Policier

  • Alley night

    Mark Safranko

    Le battement répétitif de lourdes semelles dans son dos a fini par le faire se retourner. Et pour la première fois depuis des mois, son coeur s'est mis à battre plus vite. Merveilleux, a-t-il pensé, alors que les ombres massives gagnaient du terrain. Il a ralenti de sorte qu'elles puissent le rattraper. Il s'est alors mis à fouiller ostensiblement dans ses poches, comme s'il cherchait ses clefs ou s'assurait nerveusement de la présence d'objets de valeur. En quelques secondes, il les avait sur ses talons. Jonathan pouvait les sentir, tel le souffle d'un crotale derrière sa nuque. Un frisson d'excitation lui a parcouru le dos.

  • Minable

    Mark Safranko

    Première pièce de théâtre de Mark SaFranko publiée en langue française, Minable dévoile ce qu'il en coûte aux laissés pour compte de la course au succès.

    Bienvenue dans une Amérique crue qui n'a plus beaucoup d'illusions, l'autre issue du rêve américain, le Manhattan détonant de Mark SaFranko.
    Romancier, dramaturge et musicien, maître du Noir, Mark SaFranko incarne une littérature américaine qui ne s'en laisse pas conter, comme nous l'ont déjà génialement démontré ses romans, Putain d'Olivia ou Dieu bénisse l'Amérique, parus chez 13èmeNote éditions.

  • Dans la cité, elle attend Lui, mais Lui ne vient pas. Alors, pour combler le vide, elle se donne en fragments, épisodes, éclats...

    Thibault de Vivies poursuit ici son travail d'explorateur de la Cité, étrange et pourtant si familière, en se concentrant ici sur une femme, une voix, un récit, qui, alternant entre le grotesque et le sublime, nous offre une sorte d'En attendant Godot érotique et désespéré.

  • Des noms et des histoires rassemblés en blocs de langue, légèrement râpeuse comme un patois de campagne, avec animaux, mots gros et collection de détails constituant peu à peu mosaïque criante de vérité de cet ici (au hasard : "café calva canard, et lunettes rafistolées bouts de gros scotch"...), qui resurgissent là, dans cette écriture de la langue parlée.
    Une croisière pas de tout repos dans les zones accidentées des liens familiaux, "où sang veines familiales renversent coulent de mains en mains où ne pas étouffer ni taire", "un siècle ou deux de générations" et la guerre, et puis au moment du deuil : noeuds affectifs, cristallisation lors des héritages, émergence des enjeux toujours exagérés ("bout de terre ne vaut pas grand kopek inculte juste un petit bout de lande"), "des vertes et pas mûres" pour se partager "la part de la galette", le magot, qui dort là, c'est sûr... de ce qui se joue au fond des cuisines de nos campagnes, lieu de la discussion, du café, sur la nappe à carreaux que l'on imagine là.
    Bref, une langue avec ce goût de poésie brute, cet écho des sagesses et bêtises paysannes, une langue forte et belle, et pas seulement pour qui sait et a vu ces scènes-là... de ces langues-là de campagne, mais repassées ici au contemporain.
    Cécile Guivarch, née en 1976, vit à Nantes et anime le site terreaciel.free.fr .

    FG



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