• De la période précoloniale aux années 2008-2009 (la fin de Mobutu et la guerre civile), en passant par l'exploration de Stanley (1870), cette histoire du Congo n'avait jamais été écrite. Se fondant sur un travail de documentation époustouflant et des mois d'enquête parfois rocambolesque, voire périlleuse, David Van Reybrouck prend tour à tour la plume du romancier, du journaliste et du dramaturge pour raconter ce pays avec une inlassable curiosité, une ingénieuse rigueur et un réel courage.

    Il signe un essai total, une somme extrêmement riche, un livre de référence mais aussi un hymne jubilatoire à l'extraordinaire vitalité de tout un peuple qui a déjà passionné plus de 300 000 lecteurs aux Pays-Bas et dans les Flandres.

  • Être vrai, me dépouiller des masques, oser l'abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l'existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. Pour demeurer fidèle à soi, pour vivre une authentique simplicité du cœur, tout un art est requis. C'est celui-ci que j'ai librement esquissé ici. Comment s'abandonner à la vie sans baisser les bras ? Comment goûter la joie sans nier le tragique de l'existence ? Comment traverser le découragement sans devenir amer ?
    Ce Petit Traité de l'abandon tente de dégager un chemin vers la liberté intérieure et de dessiner un art de vivre qui permette d'assumer les hauts et les bas du quotidien. Ni mode d'emploi ni recette, juste des explorations pour découvrir quelques outils, et des exercices spirituels pour avancer. Ainsi, j'ai puisé dans la tradition philosophique et celle du zen une invitation à une vie plus simple, car le bonheur ne procède pas de l'accumulation mais du dépouillement. C'est la joie qui mène au détachement et non le contraire. D'où cet itinéraire vers l'abandon, né de mes joies et de mes blessures.
    A. J.
    Né en 1975, Alexandre Jollien a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées physiques. Philosophe et écrivain, il est l'auteur d'une œuvre qui connaît un succès constant, avec Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999, prix de l'Académie française) et, au Seuil : Le Métier d'homme (2002), La Construction de soi (2006), Le Philosophe nu (2010).
    Voir le site de l'auteur

  • Aimer quelqu'un qui ne veut pas s'engager, être déprimé après une séparation, revenir seul d'un rendez-vous galant, s'ennuyer avec celui ou celle qui nous faisait rêver, se disputer au quotidien : tout le monde a fait dans sa vie l'expérience de la souffrance amoureuse. Cette souffrance est trop souvent analysée dans des termes psychologiques qui font porter aux individus leur passé, leur famille, la responsabilité de leur misère amoureuse.
    Dans ce livre, Eva Illouz change radicalement de perspective et propose une lecture sociologique de la souffrance amoureuse en analysant l'amour comme une institution sociale de la modernité. À partir de nombreux témoignages, d'exemples issus de la littérature et de la culture populaire, elle dresse le portrait de l'individu contemporain et de son rapport à l'amour, de son fantasme d'autonomie et d'épanouissement personnel, ainsi que des pathologies qui lui sont associées : incapacité à choisir, refus de s'engager, évaluation permanente de soi et du partenaire, psychologisation à l'extrême des rapports amoureux, tyrannie de l'industrie de la mode et de la beauté, marchandisation de la rencontre (Internet, sites de rencontre), etc. Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle propre à la modernité qui laisse l'individu désemparé, pris entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.
    Un grand livre de sciences sociales sur le destin de l'amour dans les sociétés modernes.
    Eva Illouz est professeure de sociologie à la Hebrew University de Jérusalem. Elle est l'auteure de nombreux livres, traduits en une quinzaine de langues, parmi lesquels Les Sentiments du capitalisme, paru aux Éditions du Seuil en 2006.

  • Sous ce terme de « métapsychologie », néologisme proposé par Freud à l'origine de la psychanalyse, vers 1895, se trouve désignée « la psychologie qui mène au-delà (méta) du conscient ». En 1915, l'heure est venue pour le créateur de la psychanalyse de présenter une synthèse de ses acquis. De ce grand Traité inachevé, mais sans cesse réécrit, sont demeurés ces essais précieux, que l'on trouve ici retraduits et présentés de façon à en montrer la genèse, la thématique et l'héritage. La pulsion et ses destins, le refoulement, l'inconscient : les concepts fondamentaux de la psychanalyse se trouvent définis et explorés avec rigueur et souplesse, tandis que le rêve et la mélancolie sont revisités de manière révolutionnaire. Le lecteur soucieux de s'introduire, un siècle plus tard, dans les arcanes de la psychanalyse fera ici la connaissance de « la sorcière métapsychologie ».
    On ne peut qu'être saisi de la belle rationalité freudienne, où la « fantasmation » spéculative rejoint l'extrême singularité du fait clinique - ce qui donne à ce livre la portée d'un véritable Discours de la méthode psychanalytique.

  • Ce dictionnaire amoureux est l'expérience de toute une vie de mélomane, le vagabondage réussi d'un auteur au service du plus grand nombre de curieux possible.
    Cet ouvrage est le livre d'une vie. Une vie d'écoute et donc de passion. D'aussi loin que je me souvienne, la musique fut pour moi comme une évidence. Du coté de ma mère, tout le monde avait chanté, joué du piano, été à l'opéra. Du coté de mon père, il y avait eu deux très bons professionnels. Enfin, les Soeurs m'ont fait un don, entre tous inestimable : elles m'ont appris à poser ma voix sur mon oreille. L'enfant solitaire que j'ai été n'a pas eu de mal à apprendre du Chérubin de Mozart et, quand on n'a personne pour qui chanter (ou même à qui parler), eh bien, on chante aux brises. Enseignant je fus, ce qui oblige à mieux savoir ce qu'on sait et mieux aimer ce qu'on aime. Rassure-toi donc, lecteur : de Glyndebourne à Salzbourg, de Bach à Dutilleux, tu trouveras ici tout ce qu'il faut pour te plaire tant le vagabondage de l'auteur est insatiable.Professeur de philosophie, André Tubeuf a collaboré à de nombreuses revues (notamment Le Point, Classica et Diapason). Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont L'Offrande musicale (Laffont, coll. " Bouquins ", 2007) et Ludwig van Beethoven (Actes Sud, coll. " Classica ", 20069) qui lui a valu le prix de l'Essai de l'Académie française.

  • « Anne-Marie ne sera même pas capable de balayer les couloirs d'un hôpital ! »Cette sentence familière à bon nombre de naufragés de l'orthographe, Anne-Marie Gaignard l'a entendue enfant, avant d'être diagnostiquée dyslexique et abandonnée à son sort. Elle-même persuadée d'être « nulle », elle traîne sa mauvaise orthographe jusqu'à la première partie de sa vie professionnelle. Lire un livre, écrire une carte, rédiger un mail : les gestes du quotidien deviennent une épreuve et un véritable tourment. Son ras-le-bol monte jusqu'à ce qu'elle découvre tardivement qu'elle n'est pas dyslexique, mais dysorthographique. Elle n'a simplement pas assimilé la méthode d'apprentissage utilisée par ses instituteurs. Et cela se corrige !Dans La revanche des nuls en orthographe, Anne-Marie Gaignard raconte ses blessures et son expérience, celles aussi des enfants stigmatisés, des adultes méprisés, autant d'êtres en souffrance auxquels elle propose une approche iconoclaste faisant la part belle à l'empathie. Sans concessions, elle tacle une certaine catégorie d'enseignants, de médecins, de spécialistes en tout genre, avec une gouaille volontiers provoc. Aujourd'hui, son combat n'est plus seulement personnel. La dysorthographie n'est pas une maladie et les solutions existent.Les nuls en orthographe prennent la plume, et ils ont beaucoup de choses à dire.

  • Après Le Triomphe de la cupidité (Les Liens qui libèrent, 2010 ; Babel n° 1042, 2011), le grand livre sur les inégalités que l'on attendait par Joseph Stiglitz. Le célèbre prix Nobel montre combien les inégalités ont prospéré dans nos sociétés, combien elles sont néfastes à nos économies et dangereuses pour la paix sociale.

  • Revenir à soi pour mettre notre cohérence au service de l'essentiel. La cohérence est un précieux outil de vie car le fait d'agir en accord avec ce que nous vivons constitue un gage de succès. Il est donc important de discerner au service de quelles intentions nous utilisons notre cohérence. Agissons-nous sous la pression des peurs de notre ego ou bien sommes-nous motivés par les intentions apaisées de notre moi profond ? A travers son témoignage personnel, Thierry Janssen nous rappelle combien il est difficile de rester cohérent par rapport à ce que l'on appelle l'Essence ou le Soi. C'est pourtant la seule quête qui vaille vraiment la peine d'être menée au cours de notre existence.

  • La société devient de plus en plus compétitive. Un monde néo-darwinien où les plus faibles sont éliminés et soumis au mépris des vainqueurs est en train de s'imposer.
    Dans les entreprises comme dans les couples, les indicateurs de bien-être reculent. Car la compétition sans la coopération ne fonctionne pas.
    Pour l'économiste Daniel Cohen, rien n'est inéluctable dans ces évolutions. Mais à l'heure où des milliards d'humains se pressent aux portes d'un modèle occidental défaillant, il y a urgence à repenser le rapport entre la quête du bonheur individuel et la marche des sociétés.
    Prolongeant les réflexions de son précédent livre, La Prospérité du Vice, l'auteur nous entraîne de la Rome antique au Pékin d'aujourd'hui en passant par l'Amérique, dressant une vaste carte des plaisirs et des peines du monde contemporain.
    Un essai aussi provocateur qu'intelligent.

  • Le principe de ce Grand Livre des philosophes est simple : rendre accessibles à tous ceux qui s'intéressent à la philosophie les oeuvres des plus grands philosophes de tous les temps. Chaque philosophe y est ainsi considéré via une oeuvre majeure de son répertoire, cet ouvrage partant du principe qu'il vaut mieux approfondir un texte plutôt que papillonner autour de plusieurs. Platon, qui inaugure ce volume, est donc décrypté via La République, Marc Aurèle par Les Pensées, Machiavel par Le Prince, Spinoza par L'Ethique, Karl Marx par Le Capital, Nietzsche par Ainsi parlait Zarathoustra, Sartre par L'Etre et le Néant, etc. Ainsi, à travers 31 philosophes, le lecteur non philosophe, peu ou pas assez philosophe voire simplement désireux d'appréhender autrement la philosophie aura-t-il la possibilité de nouer une première relation avec la philosophie dans un langage clair et une atmosphère détendue. Ce livre est une traduction de l'allemand, il est devenu en Allemagne un best-seller !

  • L'extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale aurait été oubliée, dit-on, au lendemain de la guerre, voire refoulée, et que l'opinion française en a été ignorante jusqu'aux années 1970. Or, cette approche psychologique ne tient pas. Juifs et non-Juifs se sont efforcés dès le lendemain de la guerre de penser le génocide dans sa singularité. Les élites intellectuelles, dès les années 1945-1950, se sont exprimées publiquement, et très fortement. Soulignons en particulier le rôle précoce des catholiques et des protestants dont les écrits bouleversants témoignent de leur prise de conscience ; ils iront même jusqu'à adressee des demandes de pardon aux Juifs. Puis ce sont les romanciers, les cinéastes et les hommes de théâtre qui font passer dans l'opinion, au cours des années 1950 puis 1960, la connaissance du génocide. Lorsque la Guerre des Six Jours éclate en juin 1967, elle rencontre une opinion publique déjà parfaitement instruite, qu'elle n'a pas besoin de réveiller - comme on le dit généralement - car elle ne dormait pas. Alors commence l'action de Beate Klarsfeld, ses scandales calculés pour que la conscience du génocide gagne la sphère politique et que, contraint, l'Etat français s'engage dans la voie des procès. La phase de la reconnaissance publique de l'extermination commence ; mais elle n'aurait jamais pu exister sans le lent travail de maturation et de prise de conscience de l'opinion

  • Avec les pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, l'Église serait-elle, comme une vieille dame, atteinte d'ostéoporose ? Telle est en effet le diagnostic implacable que fait Hans Küng. Extérieurement, l'Église catholique est affectée par une crise sans précédent en Europe : absence de prêtres, départ massif de fidèles, absence de toute réforme du gouvernement romain, scandale de la pédophilie des prêtres, rigorisme moral insupportable, autoritarisme, restauration anté-conciliaire qui se dessine, traditionalisme liturgique, œcuménisme défaillant. Küng va aux causes profondes et lointaines de cette débâcle : un système romain – de puissance, de fermeture, d'arrogance – a fait son temps. Juridisme, cléricalisme, système de gouvernement médiéval, mentalité de croisade, méfiance envers la sexualité humaine, refus de toute réforme, mépris de la science aujourd'hui comme hier, refus de la démocratie – réservée aux autres –, goût du secret, haine du moderne, autocélébration et autoconservation internes qui se refusent à toute autocritique véritable : n'en jetez plus ! Il propose aussi toute une série de remèdes, car le mal ne lui paraît pas (encore) mortel, pour " guérir " l'Église catholique : des réformes pour être plus fidèle l'Évangile, et non pour faire plaisir à l'esprit du temps.
    Hans Küng, jeune théologien brillant d'origine suisse, fut expert au Concile Vatican II (1962-1965) en même temps que Josef Ratzinger. Dernier livre de Hans Küng au Seuil : Faire confiance à la vie (2010).

  • Originaire d'une famille de modestes marins et lui-même marin, Garibaldi a choisi tout jeune de consacrer sa vie à la cause de la liberté. En Amérique latine d'abord où il a combattu pendant près de quinze ans au service des démocrates du Rio Grande do Sul et de l'Uruguay, puis en Italie où ce guérillero désintéressé a achevé de bâtir sa légende. Personnage aux multiples visages, immortalisé par la chemise rouge qui fait de lui une cible vivante et que portent également ses compagnons d'armes, Garibaldi restera jusqu'à sa mort, et longtemps après encore le « héros des Deux-Mondes », l'homme qui le plus a oeuvré pour l'émancipation et pour l'unité de l'Italie, avant de militer pour la paix entre les peuples et pour plus de justice sociale. Fidèle à ses engagements et désireux d'acquitter la « dette » qu'il dit avoir contracté envers la France, à demi-infirme et souffrant de douloureux rhumatismes articulaires, il débarque à Marseille avec quelques centaines de « chemises rouges » pour apporter « ce qu'il reste de lui » au gouvernement de la République et remporter, à Dijon, l'un des rares combats victorieux livrée aux Prussiens par l'armée de la Défense nationale. C'est ce personnage de légende, sans doute celui dont la notoriété dépasse celle de tous les « grands hommes » du XIXe siècle, dont Pierre Milza retrace dans ce livre le destin héroïque.

  • La découverte de la vaccination contre la rage reste le plus beau titre de gloire de Louis Pasteur (1822-1895) ; elle lui valut le surnom de « bienfaiteur de l'humanité ». Pasteur n'était pourtant pas médecin, mais chimiste, et ses travaux furent très divers, allant de la cristallographie jusqu'à la microbiologie en passant par l'étude des fermentations. Malgré leur diversité, tous ces travaux s'articulent les uns aux autres avec une grande logique. Et tous eurent, de la volonté même de Pasteur, une multitude de retombées, non seulement en médecine, mais aussi dans le domaine agro-industriel.
    Cet ouvrage regroupe, en un panorama chronologique, les principaux textes sur la dissymétrie moléculaire, les fermentations, la génération spontanée, les maladies du vin et de la bière, le choléra des poules, le charbon du mouton, et enfin la vaccination contre la rage.

    En couverture : Louis Pasteur dans son cabinet de travail à l'Institut, gravure, XIXe siècle. © Bianchetti / Leemage.

  • C'est sans doute le dernier secret de Khadafi. Et le plus scandaleux.
    En novembre 2011, Annick Cojean publiait dans Le Monde un article terrifiant. Une jeune femme y racontait comment l'année de ses 15 ans, le Guide libyen la repérait dans son école, lui caressait les cheveux, et la désignait ainsi à ses gardes comme son esclave sexuelle à vie. Violée, battue, forcée par son maître à consommer avec lui alcool et cocaïne, et intégrée dans les troupes des «Amazones», elle ne pourra s'échapper de cet enfer que peu avant la Révolution. Une vie brisée.
    Une seule ? Non, des centaines, sans doute plus. Mais le sujet, en Libye, reste totalement tabou.
    Dans les coulisses d'une dictature, dans le lit d'un chef d'Etat drogué en permanence, tyran d'opérette mais vrai meurtrier, nous plongeons dans un système d'esclavagisme, entre corruption, terreur, viols, crimes. Un système aux complicités multipes, bien au-delà du seul territoire libyen.
    Pour recueillir l'incroyable histoire de la jeune Soraya et d'autres femmes révoltées, Annick Cojean a mené secrètement l'enquête à Tripoli, cette prison à ciel ouvert.

  • « Sous les perches des preneurs de son, on l'aperçoit parfois au milieu du cordon des gardes du corps. Des adolescents hystériques jurent qu'ils ne se laveront plus jamais la main après avoir serré la sienne. Des journalistes sont prêts à me piétiner pour rester au contact du candidat. Des ouvriers en colère hurlent, menaçants, qu'ils auront la peau des journalistes.
    Hier à Lyon, aujourd'hui à Gandrange, demain à Varsovie ou à Londres, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Trappes, Rouen, Berlin, la Guadeloupe, la Guyane, le soleil ne se couche jamais sur la campagne présidentielle.
    Hollande, président ? On rêve. Les ennemis d'hier sont les alliés d'aujourd'hui. Valls monte la garde. Montebourg se prend pour César.
    En face, l'adversaire brûle ses vaisseaux. A la télé, on disserte sans fin sur sa stature ou le hallal. Pendant ce temps, Mélenchon récite des pages de Victor Hugo. Ceux qui trouvent la campagne chiante en parlent pendant des heures, des jours, des mois.
    Des hélicoptères tournent dans le ciel de Tulle.
    Tout est normal. »L.B.

  • " Cathos de gauche " : l'expression s'est imposée dans la seconde moitié du XXe siècle pour désigner un monde de militants et de " clercs ", d'organes de presse et de mouvements, laïques ou religieux, dont la contribution politique, sociale, culturelle et intellectuelle à l'histoire de la France de l'après-guerre apparaît souvent oubliée.
    Cet ouvrage retrace pour la première fois l'aventure des " chrétiens de gauche ", comme on devrait appeler plus justement les catholiques et les protestants de cette mouvance. Contre une Église catholique jusque-là massivement portée à droite et une Église protestante embourgeoisée, ils voulaient, au nom de leur foi, s'engager dans la Cité et peser sur la politique tout en changeant le visage de leurs Églises. Décolonisation, syndicalisme, autogestion, féminisme, tiers-mondisme... : ils ont été de toutes les luttes, et souvent même à l'avant-garde de la contestation. Beaucoup engagèrent un dialogue exigeant avec la tradition marxiste. Après le concile Vatican II et Mai 68, certains furent même tentés par la révolution dans la société et dans leurs Églises. Leur contribution à la rénovation de la gauche socialiste puis à l'élection de François Mitterrand en 1981 fut ensuite décisive.
    Mais la réforme de l'Église catholique n'est-elle pas devenue restauration sous Jean-Paul II puis Benoît XVI ? Et la victoire de la gauche en 1981 n'a-t-elle pas sonné l'heure du déclin politique de la gauche chrétienne ? Que reste-t-il aujourd'hui de ses combats et des idéaux qu'elle entendait porter ? Au-delà d'une parenthèse utopique, c'est l'évolution du rapport entre le politique et le religieux, à l'épreuve de la sécularisation de la société française, que cette histoire éclaire.
    Réunis autour de Denis Pelletier, historien, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (EPHE), et de Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, membre du comité de direction de la revue Esprit, treize des meilleurs spécialistes de cette histoire ont contribué à l'ouvrage.

  • Un récit de voyage d'une exceptionnelle authenticité qui témoigne de la montée inquiétante de l'intolérance et du fanatisme mais aussi, à travers des rencontres bouleversantes et lumineuses, de la force inépuisable du rêve de fraternité.
      À peine leur diplôme en poche, Charles et Gabriel décident de faire le tour du monde à vélo. Ils se donnent un an ; leur budget est serré : un euro par personne et par jour. Ils chercheront asile parmi des chrétiens quel que soit l'endroit où ils se trouveront. Partis de Paris, ils parcourront 11 000 km, n'hésitant pas à traverser des pays où l'Église est minoritaire, les chrétiens à peine tolérés et parfois persécutés.  Charles Guilhamon retrace pour nous ce voyage étonnant, bourré de péripéties et d'émotions. Il nous entraîne à la rencontre de communautés qui vivent leur foi comme dans les catacombes, à la manière des premiers chrétiens, et connaissent parfois le sort des premiers martyrs : en Irak chez les chaldéens, au Népal au lendemain d'un attentat à la bombe dans une église, dans une communauté catholique clandestine en Chine, chez les nouveaux occupants du monastère de Tibhirine en Algérie, auprès d'un prêtre sans paroissiens en Mauritanie ou de paroissiens sans prêtre en pleine Amazonie.Plus d'info sur le site du projet: www.surlestracesdeschretiensoublies.com  et la page Facebook du livre: www.facebook.com/surlestracesdeschretiensoublies.Découvrez également les vidéos: http://blog.lefigaro.fr/corpus

  • Si le produit intérieur brut d'un pays augmente chaque année et que le pourcentage de personnes privées d'instruction et de soins médicaux grandit lui aussi, ce pays est-il vraiment en progrès ? Nos indicateurs économiques échouent à saisir la réalité des vies individuelles. Nos théories du développement ignorent les plus élémentaires besoins de dignité. Mais il existe une alternative : l'approche des capabilités, sans doute la plus novatrice et la plus prometteuse des contributions de la philosophie politique à la question de la justice sociale.
    Que sont les capabilités ? Ce sont les réponses à la question : « Qu'est-ce que cette personne est capable de faire et d'être ? ».
    Au fil d'une passionnante discussion, Martha Nussbaum propose une liste de capabilités, garantes de domaines de libertés si centraux que leur absence rend la vie indigne. Son approche se présente comme une contribution au débat national et international, et non comme un dogme qui devrait être accepté en bloc. Une fois évaluée, soupesée, comparée avec d'autres, si elle résiste à l'épreuve de l'argument, elle pourra être adoptée et mise en oeuvre. Autrement dit, les lecteurs de ce livre seront les auteurs du prochain chapitre de cette histoire du développement humain.

  • Qu'est-ce que le genre ? Comment les identités sexuelles et les rapports entre hommes et femmes sont-ils construits, et comment se transforment-ils ? Quel rôle jouent, dans ces processus, la politique et les mobilisations collectives, l'économique et le social, mais aussi le langage et l'inconscient ? Historienne mondialement reconnue, Joan W. Scott a imposé l'idée selon laquelle le genre ne constitue pas seulement un domaine d'investigation : c'est un instrument critique destiné à transformer la réflexion dans tous les secteurs. Pour elle, il se situe au coeur de toute relation de pouvoir et traverse l'ensemble des dynamiques à l'oeuvre dans la société. Ce volume réunit les grands essais de Joan W. Scott sur le genre publiés entre 1986 et 2011. Ces textes renouvellent ainsi l'analyse de questions aussi diverses que le sécularisme, la laïcité, la démocratie, la représentation de l'État et de l'identité nationale, ou encore celle du marxisme et des classes sociales. À l'heure où les études sur le genre se multiplient, Joan W. Scott s'interroge sur l'avenir du féminisme. Elle s'inquiète de la manière dont cette catégorie est si souvent vidée de ses implications radicales. Et montre comment elle peut continuer à nous inciter à penser autrement.

  • L'édition française s'est métamorphosée depuis les années 1970. D'encore artisanale et familiale, l'édition est passée à l'âge industriel. Alors que l'influence des médias de masse s'accroît et que de puissants groupes industriels et financiers investissent dans le livre, la profession a dû se tourner plus largement vers le grand public. S'ouvre alors l'âge des fast books et des productions " de consommation ". Que s'est-il passé ? Quelles ont été les tactiques et stratégies des maisons historiques pour s'adapter et s'imposer ? Dans cette chronique détaillée de la vie du livre de 1975 à nos jours, Olivier Bessard-Banquy raconte aussi plus de trente ans d'histoire littéraire et dévoile les secrets de l'édition à l'heure de son nouveau défi : le numérique.

  • En février 1943, Claude-Edmonde Magny écrit cette Lettre sur le pouvoir d'écrire à Jorge Semprún. Dans son « homélie » adressée au « jeune poète », elle explique avec force en quoi consiste le pouvoir d'écrire : « Écrire est une action grave, qui ne laisse pas indemne celui qui la pratique. Une fois engagé dans cette voie, il n'est pas de retour en arrière qui soit possible - pas plus d'ailleurs que lorsqu'on est engagé dans un progrès spirituel quelconque. » Elle conclut : « Mon cher Jorge, je ne saurais trop vous conseiller de réfléchir avant de vous consacrer tout entier à un exercice si vain, si dangereux, et qui mesure si implacablement le degré de réalité spirituelle auquel il a été donné à l'homme de parvenir. »
    Jorge Semprún ne lira cette lettre que deux ans plus tard, en 1945, à son retour de Buchenwald. Elle l'accompagnera sa vie durant.

    Adaptation Studio Flammarion

  • Troisième ouvrage issu de la collaboration entre Antonio Negri et Michael Hardt, Commonwealth poursuit la critique du triumvirat république, modernité et capital, en affirmant la nécessité d'instituer et de gérer un monde de richesses partagées. Le commun en question est de nature écologique mais aussi biopolitique, puisque ce sont les connaissances, langages, images, codes, affects et réseaux de communication qu'une société produit de manière collective. Face à une république devenue république de la propriété privée - tant au niveau national que global - au fil des constitutions et des grandes révolutions bourgeoises, la multitude doit apprendre à se réapproprier le commun, et devenir par là un projet d'organisation politique.
    Pour ce faire la critique ne suffit pas, aussi Negri et Hardt esquissent-ils les ligne de fuite de l'alter-modernité - ces forces de résistance mais aussi de renouvellement. Negri et Hardt confient donc la lutte des classes à l'autonomie croissante du travail biopolitique. Ainsi les aptitudes économiques montrent la voie aux aptitudes politiques de la multitude. Cet ouvrage, et l'étude des manières d'instituer le commun qu'il propose, gagne une nouvelle perspective au vu des événements récents, notamment du printemps des révoltes arabes.Traduit de l'anglais par Elsa Boyer

  • Le sel est à l'époque le conservateur des aliments et son exploitation (sel gemme, marais salants) est d'autant plus profitable aux caisses du royaume qu'il est frappé d'un impôt, la gabelle, collecté par quelques monopoleurs qui avancent et prêtent à l'État. C'est en dépouillant des liasses de minutes notariales relatives aux litiges entre ces puissants réseaux et l'État que Daniel Dessert, à travers l'étude des ministères Richelieu, Mazarin et Colbert, opère un renversement historique révolutionnaire de ce qu'on a convenu d'appeler la monarchie absolue : l'examen du microcosme des bailleurs de fonds de « Messieurs des Gabelles » montre qu'il s'agit d'une minorité puissante et fortunée qui aide la monarchie dans un cadre contractuel et contraignant. Le système fisco-financier et in fine l'essor de l'État moderne reposent sur leurs épaules.
    Ce petit livre magistral remet en cause deux images d'Épinal colportées par l'enseignement traditionnel de l'histoire : celle qui fait de Richelieu et Colbert des serviteurs intègres de l'État (Mazarin l'étranger présenté comme une contre-image), celle qui confère un pouvoir sans partage à un monarque dépendant, en fait, des « oligarques » qui alimentent une trésorerie sans cesse mise à mal par la guerre de Trente ans contre les Habsbourg à l'extérieur et par l'apparat de la souveraineté à l'intérieur.

empty