• Les habitants d'un petit village se voient en photo et se trouvent plutôt... laids. Arrive alors Arsène Clou, un inventeur, qui, grâce à sa machine, promet la beauté à tous ceux qui la veulent. Les villageois se précipitent dans la machine où ils sont immédiatement transformés, pour leur plus grande joie. Mais celle-ci est de courte durée. C'est qu'il y a un hic : la perfection n'a que deux visages, un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Impossible dès lors de se reconnaître. Adaptée du roman de Raymond Plante, La machine à beauté a connu un immense succès auprès de son jeune public.

  • Habile métissage entre l'«africanité» et la « canadianité », « Les morts ne sont pas morts » raconte le choc des cultures à travers le destin de Terama, un Africain à cheval sur deux mondes que tout sépare.

    Immigrant bien intégré au Canada, Terama trime dur pendant des années pour faire sa marque dans son pays d'accueil. Une nuit pareille aux autres, il entend la voix de Tongo, son père, qui l'interpelle d'outre-tombe. Ne croyant ni à Dieu ni à diable, Terama est persuadé qu'il est victime d'une hallucination ridicule. Il ignore la voix, qui revient pourtant incessamment. Jusqu'au jour où Terama admet l'inavouable, l'existence du culte primitif des ancêtres. Dans la chambre secrète qu'il aménage dans son logis à la manière des huttes votives, Terama renoue avec Tongo puis avec Makwaya.

    Au fil de ces palabres nocturnes, Terama se rapprochera de son pays et de sa culture d'origine et sera amené à faire des choix douloureux pour lui et sa famille. En bout de ligne, parviendra-t-il à se réconcilier avec cette conviction profonde que la mort est inévitablement dans la vie ?

  • Création collective de la troupe étudiante de l'école secondaire Macdonald-Cartier, « Par osmose » a ceci de particulier que sa perspective sur l'assimilation est fidèle au vécu des adolescents franco-ontariens. Chacun d'eux est appelé à faire un choix semblable. Véronique choisit de s'assimiler, son frère Jules, non. En racontant leur histoire, la pièce fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences des choix qu'ils ont faits. Sont disponibles : une vidéo de la pièce et un cahier d'activités portant sur l'identité, la culture et l'appréciation du théâtre. « Par Osmose » a remporté le prix de la meilleure production au festival Sears en 1988 et 2002.

  • David Lonergan a accompli ce que personne d'autre n'avait réussi avant lui : assurer une critique littéraire et artistique des productions acadiennes sur une longue durée. Il agit en passeur entre l'auteur et le lecteur, un passeur informé et attentif, respectueux des oeuvres qu'il critique et des lecteurs auxquels il s'adresse.



    Plus de 120 oeuvres d'une soixantaine d'auteurs y sont commentées. Comme l'affirme le professeur et spécialiste de la littérature acadienne Raoul Boudreau dans sa préface : « Les textes réunis ici contiennent l'essentiel et donnent une idée tout à fait représentative et globale de la littérature acadienne de ces années. »



    Le poète et artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson, lui-même sujet de plusieurs de ces chroniques, considère que « l'idée de recueillir ces chroniques pour en faire un livre est un projet admirable, qui rassemble dans un même ouvrage un discours foisonnant et une pensée plurielle, composant un puzzle dont tous les morceaux recomposent un tableau complet et surprenant. »



    Écrit dans un style simple, limpide et vivant, sans autre prétention que de faire découvrir et apprécier la littérature acadienne, «Tintamarre» s'adresse à tous ceux et celles qui aiment la littérature qu'ils soient lecteurs, étudiants, enseignants ou professeurs.

  • Études en marge de «La distance habitée» de François Paré

    En 1993, François Paré remportait le prix du Gouverneur général pour «Les littératures de l'exiguïté» (1992), un essai sur les cultures et littératures francophones minoritaires au Canada et dans la francophonie mondiale. Dans «Théories de la fragilité» (1994) et «La distance habitée» (2003), il a prolongé et enrichi son thème de prédilection. De nombreux chercheurs se sont inspirés de ses travaux.

    Les articles regroupés ici s'inspirent des grands thèmes de l'essayiste pour éclairer des oeuvres de genres aussi divers que la chanson, le roman et l'essai et d'artistes aussi divers que France Daigle, Michel Ouellette, Daniel Poliquin, Gabrielle Roy, Michel Tremblay et Gisèle Villeneuve. Des réflexions sur la langue, la mémoire, la migration et les frontières tant culturelles, linguistiques que textuelles sont menées par huit chercheurs de l'Ontario, du Québec, de l'Est et de l'Ouest canadiens, dont Catherine Leclerc, Johanne Melançon et Jean Morency. En postface, François Paré prolonge cette réflexion qu'il développe depuis une vingtaine d'années.

  • Création collective de la troupe étudiante de l'école secondaire Macdonald-Cartier, « Par osmose » a ceci de particulier que sa perspective sur l'assimilation est fidèle au vécu des adolescents franco-ontariens. Chacun d'eux est appelé à faire un choix semblable. Véronique choisit de s'assimiler, son frère Jules, non. En racontant leur histoire, la pièce fait voir les deux côtés de la médaille et explore les conséquences des choix qu'ils ont faits. Sont disponibles : une vidéo de la pièce et un cahier d'activités portant sur l'identité, la culture et l'appréciation du théâtre. « Par Osmose » a remporté le prix de la meilleure production au festival Sears en 1988 et 2002.

  • « Je ne veux plus de la réalité
    parce qu'elle a le goût d'une senteur trop vieille qui m'est arrivée trop jeune. »

    Voici une écriture qui ne se cherche pas; elle jaillit de source. Elle est délire en surface, mais sagesse en profondeur - la sagesse de la folie. Des réflexions anecdotiques sur l'amitié, la poésie, la beauté, l'estime, la maladie, la mort, l'éternité sont entremêlées de moments de fabulation aux allures de science-fiction, si bien que le tout acquiert un souffle cosmique. On en retire l'intuition vive d'une manière d'être autrement et étrangement. On y ressent la puissance de la conscience de soi en face à face avec l'aliénation, quelle qu'elle soit.

  • Quelque part en Asie, Maïta, âgée d'à peine 12 ans, termine un contrat dans une fabrique de jouets. Après quatre ans de dur labeur, au cours desquels elle a réussi à rembourser les dettes de sa famille, elle aspire de tout son coeur à retrouver son père. Maïta a hérité de l'art de son père et envoûte ses camarades en mettant en scène la marionnette Issane, princesse de la lumière, qui ouvre les portes d'un autre univers...

    Avec une justesse de ton qui ne se dément jamais, l'auteure insuffle véracité et émotion à ce huis clos pour le moins inusité. Comédiens, ombres chinoises et marionnettes se conjuguent pour accentuer la cruauté du drame ou propulser le spectateur dans les voiles du rêve.

    Porté à la scène par le Théâtre de la Vieille 17 en 2000, le premier texte de théâtre pour la jeunesse d'Esther Beauchemin a été acclamé au Canada et à l'étranger. En 2002, « Maïta » remportait le prix Christine Dimitriu Van Saanen au salon du livre de Toronto.

  • Sur la réserve indienne mythique de Wasaychigan Hill, sept hommes tentent d'empêcher la création d'une équipe de hockey féminine. Ils voient d'un bien mauvais oeil la mise sur pied de cette équipe, qui à leur yeux est un «autre» empiètement sur leur identité.



    Dans un style qui lui est typique, Highway utilise légèreté de ton, humour débridé et vivacité des dialogues pour faire passer un commentaire social plus profond, pour explorer ce que ça veut dire aujourd'hui que d'être «amérindien».

  • Dans L'enfanCement, Maurice Henrie se remémore des scènes marquantes de sa vie de jeune garçon, au fil des déménagements successifs de sa famille. De la première maison à Val-d'Or au Québec aux cinq autres à Rockland dans l'Est ontarien, il interroge ces « mères successives et pleines de sollicitude » qui l'ont nourri et porté jusqu'à la maturité. Un objectif : que ces maisons se mettent à parler, à dire comment, petit à petit au cours des ans, elles ont incurvé la trajectoire de son destin. L'enfanCement, un recueil de récits dans lequel l'auteur trace le portrait d'une enfance comme tant d'autres, c'est-à-dire unique entre toutes.

  • Ce recueil rassemble des textes brefs décrivant des situations concrètes qui nécessitent une réflexion de nature éthique. Il s'agit de remédier à une situation de pénurie car, du côté anglophone les manuels d'études de cas ne manquent pas et ils constituent une précieuse ressource pédagogique. L'objectif est donc de mettre un outil à la disposition des professeurs et des étudiants francophones dans des cours d'éthique appliquée. Chaque texte est suivi de questions ou de prises de position destinées à alimenter des discussions en classe. Le recueil constitue donc un réservoir de cas pour la pédagogie en matière d'éthique. Grâce aux situations variées, il permet de montrer l'importance d'une réflexion au quotidien sur des dilemmes et des défis relevant effectivement de l'éthique. Les pistes de réflexion et d'analyse proposées sont très diversifiées. L'intérêt du recueil réside dans cette multiplicité de situations réalistes proposées par les auteurs. C'est ce qui lui donne une réelle pertinence comme mise en circulation, dans la francophonie, de questionnements touchant les défis éthiques du monde contemporain.

  • Il y a seize ans, Alexandra a quitté son village en disgrâce. Elle était la Cassandre des lieux : elle avait le don de prophétie, mais la malédiction qu'on ne la croit jamais. Son départ a laissé un trou béant que sa tante Marguerite a cherché à combler par un culte de seize femmes muettes dédié à son souvenir.

    Aujourd'hui, après seize ans de pérégrinations, Alexandra rentre, épuisée, au bercail. Celle qui troublait par ses visions ne dit plus rien. Aphone, elle inquiète d'autant les villageois par son silence. Que cache-t-elle de si terrible qu'elle n'en dit rien? Pourquoi est-elle revenue après seize ans?

  • « Le filet » s'inspire d'un fait réel : l'émeute qui ébranle la petite ville portuaire de Shippagan (N.-B.) en 2003, alors que la grogne populaire s'élève contre la mainmise des crabiers sur la plus lucrative des pêches.

    Le drame intergénérationnel au coeur de cette pièce fait écho au chaos social qui sévit dans la Péninsule acadienne. Riche propriétaire d'un crabier, Anthime Chiasson exige que son petit-fils assume sa succession. Son fils Léo, à présent capitaine du bateau, ne veut pas céder sa place. Coincé entre l'entêtement de son grand-père et la cupidité de son oncle, le jeune Étienne voit son idéalisme mis à mal.

  • Mary-Jane évolue dans un univers que la folie altère. En une suite d'esquisses troublantes, chacune semblant cerner l'essentiel, on saura plus ou moins clairement des choses à son sujet. Elle est « extra-terrestre du sexe », voyageuse astrale, dyslexique, hallucinée... Elle habite un immeuble douteux, erre dans les rues, fréquente un petit resto préféré. Elle a grandi dans la misère. Elle aurait connu, semble-t-il, une période de normalité : une carrière d'infirmière, un mari médecin, des enfants. Mais elle est maintenant tout et trop ce qu'elle est : aguichante et grotesque, solitaire et sociable, sereine et suicidaire. « La tueuse » sera son ultime particularité. Mais son acte fatal n'est pas plus sensé que tous les autres.


    />
    Porté par une authentique voix d'auteure, ce roman se tient en équilibre précaire entre un surréalisme poétique et un réalisme cru. Kaléidoscopique, indécent, déconcertant, ce récit singulier donne à la démence un air de familiarité inquiétant.

  • La société Charlevoix est une amicale vouée à l'étude de l'Ontario français. Fondée à Sudbury en 1992, elle se compose d'universitaires appartenant à des disciplines différentes et provenant de Sudbury, d'Ottawa et de Toronto. Elle honore la mémoire du jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), qui a laissé des observations remarquables sur le territoire ontarien. Cette société publie les « Cahiers Charlevoix » depuis 1995.



    Les « Cahiers Charlevoix 7 » contiennent les articles suivants:

    « L'École du fort Frontenac (1676) : faits et mythes » de Gaétan Gervais;

    « Le Chercheur de trésors ou l'influence d'un livre. Marius Barbeau et le Romancero du Canada » de Jean-Pierre Pichette;

    « L'Ontario français du Centre et du Sud-Ouest, 1940-1970 » de Yves Frenette;

    « Usage et représentation d'Internet chez les jeunes.Comparaison entre les francophones et les anglophones du nord de l'Ontario » de Simon Laflamme;

    « Diversification du parler des adolescents franco-ontariens : le cas des conjonctions et locutions de conséquence » de Raymond Mougeon;

    « Un exemple de « groulxisme » appliqué : l'Association de la jeunesse franco-ontarienne de 1949 à 1960 » de Michel Bock; Chronique, Notes rassemblées par Michel Gaulin, La Société Charlevoix, La Société des Dix.

  • Revue et augmentée, cette deuxième édition du manuel paru en 1990 initie les étudiants du niveau postsecondaire aux méthodes qualitatives et quantitatives en sociologie. L'ouvrage réunit les contributions de seize spécialistes sur des thèmes incontournables en sociologie qui sont aussi des préoccupations d'actualité : famille, sexualité, éducation, jeunesse, vieillissement, santé, déviance, relations ethniques, stratification sociale, travail, économie et économie sociale, politiques, mouvements sociaux, communication. Les introductions à la sociologie sont généralement axées sur les théories et les écoles, et accordent moins de place aux données empiriques. Et la plupart proviennent de la France. Parmi les quelques introductions conçues pour le Québec et le Canada, Initiation thématique à la sociologie est la seule qui intègre des données tant québécoises que canadiennes.

  • Un ancien dramaturge, maintenant professeur à l'université, épie sa voisine dans l'appartement d'en face. Il ne perçoit que des fragments de sa réalité. Elle est artiste-peintre. Au fil des mois, ses tableaux changent. Dans l'appartement, la femme tourmentée sombre, fuit, s'enfuit, puis s'engage dans une quête pour retrouver sa mère. Pendant ce temps, le professeur a engagé une femme et ses fils pour reconstruire une maison d'été sur le bord d'une rivière.

    Trois histoires, trois mondes qui s'entrecroisent sur trois modes narratifs différents, qui vacillent entre le théâtre et le roman à la recherche d'un espace-temps fragmenté comme des milliers de points de couleurs sur une toile.

  • Réédition en un volume de trois oeuvres de Patrice Desbiens : «Poèmes anglais», «Le pays de personne» et «La fissure de la fiction».

    Ces trois titres marquants retracent l'évolution du poète au tournant décisif des années 80 et 90.

    «Poème anglais», paru en 1988, marque la fin de la période où Desbiens vivait et écrivait à Sudbury. Ce recueil marque un point de rupture dans sa relation aigre-douce avec le milieu où s'étaient définitivement révélées sa vocation et sa problématique de poète. Il y intériorise on ne peut plus profondément la condition du francophone minoritaire et la solitude de poète dans une société banalement marchande qui n'a que faire de lui.

    «Le pays de personne», paru en 1995, a été écrit à Québec, où Desbiens a vécu de 1988 à 1991 et aussi au début des années 70. Parue à l'origine dans Un pépin de pomme sur un poêle à bois (où elle côtoyait ce dernier recueil ainsi que Grosse guitare rouge), cette oeuvre est celle où son malaise personnel rejoint le malaise collectif québécois tout aussi étroitement que le malaise franco-ontarien. L'amour, l'espoir, la poésie n'y ont pas plus facilement droit de cité.

    «La fissure de la fiction», parue en 1997, peut être considérée comme la première grande oeuvre de sa période montréalaise. Sa voix devient plus narrative pour relater une aliénation toujours aussi terriblement familière, incarnée dans le réalisme hallucinatoire d'une quotidienneté cauchemardesque. Le poète aspire au roman, mais se heurte contre l'inéluctabilité de la poésie qui le voue à la solitude, sans pays, sans amour, sans amarre.

    L'ouvrage est précédé d'une préface de Jean Marc Larivière, cinéaste et ami de l'auteur, qui fournit une synthèse fort adroite de l'ensemble de son parcours et de ses publications. Riche en balises interprétatives, cette préface est une excellente introduction à l'oeuvre de Desbiens. En postface, on trouvera des extraits de la critique et une biobibliographie détaillée.

  • Figure marquante du théâtre québécois et canadien, Brigitte Haentjens publie un deuxième ouvrage solo, un livre visuellement et formellement intrigant. La mise en page découpe comme de la poésie un texte qui se lit pourtant comme de la prose. Une série de photos d'Angelo Barsetti accompagne le texte. Le récit est réduit à l'essentiel : un regard en surface qui fait ressentir un désarroi en profondeur.



    Une femme, photographe à Paris, est atterrée par la mort accidentelle de son jeune frère. Comme pour ne plus être consciente de cette perte, elle entreprend de se perdre elle-même. Elle se noie dans l'alcool, se livre à des inconnus, se lie avec un homme d'affaires allemand en une relation sexuelle intense mais dégradante. L'absence de son frère est une ombre qui la suit, l'enveloppe, la vide puis l'habite.



    « Récit troué » : c'est le genre que donne l'auteure à ce portrait dénudé, qui s'interdit l'introspection, s'en tient à la surface des actes et des êtres. Son tour de force : faire sentir une intense présence au coeur d'une intense absence.

  • Pierre, un homme dans la jeune cinquantaine, travaille à la pige comme traducteur; il partage sa vie avec Odette. Ils ont élevé deux enfants, un garçon et une fille, qui ont quitté la maison. Le couple vit en retrait du monde, dans un espace aux limites du ciel et de la terre. Quand Pierre sort faire sa promenade quotidienne, il contourne les planètes, côtoie les étoiles.



    Dans cet espace sidéral, Pierre pourrait jouir d'une existence paisible, à l'écart de la vie grouillante et tumultueuse de ses semblables. Et pourtant... Son quotidien est perturbé par des apparitions, des mouvements insolites. Ainsi, un masque mi-fâché mi-souriant l'accueille le matin à son réveil du plafond de sa chambre; son ordinateur refuse de sauvegarder les mots de la traduction que Pierre y dépose; le timbre de la porte sonne, et il n'y a personne. Enfin, un enfant l'appelle, lui demande avec insistance s'il est le créateur du ciel et de la terre.



    Faut-il voir dans ces dérangements des hallucinations, les signes avant-coureurs d'une dépression, comme celle qui avait terrassé Pierre alors qu'il était jeune adulte? Ou bien l'univers est-il véritablement en train de se détraquer, la mécanique de se dérégler? Pierre serait alors le pantin d'un esprit malin, d'un monstre qui, à l'image d'un dieu tout-puissant, s'amuserait à ses dépens sans jamais se révéler à lui ou lui permettre de saisir les pourquoi de son existence.



    «Il lui semblait que l'univers avait des comptes à rendre. Qu'il était grand temps d'étaler les cartes sur table, de mettre fin à ce jeu de colin-maillard où l'humanité en est réduite à tout ignorer et à tout espérer. Oui, il était temps d'expliquer pourquoi les enfants pleurent, pourquoi les hommes tuent, pourquoi la terre tremble, pourquoi les oiseaux meurent en silence, pourquoi les planètes se dérèglent, pourquoi le cancer succède à l'orgasme et la mort à la vie.»



    Au coeur de ce roman qui oscille entre le philosophique et l'aventure fantastique, Maurice Henrie repose la question éternelle mais toujours si actuelle, du sens à donner à l'aventure humaine sur la terre.

  • Le roman « Noëlle à Cuba » de Pierre Karch est réédité dans la Bibliothèque canadienne-française (BCF), une collection qui rassemble les oeuvres marquantes de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest du Canada.



    Paru initialement en 1988, Noëlle à Cuba a été unanimement salué par la critique.



    Une vingtaine de touristes s'aventurent à Cuba - la perle des Antilles - pour Noël. Dans ce décor paradisiaque, certains cherchent l'amour, d'autres la fortune, la solitude ou le repos. Bercés par des moments de tendresse et portés par leurs péripéties quotidiennes - tant banales que tragiques - , c'est de lui qu'ils se souviendront surtout: Icare, l'ange, le révélateur des désirs, celui qui leur fera toucher la matière de leurs rêves.



    La nouvelle édition comprend une préface de Pierre Hébert, professeur de littérature à l'Université de Sherbrooke, une biobibliographie de l'auteur et un choix de jugements critiques. Et au préfacier d'affirmer:



    « [À] travers l'agenda des vies singulières, Pierre Karch livre une profonde et touchante méditation sur le voyage, l'art et la nature humaine. »

  • Titre évocateur, « Béatitudes » rappelle le Sermon sur la Montagne au cours duquel Jésus décrit les vertus des citoyens du Royaume des Cieux. Dans sa version des temps modernes, Herménégilde Chiasson propose un inventaire des gestes de tous « ceux » et « celles » qui « assurément sont en route pour le ciel ». La liste se déploie doucement, prend de l'ampleur, s'intensifie :



    ceux qui enlèvent leur manteau, exposant leur corps

    en vue d'en faire une marchandise périmée et négociable,

    ceux qui relèvent leurs manches,

    celles qui reprennent leur souffle,

    celles qui fixent un point autrement loin dans le vide,

    celles qui n'en finissent plus de revenir du même voyage

    interminable et décevant,

    celles qui referment à tout jamais, une autre fois, une

    dernière fois, pour toujours, des boîtes de souvenirs pénibles,

    celles qui savent et qui ne diront jamais rien,

    ceux qui ont su et qui n'ont rien fait,

    ceux qui règlent leurs comptes et qui n'en peuvent plus

    de grelotter sous le coup d'un frisson continuel,

    celles qui chantent à tue-tête dans la tempête,



    Les « ceux » et « celles » de « Béatitudes » ne vont pas sans rappeler les « Lui » et « Elle » du recueil Conversations, qui a valu à l'auteur le prix du Gouverneur général en 1999. Parlant de cette oeuvre, le critique littéraire David Lonergan la décrivait comme « un véritable livre de chevet qu'il faut lire avec parcimonie, lentement, pour en saisir toutes les nuances. » Exhortation qui s'applique également à « Béatitudes ».

  • Pompier fragilisé par une blessure, Willy Graf tente de fuir son passé. Mais celui-ci le rattrape au fur et à mesure que des personnages s'immiscent dans sa vie. Il y a d'abord Sara, auteure d'un roman dont, curieusement, le personnage principal se nomme lui aussi Willy Graf. Sara crée des situations autour du Willy Graf fictif qui se produisent par la suite dans la vie du vrai Willy Graf. Puis survient Nina qui fait renaître une partie trouble de son passé. Partagé entre une réalité à laquelle il veut se dérober et une fiction étonnamment réelle qu'il récuse, Willy Graf se trouve parachuté dans un univers absurde, dérisoire, où il perd toute emprise sur son propre destin.

    SARA : À Pékin, dans l'Illinois, Willy Graf rencontre une femme qui va bouleverser sa vie : elle s'appelle Nina Bishop.

    WILLY: Nina ?

    SARA: Nina Bishop.

    Willy est pris d'un malaise, comme un éclair de douleur qui lui traverse la colonne vertébrale.

    WILLY : Elle est venue ?

    SARA : Il y a trois semaines.

    Temps.

    WILLY : Elle m'a retrouvé ! Il ne fallait pas. (Sara fait un mouvement vers lui.) Laissez-moi. Ne me touchez pas. Laissez-moi partir.



    La pièce Willy Graf a été créée par le Théâtre de la Vieille 17 à Ottawa et le théâtre l'Escaouette à Moncton en janvier 2004.

  • Mathieu Morin voit le monde en chiffres. Il est tellement bon en mathématiques qu'on lui réserve une place à Saint-Barnabé, une école pour enfants doués. Le seul hic, c'est que, pour fréquenter cette école située à quelques heures de chez lui, Mathieu se verra obligé de vivre loin de sa mère, de son institutrice et de sa chère amie Nathalie, la « super-commandante-et-dessinatrice-des-Étoiles-qui-bougent-dans-le-ciel ». Plongera-t-il malgré tout tête première dans cette aventure ?



    De manière vivante et ludique, « Mathieu Mathématiques » présente les métaphores de l'exploration spatiale, l'apprentissage des mathématiques et la conceptualisation des idées, sans pour autant être un texte à saveur pédagogique.



    Créée par le Théâtre la Seizième à Vancouver en 2004, cette pièce a remporté 3 prix Jessie, dont celui de la meilleure production pour jeune public.

empty