• Résoudre les énigmes posées par les règles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tâche que se proposaient initialement Les Structures élémentaires de la parenté. Les deux chapitres introductifs, objets de la présente édition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : où finit la nature et où commence la culture ? quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ?C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lévi-Strauss apporte matière et méthode à la réflexion philosophique.

  • "Travailler dans l'événementiel", en d'autres termes dans "ce qui fait le buzz". Tel est le souhait de Younes, adolescent de 16 ans de la Seine-Saint-Denis. Quant à vous, peut-être habitez-vous dans une "ville­monde", où le flâneur ne flânerait plus mais participerait au flux mondial d'information. Ces concepts surplombants, plaqués sur des faits ou sur des groupes sans pouvoir les relier à l'expérience individuelle, voilà ce contre quoi Éric Chauvier s'insurge. Dans un même élan, il déboulonne quelques-uns des grands penseurs du monde social. Pierre Bourdieu, Claude Lévi-Strauss ou encore Michel Foucault en prennent pour leur grade. Mais aussi les gender studies tant à la mode ou encore les théories du care. Freud s'était en son temps inquiété de l'usage intempestif des termes de psychatrie, tels que "paranoïa" ou "schizophrénie". Non par élitisme mais par peur du danger que cela représentait : employer des mots lourds de sens pour les appliquer à des situations et des personnes qui ne présenteraient aucun des critères cliniques à même d'en justifier l'emploi. Éric Chauvier dénonce à sa suite les dommages de la vulgarisation scientifique. Plus encore met-il au jour les faux effets d'autorité qui en découlent. Dans la bouche de tout un chacun, le mot n'a pour le moins rien à voir avec la chose, voire ne désigne pas grand-chose. Et pourtant on en use et en abuse comme d'une drogue. L'auteur émaille sa dénonciation d'anecdotes personnelles - par exemple, la confrontation avec un neurologue suite à l'AVC de sa femme -, qui non seulement éprouvent la validité de sa pensée mais font sentir au lecteur l'évidence de cette "maladie du langage" dont tout un chacun souffre.

  • Qu'est-ce que l'inceste ? Pourquoi toutes les sociétés humaines l'interdisent-elles, alors que, paradoxalement, ce que l'une définit comme incestueux ne l'est pas forcément chez d'autre ? Que vise donc la prohibition de l'inceste: interdire la relation sexuelle ou le mariage avec un proche, ou bien favoriser un besoin vital aux groupes humains et, en particulier, aux familles - celui de se relier, pour survivre, à d'autres groupes ? Publié en 1897, seize ans avant le Totem et Tabou de Freud, La Prohibition de l'inceste et ses origines est un texte profondément novateur qui met à mal les explications communes de l'interdit de l'inceste. Emile Durkheim (1858 - 1917) est le père de la sociologie française. Parmi ses ouvrages les plus célébres, figurent Les Règles de la méthode sociologique (1894) et Le Suicide (1897).

  • Constatant que l'anthropologie ne peut plus simplement prétendre reconstituer aussi « objectivement » que possible les cultures étrangères, puisqu'elle rencontre des cosmologies qui précisément excluent le partage entre nature et culture, Eduardo Viveiros de Castro propose d'y voir le lieu d'une expérimentation métaphysique où les « autres » sont non pas objets mais témoins de pensées et même d'images de la pensée alternatives. Montrant alors la complicité de cette anthropologie décolonisée avec la « métaphysique des devenirs » de Deleuze et Guattari, il en éclaire les enjeux dans le passage de l'Anti-OEdipe à Mille Plateaux, incompréhensible si on ne le replonge pas dans le savoir ethnologique qu'il charrie et à travers lui dans les ressources offertes par les pratiques conceptuelles de l'Afrique, puis de l'Amazonie. Il conclut par une relecture du structuralisme de Claude Lévi-Strauss qui dépasse l'opposition factice des pensées de la structure et de la différence, tout autant que de l'anthropologie et de la philosophie, du nous et des autres.

  • Claude Lévi-Strauss est né en 1908 et mort centenaire, en 2009, tout près de nous, lecteurs du XXIe siècle. Il grandit dans une famille juive, bourgeoise, mais qui a connu des jours meilleurs. Le père est peintre, bricoleur ; le fils choisit la voie de la philosophie et du militantisme socialiste. Le jeune agrégé part en 1935 enseigner la sociologie à São Paulo. Lors de rudes expéditions dans le Brésil intérieur, il se fait ethnologue, découvrant l'Autre indien. Les lois raciales de Vichy le contraignent à repartir : il gagne l'Amérique en 1941 et devient Prof. Claude L. Strauss - pour ne pas qu'on le confonde avec le fabricant de jeans. Cette biographie décrit l'accouchement d'une pensée d'un type nouveau, au milieu d'un siècle chahuté par l'Histoire : l'énergie des commencements au Brésil et l'effervescence du monde de l'exil européen à New York, entre surréalisme et naissance du structuralisme. Le retour en France, après la guerre, sonne le temps de l'écriture de l'oeuvre : plusieurs décennies de labeur intense où Lévi-Strauss réinvente l'anthropologie, une discipline qui a désormais pignon sur rue et offre une nouvelle échelle pour le regard. En 1955, Tristes Tropiques en est la preuve éclatante, en France puis dans le monde entier. Au cours des années, Lévi-Strauss est devenu une gloire nationale, un monument pléiadisé de son vivant. Mais il a sans cesse revendiqué un « regard éloigné » qui lui permet de poser un des diagnostics les plus affûtés et les plus subversifs sur notre modernité en berne. Cette biographie souligne l'excentricité politique et intellectuelle de l'anthropologue. Sa vie décentrée par rapport à l'Europe, ses allers-retours entre ancien et nouveaux mondes, son goût de l'ailleurs font de ce savant-écrivain, mélancolique et tonique, esthète à ses heures, une voix inoubliable qui nous invite à repenser les problèmes de l'homme et le sens du progrès. Lévi-Strauss est moins un moderne que notre grand contemporain inquiet.

  • Alors que la philosophie s'est longtemps pensée comme « mère de toutes les sciences », les nouveaux champs de savoirs de l'époque moderne, soucieux désormais d'assurer leur autonomie scientifique, n'ont eu de cesse de contester cette position. C'est encore vrai à l'époque contemporaine où les sciences sociales ont cherché à ravir la place jadis occupée par la philosophie.
    Tel est le conflit que Johann Michel explore dans cet ouvrage à la fois original et novateur, dont tout l'enjeu est de mettre en lumière la manière dont, d'une part, les sciences sociales dérivent de courants fondateurs de la philosophie (positivisme, pragmatisme, phénoménologie....) et, d'autre part, les sciences sociales opposent leurs méthodes et leurs objets à ceux de la philosophie. Enfin, il s'agit d'en tirer la manière dont les sciences sociales et la philosophie peuvent chercher, sous certaines conditions, à se féconder mutuellement.

  • Entretiens : un exercice inhabituel pour l'auteur des "Mythologiques", plus familier des traités savamment ordonnés que des caprices de la conversation imprimée. Caprices qui lui donnent l'occasion de revenir sur les grands thèmes de sa réflexion : le statut de l'anthropologue, la question du "naturel", les fonctions de l'art dans les sociétés primitives et dans nos sociétés.
    Jouant le jeu de l'impromptu, tout en suivant le fil de sa pensée, il en propose une présentation claire et brillante, synthétique et précise, qui va à l'essentiel et ouvre de nombreuses portes. Ce texte est une introduction irremplaçable, sûre et complète, à la pensée du plus grand anthropologue de notre temps.
    Docteur ès lettres et sciences humaines, Georges Charbonnier était producteur délégué à France Culture et enseignant à l'université de Paris-I Sorbonne. Il a notamment publié Entretiens avec André Masson (1989) et Entretiens avec Jorge Luis Borges (1992).
    Claude Lévi-Strauss (1908-2009) est le fondateur de l'anthropologie moderne. Devenu célèbre avec Tristes Tropiques en 1955, il est nommé professeur au Collège de France en 1959, puis élu à l'Académie française en 1973.

  • Qu'est-ce que Derrida nomme « déconstruction » ? Que signifie « visage » pour Levinas, « mort de l'homme » pour Foucault ? De quoi parlent le « pragmatisme » de James, la « phénoménologie » de Husserl, « l'anthropologie structurale » de Lévi-Strauss ? Comment comprendre le « devenir animal » chez Deleuze, « l'agir communicationnel » chez Habermas ? Dans ce livre vous attendent des réponses vivantes, claires et directes.
    Maîtres à penser propose un voyage en vingt épisodes dans la philosophie contemporaine, du début du xxe siècle à nos jours. Courants, concepts, écoles de pensée y sont présentés avec l'immense talent de pédagogue de Roger-Pol Droit.
    Sous sa plume, les grands théoriciens s'incarnent, deviennent les personnages d'une époque tourmentée, qu'ils façonnent et transforment. En exposant leurs combats et leur influence, il vous ouvre les portes des grands débats actuels.

  • Claude Lévi-Strauss (1908-2009), père de l'anthropologie structurale, est le plus célèbre des inconnus. Célèbre pour avoir, par sa longévité et l'ampleur de son oeuvre, marqué l'ensemble de la vie intellectuelle du XXe siècle, il nous est devenu inconnu, par l'oubli dans lequel nous sommes tombés des grands axes qui l'ont organisée.
    Comment comprendre la singularité des thèses de Lévi-Strauss sans avoir une idée de ce qu'est le structuralisme? Comment saisir la spécificité de son oeuvre sans disposer d'une connaissance des disciplines et courants avec lesquelles elle entre en débat: la philosophie, la linguistique, la psychanalyse, le marxisme ou l'existentialisme? Comment, enfin, donner toute sa portée aux prétentions scientifiques de l'anthropologie structurale quand on réduit les sciences humaines à une perception de la réalité sociale?
    L'ambition de cet ouvrage est de répondre à ces questions par une traversée des textes de Lévi-Strauss, des Structures élémentaires de la Parenté à La Potière jalouse en passant par Tristes tropiques, La Pensée sauvage, Le Cru et le Cuit et Le Regard éloigné.
    Il s'agira de comprendre finalement pourquoi Claude Lévi-Strauss peut-être considéré comme philosophe malgré lui, en tant que scientifique produisant de la philosophie par les moyens qu'il met en place pour mieux s'en écarter.
    Olivier Dekens, Agrégé de philosophie ; Enseigne à l'Université François-Rabelais de Tours (en 2000).

  • Si le caractère résolument universel de l'anthropologie doit être réaffirmé, il ne saurait prendre la forme d'un universalisme définitif, arrêté et imposé par l'Occident. Cet universel non comme état, mais comme devenir et comme éthique, n'est pas achevé. Il est en construction permanente. Il cherche davantage à rendre plutôt qu'à prendre. Il consiste à ressentir puis à élaborer ce qui surgit entre nous et les autres. François Laplantine interroge un certain nombre de perspectives théoriques : l'héritage du confucianisme et du taoïsme, la démarche de Claude Lévi-Strauss, les travaux de Michel Foucault. Il se déplace librement entre le Brésil, la Chine et le Japon, en étant à la fois attentif aux questions de traduction et aux phénomènes de migrations. Il nous propose un horizon de pensée permettant de mieux comprendre rapports, échanges et flux qui transforment les hommes.

  • Le « retour à Freud » de Lacan est lié en partie, selon l'auteur, à sa rencontre avec l'anthropologie de Lévi-Strauss. Analysant l'itinéraire de ce retour, l'auteur montre tout ce que Lacan doit à Lévi-Strauss dans le progrès de son élaboration théorique (de l'imaginaire au symbolique, l'invention du « nom du père ») comme au coeur de la clinique. Le lecteur rencontrera un Lacan blessé par les épreuves, scission, excommunication et autres... Le but de ce livre est de raconter cette histoire : « Jadis, l'esprit du père mort de la psychanalyse revint par les sentiers de l'anthropologie de Lévi-Strauss. »

  • Les hommages à Claude Lévi-Strauss privilégient les dimensions littéraire ou écologique de l'oeuvre sans s'attarder aux études de parenté.Or, le meilleur hommage à rendre à une oeuvre scientifique est de la discuter scientifiquement. Souvent présentée comme une révélation jaillie du terrain amazonien ou de la rencontre avec Jakobson, la modélisation structurale de la parenté doit être replacée dans l'histoire des sciences. Dès 1939, Marcel Granet avait énoncé la typologie complète des systèmes de parenté, réduisant l'inceste à une « faute de jeu » et valorisant la « réciprocité élargie » des alliances.
    Partant du modèle Granet/Lévi-Strauss, l'enquête parcourt les formalisations de la parenté du droit romain à nos jours, en privilégiant la notion de bifurcation, sexuée ou non. On découvre qu'hommes et femmes sont interchangeables dans la théorie classique de l'alliance, à moins d'être séparés par un écart d'âge structural. Que les classifications cognitives de la parenté ruinent les interprétations démographiques. Que les locuteurs ne confondent pas l'individu avec ses équivalents structuraux : ego n'est pas quelconque mais quelqu'un. Et qu'il faut réfuter les théories déterministes qui prétendent loger des ressorts inconscients dans les structures de parenté, comme l'ordre mathématique des choses, l'intérêt caché (Pierre Bourdieu) ou le contact des chairs (Françoise Héritier).
    Nourri d'exemples anciens (Égypte pharaonique, Rome impériale, Europe classique...) ou actuels (Sahara, Inde du Sud, Australie, Nouvelle-Guinée...), l'ouvrage est émaillé de 240 « diagrammes de structure » spécialement conçus pour exposer au regard et à la critique les postulats de la logique structurale.

  • Les années 1960 furent le théâtre de l'un des épisodes les plus brillants de l'histoire de la pensée philosophique en France. Elles s'ouvrirent sur le triomphe public du structuralisme, avec La Pensée sauvage de Lévi-Strauss, se continuèrent par le renouvellement du marxisme proposé par Althusser et de la psychanalyse par Lacan, et s'achevèrent avec une série d'oeuvres comme celles de Foucault, Deleuze, Derrida et Lyotard, qui ont décidé du visage de la philosophie contemporaine.
    L'héritage de cette période a néanmoins été difficile, suscitant tantôt une fascination mimétique, tantôt un rejet caricatural. Depuis quelques années, les auteurs qui l'ont marquée font individuellement l'objet d'une réception savante plus mesurée et plus profonde, au risque cependant de perdre la dimension collective et transversale qui la caractérisait. Le but de cet ouvrage est de réunir certains des meilleurs spécialistes pour prendre toute la mesure de ce qui a constitué, par son intensité et son ampleur, un « moment philosophique » exceptionnel.
    Il offre à la fois une traversée de quatre dimensions transversales (épistémologique, politique, esthétique et philosophique) et une relecture de quatre livres singuliers : La Pensée sauvage de Lévi-Strauss (1962), Lire Le Capital et Pour Marx d'Althusser (1965), les livres de Derrida autour de De la grammatologie (1967), et Discours, Figure de Lyotard (1971). Traversant aussi bien les mathématiques de Bourbaki que la linguistique structurale, l'anthropologie de Lévi-Strauss que la psychanalyse freudienne, le marxisme d'Althusser que celui d'Adorno, le théâtre de Brecht que le cinéma de Godard, ce livre invite à redécouvrir ce moment non pas comme un objet historique à circonscrire, mais comme un mouvement ouvert où se sont décidées certaines des tâches qui nous incombent encore, aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est le fruit d'une expérience de l'enseignement universitaire de l'anthropologie des religions, éclairée par la fréquentation des grands auteurs autant que par la connaissance du terrain des religions, notamment africaines.
    Ce parcours personnel n'est ni une simple introduction à l'anthropologie des religions, ni une étude spécialisée des grandes figures de l'anthropologie et de leurs théories de la religion. Les choix retenus privilégient l'association étroite d'un anthropologue, d'une oeuvre et d'un objet : par exemple, Claude Lévi-Strauss, Le totémisme aujourd'hui, et la fonction symbolique. Sont donc étudiés ici des auteurs aussi importants que R. Bastide, M. Augé, J. Favret-Saada, Cl. Geertz ou encore R. Hertz. Chemin faisant, les filiations et les reprises du questionnement sont soulignées autant que les ruptures. Le fil conducteur est la question qu'Evans-Pritchard fut l'un des premiers à poser : le rapport des anthropologues aux choses religieuses dans la construction même de leurs objets.

  • Mort en 2009, à plus de cent ans, Claude Lévi-Strauss a laissé une oeuvre immense et protéiforme. Présenté comme le fondateur d'un des courants des sciences sociales les plus féconds de l'après-guerre, le structuralisme, on retient de lui l'image d'un savant professeur du Collège de France ou celle d'un élégant académicien. Son parcours, celui d'un militant politique passé du socialisme à l'anthropologie, reste donc très peu connu. Pourtant, la pensée de Lévi-Strauss, sa réussite universitaire, le rayonnement de son oeuvre bien au-delà des cercles de spécialistes, sont les produits d'un cheminement ininterrompu depuis son premier engagement socialiste. En établissant le lien entre les années 1930 et les années 1950, "Lévi-Strauss politique, de la SFIO à l'Unesco" retrace l'importance de l'engagement politique de ce formidable intellectuel du XXe siècle et met en lumière aussi bien l'univers esthétique que les visées morales qui ont nourri son oeuvre.

  • La revue Voix et Images consacre son plus récent numéro à Laure Conan et plus particulièrement à son roman Angéline de Montbrun. Ce cent-trentième numéro propose des réflexions inédites qui soulignent la contemporanéité du roman. Le premier article propose une relecture des fictions historiques de Conan à la lumière d'une reconstitution du paysage socioculturel de La Malbaie, à la fin du XIXe siècle. Le second approfondit la possibilité d'une lecture religieuse du roman. Les deux suivants abondent dans le même sens, tout en mettant au jour les voix discordantes qui minent l'hégémonie du clergé et du conservatisme religieux à l'intérieur du roman, l'un à l'aide de la figure mondaine de Mina, l'autre à l'aide du réinvestissement du féminin permis par la dissolution de l'utopie ultramontaine. Les articles suivants s'intéressent, eux, au personnage d'Angéline lui-même, au plan entre autres de ses désirs et de son identité. Ce numéro comporte aussi une étude sur les historiettes de Jacques Ferron ainsi que des chroniques sur les parutions récentes en littérature québécoise.

  • Beaucoup de livres ont été écrits sur la Polynésie, beaucoup détudes ont été faites sur lexotisme océanien. En relevant tous les poncifs qui ont structuré et structurent encore aujourdhui le regard porté sur le Polynésien, lauteur décrit dabord le masque ambivalent dont on affuble lAutre, il explique ensuite que ce masque est indépendant du sujet quil prétend décrire. Cette analyse anthropologique et philosophique du discours occidental sur laltérité polynésienne nous invite à une double interrogation : quest-ce qui, en nous, nous empêche de voir lAutre, et quelles altérités objectives devons-nous apprendre à voir ?
    Ce travail a une propension philosophique universelle importante, il nintéresse pas
    seulement le cercle érudit des anthropologues ou des philosophes. En effet lécriture de ce livre est pédagogique : elle mime, dans un itinéraire qui va de Platon à Lévi-Strauss, des premiers découvreurs aux observateurs contemporains, la stratégie silencieuse qui articule tous nos lieux communs. Par là elle rend celle-ci inopérante et restitue, enfin, les conditions dune réflexion véritablement anthropologique comme celle dun dialogue avec lAutre.

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