• Ce sont les victoires d'Italie et d'Égypte qui ont porté le général Bonaparte au pouvoir et c'est une défaite en Belgique qui l'en a chassé définitivement. Autant dire que le génie politique est chez lui inséparable du génie militaire.
    Celui-ci fascine le monde depuis deux siècles et a inspiré d'innombrables études, depuis les essais de haute stratégie jusqu'aux travaux pointus sur les unités ou les héros oubliés. Mais personne n'a jusqu'à présent cerné avec rigueur et hauteur de vue ce qu'implique une évocation totale de Napoléon chef de guerre : comment a-t-il appris son métier, qui l'a formé, quelles ont été ses lectures ? Comment a-t-il remporté ses premières victoires, par quels moyens a-t-il organisé sa propagande, comment savait-il se faire aimer et craindre à la fois par ses hommes, maréchaux comme simples grognards ? Quelle part prenait-il à l'organisation de l'armée, comment finançait-il la guerre ? Était-il indifférent aux souffrances des autres et à l'hécatombe de morts et de blessés ? Comment s'informait-il sur l'état de ses forces et sur les dispositifs de l'ennemi ? Pourquoi a-t-il mal compris la guerre navale et surtout la « petite guerre », c'est-à-dire la guerre de partisans (Espagne, Russie) ?
    En répondant à ces questions, et à bien d'autres, Jean Tulard dévoile les traits d'un Napoléon finalement peu ou mal connu. Il montre brillamment qu'en dépit de faiblesses Napoléon figure bien parmi les plus grands capitaines de l'histoire, les Alexandre et les César.

  • Souvent considéré comme « le plus grand président américain du XXe siècle », Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) demeure un modèle pour ses successeurs et une référence en temps de crise ou de conflit international. Quand il entre à la Maison-Blanche en 1933, une Amérique en plein désarroi vit les heures les plus sombres de la Grande Dépression. Douze ans plus tard, c'est en commandant en chef des forces armées d'un pays rassemblé et victorieux qu'il prête serment pour la quatrième fois.
    Alors que les États-Unis deviennent la première puissance mondiale, sa capacité à susciter l'adhésion de ses compatriotes et son sens du « moment politique » lui assurent une série sans précédent de victoires électorales. Il est l'artisan de réformes durables : protection sociale, régulation de l'activité financière, modernisation de la présidence et redéfinition du rôle de l'État fédéral - son héritage est considérable.
    Président de crise puis président de guerre, il parvient à convaincre les Américains, isolationnistes jusqu'à Pearl Harbor, d'assumer leurs responsabilités internationales. Mais « le sphinx de la Maison Blanche » reste une énigme : patricien traité de populiste ; homme du mouvement paralysé dans sa chaise roulante ; communicateur inventif ayant le goût du secret, voire de la manipulation ; promoteur d'un New Deal dont on se demande encore s'il a vraiment mis fin à la crise ; leader du monde libre contre l'Allemagne nazie mais accusé de complaisance envers Staline à Yalta - paradoxes et controverses ne manquent pas.

  • Depuis juillet 1953, après trois années d'un conflit dévastateur et sanglant, il y a deux Corées. Celle du Nord, où règne une dictature héréditaire et ubuesque qui condamne ses vingt-deux millions d'habitants à la misère et à l'isolement. Et celle du Sud, qui s'est hissée au 12e rang des économies les plus développées de la planète et constitue désormais un des pôles les plus actifs de la démocratie numérique et de la mondialisation culturelle. Endoctrinement fanatique à Pyongyang, libéralisme triomphant à séoul ; aujourd'hui, on ne parle plus de la Corée qu'au superlatif : modèle ou repoussoir, miracle ou tragédie.
    Mais si la Corée d'aujourd'hui fait de plus en plus parler d'elle, celle d'hier, avant la guerre (1950-1953) et la colonisation japo-naise (1910-1945), demeure largement méconnue. On ignore que la péninsule fut un creuset d'innovation scientifique et technique, un centre intellectuel et religieux, auquel on doit aussi bien la mystique bouddhiste que la pâte à papier, l'imprimerie sur caractères mobiles ou la céramique céladon. Régulièrement ravagée par les invasions et par les guerres, constamment menacée par ses deux puissants voisins, la chine et le Japon, qui ont cherché à l'asservir ou à la coloniser, la Corée a su s'adapter pour préserver son identité culturelle et imposer son autonomie politique.
    Du premier royaume de Joseon fondé, selon la légende, en 2333 avant Jésus-Christ aux deux États qui se partagent aujourd'hui la péninsule, en passant par l'âge d'or du roi Sejong (XVe siècle) et l'invention de l'alphabet coréen, toujours en usage, l'histoire de la Corée est une épopée, qu'il reste à découvrir. elle en vaut la peine.

  • 6 juin 1944. On l'oublie trop souvent, cent soixante-dix-sept jeunes volontaires, avec à leur tête le commandant Kieffer, sont les premiers et les seuls français à fouler les plages de Normandie. Rattachés à la première brigade spéciale britannique, ses hommes entraînés durement depuis des mois en Grande-Bretagne s'emparent du casino et du port de Ouistreham. Ces « Frenchies » font la jonction avec les parachutistes britanniques à Pegasus Bridge, fait d'armes immortalisé par le fi lm Le Jour le plus long.
    Si cette troupe de choc est célèbre, on connaît moins l'homme qui lui a donné son nom. Rien ne le prédestine à devenir militaire à 42 ans. Né à Port-au-Prince à Haïti, de père alsacien et de mère haïtienne, il est banquier, marié et a deux enfants. Le 1er juillet 1940, il rejoint les forces navales françaises libres en Angleterre. Sa vie bascule. Il y découvre les méthodes et les succès des commandos britanniques. Dès le printemps 1942, il rassemble sous ses ordres une vingtaine de volontaires dans les environs de Portsmouth pour fonder une unité française. Loin de la légende, on découvre, à travers un récit haletant, la trajectoire incroyable d'un « civil en uniforme », militaire atypique, un brin marginal, et véritable héros du D-Day.
    « Jamais il ne réclama de ses hommes quelque chose qu'il n'eût pu accomplir lui-même, et on l'aimait pour cela. »
    Cornelius Ryan

  • Ombres

    Collectif

    Dix-neuf textes, dix-neuf personnalités.
    Dix-neuf voies issues de la nouvelle génération d'auteurs SFFF (Science-Fiction, Fantastique, Fantasy) qui se font le reflet de l'âme humaine. Chaque histoire révèle une facette de ce qui se tapit en chacun de nous, de beau, de terrible, de sordide ou simplement de banal.
    Oserez-vous affronter votre alter ego ? Laissez tomber les artifices et plongez votre regard dans ce miroir tendu.
    Qu'y verrez-vous ?...
    Qui verrez-vous ?

  • 22 juin 1941. Hitler lance l'opération Barbarossa contre l'union soviétique. Dix jours plus tard, Alexander Werth, correspondant de la BBC, arrive à Moscou. Jusqu'à octobre 1941, il partage le quotidien des Moscovites durant ce terrible été marqué par l'effondrement de l'Armée rouge. Le récit qu'il en a tiré est un témoignage unique sur un moment crucial de l'histoire de la guerre à l'est, celui où l'Allemagne nazie semble invincible.
    Ne disposant que des informations officielles, qui toutes minimisent systé-matiquement les reculs et les défaites de l'Armée rouge, tout en majorant les pertes de la Wehrmacht, Alexander Werth saisit toutes les occasions pour tenter de « prendre le pouls » de la vie réelle. Malgré les contraintes - espionite ambiante, méfiance et peur de l'étranger -, il rend compte avec brio de l'atmosphère à Moscou au cours des premières semaines de la grande guerre patriotique, à un moment où la menace ennemie se rapproche de la capitale soviétique, soumise aux premiers raids aériens. Alexander Werth quitte la ville alors que les détachements avancés de la Wehrmacht ne sont plus qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale soviétique. À ce moment-là, la prise de Moscou semble inéluctable.

  • À quoi pensent les Chinois quand ils arpentent nos musées ?
    Habitués à leurs paysages célestes, calligraphies et devises confucéennes, que pensent-ils de nos anges, vierges et crucifix ? Aux lisières de l'histoire de l'art et de l'essai, ce livre prend la forme d'un échange entre Christine Cayol, philosophe résidant en Chine, et Wu hongmiao, professeur de français à l'université de Wuhan. À partir d'une vingtaine de chefs-d'oeuvre de la peinture occidentale, de Giotto à Picasso, en passant par Rembrandt et Vélasquez, les deux auteurs confrontent leurs manières de voir, de regarder, de penser, de percevoir et de comprendre le monde aujourd'hui. Il s'agit pour eux de comparer leurs approches afin de mesurer l'étendue de leurs différences et de leurs ressemblances. Car, somme toute, sommes-nous si éloignés les uns des autres ? À l'heure où la Chine devient un partenaire de premier plan, il est grand temps de comprendre ce que les Chinois saisissent de notre civilisation, et réciproquement.


  • "Marc se concentra sur l'ameublement du salon, détaillant chaque objet. Non, sa vision était trop claire, trop réaliste pour être en train de rêver. Pourtant, le reflet dans le miroir en face de lui venait de disparaître, à la façon d'un téléviseur qu'on éteint. Sur la surface devenue noire de la glace, se forma un portrait en négatif. Celui d'un homme qui le contemplait, comme à travers une vitre."

    De l'autre côté, extrait.

    Avez-vous déjà succombé à la curiosité, à la gourmandise ou même à l'amour ? Comme tout le monde, me direz-vous. Il n'en faut pourtant pas plus pour que les héros d'Henri Bé basculent de l'autre côté de la fragile frontière qui sépare notre quotidien de leurs cauchemars.
    Trente années en hôpital psychiatrique - en tant qu'infirmier ! - ont ciselé le regard d'Henri Bé sur la psyché humaine. Pulsions, rêves, névroses : ses personnages reflètent ce qu'il y a de meilleur comme de pire en chacun de nous.
    Surtout de pire.
    De l'Angleterre victorienne au futur proche, des contes de notre enfance aux légendes urbaines japonaises, de H.P. Lovecraft à Jean Rollin, laissez-vous entraîner... de l'autre côté.

  • Cacesthesia

    Kermen Guy

    "Températures idéales pour déterrer un cadavre.
    En tout cas, ce sera plus facile que la dernière fois.

    Se laver les mains lui repose l'esprit.

    Frotte les paumes et la tranche de bas en haut, le contour des poignets. Contemple la mousse savonneuse avec béatitude. Puis rince ses mains trapues d'homme rustre dans une bassine d'eau brûlante."
    Des récipients du péché, extrait.
    Trente-et-un récits pour découvrir toute l'horreur cachée derrière nos façades. Qu'elle soit fantastique, futuriste ou bien ancrée dans nos réalités, elle se niche partout, prête à surgir et à nous happer.
    Trente-et-une façons de côtoyer la mort en compagnie de monstres de légendes, de personnalités illustres, ou de quidams banals.
    Trente-et-une visions sans aucune illusion.
    /> Des années de lecture et de cinéma de genre ont profondément marqué le style de Guy Kermen, le poussant au fil du temps vers une écriture sèche, directe, qui frappe en plein coeur et vous emporte avec elle dans les tréfonds de l'âme humaine.

    Cacesthesia : sensation morbide.

    Et vous ? Comment vous sentirez-vous au bout de cette descente en enfer ?

  • Dans la ville de Carmina, des masques dansent la nuit au-dessus des marais. Une fois le masque attrapé, celui qui le porte va voir sa vie changer.
    Lorsque Gaël est choisi par un de ces mystérieux masques, il ne se doute pas que son existence est sur le point de basculer. Tous les secrets de Carmina lui seront dévoilés.
    Même les plus terribles.


    Nouvelle.

  • Ce matin-là, quand il se réveille en retard, Gary est loin de se douter de l'étrange journée qui l'attend...
    Quand le temps et les horloges n'en font qu'à leur tête, il y a de quoi lui faire perdre la sienne !
    Nouvelle.

  • Dans la mémoire collective, Louis XIV est une figure convenue, figée dans la pose majestueuse qu'adopte le célèbre portrait peint par Hyacinthe Rigaud. On oublie que Louis n'est pas resté identique pendant sept décennies, qu'il y a peu de choses en commun entre l'adolescent de la Fronde, le monarque rayonnant de 1661, le souverain impérieux de 1685 et le vieillard affaibli des dernières années.
    Les historiens de Louis XIV reprennent souvent à leur compte le discours officiel du Grand Siècle, qui absorbe l'homme dans le roi, qui fait de Louis une pure et simple incarnation de l'État. À y regarder de plus près, théorie et pratique n'ont pas toujours concordé : derrière le monarque guerrier de la propagande se cache un roi-bureaucrate ; le prince qui « gouverne par lui-même » sait aussi composer pour accommoder ses devoirs et ses plaisirs.
    Pour comprendre l'homme et son « art de régner », témoignages et souvenirs des contemporains sont précieux, mais rien ne vaut les écrits de l'intéressé et de ses grands serviteurs, où l'on voit, au jour le jour, comment le roi actionne la complexe machinerie de l'État, où l'on lit la joie des succès faciles, l'impatience à obtenir des nouvelles, les hésitations devant les décisions à prendre, les repentirs après l'échec.
    À l'aide de nouvelles sources, ce nouveau Louis XIV fait redécouvrir le prince véritable, trop longtemps caché derrière les éloges de ses flatteurs comme derrière les caricatures de ses ennemis.

  • « Ces hommes combattaient sans aide ni de l'intérieur, ni de l'extérieur. Ils ont souvent été déchirés par le trouble de leur conscience [...]. Ces morts ne peuvent pas racheter tout ce qui s'est produit en Allemagne. Mais leurs actes et leurs sacrifices sont les fondements indestructibles d'une nouvelle renaissance. »
    Tels sont les mots de Churchill à propos de l' «autre Allemagne», ces Allemands qui ont résisté à Hitler. Parmi eux, Rudolph-Christoph von Gersdorff.
    Officier de la Wehrmacht, Gersdorff prend part à la campagne de Pologne avant d'obtenir sa mutation au sein de l'armée centre pour l'opération Barbarossa. Son but : accéder au cercle des conspirateurs réunis autour d'Henning von Tresckow. Après la tentative d'assassinat manquée de Tresckow, Gersdorff se résout à commettre un attentat-suicide contre Hitler. Le 21 mars 1943, il assiste, auprès du Führer et d'autres dirigeants nazis, à une inauguration à Berlin. Dans les manches de son manteau, deux mines et leurs minuteurs.
    Contrairement, à celui de Stauffenberg, cet attentat est resté méconnu. Pourtant, ce sont précisément ces explosifs que ce dernier utilisera le 20 juillet 1944. Survivant à cet échec, Gersdorff partit sur le front de l'Est où il découvrit en avril 1943 l'horreur de Katyn, ces fosses communes de milliers d'officiers polonais exécutés par les unités soviétiques du NKVD en 1940. Les Mémoires de ce survivant de la résistance allemande, d'une richesse inouïe, plongent au coeur du complot contre Hitler et mettent en lumière un destin exceptionnel.

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