérience se révèle passionnante. On découvre en chemin qu'il est fort difficile d'enrôler post mortem l'auteur du Capital dans la cabale éradicatrice des chasseurs de voile, d'islam ou de religion. On découvre même qu'un des grands apports du mouvement socialiste au combat progressiste est d'avoir pointé les limites du combat antireligieux issu de la tradition des Lumières, en le dénonçant comme un écueil, un idéalisme ou une ruse de la bourgeoisie. On découvre que Marx et les marxistes ont même théorisé et pratiqué l'alliance entre " celui qui croit au Ciel et celui qui n'y croit pas ". On réalise enfin la malicieuse actualité de leurs analyses : c'est aujourd'hui l'athéisme et le combat antireligieux qui peuvent être considérés comme l'opium du peuple de gauche.

  • La revue Hérodote avait choisi, en 2012, de présenter diverses situations européennes pour mieux les comprendre. Devant l'actualité et les enjeux de cette question, cette édition de poche reprend, sous la direction de Béatrice Giblin, de nombreux articles tirés de son numéro 144, qui avait eu un très large écho, articles actualisés, voire totalement refondus afin de tenir compte des évolutions de fond importantes, et nouveaux articles inédits. La montée électorale, dès le début des années 1980, du Front national avait fait de la France une exception en Europe. Depuis, des États comme l'Autriche et la Belgique ont aussi connu la percée de partis politiques d'extrême droite, revendiquant la préférence nationale, dénonçant le cosmopolitisme, le multiculturalisme et, plus directement encore, la présence des étrangers. Les démocraties de l'Europe du Nord, qui semblaient échapper à cette poussée politique nationaliste, sont à leur tour touchées. Et si les scores de l'extrême droite sont encore faibles en Grande-Bretagne et en Espagne, les conditions de leur essor sont malheureusement bien présentes.
    Les ressorts communs à la montée de l'extrême droite en Europe, que sont l'immigration musulmane, la mondialisation (à laquelle la désindustrialisation et la montée du chômage sont associées) et l'Union européenne, ne suffisent cependant pas à effacer les particularités des situations nationales de chaque État.
    Hérodote avait choisi, en 2012, de présenter diverses situations européennes pour mieux les comprendre. Devant l'actualité et l'enjeu de cette question, cette édition rassemble de nombreux articles tirés de
    Hérodote n° 144, actualisés, voire totalement refondus afin de tenir compte des évolutions de fond importantes.

  • Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central depuis les années 1970. Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain et recueilli de nombreux témoignages inédits. Ils racontent ainsi une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels s'effacent au profit d'une lecture originale des relations entre gauche révolutionnaire et islam politique.
    Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central de la scène politique palestinienne. Retraçant l'histoire du mouvement depuis les années 1970, les auteurs montrent comment une poignée de jeunes intellectuels ont mobilisé des référents à première vue incompatibles, le nationalisme et l'islamisme, pour les mettre au service de la cause palestinienne. Ce faisant, ils racontent une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels, qui opposent trop souvent les chiites aux sunnites et les laïcs aux islamistes, s'effacent au profit d'une lecture originale des relations entre la gauche révolutionnaire et l'islam politique.
    La trajectoire de cet " islamisme paradoxal " offre de nouvelles perspectives sur le monde arabe et musulman. Car l'histoire du MJIP est aussi celle d'un réseau transnational qui relie les Territoires palestiniens, l'Égypte, la Syrie, l'Irak, le Liban, etc. Ces nouveaux éclairages nous plongent au coeur des plus récents événements qui secouent la région : les opérations militaires à Gaza et au Liban, les affrontements entre le Hamas et le Fatah, les tensions entre l'Iran et les pays du Golfe, les divisions autour de la crise en Syrie...
    Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain leur permettant de recueillir de nombreux témoignages inédits. Et d'offrir un autre regard sur la Palestine et le Proche-Orient.

  • Comment les hommes en viennent-ils à se massacrer légalement ? "Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi !" avait prédit en 1989 Arbatov, conseiller diplomatique de Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un "bon" ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance. L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. C'est pourquoi les États, les services de renseignements, les think tanks stratégiques et autres faiseurs d'opinion "fabriquent" consciencieusement de l'ennemi, qu'il soit rival planétaire (Chine), ennemi proche (Inde-Pakistan), ennemi intime (Rwanda), Mal absolu, ennemi conceptuel ou médiatique. Certains ennemis sont bien réels, d'autres, cependant, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels. Conséquence : si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une question politique.

  • À partir des chroniques publiées au fil de l'actualité, en particulier depuis 2006, introduites par un long essai sur la place du sociologue dans la Cité, une relecture du présent en guise d'autopsie d'un régime.
    La France est une démocratie. Or la politique menée à l'égard des " autres ", immigrés ou Roms, mais aussi musulmans, s'autorise de l'identité nationale. Donc, des fichiers aux tests ADN, en passant par la chasse aux " mariages blancs ", cette politique serait forcément démocratique. Tel est le syllogisme à la Ionesco dont l'absurdité permet à notre société de s'accommoder, tant bien que mal, d'une démocratie de plus en plus précaire. D'où le nouveau " syndrome de Vichy " : c'est au nom de la démocratie qu'on interdit à ceux qui critiquent les dérives d'évoquer ces " années sombres "... Pourtant, ce passé hante aussi nos gouvernants ; mais c'est pour proclamer qu'on ne peut le comparer avec notre présent : ce n'est quand même pas le nazisme ; nous sommes donc bien en démocratie ! En mettant sans cesse en avant le " problème de l'immigration " ou la " question musulmane ", une partie de la classe politique s'acharne à nourrir cette logique folle. Il faut raison garder, nous dit-on, mais la déraison d'État étourdit la raison démocratique. Et si l'aveuglement d'aujourd'hui nous menait demain à l'abîme ? Dans ce livre introduit par un long essai rétrospectif en forme d'autopsie du régime, Éric Fassin a rassemblé des chroniques parues de 2006 à 2012. Pour ne pas s'enfermer dans les actualités, temporalité que partagent médias et politiques, il convient de penser l'actualité, soit un présent que traverse et travaille l'histoire.

  • Les politiques nous mentent ? Apprenez à reconnaître leurs techniques préférées ! Oui, les politiques nous mentent, nous dit Thomas Guénolé. Mais pas plus que tous ceux qui ont quelque chose à nous vendre. Cela étant, comment se fait-il que l'image d'un politicien soit beaucoup plus négative que celle d'un publicitaire ? Comment expliquer que des deux professions qui utilisent le plus le mensonge, seule celle de politicien soit si violemment rejetée ? C'est que le publicitaire, lui, ne nous a jamais demandé notre confiance en nous regardant droit dans les yeux, pour ensuite la trahir.
    Thomas Guénolé décrit ici pour nous les techniques utilisées par les politiques pour nous mentir. À l'aide d'exemples concrets, tirés du débat politique actuel, il nous aide à comprendre les astuces de langage et le double sens si chers à nos politiciens. Ce livre est utile à tous : à la politique, à laquelle il veut rendre ses lettres de noblesse, et aux électeurs, qui comprendront qu'embellir le " produit électoral " fait partie intégrante du rôle du " vendeur politique ".
    À la fin de chaque chapitre, des exercices suivis de leurs corrigés permettent au lecteur de s'entraîner à détecter les mensonges en politique.

  • " La crise que nous traversons n'est pas comparable à celle des années trente, nous répète-t-on à l'envi ? C'est vrai : elle est bien plus grave. C'est pourquoi j'ai voulu écrire ce livre de colère... et d'espoir. "Bienvenue à Normaland, le pays de la normalité. Ici, tout est " normal ". Ici, personne ne sort du cadre. Ici, nous veillons à ne pas décider pour ne pas déranger. Surtout ne rien faire de peur de mal faire. Attendre. Juste attendre. Par temps calme, cette normalité ne mène nulle part mais ne prête guère à conséquence. Dans les temps agités que nous vivons, elle mène tout simplement dans le mur. Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est l'existence même de la démocratie. L'incapacité à faire face à la crise et à lutter contre le chômage, la croissance explosive des inégalités, la faiblesse des dirigeants, leur manque de souffle, de vision, d'ambition, l'absence de grand dessein collectif, tout ceci fait peser un risque sans précédent sur la démocratie. La politique exige de l'audace et du courage. De la créativité et de la vision. À temps de crise exceptionnelle, renouons avec l'exceptionnel. Vive l'anormalité !

  • Homme de gauche d'une lucidité sans concession, promoteur d'une alliance politique inédite et difficile avec les islamistes du parti Ennahda, le président tunisien Moncef Marzouki livre ici des clés décisives pour dépasser les clichés et les rumeurs qui brouillent l'accès à la réalité des " printemps arabes ".
    Après le " printemps arabe " de 2011, beaucoup en Occident ont annoncé le risque d'un " hiver islamiste ". Mais cette vision simpliste interdit de comprendre la complexité des défis qu'affrontent aujourd'hui les sociétés du monde arabe. D'où l'importance de cet essai éclairant de Moncef Marzouki, président depuis décembre 2011 de l'État tunisien de transition qui a succédé à la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali. Homme de gauche d'une lucidité sans concession, promoteur d'une alliance politique inédite et difficile avec les islamistes d'Ennahda, Moncef Marzouki livre ici des clés décisives pour dépasser les clichés sur le processus postrévolutionnaire tunisien. Et il évoque sans langue de bois les vrais enjeux : comment des sociétés privées pendant des décennies des libertés élémentaires, minées par la corruption, peuvent-elles édifier la démocratie ? Comment gérer la tension entre les tenants d'un islam politique souvent adepte des recettes néolibérales et leurs adversaires progressistes ? Comment conduire un programme d'action répondant aux attentes de la population : lutte contre la pauvreté et les inégalités, éducation pour tous, reconstruction d'une économie au service des citoyens, égalité hommes/femmes, justice indépendante... ? Comment, enfin, établir entre les sociétés du Sud et du Nord de la Méditerranée des rapports fondés sur le respect mutuel et des échanges équilibrés ? À partir de l'expérience tunisienne, un ouvrage salutaire pour dépasser le stérile affrontement entre extrémismes salafistes et laïques et pour renouveler le débat public, en France comme en Tunisie et ailleurs.

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