• Kadhafi

    Vincent Hugeux

    La vie tumultueuse et l'oeuvre dévastatrice du Guide libyen.Honni par les uns, adulé par les autres, Mouammar Kadhafi a inspiré une abondante littérature. Voici les faits, les actes, les thèses, les discours, les écrits, les lubies, les fantasmes, les calculs, les volte-face, passés au tamis des archives et des récits de celles et ceux qui ont connu, fréquenté, adoré ou exécré le " bouillant colonel ". De sa naissance, énigmatique, à son trépas, brutal et crépusculaire, le parcours d'un fils de berger fasciné par le raïs égyptien Nasser, succession de saisissants paradoxes. Le portrait total de l'un des personnages les plus mystérieux, déroutants et controversés du siècle écoulé. L'épopée, toute de bruits et de fureurs, d'un despote singulier.

  • La rivalité franco-britannique (1916-1948), matrice des conflits au Moyen-Orient.Comment la France et la Grande-Bretagne se sont-elles partagé le Moyen-Orient ?
    À travers une analyse novatrice, James Barr montre que de 1916, date des accords Sykes-Picot, à 1948, tout a été mis en place pour dynamiter la région : la Syrie à feu et à sang, la montée des extrêmes terroristes, le statut de Jérusalem et la maîtrise du canal de Suez.
    Revenant sur le duel aussi venimeux que mal connu entre Londres et Paris, ce récit écrit d'une plume fluide s'attache aux protagonistes du conflit - politiques, diplomates, espions et soldats - et éclaire les problématiques passées et actuelles du Moyen-Orient.
    " Un découpage des frontières à l'origine des conflits actuels. Le livre est tout simplement passionnant ! "
    L'Obs

  • L'Iran, 4 000 ans d'Histoire à portée de main.Depuis les antiques civilisations du plateau iranien jusqu'à l'actuelle République islamique née de la révolution de 1979, ce pays-continent, creuset bouillonnant au coeur d'un Moyen-Orient turbulent, a vu naître des religions et des systèmes aussi novateurs que le zoroastrisme, la quête d'un empire universel, l'émergence du modèle du despote éclairé, en même temps que des courants philosophiques et artistiques majeurs.
    Avec cette fresque se déroulant sur plus de 4 000 ans, puisant dans les récits historiques, les travaux les plus récents et les anecdotes issues de chroniques persanes, Houchang Nahavandi et Yves Bomati ravivent également le destin d'illustres personnages tels Cyrus, Darius, Avicenne, Reza Shah, Alexandre le Grand et, moins connus du lecteur occidental, ceux d'Hassan Sabbah l'Assassin, de Tâhéreh Qorrat ol-'Eyn la poétesse et d'Amir Kabir le réformateur.
    Croisant leurs regards, ils montrent combien l'actualité la plus récente et parfois la plus controversée plonge ses racines dans un passé marqué par la double emprise du rêve impérial et du sens religieux. Un livre essentiel pour connaître et comprendre un pays charnière et matrice de siècles de civilisations.

  • Georges Corm, dont les travaux sur le Proche-Orient contemporain et les rapports entre Europe et Orient sont devenus des références incontournables, propose ici une vision synthétique et vivante de l'histoire du Moyen-Orient depuis la plus haute Antiquité. Il rappelle utilement la " géologie des cultures ", ces différentes couches anthropologiques sur lesquelles l'islam a bâti une des grandes civilisations de l'histoire de l'humanité. Le Moyen-Orient apparaît ainsi dans la diversité de ses patrimoines culturels, avec les ruptures et continuités entre les empires et les civilisations qui ont marqué son histoire. Pour dépeindre la complexité de cette région ouverte sur trois continents, l'auteur présente les " socles géographiques " de ces empires : le socle anatolien, le socle iranien et mésopotamien, le socle égyptien. Grâce à cette approche, il est enfin possible de sortir des amalgames entre des peuples de langues différentes, mais en interaction permanente : Iraniens, Turcs et Arabes, aujourd'hui confondus dans la " nébuleuse islamique ". Enfin, les dynamiques malheureuses des rapports entre l'Occident et le Moyen-Orient, ainsi que la décadence de cette région depuis deux siècles, sont explicitées de façon claire et objective, prenant en compte les facteurs sociaux et économiques si souvent négligés dans la littérature sur l'islam et le monde musulman.

  • À travers les contributions de douze auteurs proposant, à partir de leurs spécialités, des forages à l'intérieur des sociétés du Moyen-Orient entre la fin du xixe siècle et les années 1980, nous faisons le pari d'écrire une synthèse qui ne soit pas une somme. Les femmes, les migrations, les minorités, les citadinités, la modernisation ou encore l'âge des révolutions : autant d'objets d'histoire sociale dans leur forme la plus ouverte, d'emblée politique, en ce qu'ils interrogent ce qui est affecté par le politique et ce qui, dans le monde social, affecte le politique. Autant de questions pour aujourd'hui.
    L. D.
    Inédit
    Leyla Dakhli
    Chercheuse au CNRS, elle s'intéresse à l'histoire intellectuelle et sociale du monde arabe contemporain. Elle a récemment publié Histoire du Proche-Orient contemporain (La Découverte, 2015).
    Avec les contributions de : Emma Aubin-Boltanski, Philippe Bourmaud, Elena Chiti, Angelos Dalachanis, Leyla Dakhli, Edhem Eldem, Azadeh Kian, Vincent Lemire, Noémie Lévy-Asku, Philippe Pétriat, Matthieu Rey, Mehdi Sakatni, Emmanuel Szurek.

  • Curieux destin que celui de l'Iran faisant l'objet de rivalités entre puissances russe et britannique pendant tout le XIX e et le début du XX e siècle, avant de devenir la première nation du Moyen-Orient à se doter d'une constitution moderne. Aujourd'hui entouré de jeunes États, il fait incontestablement figure de vieil empire. Ce sont deux siècles d'une histoire foisonnante auxquels ce livre invite : une clé indispensable à la compréhension des nombreux enjeux contemporains.
    Étrange pays que ce grand État chiite, qui n'a jamais rompu avec son passé préislamique et qui, malgré son particularisme - son insularité, disent certains -, a toujours exercé un rayonnement culturel bien au-delà de ses frontières. Curieux destin que celui de ce vieil empire aujourd'hui entouré de jeunes États, objet pendant tout le XIXe et le début du XXe siècle de rivalités entre puissances russe et britannique, et qui est aussi la première nation du Moyen-Orient à s'être dotée d'une Constitution moderne obtenue à la suite d'une révolution dès 1906.
    Précurseur dans la nationalisation de ses ressources pétrolières, l'Iran est également le premier pays à connaître une révolution islamique qui provoque un séisme politique sans précédent à travers le monde musulman et au-delà. Aujourd'hui, alors que ses voisins tentent d'endiguer la montée de l'islamisme radical, il cherche la voie pour sortir d'une révolution religieuse.
    L'histoire contemporaine de l'Iran, à la fois laboratoire politique pour le monde et nation à part, du point de vue identitaire et historique, vaut d'être connue. Le présent ouvrage a pour ambition d'initier le lecteur à cette histoire foisonnante et méconnue de l'Iran des deux derniers siècles (1796-2017).

  • "Trente-trois ans apres le début des hostilités, Pierre Razoux nous ouvre les portes de ce conflit si déterminant pour le Moyen-Orient, un tournant géopolitique dont les effets perdurent. "Le MondeOn ne peut pas comprendre la situation qui prévaut aujourd'hui dans le Golfe sans saisir les frustrations et craintes persistantes qui découlent directement de la guerre entre l'Iran et l'Irak de 1980 à 1988. Terriblement meurtrière, celle-ci a marqué à jamais les esprits par les images dramatiques d'enfants envoyés au combat, les villageois gazés, les villes en ruines, les pétroliers en feu ou les tranchées ensanglantées.
    Pour en retracer les événements, et grâce à des sources inédites de première main, Pierre Razoux explique les opérations militaires et détaille les nombreuses affaires - Irangate, attentats en France, enlèvements au Liban - étroitement liées à ce conflit. Une histoire faite de rebondissements permanents au gré de l'attitude des pétromonarchies, de la Russie, de la Chine et des Etats-Unis, mais aussi caractérisée par la compromission de nombreuses nations, parmi lesquelles la France...

  • Si éloignée en apparence, la Syrie n'émeut que lorsque les conséquences du conflit viennent endeuiller nos contrées. Si proche pourtant, elle est le véritable centre géographique de notre histoire et ils sont nombreux ceux ayant arpenté le " chemin de Damas " pour élaborer ce que nous peinons souvent à voir comme un héritage commun. Aveuglement volontaire ou non, il est désormais impossible de détourner les yeux du reflet que nous renvoie Damas. C'est notre avenir qui s'y joue.
    Notre monde a abandonné la Syrie et son peuple à une horreur inimaginable. Et cette horreur ne semble nous toucher que par ses " effets collatéraux ", les attaques terroristes menées sur notre sol.
    Pour qu'une telle indifférence soit devenue possible, il a fallu occulter tout ce qui dans l'histoire de la Syrie résonne dans notre propre mémoire. Il n'en est que plus urgent de renouer le lien avec la part de l'histoire universelle qui s'est déroulée là-bas. Qu'on le veuille ou non, Damas nous tend aujourd'hui son miroir.
    Dans ce livre alerte, inspiré, Jean-Pierre Filiu revisite en Syrie un passé aussi intimement mêlé au nôtre. Il évoque des figures que l'on croit familières, saint Paul, Saladin ou Abdelkader, et nous en fait découvrir bien d'autres, du " chemin de Damas " à l'" Orient compliqué ".
    La descente aux enfers de la Syrie, de ses femmes et de ses hommes, n'est ni une affaire d'Arabes, ni le solde de querelles immémoriales. Elle est épouvantablement moderne, car les bourreaux de ce temps, qu'ils soient jihadistes ou pro-Assad, n'invoquent un glorieux passé qu'à l'aune de leur projet totalitaire.
    Nous avons tous en nous une part de Syrie. Dans le miroir de Damas, nous comprenons mieux ce que notre monde est en train de devenir.

  • Histoire d'Israël

    Michel Abitbol

    • Perrin
    • 26 Avril 2018

    Un ouvrage appelé à devenir la synthèse de référence sur l'histoire d'Israël, depuis les premières migrations en Terre Sainte jusqu'à nos jours.Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l'histoire d'Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l'arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. L'auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l'évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l'édification d'un Etat juif démocratique en même temps que l'émergence d'une " nation " israélienne et d'une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d'immigrants. Le " retour des exilés ", marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d'Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme. La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l'établissement d'une paix durable dans la région.
    S'appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d'appréhender dans toute sa complexité l'histoire sans pareille de l'Etat juif.
    Michel Abitbol, orientaliste de réputation internationale, a notamment publié chez Perrin Le Passé d'une discorde
    , couronné par le prix Thiers de l'Académie française, Les Deux Terres promises, une Histoire du Maroc
    et une Histoire des juifs.

  • Ce livre sans précédent raconte avec verve la chute du dernier empereur perse et en dissèque les causes. Les auteurs, père et fils, membres de la famille impériale et de la grande diaspora iranienne, livrent dans la foulée leur analyse de la Révolution islamique. Ecrit à quatre mains et inspiré de notes et d'informations glanées dans le feu de l'action par Christian Pahlavi, témoin direct du processus révolutionnaire, l'ouvrage rétablit la chronologie complète et précise les événements qui ont forgé le destin de l'Iran de 1977 à 1979 : chute et mort du Chah, avènement de Khomeini, Terreur islamique, crise des otages américains... Il offre ainsi une vision indépendante et riche en révélations de l'un des événements majeurs du siècle dernier.
    Prix Diane-Potier-Boès 2016 de l'Académie française.
    " Cette étude minutieuse [...] fera date, [...] menée avec la distance et la rigueur historique nécessaires. "Le Figaro Magazine

  • L'histoire d'Israël à travers ses figures de proue.Peut-être parce que sa vocation est d'être le refuge ultime d'un peuple persécuté durant des siècles, parce qu'il est aussi le premier État moderne dont la naissance procède non de la force militaire ou de l'arbitraire politique mais d'une volonté clairement exprimée par la communauté internationale, Israël n'est pas un État comme les autres.
    Sa naissance et son développement, son épanouissement - sa survie, aussi - reposent sur la condition et la volonté d'hommes et de femmes dont Georges Ayache brosse ici le portrait avec talent. Douze personnalités, de Theodore Herzl le " visionnaire " à Shimon Peres le " survivant " en passant par Ben Gourion et Golda Meir, et autant de piliers d'Israël qui parvinrent à s'imposer avec la foi parfois utopique des précurseurs, mais toujours aussi la détermination implacable des pionniers bâtisseurs.

  • Trait d'union entre l'Occident et l'islam, la France et l'Algérie, le grand guerrier et mystique livre ici tous les secrets de sa fabuleuse destinée.
    Soufi libéral, prince de l'islam, héros de la résistance algérienne, Abd el-Kader fut aussi un franc-maçon favorable au progès. En cela, il reste une énigme de l'histoire. Alors que le monde musulman préfère nier son affiliation à la maçonnerie, Thierry Zarcone démêle le vrai du faux et revisite, à la lueur de nouvelles sources arabes et occidentales, l'histoire secrète de l'émir et le rôle joué par son fils aîné et ses descendants dans la construction d'un mythe. Car si le souvenir d'Abd el-Kader a perduré dans la confidence de certaines loges du Caire, de Tunis, de Dakar et de Paris qui portent son nom, son grand retour dans les débats sur l'islam de France, le djihadisme ou la laïcité nous engage à découvrir l'homme derrière le mystère.
    Postface de Franck Frégosi

    Historien et anthropologue de l'islam, Thierry Zarcone est directeur de recherche au CNRS, et enseigne à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.

  • Israël 70 ans

    Martine Gozlan

    Une radiographie fouillée de l'Israël d'aujourd'hui, à travers le prisme des sept défis auxquels la société israélienne doit faire face. Par une journaliste de Marianne spécialiste du sujet.
    Soixante-dix ans après sa création - sa " recréation ", selon David Ben Gourion -, l'État d'Israël reste un mystère aux yeux du monde.Mystère de l'hostilité que ce pays inspire toujours, comme de sa réussite qui fascine amis et ennemis. Mystère d'une extrême modernité mariée aux formes religieuses les plus traditionnelles. Mystère d'une révolution technologique et d'un rayonnement scientifique sans commune mesure avec les dimensions du territoire. Mystère d'une société contrainte de vivre en guerre depuis quatre générations.À rebours de la défiance et des idées reçues, Martine Gozlan tente de percer les sept secrets d'Israël : la force de la mémoire, la régularité des vagues d'immigration, les surprises de la démographie, les ambiguïtés de la foi, les métamorphoses de l'armée, le jaillissement de la recherche, sans oublier un optimisme existentiel et pour ainsi dire fondateur.Un récit en forme d'enquête, qui explore les paradoxes d'un peuple et d'une nation.

  • 17 novembre 1869 : le canal de Suez est inauguré en grandes pompes, en présence de l'impératrice Eugénie. Mais la construction du canal, débutée en 1859, ne s'est pas faite sans heurts. Ferdinand de Lesseps et la France ont en effet bataillé durant de longues décennies avant de convaincre l'Empire ottoman, dont l'Égypte n'était qu'une province, de son bien-fondé.

    Accusée d'être un instrument de colonisation de l'Égypte au profit de la France, la Compagnie universelle du canal de Suez, " État dans l'État ", est très critiquée par l'Empire ottoman. Celui-ci craint qu'un canal maritime séparant matériellement l'Égypte du reste de l'Empire rende illusoire la souveraineté du sultan sur ce territoire, et ouvre la porte à une domination occidentale inacceptable.

    Cet ouvrage ne propose pas une énième histoire du canal de Suez ni sur le plan technique, ni sur le plan diplomatique, mais il entend combler une lacune considérable : l'étude de cette histoire du point de vue ottoman, des projets à l'exploitation en passant par la construction du canal. Procès, arbitrages, polémiques : bien avant la " crise de Suez " de 1956 liée à sa nationalisation, le canal était déjà au coeur d'un jeu de puissances entre Orient et Occident.

  • Atatürk demeure l'icône de la Turquie moderne. Nul ne conteste qu'il fut un chef de guerre hors pair et un législateur inspiré. Mais il était aussi un tyran sans scrupules et le persécuteur implacable des minorités religieuses. Jeune Turc ambitieux, officier d'état-major plein d'allant, preux de l'islam, ardent républicain, politicien madré... Les contradictions ont la vie dure dès qu'il s'agit d'évoquer la figure à multiples facettes du fondateur de la première république laïque en " terre d'islam ", personnage énigmatique et paradoxal. Nourri des recherches les plus récentes, l'ouvrage de Fabrice Monnier retrace cette vie menée tambour battant, dans le contexte d'un Empire ottoman en faillite où les passions politiques, le jeu cynique des grandes puissances, l'intolérance religieuse et les rivalités ethniques entraînent mouvements de populations, déportations et assassinats de masse. Un livre essentiel pour comprendre la Turquie d'aujourd'hui.

  • Une des origines du chaos moyen oriental est la décision britannique, fin 1914, de mettre la main sur la Mésopotamie (Irak actuel), possession délaissée d'un Empire ottoman quasi moribond. L'objectif de la démonstration de force est double : impressionner les potentats arabes du golfe Persique et s'assurer à bon compte le contrôle de terres potentiellement riches et peut être pétrolifères. L'affaire est confiée à des unités de l'armée des Indes qui, après des débuts en fanfare, se retrouvent prises au piège à Kut-el-Amara, petite cité arabe du Tigre au sud de Bagdad. Le siège qui s'ensuit aboutit le 29 avril 1916 à une humiliante capitulation. Les Britanniques payent cher le dilettantisme de généraux qui ont fait preuve d'une abyssale arrogance. Redresser la situation et rétablir leur prestige exigent d'eux des sacrifices en personnel et en matériel très supérieurs à ceux qui avaient été initialement envisagés. Dans une marée de boue ou, au contraire, sous un soleil de feu, cipayes indiens, fantassins anglais et soldats turcs, dans un contexte de guerre sainte, se sont empoignés au milieu de populations sourdement hostiles auxquelles elles mentaient sur leurs véritables buts de guerre. 1916 en Mésopotamie inaugure au Moyen-Orient une ère d'instabilité et de tensions dont les échos se font toujours sentir.

  • La Révolution islamique n'a pas aboli plusieurs siècles de culture persane, l'une des plus riches du Moyen-Orient, qu'il est indispensable de connaître pour appréhender l'Iran d'aujourd'hui. Ardavan Amir-Aslani en est le meilleur spécialiste.
    Depuis deux mille cinq cents ans, la culture persane participe de l'aventure universelle des sciences, de la philosophie, de l'art et des religions. Car la Perse n'est pas limitée au peuple iranien ni aux frontières actuelles de l'Iran : la géographie et l'histoire l'ont placée à la croisée de plusieurs mondes.En envahissant la Perse en l'an 633, les Arabes héritent d'une civilisation dont l'apport a par la suite été sous-estimé, quand il n'était pas nié. Or, il est impossible de comprendre l'Asie centrale, le monde indien et l'ensemble de l'univers islamique en laissant l'Iran et sa culture de côté.Aujourd'hui, la culture musulmane de la Perse, si admirée au Moyen Âge, vit un âge sombre. En Occident du moins, on s'en méfie. Oubliés, prophètes et poètes - de Zarathoustra à Mani, de la poésie soufie de Rûmî aux élégies amoureuses de Hafez de Chiraz - qui chantaient la beauté de la femme et de l'amour, et montraient le chemin vers une compréhension de Dieu et des hommes !Quatre décennies après la révolution islamique, l'Iran semble de nouveau à un carrefour. Ardavan Amir-Aslani s'érige dans cet essai contre la réécriture fallacieuse du passé de cette civilisation. Pour rendre à la culture perse la place qui lui revient dans l'Histoire.

  • À l'heure du djihadisme, voici la première description documentée, minutieuse et raisonnée de la mise en place du néo-wahhabisme au sein du monde arabe. C'est en 1932, à la demande de la Direction des Affaires indigènes du gouvernement Herriot, qu'Augusti

  • Ce livre explore avec rigueur les différentes modalités de la disparition des chrétiens d'Anatolie (1915-1924).
    De 1914 à 1924, des communautés chrétiennes de l'Empire ottoman ont été détruites. Ces chrétientés orientales, pour certaines nées des schismes du Ve siècle, s'étaient maintenues dans leur diversité pendant la période ottomane dans un empire multiethnique et pluriconfessionnel. Nestoriens, chaldéens (également appelés assyro-chaldéens), syriaques et Grecs, disparaissent, les uns au cours du génocide des Arméniens (avril 1915-décembre 1915) et jusqu'en 1918, les autres dans un contexte différent, comme les communautés grecques dont la destruction s'étend de 1914 à 1924.
    Le responsable de cette destruction est le nationalisme turc. Exprimé sous la forme d'un turquisme, voire d'un panturquisme et d'un pantouranisme chez les Jeunes Turcs du Comité Union et Progrès, ou d'un turquisme moins conquérant dans le mouvement kémaliste de 1919 à 1924, il obtient le même résultat : un nettoyage ethnique et religieux qui exclut les chrétiens d'une Turquie où les musulmans sont, dans l'esprit de ces idéologues, les seuls à même d'adhérer à un projet national turc.
    Ce livre explore avec rigueur les différentes modalités de la disparition des chrétiens d'Anatolie, à partir d'une abondante documentation complétée par la récente publication des Archives du Vatican.

  • Dans la Turquie ottomane, le secret est une vertu cardinale du pouvoir. Le sultan règne sans partage, mais avec l'appui d'un groupe d'initiés – parti, clan, confrérie – toujours tenus par le secret.

    Dans la Turquie ottomane, le secret est une vertu cardinale du pouvoir. Le sultan règne sans partage, mais avec l'appui d'un groupe d'initiés – parti, clan, confrérie – toujours tenus par le secret. Cette réalité – constante dans l'histoire de la société turque –, le coup d'État raté de l'été 2016 et la mise au ban de Fethullah Gülen n'en constituent qu'un rappel. Comme la francmaçonnerie, la secte des Bektaşîs, dont le lecteur découvrira maints secrets dans ce livre, a eu son heure de gloire auprès des sultans.

    Ce livre présente et analyse un texte majeur de cette confrérie : un opuscule qui détaille son rituel initiatique et sa pratique religieuse. Le rôle politique et spirituel qu'a joué ce courant soufi a été majeur au XIXe siècle et au début du XXe. Le texte en question, initialement publié en turc en 1925, au moment de l'interdiction par Atatürk des confréries, n'aurait sans doute jamais été révélé sans la révolution kémaliste. Après avoir rappelé l'histoire de la confrérie, l'auteur présente les principaux extraits du catéchisme initiatique et explique avec clarté le rituel et ses fondements anthropologiques. Enfin, il s'attarde sur l'opportunité de publier ces secrets religieux en 1925 pour le " salut " de la nation turque.

    Une exploration scientifique des rapports unissant religion, pouvoir et secret.

  • Israël contre Israël

    Martine Gozlan

    • Archipel
    • 1 Novembre 2012

    Dix-sept ans après l'assassinat, le 4 novembre 1995, par un extrémiste juif, du général Itzhak Rabin, le premier ministre israélien, le conflit israélo-palestinien semble figé pour l'éternité, l'Etat hébreu fasciné par une droite de plus en plus extrême. De Paris à New York la diaspora juive se déchire, divisée entre ceux qui soutiennent sans conditions la politique israélienne et ceux qui la dénoncent car elle menace selon eux l'avenir d'sraël et trahit les valeurs morales du judaïsme.Martine Gozlan retrace les raisons et les étapes de cette fracture historique, morale, philosophique et religieuse qui a scindé l'âme juive avant même le sionisme et raconte de façon vivante et personnelle le roman des deux Israël, irréconciliables mais enchaînés.

  • Hussein père et fils

    Randa Habib

    Mort en février 1999 après 46 ans de règne, le roi Hussein de Jordanie a été un homme clé au Proche-Orient. Il a côtoyé Nasser, Saddam Hussein, Assad père, Kadhafi et tous les chefs d'Etat arabes, connu toutes les administrations américaines d'Eisenhower à nos jours ; il a vu la mort de la IVe République et l'émergence de la Ve. Il a échappé à des dizaines d'attentats : le petit roi avait la baraka. En 1970, tous les observateurs le donnaient perdant face à l'OLP de Arafat. Il a résisté aux Palestiniens, aux Syriens, aux Irakiens... et sauvé la Jordanie. Il a laissé à son fils Abdallah un royaume sain et surtout une protection occidentale qu'il a su entretenir des années durant.

  • Sharon, un destin inacheve

    Daniel Haik

    • Archipel
    • 1 Septembre 2013

    Le destin d'Ariel Sharon, né Sheneirman en 1928, se confond avec celui de l'État hébreu. Ce " sabra " incarne depuis plus de 50 ans le miracle quotidien qu'est l'existence d'Israël, mais aussi les zones d'ombre et les drames qui jalonnent son histoire. Ni démon, comme l'ont stigmatisé les médias internationaux pendant 30 ans, ni ange immaculé comme le prétendent ses proches, Sharon est un personnage complexe, tour à tour affable et brutal, fauteur de troubles et leader respecté. Cette dualité est le reflet même des tiraillements d'Israël. De la guerre d'indépendance (1948) au retrait de Gaza et à la création du parti Kadima (2005) en passant par les guerres des Six-Jours, de Kippour et du Liban, sa responsabilité indirecte dans les massacres de Sabra et Chatila en 1982 et la " provocation " sur l'esplanade du Mont du Temple en 2000, Sharon a transformé Tsahal, bouleversé le paysage politique israélien et s'est hissé à la hauteur des Ben Gourion, Begin et Rabin, au nombre des leaders charismatiques d'Israël. Premier ministre depuis février 2001, il est persuadé que son destin l'a conduit aux commandes du pays pour enfin, offrir à son peuple, la paix dans la sécurité. Comment ? En décidant seul du tracé des frontières définitives d'Israël. Quant aux Palestiniens, ils devront éradiquer le terrorisme s'ils veulent conclure un accord avec lui. Le gamin qui ne se séparait jamais de sa matraque est-il devenu un authentique homme de paix ? Parviendra-t-il, à la tête du parti qu'il vient de créer avec Shimon Peres, à se poser en rassembleur de la société israélienne ? Le promoteur des implantations a-t-il appris le pragmatisme ? Au bout du compte, Ariel Sharon a-t-il l'étoffe d'un de Gaulle israélien ? À l'approche de la prochaine échéance électorale israélienne, cette première biographie en français d'Ariel Sharon tente de répondre à ces interrogations en décrivant le parcours de Sharon vu d'Israël, à l'aide de témoignages et d'une imposante documentation en hébreu jusqu'alors inaccessible au lecteur français.

  • Israël survivra-t-il ?

    Klein-T+Sfeir-A

    • Archipel
    • 1 Novembre 2013

    Face à face, deux observateurs " engagés " de l'évolution géopolitique du monde arabe et d'Israël. Suivant une logique chronologique, partant du Peuple élu, en passant par la Shoah, la création d'Israël, l'ère Nasser, la guerre des Six Jours, l'OLP d'Arafat, la paix selon Begin, les deux guerres du Golfe, Al-Qaida, la montée de l'islamisme, la guerre du Liban de 2006, les protagonistes confrontent leur vision du conflit et leur conception de l'avenir de la région. Très vite, nombre de points de divergence apparaissent au cours du dialogue, avant de laisser place à une interrogation commune : Israël serait-il en passe de devenir un pays arabe comme les autres ? En annexe figure une chronologie de l'histoire d'Israël.

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