• Ligne 5, République, Bobigny... Ligne 9, Jasmin, La Muette, Charonne... Chaque jour des millions de femmes et d'hommes se croisent dans le métro parisien, les yeux rivés à l'écran de leur téléphone mobile, pressés d'arriver à destination. Et pourtant, il y a tant à voir et tant à vivre dans ce monde souterrain. Tant de livres à déchiffrer sur les visages que l'on côtoie. Tant de scènes à filmer avec la caméra de l'empathie. Tant de jeunes et de vieux, de malades et de bien-portants, de riches et de pauvres "emportés dans le même voyage". Il fallait un regard de poète pour mettre au jour l'inépuisable richesse de ces transports en commun. Ce regard, c'est une femme venue de Syrie qui nous l'offre, dans ces "métropoèmes" écrits directement en français. La poésie aussi est un service public.

    Née à Lattaquié en Syrie, Maram al-Masri entreprend des études à Damas, avant de s'exiler à Paris où elle connaît une situation difficile. En 2003, Cerise rouge sur un carrelage blanc la révèle au public francophone. Sa poésie, saluée par la critique des pays arabes et traduite dans de nombreuses langues, fait d'elle une des grandes voix du Moyen-Orient. Ses six précédents recueils, parmi lesquels Elle va nue la liberté, Le Rapt et La femme à sa fenêtre ont été publiés par Bruno Doucey.

  •  Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962.
    Après 8 ans de guerre, l´indépendance de l´Algérie devient inéluctable. L´OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d´un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de « OAS assassins », « Paix en Algérie ». La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l´impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés.

    50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C´est une véritable histoire dans l´Histoire à laquelle nous invite l´auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l´ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.


  • Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l'origine pour la presse russe, car, avant même d'être romancier, Dmitry Glukhovsky est journaliste.

    Et rien ni personne n'échappe à sa plume acerbe, à commencer, bien sûr, par le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) - le Leader de la Nation -, suivi de près par les strates corrompues de l'administration, les mafieux reconvertis en hommes d'affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l'alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes. Chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure. L'absurde et le fantastique, qui jalonnent le quotidien russe, ne sont jamais loin, et l'on se surprend même parfois à ressentir de la tendresse pour certains protagonistes.
    "Pour un lecteur occidental, la fenêtre que Dmitry Glukhovsky ouvre sur le quotidien des gens du peuple comme sur celui des affidés du pouvoir peut sembler un miroir déformant, tant on a l'impression que l'auteur prend le pas sur le journaliste pour forcer le trait sur la naïveté des uns et les compromissions des autres. Malheureusement, la fiction n'est pas très loin de la réalité.
    C'est la génération la plus intéressante. Ses représentants ne sont ni soviétiques, ni antisoviétiques, ni postmodernes, mais écrivains tout court. Dmitry Glukhovsky, écrivain polyglotte de 38 ans, fait partie de cette génération décomplexée." - L'Express, Marianne Payot

  • Cinq ans de metro

    Fred Alpi

    En 1989, Fred Alpi revient à Paris après avoir passé plusieurs années à Berlin. Sans le sou, il trouve un poste dans une agence de communication. Très vite, il démissionne, et, pour assurer le loyer, prend sa guitare et descend dans le métro.

    En 17 chapitres, qui portent tous le titre d'une chanson de Brel, Dutronc, Piaf, etc., Fred Alpi nous entraîne dans les méandres du métro de Paris, où il côtoie une multitude d'êtres hors norme. Une série d'histoires et d'anecdotes qui reflètent le monde tel qu'il va, avec sa dose de sexisme, de racisme, de solidarité parfois, de rire et de tristesse.

    À travers ce roman d'apprentissage, l'auteur nous livre le récit d'une vie trépidante sous terre, avec une bonne dose d'humour, d'analyse et d'espoir.

    Fred Alpi, né en 1962, est un chanteur franco-suédois qui vit et travaille à Paris. Il joue et chante dans le trio rock The Angry Cats. Cinq ans de métro est son premier roman. Il a traduit, pour les éditions Libertalia, Pirates de tous les pays et Les Forçats de la mer de Marcus Rediker.

  • Parti à la rencontre des exclus qui vivent « en bas » de nos grandes villes, dans ce métro devenu terre d'asile, Bernard Ollivier raconte, avec tendresse et lucidité, cette vie parallèle, cette vie en marge, dans laquelle tout un chacun peut un jour basculer...
     

  • Vibrato

    Marie Dubosq

    « Aujourd´hui, j´ai fait l´amour en buvant du champagne avec un homme d´âge mûr. Cultivé aussi, il m´a parlé du Japon. Quelqu´un est venu qui n´était pas très en forme, alors il lui a offert une coupe. Il m´arrive des choses consternantes parfois dans le métro. A vous aussi, je le sais. Dans trois minutes, l´eau atteindra mes pieds. Heureusement, mon sac est perché sur son siège orange. » Dans ses 14 nouvelles, Marie Dubosq nous plonge dans l´univers du métro parisien. Nous y croisons des touristes russes, une sans domicile fixe, un guerrier, trois Mexicains, des raies manta... 14 nouvelles, 14 lignes de métro, autant de rencontres, d´histoires d´amour souterraines, de voyages dans le temps.
    />

empty