• Un portait différent, sensible, amoureux de l'un des plus grands génies de la musique.Mozart ? Encore ! Alors que la plupart des musicologues se sont penchés sur sa vie, son oeuvre... Oui, Mozart. D'abord parce que je suis en quelque sorte née avec lui dans mon oreille, grâce à mes parents. Un père contrebassiste et chef d'orchestre, une maman violoniste qui, dès mes cinq ans, entre deux concerts, ont glissé sous mes doigts d'enfant, le clavier de mon premier piano. Puis, il y eut l'itinéraire obligé. Le conservatoire, où il m'apparut didactique, décortiqué, expliqué, à des années lumières de ce que j'en savais à travers les voix des amis musiciens de mes parents, lorsqu'ils en parlaient, entre eux, lorsque l'émotion surgissait au détour d'une phrase et changeait tout. Enfin, il y eut ce jour, suivi de beaucoup d'autres où, lettre après lettre, je suis entrée dans sa vie. Et ce n'était plus le " divin Mozart ", par essence inaccessible, mais le plus attachant des amis. Un génie qui avait le pouvoir de faire jaillir, du désordre de nos émotions, ce qu'il y avait de plus troublant, de plus pur, de plus inattendu aussi.
    Mozart tellement libre, loyal, courageux, insolent, pratiquant avec délices un érotisme joyeux et mettant en musique cette mélancolie déchirante qui n'appartient, dans sa retenue et son élégance, qu'à lui. En le jouant, en l'écoutant et en le réécoutant, en " violant " ses lettres, j'ai eu le désir de le raconter tel qu'en lui-même, en son temps, balayant au passage les pieux mensonges dont on l'a fardé. Adieu donc à Leopold, le père fouettard, exhibant à tout-va son prodige d'enfant ! Adieu à Constanze costumée en épouse sotte et inculte, à Salieri, le faux assassin du génie, à l'enterrement sous la neige, au corps jeté sans plus de cérémonie, dans la fosse commune et bienvenue à celui que, je l'espère, vous ne verrez plus tout à fait de la même manière après avoir lu ce dictionnaire amoureux.

  • Brahms ecclésiaste

    André Tubeuf

    L'un des plus grands penseurs de la musique nous invite à une lumineuse méditation sur l'oeuvre de Brahms." Tout ce qu'il a ressenti, tout ce qu'il a accompli, il l'a fait pour la part de nous-mêmes qui reste intemporelle, et aussi attenante au surnaturel. [...] Si on vous demande vers où un soir tardif d'automne cet homme-là nous a quittés, il faudra répondre : Abseits, à l'écart. Non pas de l'autre côté. Ici même mais à part. Mais il a vu l'autre côté. Sa musique pleinement le fait là, amical, hospitalier, ouvrant ses grands bras pour que nous nous y jetions, enfants que nous sommes, et ne cesserons pas d'être, toujours affamés et de pain et de chant. "
    Ce livre n'est pas un livre ordinaire sur l'oeuvre et la vie de l'un des plus grands compositeurs de tous les temps. Il est aussi, et avant tout, le fruit d'une longue et intense méditation à partir de deux pages essentielles écrites d'après les Écritures saintes, qui se répondent à presque trente années de distance : le Requiem et les Quatre chants sérieux, composés un an avant la mort de Brahms.
    Pages de deuil, mais aussi de salut, elle se donnent la main par-delà le temps, dégageant une autre image de Brahms, très personnelle, intime et proche de nous, où l'enfance et la mort correspondent, au-delà de toute " vanité "...

  • De Pékin à Paris, des camps de rééducation aux salles de concert, de Mao à Bach : le calvaire et la renaissance d´une grande artiste.Avec ce livre plébiscité par la critique et le public, Zhu Xiao Mei a su toucher un large public, bien au-delà des amateurs de musique.Pékin, 1969. Zhu Xiao-Mei est un « être de mauvaise origine », c´est-à-dire qu´elle est issue d´une famille de bourgeois cultivés. Une tare d´autant plus lourde à porter pour la jeune Xiao-Mei qu´elle a un don précoce pour le piano et une passion pour la musique décadente - Shumann, Mozart, Bach. Logique, par conséquent, qu´elle soit envoyée en camp de rééducation par les autorités de la Chine communiste.

    Frontière de la Mongolie, 1974. Zhu Xiao-Mei n´a plus rien d´une bourgeoise cultivée, plus rien d´une pianiste, plus rien d´une artiste. Elle est devenue une machine à obéir et à dénoncer. Son unique livre est le Petit Livre rouge, son unique rêve de manger à sa faim. Mais un jour, Xiao-Mei trouve dans le camp un vieil accordéon. Elle caresse les touches, se risque à jouer un accord, quelques notes de musique s´élèvent... Par enchantement l´espoir renaît : Xiao-Mei se jure qu´elle rejouera du piano.

    Paris, 1985. Il a fallu à la jeune femme dix ans d´obstination pour pouvoir pratiquer ce qui est depuis toujours son vrai métier, pianiste. Partie de Chine dès les premiers signes d´ouverture, en 1979, elle reprend ses études musicales aux États-Unis tout en travaillant pour survivre comme baby-sitter, femme de ménage, serveuse, cuisinière... Puis elle s´exile encore, cette fois vers Paris. Et là, le miracle survient. Pour la première fois, on l´écoute, on lui donne sa chance... Sa carrière est lancée, elle ne s´arrêtera plus.

  • Verdi l'insoumis

    Sylvain Fort

    Verdi est un compositeur pour notre temps. Mystérieusement, il porte, comme son oeuvre, des traits qui caractérisent notre époque. Traits non seulement esthétiques, mais aussi moraux et, en un sens, politiques. Verdi, au long de ses opéras, parle des humiliés, des offensés, des mal-lotis ; il donne voix à ce que l'humiliation sociale suscite : la colère, la peur, et donc le désir de vengeance, l'instinct de sacrifice, le goût idéaliste des causes perdues, l'avidité du pouvoir. Aucun autre compositeur d'opéra n'a fait entendre de façon aussi puissante les élans profonds des âmes blessées, pour la simple raison que Verdi les a ressentis dans sa chair, en a fait l'épreuve dans sa vie d'homme.
    Ainsi ses opéras continuent-ils, aujourd'hui encore, de déchirer le voile des conventions et des accommodements faciles, alors que nous vivons toujours sous l'empire de ces conventions, des préjugés, des apparences. Verdi fut un homme en colère, un anticonformiste poussant parfois jusqu'à la cruauté l'expression de ses indignations ou de sa rage face à certaines situations. C'est cette insoumission foncière face aux injonctions de la mode, de la censure et des convenances, qui donne à son oeuvre la puissance qui lui a permis de traverser le temps et de rencontrer aujourd'hui encore nos rêves et nos révoltes. Sylvain Fort livre ici de cet insurgé un portrait qui n'est pas sans échos avec l'état de nos sociétés contemporaines.

  • L'auteur nous invite à réentendre Chopin hors des clichés répandus, à partir de sa musique seule, encore insuffisamment comprise dans sa singularité et ses audaces. " Chez Chopin, seule la musique répond à la musique. Son oeuvre, à proprement parler, ne figure rien. Ni l'amour, ni la nature, ni l'humanité. Seul le vase clos et infini de la musique. " La vie et l'oeuvre de Chopin sont indépendantes ; le lecteur les suit donc en parallèle, comme le musicien, ce grand classique égaré dans les gouffres tapageurs du romantisme, le fait lui-même à travers ses pages si révolutionnaires et pures à la fois. Car l'oeuvre de Chopin se dérobe, par sa nature même, aux circonstances qui la voient naître. Elle s'affirme ainsi comme l'expression la plus affirmée de la solitude absolue du créateur. Elle révèle la dualité de son être comme de son expression - de son génie même : français et polonais, classique et romantique, révolutionnaire et conservateur, anti-littéraire mais doté d'une plume incisive, emporté et réservé, abattu et exalté, morbide et empli d'humour badin, mondain et secret... Toute sa vie, le musicien restera un exilé du monde. Chaque chapitre du livre s'appuie sur les oeuvres les plus importantes de Chopin, liées aux périodes essentielles de son existence, de la Pologne à Nohant, en passant par Majorque et Paris, comme autant de cheminements significatifs de son évolution.

  • Ma vie

    Richard Wagner

    Richard Wagner s'est voulu tout autant écrivain et penseur que compositeur, homme de théâtre et chef d'orchestre. Son autobiographie est une fresque haute en couleur, riche en événements et en rencontres exceptionnelles. C'est aussi un formidable témoignage sur la vie artistique et intellectuelle du XIXe siècle.
    Artiste polymorphe, Wagner a épousé toutes les tendances de son siècle, et il en résume toutes les contradictions : se côtoient chez lui cosmopolitisme et nationalisme, goût de la provocation et soif de reconnaissance sociale, amour du prochain et pulsions racistes, mysticisme religieux et sensualisme, goût pour le monumental et fascination pour le détail. La lecture de Ma vie permet de cerner cette personnalité paradoxale, excessive et fascinante.

  • Giuseppe Verdi n'est pas seulement l'un des maîtres de l'opéra mondial. Il fut aussi, au même titre que Garibaldi et Cavour, l'un des héros du Risorgimento italien, l'homme dont l'image s'est identifiée pour les Italiens avec celles de la liberté et de la nation.Comment ce fils du peuple, né en 1813 sujet de la France napoléonienne, est-il devenu trente ans plus tard le porte-parole d'un patriotisme italien dressé contre la domination autrichienne ? Dans une Italie où règnent l'analphabétisme et le pluralisme des idiomes, nombreux sont ceux qui, bourgeois ou représentants du peuple citadin, vont trouver dans la musique du maître de Busseto le moyen d'exprimer leur désir de vivre libres.Cette communion patriotique suscitée par l'opéra verdien ne saurait faire oublier que ses oeuvres sont acclamées de Paris à Londres et Saint-Pétersbourg. Verdi est bien le " patron " de la seconde moitié du XIXe siècle par l'ampleur et le renouvellement de ses créations. Et jusqu'à sa mort, en 1901, il tient en respect la jeune génération italienne comme l'astre montant de la musique européenne : Richard Wagner.Mais l'homme Verdi ne se réduit ni à sa production dramaturgique ni même au rôle mobilisateur qui fut le sien. Propriétaire terrien bâtissant, arpent après arpent, son domaine sur les rives du Pô, ce philanthrope se montre ami fidèle, époux et père brisé par la disparition des siens, puis compagnon de vie d'une autre victime du destin, la cantatrice Giuseppina Strepponi, qu'il lui faudra imposer face aux préjugés du temps. Tels sont, continûment mêlés, les traits d'un personnage qui, à l'instar en France de Victor Hugo, a mis son génie au service de la liberté.

  • 2013 marque le bi-centenaire de la naissance de Verdi.
    Pour la première fois, hommage est rendu à la muse et l´inspiratrice de Verdi, Giuseppina.Giuseppina Strepponi est l´une des plus grandes cantatrices de son temps. Fille du compositeur Giuseppe Strepponi, elle débute en 1834, à dix-neuf ans, dans L´Elixir d´amour de Donizetti. Travailleuse acharnée, elle compte bientôt à son répertoire les oeuvres de Rossini et Bellini. Elle chante à guichets fermés tous les soirs et fait l´admiration des plus grands musiciens. C´est elle, au sommet de sa gloire, qui lance la carrière de Giuseppe Verdi. En 1842, en effet, elle plaide pour que le jeune compositeur ait accès à la Scala de Milan, le temple de l´opéra. Elle crée Abigaille dans Nabucco. C´est un triomphe, avec cinquante-sept représentations consécutives.

    Assez vite cependant, sa voix décline, notamment à cause du surmenage, elle qui va jusqu´à chanter six fois Norma en une semaine. De plus, sa vie personnelle est très chaotique ; elle met au monde quatre enfants hors mariage, qu´elle devra abandonner. Giuseppina renonce à la scène en 1846, à tout juste trente ans.

    Elle s´installe à Paris comme professeur et Verdi la rejoint l´année suivante. Désormais, leurs vies sont liées. Ils s´installent à Sant´Agata en 1851 et se marient le 29 avril 1859. Suivra la période sereine de leur vie à tous les deux, entre Paris, Gênes et Milan, celle de la pleine maturité créatrice de Verdi, riche de succès et d´inspiration.

  • En 1973, le pianiste Robert Sutherland est invité à accompagner Maria Callas qui prépare son grand retour sur scène avec son complice de toujours, le ténor italien Giuseppe Di Stefano. D'abord recruté comme doublure du pianiste o ciel de la diva, il est loin de s'imaginer qu'il va occuper un rôle-clé dans les dernières années de son existence.Au l d'une tournée mouvementée qui les emmène sur les plus grandes scènes d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie, il devient le con dent de la soprano : elle lui parle de son enfance, de ses parents, de son professeur de chant, de son public fidèle et de la grande passion de sa vie - la musique. Il découvre une femme complexe : tantôt diva, tragédienne du monde de l'opéra, tantôt amoureuse vulnérable, amie crédule ou femme-enfant.La Callas traverse alors une période difficile : Onassis, avec qui elle a vécu neuf années de passion, est désormais l'époux de Jacqueline Kennedy. La tournée que lui propose Giuseppe Di Stefano lui apparaît comme le seul remède possible - à la fois artistique et sentimental - à son mal-être. Mais la relation tumultueuse entre ces deux monstres sacrés, digne de la commedia dell'arte, transforme cette tournée en un feuilleton à rebondissements où les rires ne sont jamais loin des larmes.Depuis les coulisses, sur scène ou dans le secret des palaces, Robert Sutherland décrit avec bienveillance et lucidité les derniers feux de la Divina.

  • Septembre 2011. Sept ans après s'être enfui à la veille de ses fiançailles, Jovien Porol revient chez lui, dans la région de Montpellier. Un retour qui provoque l'indignation générale.
    Porol, docteur en médecine, membre d'une famille en vue de la haute société, a changé. C'est un autre homme que ses proches retrouvent : froid, intransigeant, politiquement incorrect.
    Jovien a publié un livre qui lui sert à régler ses comptes avec son éducation. C'est à cause d'elle qu'il s'est lâchement sauvé : témoin d'un crime odieux, il a préféré fuir pour ne pas dénoncer l'un des coupables.
    Et c'est en justicier qu'il réapparaît, pour les punir à sa manière. Aussitôt, Jovien se lance dans une enquête jonchée des cadavres de jeunes Vietnamiennes. On le hait, on le craint, on veut l'abattre. Mais quand il découvrira toute la vérité, aura-t-il le courage de la révéler ? Ou écoutera-t-il à nouveau le conseil insidieux des trois singes : « Pars et ne dis rien » ?
    On retrouve dans ce nouveau roman noir de Philippe Bouin une satire sociale stigmatisant la bourgeoisie de province, sûre d'elle-même et de ses privilèges, qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère des films de Chabrol.


  • Ce récit sincère et authentique livré par le pianiste prodige Evgeny Kissin, nous dévoile pour la première fois l'intimité d'un parcours exceptionnel.

    La trajectoire du grand musicien Evgeny Kissin est fulgurante. Né à Moscou en 1971, il révèle ses talents de pianiste de manière fulgurante et donne son premier récital à 11 ans. Il ne cessera ensuite d'enchaîner les concerts et deviendra rapidement l'un des plus talentueux pianistes de son temps.
    Il retrace dans ce livre, avec sincérité et enthousiasme, son itinéraire passionnant. Il raconte ainsi la Russie de son enfance, sa découverte du piano et de Bach, ses débuts en public, les musiciens prestigieux avec lesquels il a travaillé, les rencontres étonnantes qui ont ponctué son existence ainsi que ses réflexions sur son identité yiddish.
    Un texte d'une rare vitalité, d'un grand musicien conscient de sa chance, mais qui conserve une fraîcheur et une énergie de vie communicative partageant ainsi la passion qui l'anime bien au-delà du cercle des mélomanes.

  • Haute figure de la vie musicale de la première moitié du XXe siècle, Georges Enesco reste, aujourd'hui encore, plus connu comme interprète que comme compositeur. Cela tient sans doute é la sensibilité et é la virtuosité du violoniste dont le style éminemment novateur révolutionna la pratique de l'instrument.
    Mais ce grand soliste, passionné par tous les aspects de la musique, fut également l'auteur de nombreuses pièces, parmi lesquelles un opéra, dont la rigueur, l'originalité et la puissance expressive constituent autant de joyaux incontournables de l'art moderne.
    Rompant avec l'académisme de l'époque, son approche esthétique é tout entière dédiée é l'émotion é témoigne de l'éminente singularité de son style. Sous ses doigts comme sous sa baguette, Enesco fut aussi chef d'orchestre : il transfigura les oeuvres du répertoire et les siennes propres, en les restituant dans l'essence même de leur création.
    Soucieux de transmission, d'échange et de partage, il s'impliqua également dans la pédagogie é initiant, en véritable passeur, des instrumentistes aussi prestigieux que Ivry Gitlis ou Yehudi Menuhin.
    Cet ouvrage retrace la vie et le parcours du compositeur et violoniste d'exception que fut Georges Enesco (1881-1955), figure de proue de la musique roumaine dont le style et la sensibilité sont internationalement reconnus.

  • Mozart, c'est plus de 600 oeuvres, des dizaines de films, de pièces de théâtre, et une influence majeure sur toute la musique occidentale. Mozart, c'est aussi un enfant prodige exceptionnel, une vie de passion et de voyages dans l'Europe foisonnante du XVIIIe siècle, un personnage fascinant dont on a dit beaucoup de choses, avérées ou non... Vous apprendrez ainsi qu'il n'a pas toujours vécu la vie miséreuse qu'on lui prête souvent - il gagnait l'équivalent de 110 000 euros par an en 1784 ! - ou que les démêlés qu'on lui prête avec Saliéri tiennent plus de la légende que de la vérité historique...Découvrez les grands moments de sa vie, la liaison intime avec son père, ses démêlés nombreux avec les femmes, ses tribulations avec ses divers mécènes et commanditeurs, ses relations avec la franc-maçonnerie... Et redécouvrez ses chefs d'oeuvre célébrés partout mais aussi ses oeuvres moins reconnues...A travers des anecdotes puisées dans la correspondance de Mozart avec ses proches et dans un style vivant et drôle, l'auteur vous propose une véritable plongée dans l'univers de ce compositeur de génie disparu si prématurément, à 36 ans à peine. Et retrouvez la totalité de ses oeuvres à travers la reproduction du catalogue Köchel dans sa version de 1964.

  • Né en 1924 dans le Nord, à Waziers, Georges Prêtre restera comme l'n des plus grands - et des plus souriants - chefs d'orchestre français du XXe siècle.
    Après des études musicales à Douai, premier prix de trompette du Conservatoire de Paris en 1944, il fait ses débuts en 1946 à l'Opéra de Marseille, avant d'être engagé au Capitole de Toulouse (1951-1955). Entré en 1956 à l'Opéra-Comique, il y crée La Voix humaine de Poulenc, d'après Cocteau : le début d'une amitié et d'une estime mutuelles.
    Chef associé du Royal Philharmonic Orchestra pendant près de dix ans, il ne restera qu'un an directeur musical de l'Opéra de Paris (1970-1971). Chef préféré de Maria Callas, il dirige les derniers concerts de la diva à Paris et Londres. Au cours de sa carrière internationale, il a même dirigé à Vienne L'Opéra d'Aran de Gilbert Bécaud ! Choisi par les musiciens du Philharmonique de Vienne pour diriger les concerts du nouvel an 2008 et 2010, il est à cette occasion le premier chef français à la tête de cet orchestre depuis 50 ans.
    Au fil de ces entretiens, Georges Prêtre évoque ses origines ch'tis, livre de nombreuses anecdotes professionnelles, raconte ses rencontres avec des artistes tels que Callas, Poulenc ou Karajan, et livre des vues originales sur la mise en scène, la psychologie musicale et les aléas du métier.

  • Au cours des cinq dernières années de sa vie, Franz Liszt écrit une poignée d'oeuvres pour piano énigmatiques, qui ne cessent, aujourd'hui encore, de dérouter auditeurs et interprètes. Elles ont pour nom Nuages gris, Wiegenlied (Le chant du berceau), Unstern ! (Étoile maudite), La Lugubre Gondola, Schlaflos ! (Sans sommeil)... Brèves, à la limite du fragment, d'une écriture ascétique, creusées de silences, traversées de figures imprévisibles et d'images de rêves, ces pièces mystérieusement prophétiques provoquent à l'écoute un sentiment d'inquiétante étrangeté, rompant totalement avec l'éclat et la brillance des oeuvres précédentes du « roi des pianistes ».Servi par une écriture précise et poétique, Philippe André revient sur le crépuscule étonnant de ce génie complexe et paradoxal, évoluant d'une gloire sans pareille - véritable star de la musique avant l'heure - au renoncement religieux le plus strict.Il décrit le parcours de ce dernier pèlerinage de l'abbé Liszt, oeuvre après oeuvre, en neuf stations, associant l'analyse musicale aux éléments biographiques, à la frontière parfois de la psychanalyse, nous confrontant aux racines oubliées de la musique.

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