• "Un simple grain de sable suffit à construire une grande histoire"
    En 2011, alors qu'il regarde les derniers chars syriens quitter le Liban, Amin est rattrapé par son passé. Il avait à peine quelques mois lorsqu'il a lui aussi quitté le pays avec sa grand-mère, après la mort brutale de ses parents. De retour à Beyrouth en 1994, le garçon de treize ans tente de découvrir ses origines dans une ville aussi fascinante que déroutante. Mais il se heurte à bien des résistances, des silences et des omissions, qui nourrissent une enquête de presque vingt ans. Pas à pas, Amin démêle les énigmes familiales enracinées dans les conflits armés, et il fait entendre la voix de cette "génération perdue".
    Après
    Tant qu'il y aura des cèdres, Pierre Jarawan poursuit son exploration du Liban, de ses fragilités mais aussi de ses trésors. Dans la tradition des contes orientaux, ce chant vibrant de la mémoire déploie un roman tissé de mille fils qui, grâce à une bouleversant histoire d'amitié, ressuscite les disparus de la guerre civile.

  • Petite nation au rayonnement indéniable, sans cesse menacée de l'intérieur ou de l'extérieur, le Liban traverse une crise profonde dans une région en plein chaos.
    Seul pays au Moyen-Orient à montrer un goût marqué pour la culture, à rejeter le radicalisme religieux, à n'avoir jamais connu de régime autoritaire, le Liban fait figure d'exception. Toutefois, cet équilibre fragile a été mis en péril par plusieurs guerres civiles, les occupations israéliennes et syriennes, la présence de réfugiés palestiniens, les ingérences de certains de ses voisins, les inégalités socio économiques et la déliquescence de la classe politique.
    De l'Antiquité à nos jours, Xavier Baron retrace la fascinante histoire du pays des cèdres.

  • ô nuit, ô mes yeux

    Lamia Ziadé

    Dans ce livre il y a les cabarets du Caire, les studios, villas, casinos du Caire, les maris, les amants, l'alcool, les somnifères, l'argent, les suicides, les brownings, les scandales, les palaces. Il y a le chant, la musique, la voix, les ovations, les triomphes, la gloire. Il y a l'audace, le génie, l'aventure, la tragédie. Il y a des poètes et des émirs, des danseuses, des banquiers, des officiers, des imams, des cheikhs, des actrices, des khawagates, des musiciens, des vamps, des noctambules, des révoltés, des sultans, des pachas, des beys, des espionnes, des prodiges, des rois d'Égypte et la cour. D'éminents journalistes, de célèbres compositeurs, des patronnes de clubs, des grands chambellans, des joueurs de oud. Il y a la petite paysanne du delta et la princesse druze, le fils du muezzin et le chanteur solitaire, la star juive et le colonel héroïque. Il y a Asmahan, Oum Kalthoum, Abdelwahab, Farid el Atrache, Samia Gamal, Leïla Mourad, Nour el Hoda, Sabah, Fayrouz, il y a les astres de l'Orient. Il y a la classe, le glamour, la touche, le style. Il y a l'amour, la passion, la haine, la vengeance. Il y a des verres et des cigarettes, des cartes à jouer, des jetons, des dés, des bijoux, des drapeaux, des corans. Il y a les cinémas de Beyrouth, les palais de Damas, les quais d'Alexandrie, les rues de Jérusalem, la cour de Bagdad. Il y a la radio, les disques, les micros, les caméras, les génériques, les néons, le rideau, l'orchestre, le concert, le public, la transe. Il y a la voix des Arabes. Il y a les grands hôtels, le Saint-Georges, le King David, l'Orient Palace, le Mena House. Il y a la chute de l'Empire ottoman et il y a la guerre en Palestine, il y a la prise du canal de Suez et la défaite de 1967, il y a un siècle au Proche-Orient.

  • Contre l'avis de sa famille, le narrateur, un jeune franco-libanais, a décidé de se rendre en Israël. Arrivé à l'aéroport de Tel-Aviv, il subit, comme il s'y attendait, un interrogatoire de plusieurs heures.
    Les questions fusent et se répètent. "Comment s'appelle votre mère ? Comment s'appelle votre père ? Comment s'appelle votre grand-père ? Comment vous appelez-vous ?"
    La succession et la répétition des questions en éveillent d'autres chez le narrateur, sur son identité. "Est-ce bien moi ce moi, qui moi et qui je ?"
    Dans un texte court, avec un mélange de gravité et d'humour, Sabyl Ghoussoub interroge la question de l'identité. Il est nourri par l'absurdité des conflits du Moyen-Orient, l'état de guerre entre le Liban et Israël, ces deux pays qui ne se voient pas...

    Né à Paris en 1988, dans une famille libanaise, Sabyl Ghoussoub a fait sa scolarité en France, a vécu à Beyrouth de 2011 à 2015 puis est revenu à Paris.
    Photographe et chroniqueur dans la presse libanaise et française, il a été directeur du Festival du film libanais de Beyrouth. En 2019, il a été commissaire de l'exposition à succès "C'est Beyrouth" à l'Institut des Cultures d'Islam de Paris.

    Son premier roman, Le nez juif, paru à l'Antilope en 2018, a été très bien accueilli.

  • Comment s'est formée l'entité libanaise ? Quelles sont les dix-huit communautés religieuses ? Pourquoi le cèdre est-il le symbole du Liban ? Le pays est-il toujours en guerre avec Israël ? Pourquoi les conflits régionaux pèsent-ils si fortement sur le territoire ? Le Hezbollah contrôle-t-il la vie politique ? Pourquoi la population s'est-elle soulevée en 2019 ?

    Le Liban moderne, issu des bouleversements qui ont suivi la Première Guerre mondiale et l'effondrement de l'Empire ottoman, présente une grande singularité aujourd'hui menacée. Bâti sur un pacte fondateur multiconfessionnel, le système libanais inclut dans son gouvernement des représentants des différentes communautés. Cette particularité est à la fois sa richesse et sa faiblesse. Après une âpre reconstruction aux lendemains de la guerre civile, le pays peine à rebondir. La complexité de sa construction est d'autant fragilisée que son économie est en panne, sa classe politique divisée et corrompue et que sa jeunesse proteste contre le manque d'avenir. Terrain d'affrontement privilégié des ambitions contradictoires au Moyen-Orient, ce petit pays aux larges promesses se trouve à un tournant inédit.

    Xavier Baron présente en 100 points clés toute la complexité du Liban et décrypte, à la lumière de son histoire, les nombreux défis politiques, sociaux, économiques et régionaux qu'il doit affronter s'il veut conserver son ambition d'exception culturelle dans une région traversée par la violence.

  • La simultanéité, l'ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l'automne 2019 au Chili, en Équateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d'autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours - en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... -, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde.
    Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l'espace marquent-elles un nouveau «printemps des peuples»? Si les revendications et les modes d'action convergent jusqu'à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir. Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l'héritage est revendiqué. Le visage des révoltes - celui d'une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important -, ainsi que l'évidence médiatique de ressorts communs - l'utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l'horizontalité des modes d'organisation... - méritent d'être interrogés.
    Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale?

  • Revue études N.4282

    Revue Etudes

    • Ser
    • 1 Mai 2021

    ÉDITORIAL

    Migrants : cri de détresse et appel au dialogue - Véronique Albanel

    INTERNATIONAL

    L'avenir du Liban - Tigrane Yégavian

    Le Liban, parvenu à la fin d'un cycle historique, reste ravagé par le confessionnalisme, l'hypertrophie du système bancaire et la corruption. La société civile exprime des attentes qui doivent être prises en compte. Les chrétiens pourraient jouer un rôle constructif.

    L'avenir des matières premières - Olivier Vidal

    Notre approvisionnement en ressources fossiles est essentiel dans le contexte des transitions énergétiques et numériques, conditionnées par l'accès à de nombreux métaux, et du développement économique rapide de la Chine, qui consomme la moitié des métaux produits dans le monde.
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    SOCIÉTÉ

    Une géographie de l'épidémie - Hervé Le Bras

    La Covid-19 a pris au dépourvu les sciences sociales qui peinent à la décrire, l'expliquer et en mesurer les conséquences. Celles-ci ont appliqué leurs méthodes et leurs instruments usuels mais ont peu pris en compte le déroulement géographique précis des contaminations et des décès.

    Travail dit « indépendant » : un inquiétant idéal - Fanny Lederlin

    Comment comprendre l'engouement actuel pour le travail indépendant, alors que le salariat incarnait jusqu'alors la sécurité et la dignité dans le travail ? Que révèle cet idéal d'un travail affranchi de toute contrainte mais aussi de tout lien et de toute « dépendance » aux autres ?

    Militantisme écologiste et désobéissance civile - Sonya Djemni-Wagner

    Les actions de mobilisation pour la défense de l'environnement se multiplient en France. Un nouveau militantisme écologiste se développe sous la forme de mouvements de désobéissance civile et en appelle au droit comme instrument d'action.

    RELIGION

    Avec Ivan Illich, affronter la crise de l'Église - Pierre-Louis Choquet

    Décédé en 2002, Ivan Illich reste, en France, surtout connu comme un précurseur de l'écologie politique et d'une pensée radicale de la décroissance. Sa foi chrétienne fut, toute sa vie durant, la matrice de sa liberté. Ses convictions vigoureuses peuvent aujourd'hui nous inspirer.

    Débat sur la laïcité - Entretien avec Dominique Avon et Valentine Zuber

    Le projet de loi « confortant les principes de la République » réinterroge les représentations de la laïcité. Plusieurs positions se confrontent sur le rapport entre libertés individuelles et collectives, le rôle de l'État à l'égard des différents cultes, les relations avec l'islam...

    CULTURE

    Ortese et Pasolini - Valérie Rossignol

    Figures marginales et passionnées de la littérature italienne, Anna Maria Ortese et Pier Paulo Pasolini ont su, par leur irréductible indépendance, résister à la quête de gloire et à l'épreuve du temps. Quel fut le rôle de ces écrivains résistants appelant à la défense des opprimés ?

    ACTUALITÉ CULTURELLE

    Expositions

    oLa voix des autres, une exposition en ligne

    oObjet livre, objet d'art, au Petit Palais

    Films

    o La voix humaine o Small Axe : une machine mémorielle o Mangrove o Hippocrate (saison 2) o Nomadland o

    Recensions

    o Les 37 livres de ce mois

  • Tribu, secte, peuple, religion, qui sont les Druzes, ces musulmans du Porche Orient que l'islam ne reconnaît pas comme siens ? Ce livre lève enfin le voile sur une communauté ancestrale qui témoigne des plus anciennes croyances de l'humanité. Une découverte. Minorité religieuse du Moyen-Orient actuel, les Druzes de Syrie, du Liban et d'Israël forment des communautés dont les chefs spirituels se caractérisent par une pensée ésotérique originale. Leur livre saint, la
    Sagesse, développe une interprétation nouvelle du Coran et jette les fondements d'un ésotérisme dogmatique qui tranche avec le shi'isme ismaélien dont il est issu.
    Sur le socle de leurs doctrines secrètes, les savants druzes du xve siècle établirent une doctrine juridique singulière en islam et des institutions propres à gérer les affaires privées des croyants. Le droit druze en dit long sur cette normativité, à l'instar de l'interdiction de la polygamie, de la répudiation ou du mariage mixte. Quels sont les fondements historiques de ce particularisme communautaire ? D'aucuns l'attribuent à un personnage mythique, l'émir al-Sayyid (m. 1479), quand d'autres y voient la preuve d'une singularité religieuse. Wissam H. Halawi examine cette période de transition en confrontant sources narratives et juridiques inédites.

  • Le nez juif

    Sabyl Ghoussoub

    "Elle m'a expliqué pourquoi sa dernière relation avec un New-Yorkais n'avait pas duré.
    - Le problème, c'est qu'il était juif. Pourtant, je le trouvais séduisant. Il faisait du skateboard et j'adore les mecs qui font du skate ! Mais juif, c'est pas possible. Et toi, ton ex ?
    Et moi ? Moi, qu'est-ce que j'allais lui répondre à Layal ? Que justement ma dernière copine à Paris était juive ?
    - Une Brésilienne, on est restés quatre mois ensemble, puis elle en a eu marre de moi.
    - Ah bon, pourquoi ?
    - Elle me trouvait trop compliqué.
    - Pourtant, t'as l'air facile comme garçon."

    Depuis tout petit, la mère d'Aleph lui répète : « T'es moche, j'espère que tu te referas le nez quand tu grandiras. Et en plus tu ressembles à un Juif. » Mais Aleph sort en boîte, séduit les filles, se fait des amis. Il s'engage, il voyage. Beaucoup au Liban. Il tombe amoureux, se retrouve dans le cinéma et rien ne se passe jamais comme prévu. Entre Paris et Beyrouth, Palestine et Israël, Hezbollah et Mossad, Aleph doit faire des choix. Arabe sous une peau de Juif, il est en quête permanente d'identité.

  • · Qu'est-ce vraiment que le MIT, le service du renseignement turc ?
    · Quel est le rôle joué par le MIT dans la stratégie néo-ottomane de Recep Tayyip Erdogan ?
    · Est-il autorisé à « liquider » des opposants à l'étranger ? Quelle a été son implication dans l'assassinat des trois militantes kurdes du PKK à Paris en 2013 ?
    · Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses méthodes ?
    · Quelles sont son histoire et son origine ?
    · Quelles sont ses opérations au Moyen-Orient, en Afrique, aux États-Unis, en Europe et finalement comment opère-t-il dans l'Hexagone ?
    Ce livre apporte des réponses à ces questions importantes pour mettre en pleine lumière ce qu'est le MIT qui se dissimule derrière un immense voile de secrets.
    Lorsqu'Erdogan accuse Macron d'être « en état de mort cérébrale » et que la marine turque cible des frégates françaises au large de la Libye, comprendre le fonctionnement du renseignement turc devient une nécessité urgente pour les élites politiques françaises, mais aussi pour le citoyen curieux...
    Un livre éclairant pour mieux comprendre la politique agressive du néo-sultan Erdogan.

    « Ce livre est un ouvrage essentiel pour comprendre le fonctionnement des services spéciaux turcs et surtout, pour deviner comment leurs compétences professionnelles sont mises à profit par le pouvoir du président Erdogan pour qu'il puisse parvenir à ses fins. »
    Alain Rodier
    ex-officier supérieur du renseignement français
    Directeur de recherche au CF2R

  • Le Proche-Orient, où l'on regroupe l'Égypte, la Syrie, le Liban, l'Irak, la Jordanie et Israël, occupe une place centrale sur l'échiquier géopolitique mondial. Au coeur des tensions qui marquent cette région, se trouve le conflit israélo-palestinien entré, depuis septembre 2000, dans une nouvelle phase paroxystique.

  • Région mouvante, le Moyen-Orient est le terrain de recompositions incessantes. Des accords Sykes-Picot au conflit israélo-palestinien, en passant par la rivalité entre sunnites et chiites et les guerres du pétrole, Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc proposent une analyse critique des représentations du Moyen-Orient.
    Un ouvrage essentiel pour comprendre les dynamiques en présence, les enjeux et les défis auxquels sont confrontés les acteurs de cette région fracturée en constante mutation.

  • Si les textes sur la diplomatie culturelle sont assez conséquents, très peu concernent la production et la diffusion des films. Les activités sur la promotion et diffusion du cinéma par les établissements culturels français sont également quasiment absentes de nombreuses études consacrées à l'histoire du cinéma. Cet ouvrage comble cette lacune grâce au projet de recherche qui en est à l'origine : Exporter et soutenir le cinéma dans le contexte des Instituts français et des Alliances françaises. En analysant les dispositifs de diffusion et promotion, la programmation et les publics sollicités, l'ensemble des contributions permet d'établir un premier bilan sur la vie des salles de cinéma des Instituts français et des Alliances françaises ainsi que sur leurs activités hors les murs. D'abord indice du rayonnement unilatéral de la culture française, ensuite vitrine de la « diversité culturelle », l'histoire des activités des IF et AF en matière de cinéma est certainement complexe. Nous avons préféré la restituer avec toutes ses contradictions et fait le choix d'exposer la variété des discours à travers les documents émanant des institutions, les récits à la première personne de leurs représentants, les études de chercheurs affirmés ainsi que les textes de jeunes doctorants.

  • Au milieu du XIXe siècle, un homme apparaît avec ses fils dans les montagnes du Liban. Il s'appelle Khanjar Jbeili, mais on le surnommera vite l'Empereur à pied. Il est venu pour fonder un domaine et forger sa propre légende. Sa filiation ne tarde pas à devenir l'une des plus illustres de la région. Mais cette prospérité a un prix. L'Empereur a, de son vivant, imposé une règle à tous ses descendants : un seul par génération sera autorisé à se marier et à avoir des enfants ; ses frères et sœurs, s'il en a, seront simplement appelés à l'assister dans la gestion des biens incalculables et sacrés du clan Jbeili. Serment, ou malédiction ? Du début du XXe siècle à nos jours, les descendants successifs auront à choisir entre libre-arbitre et respect de l'interdit. Ouverts au monde, ils voyageront du Mexique à la Chine, de la France de la Libération aux Balkans de la guerre froide, en passant par Naples, Rome et Venise, pourchassant des chimères, guettés sans cesse par l'ombre de la malédiction ancestrale. Jusqu'à ce que, revenu sur le sol natal, le dernier de la lignée des Jbeili rompe avec le passé et ses interdits, à l'aube du XXIe siècle. Mais à quel prix ?
    Charif Majdalani est né au Liban en 1960. Il enseigne les lettres françaises à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur, notamment, d'Histoire de la Grande Maison (2005), Caravansérail (2007), Le Dernier Seigneur de Marsad (2013) et Villa des femmes (2015), tous parus au Seuil.

  • En 2011, les soulèvements contre l'autoritarisme imposent à la France de définir une nouvelle politique envers la Syrie. Pour comprendre ce défi, il faut réinscrire les relations franco-syriennes dans un temps long et comprendre les univers de sens à l'origine de la situation actuelle.
    Depuis que la France n'a plus « mandat » (1920-1946) sur la Syrie, les deux pays utilisent la relation bilatérale non par intérêt pour l'autre, mais pour décupler leur propre poids sur les dossiers régionaux. Cette « diplomatie de levier », qui détourne la politique internationale au profit d'intérêts nationaux, est parfois profitable tant à la France qu'à la Syrie, qui se renforcent mutuellement face à la puissance américaine, mais a aussi été à l'origine de crises majeures.
    Manon Nour-Tannous effectue une plongée dans les coulisses et les secrets de la diplomatie française envers la Syrie, et répond aux grandes questions : sur quelles bases repose la relation franco-syrienne ? Comment expliquer ses fluctuations ? Quels sont les acteurs qui y prennent part et ceux qui y interfèrent ?

  • Beaucoup de choses ont été alléguées, colportées, dites et écrites sur tout ce qui tourne autour des Services de Renseignements israéliens (SR) considérés comme les meilleurs du monde. Le présent ouvrage s'efforce de retracer la saga des Services secrets de l'État hébreu, mais aussi de donner un aperçu de leurs activités et de leur manière de conduire leurs opérations dans le cadre des crises récurrentes qu'ont connues le Proche et Moyen-Orient.
    Ce livre démystifie en grande partie la légende qui entoure ces SR israéliens. À côté des chapitres consacrés à chacun des SR ayant existé en Terre Promise (côté israélien), l'auteur choisit de revenir sur quelques affaires emblématiques de l'histoire de ces centrales de Renseignement d'un genre un peu particulier.
    /> De fait, il n'entrait pas dans l'objet de ce livre de traiter de manière détaillée de faits comme la traque des criminels nazis - excepté celle d'Eichmann - ni l'intégralité de la guerre de l'ombre qui oppose, d'un côté, les SR de l'État hébreu et de l'autre les Palestiniens ou les Iraniens. Sur ce point seront abordées la traque des auteurs de la tragédie de Munich, ainsi que la guerre qui oppose, notamment par le biais de la stratégie de la décapitation, Tel-Aviv aux mouvements d'opposition armés palestiniens.

  • « Un jour où les bombardements avaient été encore plus intenses que les autres, fin janvier 1983, se présenta un petit garçon chétif porté à bout de bras par un vieux monsieur en cheroual, pantalon traditionnel des hommes de la montagne libanaise.
    Karim avait huit ans, il était atteint d'une méningite bactérienne et déjà dans un semicoma. [...] Au risque de leurs vies à tous deux, son grand-père avait traversé barrages et zones de francs-tireurs pour le faire soigner « à la ville ». Il avait fait le chemin à pied et avait déjà été refusé dans huit autres établissements. À l'examen, il était évident qu'il fallait l'hospitaliser immédiatement. « Impossible ! » me répondit l'infirmier des admissions ajoutant à haute voix : « Nous n'avons plus de place... » Je savais bien que les lits ne manquaient pas, mais le grand-père de Karim était dans l'incapacité de payer la somme réclamée pour l'admission. [...] Je me mis à hurler, incapable de contenir ma colère, devant l'absurdité de la situation qui faisait qu'un enfant ayant miraculeusement échappé à la guerre était froidement renvoyé à une mort certaine. [...] J'étais encore étudiante en médecine, ne disposais pas de la somme nécessaire à l'admission du petit et ne pouvais joindre mes parents, à Paris, faute de téléphone à Beyrouth. Ce jour-là, je me jurais qu'une fois diplômée, je ferais tout, absolument tout, pour ne plus jamais assister à une injustice pareille. Le grand-père repartit, et le petit garçon décéda quelques heures plus tard... Karim fut le facteur déclenchant des « Petits Soleils ». Des milliers d'enfants, depuis la fondation de l'association, ont pu être sauvés et vivent aujourd'hui à travers lui. Je préfère me souvenir ainsi de son dernier regard et c'est à lui que je pense à chaque victoire sur le désespoir. À chaque sourire, à chaque soleil. »
    Pédiatre, gastronome par passion, Noha Baz a fondé il y a 20 ans l'association Les Petits Soleils, qui assure des soins gratuits aux enfants défavorisés vivant au Liban. Membre de l'Académie européenne de pédiatrie, médecin expert pour Puressentiel, elle est également à l'origine du prix littéraire Ziryab, qu'elle a créé en 2013 et qui récompense chaque année une oeuvre littéraire consacrée aux plaisirs de la table et à la célébration des produits de la nature. Elle vit et exerce entre Paris (hôpital Necker) et Beyrouth.
    Olivia de Lamberterie a préfacé le livre Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur de Noha Baz.

  • « Les Trente Honteuses » sont l'histoire des relations entre la France, Israël et le Liban, durant une période qui s'étend de la fin de la guerre d'Algérie (1962) à la fin de la guerre civile libanaise (1990). Mais elles sont aussi, l'histoire des trente années qui ont finalement creusé le tombeau de l'influence française dans le monde arabo-musulman en général. Issu de la thèse universitaire soutenue en 2015 à l'IREMAM (Institut de Recherches et d'Etudes sur les Mondes arabes et musulmans) d'Aix Marseille Université, il est le premier ouvrage d'un spécialiste qui mette en perspective la politique arabe de la France et les relations franco-israéliennes notamment au travers de la guerre du Liban (1975-1990).




  • Points clés


    De la guerre 39/45 en Lorraine à la guerre civile du Liban(1975), les tribulations d'un professeur de français au Liban, devenu professeur d'arabe en France après la guerre civile libanaise. Un témoignage interculturel très émouvant devenu un classique.




    Contenu


    L'auteur rapporte comment l'inscription en hébreu de la porte de la synagogue de Bichte, a inspiré à un fils d'ouvrier paysan lorrain l'amour de l'arabe et du Liban ; un cheminement surprenant qui le conduira aux études supérieures, à la non-violence, puis au voyage et à l'enseignement comme professeur d'université !

    /> Ce récitémouvant et original démarre avec les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, se poursuit avec la guerre d'Algérie et décrit les fortes identités lorraines et libanaises, non comme des justifications de repli identitaire, mais comme les fondations d'une ouverture à l'autre.

    L'auteur manifeste une profonde tendresse envers les femmes et les hommes qu'il a rencontrés « de Bitche à Beyrouth » et montre comment ils constituent autant de jalons de son propre destin.

    Edgard Weber livre ses mémoires, de son enfance au Bitcherland - un pays où l'on parle Platt, mais aussi latin et allemand à l'église, et bien entendu français - et de ceux sa prime maturité au pays des Cèdres aux prises avec une guerre civile horrible.



    Pour tout public. Publié avec le soutien du Centre Régional du Livre de Lorraine




    L'auteur


    Directeur d'Institut et professeur émérite, Edgard WEBER a enseigné la langue, la littérature et la civilisation arabes à l'université de Toulouse, puis à l'université de Strasbourg.

    Auteur de nombreux ouvrages scientifiques, d'essais, de traductions. Prix littéraire du Pays boulageois 2015.





  • Au Proche-Orient, la terre et l'eau cristallisent les jeux de pouvoir et les rivalités. La question foncière joue un rôle clé dans les bouleversements politiques que connaît cette région depuis le milieu du XXe siècle. Et l'accès à l'eau - dont la plus grande part est destinée à l'irrigation - suscite d'âpres compétitions inter- et intra-étatiques.Dans cet espace aride, l'essor démographique et les risques liés aux changements climatiques accroissent les tensions autour des questions agraires et alimentaires. De plus, l'agriculture, secteur à forte dimension identitaire et territoriale, est souvent utilisée au service de politiques de contrôle de l'espace.Se concentrant sur cinq foyers géopolitiques importants du Proche-Orient - Liban, Syrie, Israël et territoires palestiniens, Jordanie, Égypte - cet ouvrage rappelle la place centrale de l'agriculture dans les stratégies de puissance et les logiques conflictuelles.Une leçon qui s'applique au Proche-Orient comme au reste du monde.

  • Depuis plusieurs années on assiste, en Europe et dans le monde musulman, à l'affirmation d'une nouvelle identité religieuse communément désignée par le terme de "salafisme". Ce mouvement a acquis une forte visibilité en France à travers une série de faits dont certains ont occupé la une des médias.

  • La crise du COVID-19 a durement frappé les pays membres de l'Union européenne. Analysant ses premiers effets sur les grands équilibres mondiaux, Josep Borrell, son haut représentant pour la politique étrangère, propose six grands choix politiques pour conforter la résilience de l'Union et la doter d'une véritable autonomie stratégique. Thomas Gomart relève quant à lui que la crise a produit une véritable inversion des représentations : hier, l'Occident entendait exporter ses valeurs universelles ; aujourd'hui, il est récepteur des recettes techno-politiques venues d'Asie. En tout état de cause, entre les mastodontes américain et chinois, l'Europe est à l'heure des choix.
    La mise en scène de la rivalité sino-américaine, au-delà des intérêts divergents, doit beaucoup à la campagne présidentielle américaine. L'occasion d'un bilan : Trump est-il une erreur historique, ou traduit-il, avec son style, la réalité de l'Amérique ? Ses actes, ses décisions économiques et diplomatiques sont-ils erratiques ou suivent-ils la logique de ses promesses électorales ? Jusqu'où s'inscrivent-ils en rupture avec les choix des administrations précédentes ? Bref, le trumpisme existe-t-il, au-delà des effets de communication ? Et le retour d'une administration démocrate bouleverserait-il la politique étrangère du pays ?

    Et l'agenda du monde continue, avec des échéances toujours présentes : les négociations post-Brexit, la réforme de la zone franc d'Afrique, le problématique démantèlement du nucléaire au Japon...

  • La crise du COVID-19 a durement frappé les pays membres de l'Union européenne. Analysant ses premiers effets sur les grands équilibres mondiaux, Josep Borrell, son haut représentant pour la politique étrangère, propose six grands choix politiques pour conforter la résilience de l'Union et la doter d'une véritable autonomie stratégique. Thomas Gomart relève quant à lui que la crise a produit une véritable inversion des représentations : hier, l'Occident entendait exporter ses valeurs universelles ; aujourd'hui, il est récepteur des recettes techno-politiques venues d'Asie. En tout état de cause, entre les mastodontes américain et chinois, l'Europe est à l'heure des choix.
    La mise en scène de la rivalité sino-américaine, au-delà des intérêts divergents, doit beaucoup à la campagne présidentielle américaine. L'occasion d'un bilan : Trump est-il une erreur historique, ou traduit-il, avec son style, la réalité de l'Amérique ? Ses actes, ses décisions économiques et diplomatiques sont-ils erratiques ou suivent-ils la logique de ses promesses électorales ? Jusqu'où s'inscrivent-ils en rupture avec les choix des administrations précédentes ? Bref, le trumpisme existe-t-il, au-delà des effets de communication ? Et le retour d'une administration démocrate bouleverserait-il la politique étrangère du pays ?
    Et l'agenda du monde continue, avec des échéances toujours présentes : les négociations post-Brexit, la réforme de la zone franc d'Afrique, le problématique démantèlement du nucléaire au Japon...

  • De Pétra à Baalbek, en passant par Palmyre, la pierre est omniprésente au Proche-Orient. Presque tous les monuments de la région sont issus des carrières et la plupart de leurs caractères techniques sont étroitement dépendants des conditions géologiques e

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