La découverte

  • Iggy Pop a déclaré un jour, à propos des femmes : " Aussi intimes qu'on puisse devenir, je les laisserai toujours tomber. C'est de là que vient ma musique. " Cette férocité masculine, cette répulsion vis-à-vis du féminin, c'est le rock'n'roll à son paroxysme. Que l'on songe aux hymnes machistes des Rolling Stones, au punk et sa glorification de l'abject, ou au culte que Can et Brian Eno vouent à la Terre Mère, la rébellion rock masculine s'est souvent ancrée dans un imaginaire où les femmes étaient sinon absentes, du moins allégoriques ou reléguées à l'arrière-plan.
    Sex revolts est le premier ouvrage à faire l'analyse des multiples " misogynies rebelles ". Depuis les premiers rockeurs jusqu'au gangsta rap, en passant par le jazz, le psychédélique, le glam et le postpunk, il dresse un impressionnant panorama de la culture et des artistes rock dans leurs relations au " féminin ". Parallèlement aux généalogies d'une contre-culture qui, depuis les années 1960, s'est attachée à déconstruire certaines formes de masculinité tout en demeurant profondément misogyne,
    Sex revolts retrace aussi l'histoire de la rébellion des femmes dans le rock ; celle de musiciennes qui, telles Patti Smith, Siouxsie Sioux ou Courtney Love, ont dû composer avec cet héritage majoritairement masculin pour créer leur propre répertoire et libérer leur propre énergie.

  • Lorsque rap et hip-hop apparaissent en France au tournant des années 1980, nombreux sont ceux qui n'y voient qu'un phénomène éphémère. Près de quarante ans plus tard, ce genre musical est non seulement bien vivant, mais il fait durablement partie des industries musicales et la scène rap française est même l'une des plus visibles au niveau international.
    Comment le rap est-il né en France et comment s'est-il développé ? Qui a tiré profit de la commercialisation de ces chansons ? Pourquoi ce genre musical est-il si étroitement associé
    aux banlieues ? Qui sont les artistes qui l'ont promu, et en s'appuyant sur quelles ressources ? Pourquoi continue-t-il régulièrement à déchaîner les passions ?
    Émaillé de nombreux entretiens réalisés auprès de rappeurs, de DJ, d'animateurs, de professionnels de l'industrie du disque, etc., ce livre décrit comment l'émergence et l'inscription durable du rap en France ont été possibles. En s'intéressant aux artistes, mais aussi aux amateurs, en circulant des MJC des quartiers populaires aux bancs de l'Assemblée nationale, en observant les plateaux de télévision et les radios locales, Karim Hammou montre comment s'est imposée en France une nouvelle spécialité artistique, fondée sur une forme d'interprétation originale, ni parlée ni chantée : rappée.

  • Contrôle raconte la fascinante histoire d'une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l'origine par un seul homme, figure majeure mais méconnue du XX e siècle : Harold Burris-Meyer. Ingénieur, homme de théâtre, il fut surtout inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement. Depuis les années 1930, période de déchaînement propagandiste, fasciste comme capitaliste, il est au coeur de ce récit des premières tentatives de manipuler les masses au moyen du son.
    Contrôle raconte la fascinante histoire d'une autre modernité sonore. Une modernité incarnée à l'origine par un homme, figure majeure mais méconnue du XXe siècle : Harold Burris-Meyer. Ingénieur et homme de théâtre, il fut inventeur de dispositifs sonores et expérimentateur en sciences du comportement.
    À travers les trois grands chapitres de son histoire -; le théâtre, l'industrie, la guerre -; s'écrit celle des premières tentatives de manipulation des masses au moyen du son. Divertir ou terrifier, apaiser ou piéger, guérir ou perturber, nulle différence pour l'ingénieur illusionniste. De l'acoustique théâtrale à la musique dans l'industrie en passant par l'élaboration de leurres sonores employés pendant la Seconde Guerre mondiale contre les troupes allemandes et italiennes, il s'employa toute sa vie à montrer l'influence profonde du son sur les réactions et les émotions de l'homme.
    L'écriture de Juliette Volcler est portée par le double objectif de peindre de manière vivante l'époque, son contexte social et culturel, ses rêves échoués, ses expérimentations réussies, et de donner des outils critiques face à l'environnement sonore en pleine mutation du XXIe siècle.

  • Ce livre très original et novateur raconte une histoire dans laquelle le son, l'audition et l'écoute sont placés au centre de la vie culturelle des deux siècles passés, au coeur de la connaissance, de la culture et de l'organisation sociale. Il propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d'une culture de l'audition à une culture de la vision.
    " Il vous faut un casque audio " : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n'a rien perdu de son actualité. S'isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social... ces pratiques s'enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d'écoute deviennent les protagonistes d'une histoire passionnante, celle de notre culture sonore.
    Jonathan Sterne s'intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu'aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l'importance de l'histoire du son dans tous les aspects de la " modernité " : l'évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l'essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial.
    Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d'une culture de l'audition à une culture de la vision. Livre fondateur des
    sound studies, il est d'ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.

  • Conçues pour être toujours plus addictives, les chansons de Katy Perry ou Rihanna reposent sur l'art d'une poignée de producteurs méconnus. Qui sont ces artisans des hits mondiaux ? Comment travaillent-ils ? Quels sont leurs cahiers des charges ? Leurs " trucs " ? De New York à Los Angeles, de Stockholm à Séoul, un journaliste du New Yorker enquête sur ceux qui font la pluie et le beau temps des charts, et écrit l'histoire d'une forme musicale devenue langage universel.
    Les chansons de Britney Spears, Rihanna ou Katy Perry reposent sur l'expertise d'une poignée de producteurs et d'entrepreneurs relativement méconnus, qui répondent au nom de Denniz PoP, Dr. Luke, Max Martin ou Stargate. Qui sont ces artisans des hits mondiaux ? Comment travaillent-ils ? Quels sont leurs cahiers des charges ? Avec cette enquête vivante et richement documentée, John Seabrook nous plonge au coeur des studios d'enregistrement, là où se fabrique -; et s'impose -; la norme en matière de musique pop. Son analyse des tubes planétaires mêle approche ethnographique, savoir-faire musicaux, récits de vie et analyses du marché. Multipliant les points de vue,
    Hits ! Enquête sur la fabrique des tubes planétaires est un document exceptionnel pour la réflexion sur les musiques populaires actuelles.

  • Près de quarante albums, 100 millions de disques vendus, près de 2 000 titres restés inédits... Prince, le musicien le plus prolifique de sa génération, a animé un chapitre glorieux de l'histoire de la pop, jusqu'à sa mort brutale le 21 avril 2016. Mordu de la première heure et spécialiste reconnu du Kid de Minneapolis, Alexis Tain retrace le parcours hors du commun de ce génie polymorphe selon le calendrier, choisi et annonciateur à certains égards, de sa dernière tournée.
    Près de quarante albums, 100 millions de disques vendus, près de 2 000 titres restés inédits... Prince, le musicien le plus prolifique de sa génération, a animé un chapitre glorieux de l'histoire de la pop, jusqu'à sa mort brutale le 21 avril 2016.
    Fin 2015, le musicien rompt brusquement avec son travail en cours et écarte son entourage. Muni seulement d'un piano et d'un micro, il part tourner en Océanie, puis aux États-Unis. À travers cette ultime et éreintante tournée, Alexis Tain nous entraîne dans la vie fascinante de ce Mozart de la pop.
    Viscéralement libre et indépendant, il s'est affranchi des maisons de disques et s'est battu pour les droits des artistes. Pionnier du numérique, il n'a cessé d'innover, tant dans la manière de produire sa musique que de la vendre. Un et multiple, entouré de musiciens talentueux, il a créé de nombreux groupes qui lui ont permis de mettre en scène toute la mesure de son génie.
    Le 21 avril 2016, Prince est retrouvé sans vie dans l'ascenseur qui conduit à ses appartements, victime d'une overdose d'un de ces médicaments opiacés qu'il avalait pour calmer son corps perclus de douleurs. Prince se savait malade, se pensait-il condamné ? Sans l'infirmer, le récit de cette tournée-testament forme le point de départ d'une traversée de la vie et de la carrière de cet artiste hors normes qu'une mort précoce et mystérieuse achève de transformer en mythe.

  • Cocasses, voire hilarants, mais profonds et sensibles, les souvenirs enchanteurs d'un grand ethnomusicologue, spécialiste des musiques africaines, et en particulier de celles des Pygmées.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2009)
    Ça commence comme un roman d'aventure : un coup de fil du ministère des Affaires étrangères israélien propose en 1963 à un corniste de l'orchestre symphonique de la radio de partir en République centrafricaine, dans le cadre d'un programme de coopération : le président centrafricain veut une fanfare...
    Il n'y aura jamais de fanfare. Mais Simha Arom découvre des musiques extraordinaires, notamment celle des Pygmées, et il est immédiatement bouleversé : " Je sentais que leur musique venait du fond des âges, mais aussi, d'une certaine manière, du plus profond de moi-même. Pourtant, je ne pouvais les connaître, n'ayant jamais rien entendu de semblable. C'était affolant. Comment ces musiciens faisaient-ils ? J'en étais tout ahuri. " Pour comprendre, Simha Arom va faire un long périple en Centrafrique. Il va inventer de nouvelles méthodes de recherche, créer un musée des arts et traditions populaires, multiplier les enregistrements. Il deviendra un ethnomusicologue de réputation mondiale.
    De la forêt où vivent les Pygmées dans des conditions difficiles, jusqu'aux scènes des festivals de musique en Europe où ils se produisent désormais, Simha Arom nous raconte au quotidien ces rencontres qui ont changé sa vie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2009)

  • Loin des bio- ou des hagiographies, un bref récit à la première personne, signé d'un philosophe anglais frappé de stupéfaction lors de sa découverte de l'artiste en 1972, à l'âge de douze ans. En mettant en miroir sa vie et ses questionnements au gré des incarnations de Bowie et de ses réinventions, Critchley s'interroge sur la trajectoire de l'artiste et, entre autres, sur " l'identité ", l'authenticité, la subversion de la musique mainstream etc.
    " Je me souviens très clairement de ma réaction physique à l'écoute de
    Suffragette City. La pure excitation corporelle produite par cet objet sonore était presque insupportable. Comment définir cette sensation ? C'était... sexuel, tout simplement. Sans même que je sache ce qu'était le sexe. J'étais vierge. Je n'avais jamais embrassé personne et n'en avais même jamais ressenti le désir. Au moment où la guitare de Mick Ronson est entrée en collision avec mes organes internes, j'ai ressenti dans ma chair quelque chose de puissant et d'étrange que je n'avais jamais connu auparavant. Où était
    Suffragette City ? Quelle route pouvait bien y mener ? J'avais douze ans. Ma vie venait de commencer. "
    Ce récit drôle et sensible, écrit à la première personne par l'un des philosophes anglais les plus doués de sa génération, offre une réflexion originale, à la fois intime et philosophique, sur l'univers flamboyant de Bowie, son évolution sur plusieurs décennies en même temps que sa remarquable cohérence.

  • Un essai original, une forme d'introspection nationale , à partir du " phénomène Hallyday ", saisi dans son émergence et sa durée. Il touchera aussi tous ceux qui - comme l'auteur - ont aimé et/ou chanté Johnny...
    Aurions-nous tous en nous " quelque chose de Johnny Hallyday " ? Loin d'être ironique, cette question cherche à interroger le lien qui unit le chanteur de Quelque chose de Tennessee à la société française depuis les années 1960. De fait, s'il n'est pas un article d'exportation, et s'il est même souvent considéré comme un importateur de biens culturels anglo-saxons, Johnny est bel et bien ce qu'il est convenu d'appeler une " passion française ". C'est donc à une forme d'introspection nationale que nous convie l'auteur de cet essai, à partir du " phénomène Hallyday ", saisi dans son émergence et sa durée. Dans ce travail original, les productions et prestations du chanteur le plus populaire de l'Hexagone sont traitées comme des éléments documentaires permettant d'éclairer les évolutions de notre société. Les données ici analysées nourrissent un mythe Hallyday, à la fois récit fondateur (la " légende du rock "), mystification et incitation à l'action. Quant à l'homme Hallyday, il en est avant tout question au travers de son statut de créateur, d'artiste oscillant entre rébellion, académisme, outrances et commerce. Cet ouvrage espère convaincre les sceptiques que se pencher sur Johnny Hallyday est utile à la connaissance de notre temps. Mais il aimerait également toucher tous ceux qui - comme l'auteur - ont aimé et/ou chanté Johnny.

  • David Bowie, Marc Bolan, Bryan Ferry, Suzi Quatro ... : l'émergence du glam rock au début des années 1970 fut une réponse parmi d'autres à la crise identitaire des jeunesses européennes. Le glam rock est un théâtre à part entière, qui place la subversion de l'identité sexuelle et du genre au premier rang de sa stratégie de reconnaissance. Avec cette première étude de fond consacrée au glam, Auslander positionne au centre de l'évolution des musiques populaires un courant resté relégué aux marges.
    Look androgyne et agressif, maquillage outrancier et
    plateform shoes, boas rose fuchsia et costumes à paillettes, c'est à une véritable révolution esthétique, célébrant l'extravagance et l'ambiguïté sexuelle, qu'assiste l'Angleterre des années 1970. Le glam rock, mélange de sophistication et de vulgarité, de refrains chétifs et d'envolées mélodiques travaillées, est une réponse parmi d'autres -; mod, psychédélisme, reggae, punk, etc. -; à la crise identitaire des jeunesses européennes.
    Entre concerts et performances, théâtre et travestissement, David Bowie, T. Rex, Roxy Music, Suzi Quatro, Slade ou Gary Glitter secouent le conservatisme en explosant sur scène les conventions de genre et d'identité. Ces artistes prennent ainsi acte de l'épuisement d'un grand récit contre-culturel -; celui de la musique changeant le monde -; et réorientent leur investissement social et politique de la veille vers le champ du spectacle.
    Philip Auslander replace ici au centre de l'évolution des musiques populaires un courant indûment relégué aux marges. Il nous montre en quoi ce mouvement éphémère autant que spectaculaire a été porteur de revendications de libertés en tous genres et a contribué à incarner les attentes et les ambitions d'une génération tout en influençant en profondeur les courants musicaux ultérieurs.

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