• 60 idées fausses sur les migrations décryptées et déconstruites, pour sortir des discours qui laissent croire qu'une politique d'accueil est impossible.

    Dans le contexte particulier de la prochaine campagne présidentielle, les discours d'inquiétude et de crispation, voire de rejet, à l'égard des migrants, réfugiés, exilés et étrangers, risquent d'occuper une large partie de l'espace médiatique. Il est indispensable de répondre à ces discours, ce qui suppose dans un premier temps de les écouter et de les décrypter. C'est ce que cet ouvrage propose de faire : il examine et analyse les préjugés, les représentations fausses et les idées reçues sur les migrations, afin de les déconstruire point par point.
    En réponse aux détracteurs de toute politique d'accueil, mais aussi à tous ceux qui hésitent ou qui s'inquiètent, ce livre propose un tour d'horizon des migrations en mettant à la disposition des lecteurs un très grand nombre d'informations, de chiffres, de données et de faits. Organisé par thématiques et rédigé dans un style très accessible, l'ouvrage s'attache à prendre le contrepied de 60 idées fausses, pour convaincre que l'accueil des exilés est non seulement possible, mais surtout souhaitable.
    Ce livre est réalisé en partenariat avec une vingtaine d'associations et d'organisations impliquées sur la question des migrations.

  • «De telles listes sont dressées depuis les années 1970. Compilées par plusieurs générations de militants, elles sont enfouies dans les caves des archives associatives et présentent toutes le même format, à la fois sec et funeste. On y trouve la date du crime, le nom de la victime, suivis d'une ou deux phrases laconiques. Elles frappent par leur rudesse, leur longueur et leur nombre. Poser une liste conduit inexorablement à en trouver une autre quelques jours plus tard. Ces listes expriment l'idée d'une injustice. Elles dénoncent le racisme et l'impunité du racisme. Elles pointent du doigt les crimes, mais également la grande majorité des procès qui ont fini par des peines légères avec sursis ou des acquittements, quand ce n'est pas un non-lieu qui est venu clore l'affaire.

    Elles disent en substance que la racialisation, autrement dit le fait de placer des personnes dans une catégorie raciale afin d'asseoir un rapport de pouvoir et d'en tirer profit, tue deux fois. La première violence touche à l'intégrité physique de la personne. La seconde violence a lieu à l'échelle institutionnelle. Elle est une conséquence du traitement pénal qui ignore la nature raciste des crimes jugés.»

    De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, cet ouvrage, issu d'une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l'heure où le racisme institutionnel et l'action de la police continuent chaque année à être à l'origine de nombreux morts.

  • Après avoir lu ce livre, vous ne verrez plus le monde de la même manière. L'Opticien de Lampedusa : Le livre événement de la rentrée littéraire déjà vendu aux USA (OR Books), en Grande-Bretagne (Penguin), en Allemagne (Berlin Verlag) et en Italie (Salani Editore) ! Une paraobole sur l'éveil d'une conscience, un récit qui nous réconcilie avec les hommes. " Là, là-bas, des centaines. Les bras tendus, ils crachent, hoquettent, s'ébrouent comme une meute suppliante. Ils se noient sous mes yeux et je n'ai qu'une question en tête : comment les sauver tous ? " La cinquantaine, l'opticien de Lampedusa est un homme ordinaire. Avec sa femme, il tient l'unique magasin d'optique de l'île. Ils aiment les sardines grillées, les apéros en terrasse et les sorties en bateau sur les eaux calmes autour de leur petite île paradisiaque. Il nous ressemble. Il est consciencieux, s'inquiète pour l'avenir de ses deux fils, la survie de son petit commerce. Ce n'est pas un héros. Et son histoire n'est pas un conte de fées mais une tragédie : la découverte d'hommes, de femmes, d'enfants se débattant dans l'eau, les visages happés par les vagues, parce qu'ils fuient leur pays, les persécutions et la tyrannie. L'Opticien de Lampedusa raconte le destin de celui qui ne voulait pas voir. Cette parabole nous parle de l'éveil d'une conscience. Au plus près de la réalité, d'une plume lumineuse et concise, Emma-Jane Kirby écrit une ode à l'humanité. Prix Bayeux-Calvados des reporters de guerre 2015.

  • Vivants

    Mehdi Charef

    J'apprends à mon père à écrire son nom. Il tient bien le stylo entre ses trois doigts, il ne tremble pas. Est-il épaté ou troublé d'écrire pour la première fois de sa vie, à trente-six ans ?

    Mon père est de cette génération qu'on a fait venir en France après la Seconde Guerre mondiale, pour reconstruire ce que les Américains et les Allemands avaient bombardé. Que de temps perdu, depuis les années qu'il est là. On aurait pu proposer aux ouvriers algériens des cours du soir, leur montrer ainsi un peu d'estime. Ils devraient tous savoir lire et écrire.

    Mon père sourit, ses yeux brillent. Il est là, surpris, ému, parce qu'il voit bien que ce n'est pas si difficile que ça de se servir d'un stylo. À côté de lui, j'entends sa respiration, son souffle.

    À quoi pense-t-il ce soir dans notre baraque ? Se dit-il qu'analphabète, il est une proie facile pour ses employeurs, un animal en captivité ?

    La colère monte en moi.


    Vivants est le sixième roman de Mehdi Charef, qui a notamment publié Le Thé au harem d'Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films. Entre souvenirs d'une Algérie qui s'éloigne et expériences d'une France pas toujours accueillante, dans une cité de transit où le provisoire s'éternise, des enfants, des femmes et des hommes fêtent des naissances et des mariages, s'équipent en télévisions et en machines à laver, découvrent la contraception et les ambulances, rient, pleurent, s'organisent, s'entraident... et vivent.


    Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l'usine avant de publier cinq romans, au Mercure de France et chez Hors d'atteinte, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d'Archimède (1984) et Graziella (2005).

  • Revenu des ténèbres

    Kouamé

    • Xo
    • 22 Mars 2018

    La peur. L'effroi. Le choc épouvantable de voir, à 14 ans, ses parents tués sous ses yeux. Il n'y a plus rien pour Kouamé. Plus rien que la crainte que les tueurs reviennent et le tuent à son tour.
    Alors Kouamé prend la fuite. Il passe dans le pays voisin et décide de gagner la Libye. Là, si jeune, il affronte l'enfer du désert et le cynisme des passeurs. Ballotté dans des camions surchargés, il le sait : celui qui tombe est condamné à mourir.
    Pour tenir debout, Kouamé ne cesse de penser à sa soeur qu'il espère vivante. Et qu'un jour, peut-être, il reverra. En Algérie et au Maroc, il fait face à la violence de camps de réfugiés où règne la loi du plus fort. De véritables marchés aux esclaves. Puis c'est l'épreuve ultime : la traversée de la Méditerranée sur un canot bondé qui, après des heures de mer, s'enfonce lentement dans les flots. Le sauvetage relève du miracle.
    Aujourd'hui, après ces années d'exode solitaire, Kouamé reconstruit sa vie. À Toulouse, loin des ténèbres qui ont tant de fois menacé de l'engloutir. Il a 19 ans, une furieuse envie de vivre et de témoigner pour toutes ces ombres qu'on appelle les migrants.
    Un récit exceptionnel dont on ressort bouleversé. Et révolté.

  • Une amitié franco-syrienne par Benoît Séverac, l'auteur de Little Sister. Arthur est en voiture lorsqu'il assiste à l'agression d'un garçon de son âge, à un feu rouge. Poussé par son instinct, il va à sa rencontre. Ce garçon, c'est Adnan, un réfugié syrien. Il vit dans une caravane au milieu d'un terrain vague avec sa mère, qui lui a appris à garder la tête haute
    en toute situation. Entre Arthur et Adnan va naître une amitié qui résistera à l'incompréhension des adultes. Une amitié qui poussera les parents d'Arthur à aider, eux aussi, Adnan et sa mère. Une amitié qui va tous les faire basculer dans une aventure digne d'un roman d'espionnage...

  • Fondamentalement, deux raisons empêchent que puisse apparaître l´identité française d´aujourd´hui. Qu´est-ce qu´être français aujourd´hui, au XXIe siècle, si on tient compte du colonialisme, de l'immigration, de la mondialisation, des banlieues, de l´Islam et de l'empoisonnante incompréhension qui naît précisément de ces deux derniers thèmes ?


    Pour réussir à créer une véritable union nationale, il faut comprendre que c´est dans la diversité que se fera l´unité.


    Reconnaître la jeunesse d´aujourd´hui, parce que c´est elle qui donne le tempo, qui apporte ce dynamisme dont la France a besoin pour redevenir ce qu´elle était, un pays avant-gardiste, culturellement fort, un pays qui n´est pas un suiveur mais un suivi. La France doit récupérer sa place, et cette notion de « génie français » qui la caractérise.


    L´auteur, qui a véritablement vécu toutes ses problématiques, en parle de l´intérieur. Il montre que la poésie, la culture, donnent, en réunissant ce qu´on ne peut rassembler, la force de l´identité d´un pays, avec toutes les différentes origines et énergies qui le composent, comme à l´image d´une main.


    Avec intelligence et force, Abd al Malik nous livre ici son regard impliqué et ouvert, un humanisme régénérateur, une voix exceptionnelle dans une société qui se cherche et qui a besoin de nouveaux repères.

  • Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De ­Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations ­inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française.
    Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les ­enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité.
    Elle nous propose une analyse critique du ­républicanisme français dont l'universalisme, ­inscrit en lettres d'or dans les textes ­constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées.
    Les victimes du racisme sont massivement les ­immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité.
    Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.

  • En France, les sujets liés à l'immigration se succèdent en rafale : crise des réfugiés, débats sur l'islam et la laïcité, mises en cause du droit du sol, de la double nationalité ou du regroupement familial, sans compter les milliers de fugitifs qui tentent, souvent au prix de leur vie, de rejoindre l'Europe. Dans ce livre salutaire, François Héran décortique les grands arguments de ce débat sur l'immigration et le remet en perspective, dans ses dimensions à la fois démographiques et politiques.
    En France, les " problèmes de l'immigration " se succèdent en rafale, dans un débat récurrent attisé par les cycles de la vie politique et en particulier le rythme de la présidentielle : crise des réfugiés, islam et laïcité, droit du sol, double nationalité, regroupement familial, " jungle " de Calais...
    François Héran replace les arguments de ce débat dans une perspective démographique et politique. Il revient notamment sur l'ère Sarkozy : neuf années de mainmise sur la politique migratoire de la France, mais pour quel bilan ? Abandon de la politique d'" immigration choisie ", persistance de l'immigration dite " subie " mais légale : en fin de compte, une personne sur quatre vivant en France est immigrée ou enfant d'immigré. Le volontarisme ultra rêve encore, cependant, de faire sauter le verrou des droits fondamentaux.
    Soulignant le progrès des connaissances sur l'immigration, l'auteur réfute les erreurs grossières de certains politiques (Marine Le Pen en tête) et essayistes médiatiques (tel Éric Zemmour). Il revisite la question de la citoyenneté : " droit du sang " et " droit du sol " sont en fait deux versions d'un même droit, le droit du temps. Sans occulter les obstacles à l'intégration, il la montre aussi à l'oeuvre, comme dans ce gymnase de banlieue où chacun, sans distinction d'origines et de croyances, vient donner son sang, peu importe à qui.
    Au final, une approche sereine et réaliste. Ni pour ni contre l'immigration : avec elle, tout simplement.

  • Des migrants fuyant la misère, les persécutions ou le changement climatique : telle est l'image qu'on nous renvoie sans cesse. Mais les migrants sont aussi, de plus en plus, des personnes compétentes et diplômées... L'homme migre depuis son apparition sur Terre - et ça lui a réussi. Le désir de changer de pays n'a jamais été aussi répandu qu'aujourd'hui. Contrairement aux idées reçues, les murs et les barrières que dressent les nations ne bloquent pas les migrants, mais les sélectionnent. Un nouvel équilibre mondial des compétences se met irrésistiblement en place. À rebours des fantasmes occidentaux contemporains sur l'«invasion» des migrants, Hervé Le Bras nous invite à poser sur les migrations un regard neuf, impartial et salutaire.

  • Une narratrice revient sur son histoire familiale et la vie de ses parents qui, quittant le Cameroun pour suivre leurs études, tombèrent amoureux en France où ils fondèrent une famille. Comment vivre en France quand on est éloigné de sa terre natale ? Faut-il voir cette vie comme une parenthèse en attendant un retour au pays qui n'arrive pas ? À l'inverse comment trouver sa place lors des séjours au Cameroun entre attentes de la famille et l'inéluctable distance qui se crée au fil des ans ? À moins qu'il ne faille apprendre à être heureux, un pied sur chaque rive en dépit des soubresauts de l'histoire et des luttes d'indépendance... Le formidable destin d'une famille dont le père va transcender les difficultés du grand départ et laisser sa passion pour la musique bouleverser sa vie.


  • Quand Miklós, vingt-cinq ans, apprend qu'il est condamné à mourir, il prend une résolution folle : il va se marier... et guérir.

    Hongrois, rescapé des camps d'extermination nazis, Miklós est, depuis la fin de la guerre, accueilli en Suède pour soigner sa tuberculose. Dans l'espoir de trouver l'épouse qui lui conviendra, il écrit à cent dix-sept jeunes Hongroises réfugiées en Suède.
    Parmi les réponses qu'il reçoit, une seule lui fait battre le coeur : celle de Lili Reich. Elle a dix-huit ans et, comme lui, est rescapée des camps.
    De septembre 1945 à février 1946, Miklós et Lili s'écrivent presque quotidiennement. Et de lettre en lettre, tombent amoureux l'un de l'autre.
    Dès lors, avec le courage et la force de ceux qui veulent croire au bonheur pour oublier l'horreur, Lili et Miklós vont soulever des montagnes pour se rencontrer.
    Cette histoire d'amour est celle des parents de l'auteur : après la mort de son mari, Lili a confié à leur fils, Péter, la liasse des lettres qu'elle avait échangées avec Miklós.
    Ce roman vrai d'un amour improbable, d'un défi impossible, traduit dans trente pays, a déjà conquis les éditeurs du monde entier.

  • Dans ce bureau, on accueille les jeunes se présentant comme mineur isolé étranger - un statut qui garantit hébergement et scolarité. L'administration exige des preuves mais, entre ces murs, résonnent surtout des voix d'enfants qui n'ont rien d'autre qu'un récit : celui de leur périple à travers les frontières et les périls qu'elles dissimulent. Parmi ces voix, celle de Souley, 16 ans, qui a traversé le Sahara et la Méditerranée pour arriver là et prétendre lui aussi à un toit et une éducation. " Je implore toi s'il vous plaît dormir couloir. " Ces mots, Mirjet ne me les dit pas. Il les écrit en albanais sur l'ordinateur et c'est Google Traduction qui me les dit. C'est plutôt marrant d'habitude, les traductions déformées par le logiciel. Là, ce n'est pas drôle du tout. Mirjet dit avoir dix-sept ans, mais tant qu'il n'est pas reconnu mineur isolé étranger, je ne peux pas lui trouver un hébergement. Durant un an et demi, Rozenn Le Berre a travaillé comme éducatrice dans un service d'accueil pour les jeunes exilés arrivés en France sans leurs parents. De cette expérience, elle a tiré un récit littéraire à deux voix. La première, la sienne, est confi née à l'espace de son bureau et se fait l'écho de ces jeunes qui traînent des valises de souvenirs acides, mais que la fureur de vivre maintient debout. La seconde relate le voyage éprouvant de Souley, un jeune Malien qui a décidé de faire l'aventure et doit arriver en France avant ses dix-huit ans. Ce livre propose d'aller à la rencontre de jeunes filles et garçons malmenés par l'exil et le labyrinthe administratif français, mais qui parviennent petit à petit à se reconstruire, à sourire et danser, à être pénibles et idiots comme des adolescents, à ne plus avoir peur. À vivre au lieu de survivre.

  • Les phénomènes migratoires atteignent une ampleur inédite et suscitent de graves crises sociétales en Europe et ailleurs. C'est pourquoi il importe d'en renouveler les analyses en se penchant sur la condition des exilés. Si les discours actuels font du migrant une figure propre à alimenter chiffres et statistiques, ils gomment son vécu et ses parcours, ses espoirs et ses souffrances. Or, le migrant est d'abord un exilé, porteur à ce titre d'une identité plurielle et d'une expérience de multiappartenance propres à enrichir le vivre-ensemble. Comprendre le migrant en tant qu'exilé permettra de mieux l'accueillir et, en place d'un droit d'asile défaillant, d'esquisser les fondements d'un droit d'exil.

  • Aujourd'hui, plus que jamais, il est insensé de parler d'immigration tout en faisant abstraction des catalyseurs des déplacements de population : le colonialisme, l'impérialisme et le néolibéralisme. C'est là le point de départ que revendique Démanteler les frontières. Alliant théorie politique (Fanon, Foucault, Negri et d'autres) et expérience de terrain, l'auteure aborde la question des droits migratoires dans le cadre d'une analyse critique du capitalisme mondialisé, de l'exploitation et du racisme qui sont à l'origine des frontières et de l'État-nation. Au coeur de cette analyse se trouve le concept d'« impérialisme de frontières », qui désigne le processus de création et de maintien structurel des violences et des conditions de précarité liées aux migrations, et déboulonne le mythe de la bienveillance occidentale à l'égard des migrants. À la fois manifeste, témoignage et manuel de survie, ce livre donne aussi la parole à plusieurs militants et personnes migrantes.

  • Le dernier Français

    Abd Al Malik

    Le monde actuel n'a plus aucun référent historique La situation est certes inédite...
    Quel drame de ne plus pouvoir hisser le drapeau Quel drame de ne pas savoir hisser le drapeau Quel drame de ne pas pouvoir se hisser plus haut Et puis se découvrir faux-Monnayeurs Cousin pauvre d'une Amérique unijambiste Et se voir imiter cet autre modèle sociétal en tout point Sauf sur le point même le seul enviable ou s'origine la force même de son rayonnement L'union derrière le dernier symbole des nations L'union des singularités derrière un drapeau...
    Penser un autre modèle de société Et le pacte se renouvelle Entre le collectif et l'individuel Les pensées idéologiques et partisanes Ont fait leur temps périmées plus dans le coup Dépassées inefficaces surtout C'est ce qui disqualifie d'office l'animal politique d'aujourd'hui Parce que précisément n'étant plus tout à fait humain Il devient étranger au bien commun Il est incapable de faire la synthèse des idées bonnes pour tous Qu'importe d'où elles viennent Et qu'importe qui les porte...
    Toute ma vie, je me suis fait une idée certaine de la France.
    Et en vérité je vous le dis Je suis le Dernier Français.

  • Un long moment d´incertitude s´est installé dans le monde. Les vies précaires durent plus longtemps et l´on s´y habitue ; le « kit d´urgence », et plus généralement les matérialités provisoires et démontables ont pénétré l´architecture, l´industrie et l´art ; les mobilités, qu´elles soient urbaines ou planétaires, sont plus nombreuses, plus massives et parcourent les villes et la planète sans direction unique ou définitive, sans ancrage fixe. Le regard sur le monde change aussi, les incertitudes intellectuelles accompagnent logiquement la fragilisation du monde... À cette incertitude généralisée répond un idéal de « gouvernance » mondiale favorisant les fragmentations et créant un dispositif de mondes étanches où s´exerce le contrôle et où l´adhésion au système est sans cesse recherchée.

    /> Dans ce dispositif, chacun est renvoyé à une identité prétendument essentielle, authentique et « vraie ». Ces assignations identitaires sont centrales aujourd´hui dans le monde. Elles font parfois appel à l´anthropologie, dans ses versions les plus culturalistes et différentialistes, aux fins de séparations et de rejets. Mais le même discours rejette aussi tous ceux qui, reprenant et transformant les langages mêmes qui les ont confinés dans les marges (« Roms », « Noirs », « réfugiés » ou « sans-papiers »), réclament ou imposent leur présence-au-monde, parce que ce monde est à la fois plus accessible et plus fermé que jamais.

    Dans ce livre, Michel Agier veut rendre compte de cette dynamique paradoxale et la comprendre, sans jugement de surplomb. Sa réflexion invite le lecteur à reconsidérer les sens et les usages de la frontière, conçue ici comme ce qui nous fait humains en instituant la place et l´existence sociale de chacun tout en reconnaissant celles des autres. Lieu de passage, la frontière est instable, mouvante, sans cesse négociée. Le mur est son contraire, il est à la frontière ce que l´essentialisme identitaire est à l´altérité.

    En plaidant pour la validité de l´approche anthropologique, Michel Agier cherche ici à dépasser le piège identitaire, à montrer que d´autres mots, d´autres manières de penser, sont possibles. Réapprendre à passer les frontières où se trouve l´autre, à les reconnaître et à les fréquenter, est devenu l´un des enjeux majeurs de notre temps.

  • Au coeur de nombre de déclarations et de débats, la question des migrations s'inscrit en tant que telle au rang des enjeux sociétaux majeurs. Au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires telles que celle observée aujourd'hui ne sont pas le propre de notre époque. Dans cet ouvrage collectif coédité par l'INRAP, l'évolution des mouvements de population et de leurs logiques se lit au fil des sources archéologiques, historiques, géographiques et démographiques les plus récentes.
    Au coeur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque.
    L'archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire - avec les premiers Hominidés quittant l'Afrique - au XXIe siècle. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.
    Confrontant les données archéologiques, historiques, génétiques, géographiques, démographiques et linguistiques, Archéologie des migrations propose un réexamen critique des sources disponibles. Cet ouvrage a pour ambition de mettre en perspective de nouvelles hypothèses scientifiques et d'aller au-delà de la simple observation des mouvements de population, en abordant notamment les contacts entre les migrants et les sociétés qu'ils rencontrent.

  • Ces Chroniques, qui courent sur quatre décennies, racontent le cheminement d'une pensée d'immigré qui, tout en veillant à sa liberté et à son esprit critique, se découvre, « à l'insu de son plein gré », plus intégré qu'il ne se pensait, voire, aux yeux de certains, « plus français qu'un Français ».

    Salah Guemriche est un auteur algérien, vivant en France depuis 1976. Journaliste indépendant, essayiste et romancier, ses premiers textes parus en France ont été publiés par Simone de Beauvoir dans Les Temps
    Modernes. Il a récemment publié, chez le même éditeur, Israël et son prochain.

  • Helene le sait depuis l'enfance, il y a une criminelle dans la famille.
    Sa mère lui a raconté inlassablement la légende, en touillant la sauce tomate, en coiffant ses cheveux noirs, en la préparant pour la messe. Vita, son arrière-arrière-grand-mère italienne, a tué un homme à la suite d'une partie de cartes. Seule avec ses deux fils, elle a fui le Sud de l'Italie pour s'installer à Jersey City, en 1892.
    Jusqu'à présent, Vita était une figure intimidante mais floue, comme la femme invisible des films de Scorsese ou Coppola. Mais, aujourd'hui, Helene a 39 ans. L'âge auquel Vita est arrivée en Amérique. L'âge auquel mouraient les femmes de sa région, à l'époque. Prise de panique à l'idée que ses propres enfants soient affligés du gène du crime qui, du grand-père voleur de homards au cousin consigliere de la Mafia, coule dans leur sang, Helene décide de conjurer le sort.
    Elle entreprend des recherches fiévreuses, de cimetières en archives, dans cette Basilicate jadis arpentée par les grands hommes, Pythagore, Spartacus ou Horace, mais ravagée, au XIXe siècle, par la misère, la famine, la malaria et le droit de cuissage du padrone.
    Au bout de dix ans, au bout de ses voyages, au bout de son enquête, la vraie Vita l'attend.

  • Des coeurs lents

    Tassadit Imache

    • Agone
    • 15 Août 2018

    « La promenade goudronnée serpente entre les pelouses jusqu'au lac. Le manège doré n'est pas encore ouvert. À quelques mètres de là, les petits chevaux de bois à pédales attendent sagement, alignés en rangs. Décor immuable pour une enfance de carte postale, songe Bianca. Nous, à l'origine, on vient de cette smala improbable qui courait pieds nus sur le lino du living le dimanche avec sarbacanes et lance-pierres, bouclés toute la journée à l'intérieur, à attendre le massacre de Fort Alamo. Des visages blêmes en lutte féroce contre le vide et la désolation. Une tribu victorieuse à un moment. »
    François et Bianca, qui avaient failli se perdre, se retrouvent autour de la mort de leur petit frère, Tahir. Le long du lac où ils ont passé une partie de leur enfance et où Tahir s'était installé, leurs errances font ressurgir chez l'un et l'autre des morceaux d'histoire qu'ils avaient cru pouvoir oublier, de la guerre d'Algérie à la première « affaire du voile » en 1989 en passant par le départ soudain de leur mère, qui les a laissés se débrouiller seuls. Assignés à des identités aussi floues qu'étouffantes, sommés sans cesse de dire qui ils sont, réclamés par des clans, positionnés de force le long d'une ligne de front, ces coeurs lents, avides d'amour autant qu'ils s'en méfient, aspirent par dessus tout à creuser, en individus libres, leur propre sillon.

  • L'image a fait le tour des réseaux sociaux : un jeune homme joue et chante dans la rue, au milieu des décombres et des maisons éventrées de Yarmouk, une ville de réfugiés palestiniens proche de Damas. Figure iconique, celui que l'on surnomme désormais " le musicien des ruines " a pourtant dû se résoudre à prendre le chemin de l'exil, Daech ayant finalement brûlé son instrument.
    Un jeune homme joue et chante au milieu des décombres et des maisons éventrées. La photo, prise à Yarmouk, ville de réfugiés palestiniens de la banlieue de Damas, a fait le tour du monde.
    Ce musicien est devenu un symbole d'humanité face à la guerre. Après avoir enduré avec dignité les souffrances du conflit syrien, celui que l'on surnomme désormais le " pianiste des ruines " a finalement dû se résoudre à prendre le chemin de l'exil : en guise d'avertissement, Daech avait brûlé son piano... Partageant le sort de milliers d'autres, il a ainsi connu la séparation d'avec sa famille, la périlleuse traversée de la Méditerranée, l'éprouvante route des Balkans, puis l'arrivée en Allemagne.
    Dans cette autobiographie bouleversante, Aeham Ahmad raconte son enfance de Palestinien en Syrie, son apprentissage de la musique au sein d'une famille talentueuse, jusqu'à la révolution de 2011, bientôt engloutie par la guerre. Un éclat d'obus le blesse à la main. Bravant la peur, il décide alors de jouer dans la rue, se laissant filmer pour témoigner de la résistance qui subsiste, obstinée, dans la ville assiégée. Car ce livre a une portée politique. Il dénonce la violence extrême, les exactions du régime d'Assad comme celles des djihadistes, mais il rappelle aussi la précarité du peuple syrien et le destin tragique de tous les réfugiés. Un requiem en hommage aux victimes et une ode à la musique.

  • Le long cheminement de l´histoire des populations afro-antillaises en France a long-temps été absent des représentations de l´histoire de France, dont il est pourtant partie intégrante. C´est dire l´importance de ce livre, retraçant pour la première fois la formidable aventure qui a vu évoluer le regard de la France sur les Afro-Antillais à travers les siècles. Reprenant l´ensemble des textes qui accompagnaient la première édition largement illus-trée du beau livre publié sous le même titre en 2011, cet ouvrage événement constitue une référence majeure sur plus de trois siècles de présence des Noirs en France, issus d´Afri-que, des Antilles, des Comores, de la Réunion, de Nouvelle-Calédonie ou de Guyane.

    L´histoire de la France noire commence au XVIIesiècle, quelques décennies avant le terrible Code noir (1685) régissant la mise en esclavage des Africains, et traverse plus de trois siècles d´histoire de France : trois siècles de présences caribéennes, africaines, issues des États-Unis ou de l´océan Indien, dans l´Hexagone, plus de trois siècles d´une histoire culturelle, politique et économique intense et méconnue. Regroupant les contributions des meilleurs spécialistes français et internationaux, pour un regard transversal sur une histoire aux mille et un visages, ce livre montre comment ces présences ont contribuéà bâtir l´histoire politique, culturelle, militaire, artistique et économique de ce pays et de la République. C´est au creuset de ce récit que l´on peut comprendre les enjeux du présent.



    « Et voilà qu´en un livre tout est dit. Fruit d´années de recherches, cette entreprise re-trace l´histoire politique, militaire, culturelle et sociale des liens entretenus par notre pays avec le continent noir, du XVIIesiècle à nos jours. » Frédérique Briard, Marianne.



    « Une histoire fragmentée, diverse, traversée d´ambiguïtés et parfois tiraillée entre les pôles extrêmes que sont la négrophobie et la négrophilie, entre fascination et répulsion » Élisabeth Philippe, Les Inrockuptibles.


  • Au coeur de la terre andalouse s'érige un projet familial d'une importance fondamentale : un père de famille, propriétaire terrien, ambitionne de faire fortune par la culture massive de tomates. Ses trois fils tentent chacun d'y trouver une place, peinant à avancer sur leur propre voie. Le père, brutal et intransigeant, place ses espoirs les plus chers dans la culture de ses fruits, faisant fi de la portée morale de ses actes et de leurs conséquences.

empty