• Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.
    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.
    « L'un des plus grands esprits que notre monde ait jamais connus. (...) Ses mots m'ont soutenue à chaque étape de mon existence. »
    Michelle Obama
    « Maya Angelou, c'est un feu. Un feu d'invincible joie, qui anéantit l'adversité et embrase la combativité. Un feu qui éclaire, m'éclaire encore. »
    Christiane Taubira
    Maya Angelou fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice. En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ». Elle est décédée le 28 mai 2014 à l'âge de 86 ans.

  • Felix ever after

    Kacen Callender

    • Slalom
    • 12 Août 2021

    Le récit vibrant d'émotion d'un adolescent en quête d'amour, d'identité et de reconnaissance.
    Felix cumule les étiquettes -; noir, queer, trans -; mais son identité reste trouble. Comment avancer dans la vie quand on n'arrive pas même à savoir qui l'on est ?
    Alors qu'il lutte pour s'affirmer, le jeune homme va devoir faire face aux critiques et aux jalousies. Mais dans l'épreuve vont éclore les plus grandes amitiés... et la plus belle des histoires d'amour.

  • Dans l'État du Kentucky, au XIXe siècle. Mr Shelby est un riche propriétaire terrien. Chez lui, les esclaves sont traités avec bonté. Cependant, à la suite de mauvaises affaires, il se voit obligé de vendre le meilleur et le plus fidèle d'entre eux, le vieux Tom. Tom, qui s'est résigné à quitter sa famille, rencontre la jeune et sensible Évangeline Saint-Clare, qui incite son père à l'acheter. Un intermède heureux dans sa vie, mais qui sera de courte durée car il va être vendu une nouvelle fois...

  • Cape Cod, 1957. Dans cette petite communauté tranquille, une série de meurtres d'enfants paralyse la population et bouleverse la routine du lieutenant Warren. Une famille disparaît dans d'étranges circonstances, un homme se fait violemment tabasser et refuse de dénoncer ses agresseurs. L'enquête de Warren piétine et sa position devient intenable quand des policiers de choc débarquent de Boston, dirigés par le légendaire Stasiak, flic brutal et manipulateur aux pratiques douteuses. Dépossédé de ses dossiers, Warren poursuit pourtant l'enquête, au risque d'y perdre sa place, sa réputation et peut-être beaucoup plus.

  • Terre d'ébène est un des grands textes anticolonialistes. Il nous vient d'un des plus grands journalistes, pourtant aux idées politiques plutôt de droite, assez favorables à la politique coloniale. Oui, mais voilà, il s'agit d'Albert Londres. Alors, il part en Afrique pendant quatre mois, il en fait le tour, exploitations forestières, agricoles, train Congo-Océan, Dakar, Bamako, Tombouctou, Libreville, il va partout. Et sa langue, en dépit de la chaleur, il ne l'a pas dans sa poche ! Il a beau être « haut comme une pomme », il s'en prend à tout le monde : blancs de l'administration, blancs des affaires, gouvernement, petits blancs fonctionnaires de « la colonie en bigoudis » ; et se livre à un réquisitoire en règle contre un système révoltant, le « moteur à bananes », qui trahit la réalité de l'époque : « L'esclavage, en Afrique, n'est aboli que dans les déclarations ministérielles d'Europe ».

  • Globale, « monstrueuse » par ses dimensions comme par son objet, l'histoire de la traite est écartelée en de nombreux sous-ensembles dont il est difficile de maîtriser la totalité.
    C'est pourquoi, dans cet ouvrage, Olivier Grenouilleau se propose de dépasser le stade de la monographie, de l'analyse statistique ou thématique (même si, en ces domaines, il reste et restera toujours beaucoup à faire). Ce faisant, il délaisse un peu ce qui est maintenant le moins mal connu - l'histoire de la traite et de ses modalités pratiques -, pour s'intéresser, en amont et en aval, à ses implications et à ses conséquences, bref à la place et au rôle de la traite dans l'Histoire.
    Cette approche permet d'offrir au grand public une synthèse abordant, même très succinctement, l'essentiel de ce qui se rapporte à la traite des Noirs, dont l'histoire, aux implications mémorielles douloureuses, est ainsi replacée dans une perspective globale.

  • Abe, Noir américain du début du XXe siècle, n'aura connu qu'une brève vie d'injustice lorsqu'il meurt à 27 ans. Expédié en Enfer (zone USA), il constate stupéfait que les Noirs y sont privilégiés sur les Blancs pour mieux les faire souffrir. Abe profite de cet éternel séjour pour s'instruire et comprendre les racines des problèmes de son pays.
    Sympathisant avec un Blanc, Dave, ex-éclaireur de la conquête de l'Ouest scalpé par les Indiens au XIXe siècle, Abe convainc le Diable de les renvoyer tous deux dans l'Amérique de 1938. Séparés, mais promettant de se retrouver, les deux amis vont alors suivre des chemins très différents.
    Satire sociale féroce sous la forme d'une farce burlesque, Un Américain en enfer attaque frontalement et de manière originale l'essence même du « rêve américain ».

    Cinéaste, acteur, musicien et écrivain, Melvin Van Peebles est né en 1932 à Chicago. À Paris au début des années 1960, il rencontre Chester Himes, puis Cavanna et collabore à la revue Hara-Kiri, où il prépublie Le Chinois du XIVe illustré par Topor (Wombat, 2015). De retour aux États-Unis, il continue d'écrire et réalise plusieurs longs-métrages, dont Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971), le film fondateur du cinéma de « Blaxploitation ». Âgé de 87 ans, Melvin vit aujourd'hui à New York.

  • Le Nantais

    Carl Pineau

    Nantes, à l'aube des années 2000. Greg Brandt, enquêteur retraité, s'occupe de sortir des drogués de l'enfer... Cette mission dérange les dealers, le milieu nantais et certains cadres de la Crim'.
    Une jeune policière est assassinée, puis c'est aux proches de l'ancien flic que l'on s'attaque. Raison de ce déchaînement de violence : soixante-dix kilos d'héroïne volés au 36, quai des Orfèvres...

  • Ces Confessions, mémoires confiées à un journaliste américain, Brantz Mayer, et publiées à New York au milieu du XIXe siècle, furent longtemps considérées comme un classique de la littérature d'aventures : naufrages, beuveries, batailles rangées entre trafiquants... rien ne manque aux amateurs.
    Mais aujourd'hui, tout le prix de ce récit exceptionnel réside également dans le tableau exhaustif de la traite négrière après les guerres napoléoniennes. On y trouve données économiques de base, description de la logistique des diverses branches de ce commerce, ainsi que le raisonnement intellectuel permettant de justifier ce « négoce », et qui constituera l'un des fondements de l'histoire du racisme.

    Né en 1804 à Florence d'une mère Italienne et d'un père Français, Théodore Canot navigua presque toute sa vie sous les pavillons du monde entier, devenant l'un des négriers les plus connus du XIXe siècle. Ses mémoires lui assurèrent la notoriété, et il finit sa vie en France en 1860 après avoir été administrateur colonial en Nouvelle-Calédonie.

  • Un siècle après sa défaite et sa disparition dans un combat spatial, le capitaine John Geary se réveille à bord d'un cuirassé dont il ne reconnaît ni l'équipage ni les coutumes. On lui apprend qu'on l'a récupéré dans une capsule d'hibernation. Il prend peu à peu conscience que la guerre à laquelle il participait et qui opposait deux blocs de la Galaxie, le Syndic et sa propre Alliance, perdure au bout de cent ans. Les belligérants ne sont pas loin d'être à genoux. La dernière manoeuvre de l'Alliance, qui se voulait décisive, a totalement échoué, et sa flotte, déjà décapitée par le Syndic, est menacée de destruction totale. Or John Geary se rend compte que son dernier geste de résistance à l'ennemi, cent ans plus tôt, a fait de lui une figure de légende : l'héroïque « Black Jack » Geary, révéré, adulé par toute l'Alliance. Ce Rip Van Winkle du futur se voit bien malgré lui confier le sort de la flotte et, partant, celui de l'Alliance. En dépit de sa réticence et de l'écoeurement que lui inspire l'idolâtrie dont il est l'objet, aura-t-il la force de ramener vers sa lointaine patrie l'armada de bâtiments blessés dont il est désormais responsable, avec la clef de l'hypernet du Syndic, atout majeur de cette guerre, cachée à bord de l'Intrépide, son vaisseau amiral...?
    Un récit nerveux et palpitant, avec de vrais personnages, d'une qualité comparable aux premiers Honor Harrington. Le meilleur du space opera militaire.

  • Au bout de la jetée : la fin du voyage, le domaine que j'aurais voulu sans partage, de l'eau, des bêtes marines, des oiseaux et de la sauvagine.
    Sur cette frontière, un cyclope, le phare des Onglous, veille de son oeil rouge le Canal du Midi et mon étang de Thau. Au loin, la colline de Sète allume ses milliers de lanternes et les vagues se brisent à nos pieds sur les rochers. Du haut de mes vingt ans, me voilà chef de bande : à ma gauche Aristide, le géant simplet, qui m'est tombé dans les bras comme un grand gamin quand le vieux Manuel s'est pendu ; à ma droite, Malika, notre lionne boiteuse, notre amoureuse, arrivée sans crier gare et chamboulant notre fragile équilibre. Ça sonne paisible, mais dans la nuit habitée de la lagune, autour de notre cabane de bric et de broc, un monstre rôde et des gamines s'évaporent dans la nature...


    Retrouvez Mô dans le deuxième tome de cette saga à la croisée du polar et du fantastique : adieu l'enfance adieu les vignes, voici venu le temps de la plongée et de l'aventure, du doute et de l'obscurité...

    Rendez-vous sur http://lasagademo.publie.net !

  • Débordé par la puissance de feu des Mondes syndiqués, le légendaire capitaine « Black Jack » Geary poursuit son dangereux repli à travers l'espace ennemi. « Ressuscité des morts » au bout d'un siècle d'animation suspendue et rendu à la flotte de l'Alliance, il tente désespérément de la ramener au bercail avec son précieux trophée, la clef de l'hypernet du Syndic, qui est aussi celle de la victoire... La flotte ne comptait pas s'attarder dans le système en déshérence de Sutrah, mais c'était avant d'apprendre qu'il hébergeait des milliers de prisonniers de guerre. Dont le flamboyant capitaine Francesco Falco, autrefois adoré des médias et des foules, adulé par ses troupes, privé de combats et de gloire par vingt ans de captivité. Héros contre héros, « Black Jack » contre Falco le « battant », un duel d'influence se prépare au sein de la flotte. Le plus grand danger désormais ne vient-il pas de l'intérieur ?

  • Traquée par les Syndics, la flotte de l'Alliance poursuit son dangereux repli à travers l'espace ennemi. Le capitaine « Black Jack » Geary tente désespérément de la ramener au bercail avec son précieux trophée, la clef de l'hypernet du Syndic, qui est aussi celle de la victoire...
    À la suite de ses combats répétés, la flotte perdue manque cruellement de matières premières pour usiner ses munitions. Un raid s'impose, mais quel mouvement opérer ensuite ? Car les Syndics ont entrepris d'analyser les tactiques de Geary et il devient plus difficile de garder un coup d'avance.
    Non moins inquiétant, cer­tains renseignements in­duisent qu'un troisième larron interviendrait sous le manteau dans cette guerre qui dure depuis cent ans : une puissance extraterrestre inconnue, dont le but pourrait être d'anéantir l'humanité entière.

    Vous avez aimé « Starship Troopers » ? « Battlestar Galactica » est votre série culte ? Vous êtes en manque d'aventures aux confins de la Galaxie ? Jack Campbell vous met aux commandes d'une armada entière de vaisseaux... Que demander de plus ?

  • 1865 : le 13e amendement abolit l'esclavage sur tout le territoire des États-Unis. 2008 : Barack Obama est élu à la Maison Blanche. Le président américain prononce dans la foulée son célèbre discours engageant les Afro-américains à prendre plus de responsabilités pour conquérir une vie meilleure. Une révolution culturelle est en cours. Cherchant à expliquer cette extraordinaire mutation, Hélène Le Dantec-Lowry décrypte les discours sur le système de parenté noir dans l'histoire américaine. Discours le plus souvent racistes sur l'infériorité des esclaves, puis des migrants ou des résidents des ghettos jusqu'aux années 1940 ; débats passionnés, à partir des années 1960, sur les déficiences supposées des familles noires ou, au contraire, sur les capacités de résistance et l'adaptabilité des réseaux de parenté afro-américains... Confrontant les écrits produits par les Blancs à ceux des Noirs, soulignant l'influence, dans ces controverses, des études sur les femmes et sur les notions de « race, classe et genre », Hélène Le Dantec-Lowry montre que les familles noires américaines sont désormais plus rarement décrites comme un groupe inférieur face à la famille-type blanche, mais plutôt comme un ensemble complexe rendu hétérogène par le métissage, les lieux, les générations et les classes. Une fresque magistrale, qui renouvelle en profondeur notre connaissance du multiculturalisme aux États-Unis.

  • Traquée par les Syndics, la flotte de l'Alliance poursuit son dangereux repli à travers l'espace ennemi. Le capitaine « Black Jack » Geary tente désespérément de la ramener au bercail avec son trophée, la clef de l'hypernet du Syndic, qui est aussi celle de la victoire...
    Jamais Geary n'avait pris décision aussi risquée, au point que ses officiers s'interrogent sur sa santé mentale : retourner dans le système de Lakota, où ses vaisseaux ont failli connaître la destruction.
    Mais tandis qu'il s'efforce de garder une longueur d'avance sur l'ennemi, il lui faut encore affronter une conspiration au sein même de sa flotte, dont les instigateurs restent dans l'ombre... Alors que le rideau se lève sur la menace effroyable qu'une civilisation extra­terrestre inconnue fait peser sur l'humanité.
    Que les vivantes étoiles lui viennent en aide !

    Jack Campbell, ancien officier de la Navy, met au service d'un récit palpitant ses compétences et son oeil d'expert, qui transparaissent dans la maîtrise des codes martiaux, l'agencement des conflits et les tensions liées aux combats.

  • Los Angeles n'est pas une ville comme les autres. Malgré des conditions hostiles, naturelles ou liées à son développement - secousses sismiques, approvisionnement en eau difficile, pollution, gigantisme... -, elle témoigne en effet de la volonté de ses 15 millions d'habitants d'en faire la métropole de l'Ouest américain, puis de l'intégrer au club des métropoles mondiales. La deuxième ville des États-Unis représente un poids économique indéniable, axé principalement sur les industries de haute technologie, mais aussi un poids culturel comme capitale mondiale du cinéma qui tout au long du xxe siècle a réussi à exporter L'american way of life. D'une manière ou d'une autre, la ville fait rêver tout en s'affranchissant des clichés traditionnels. Mais paradoxalement, plus la ville s'étale sans notion de limites, plus elle exprime au travers de la violence exercée dans son espace public ce désir d'un centre qui, en faisant référence à la mémoire historique de son peuplement, matérialiserait l'identité d'une société désormais multiethnique. Cynthia Ghorra-Gobin nous fait comprendre avec clarté l'histoire exemplaire et les enjeux de cette mégapole à l'aube du xxie siècle.

  • « Le Colloque pluridisciplinaire et international, " l'Esclavage de l'Africain en Amérique du 16e au 19e siècle : les Héritages " a été organisé par l'Association Dodine les 19, 20 et 21 avril 2011 à Fort-de-France. Ce n'était pas, comme d'aucuns pouvaient d'emblée le penser, un colloque de plus eu égard aux multiples rencontres antérieures relatives à l'Esclavage vu du continent européen. La visée ici était tout autre. L'objet assigné se voulait différent, novateur : un colloque axé sur « Les Héritages », à savoir, « les créations des peuples nègres issus des abolitions de l'esclavage au 19e siècle en Amérique. » D'où la définition et la délimitation d'un champ d'interrogations et d'investigations ouvert sur les domaines de l'activité humaine. La manifestation, labellisée « 2011 Année des Outre-Mer Français » a vu ses travaux se dérouler dans d'excellentes conditions. La trentaine de communications fut déclinée en six sessions de demi-journées, animées par des modérateurs avertis. Elles reçurent un écho très favorable d'un public attentif, curieux, de plus en plus nombreux et motivé dans l'échange. En relation avec le colloque, le Vernissage de l'exposition « Prismes d'Artistes ». à l'initiative des Artistes Peintres de l'Association Martiniquaise PABE (Plastik Art Band Experimental) ». E.A « Quel grand honneur que celui d'avoir participé à ce colloque de très haut niveau et de penser qu'il est une graine qui va fertiliser de futurs projets entre nous tous ! » E.T « Je ne connais pas une seule personne qui n1ait parlé de sa satisfaction totale à la fin de la conférence. » M.B


  • « Delperdange ? Je me demande comment il arrive encore à publier. Il n'a jamais eu de talent, à part celui de se vendre, bien sûr. » Un confrère

    « Il dit les pires horreurs sur votre compte dès que vous avez le dos tourné. Et faites gaffe : il a l'art de partir sans régler l'addition. » Un ami
    « On se croise tous les matins quand il va chercher son journal dans sa boîte aux lettres. Vous pensez qu'il dirait bonjour ? Pour qui il se prend, ce monsieur ? » Sa concierge
    « On l'a lu, son bouquin. Il fait comme si on n'existait pas. Vous trouvez ça normal ? » Ses enfants
    « Son manuscrit est arrivé dans un état déplorable. Il a fallu tout faire réécrire. Mais il s'en fout. Tout ce qui compte pour lui, c'est le montant de l'à-valoir. » Ses éditeurs

  • Las Casas est sans conteste l'une des « figures coloniales » les plus passionnantes et controversées dans le champ de études hispaniques, latino-américaines et caribéennes. Les motifs généralement associés à Las Casas sont aussi divers que variés ; ils portent en creux des enjeux tout à la fois épistémologiques, politiques et imaginaires : antiespagnol, défenseur des Indiens (et selon certain-e-s des Noirs), anticolonialiste avant la lettre, représentant frustré d'une véritable rencontre entre l'Europe et le « Nouveau mondes », colonialiste à visage faussement humain, illuminé... À cela s'ajoute la question (polémique) de sa responsabilité dans la mise en esclavage néfaste des Noir-e-s, suite à la formulation de son Onzième Remède/solution en 1516. Le présent ouvrage, transdisciplinaire et international, vise à revenir, partiellement mais rigoureusement, sur les circonstances historiques, politiques, économiques et imaginaires qui ont présidé à la dite proposition naguère faite par Las Casas, ainsi que, finalement, d'autres avant ou en même temps que lui. Par ce biais, son souci à lui était de libérer les Indiens des affres de l'exploitation espagnole qu'ils subissaient cruellement tout en se gardant de mettre en péril les intérêts de la couronne espagnole et des « colons missionnaires » engagés dans l'entreprise coloniale. Mais il s'agit aussi, dans cet ouvrage d'affranchir Las Casas de l'emprise des lectures purement historiennes qui en revendiquent le monopole, en examinant comment son itinéraire (formation, combats et conversions, publications, sa figure devenue mythique, etc.) est transcrit dans d'autres productions discursives et symboliques contemporaines.

  • Cet été 1969, à la fin d'une décennie qui a vu basculer les moeurs, a vu le monde changer sa couleur, et qui va être brutalement ramenée à la condition humaine la plus misérable, violence, folie et mort - ce à quoi elle aurait voulu échapper.
    C'est la mort de Brian Jones, le guitariste fondateur des Rolling Stones, quelques jours avant que l'homme marche sur la lune, en direct sur toutes les télévisions du monde. Et à peine une semaine avant l'utopie Woodstock, de l'autre côté des USA, à Los Anges, Mulholland Drive, trois membres d'une communauté hippie dirigée par un nommé Charles Manson s'immiscent dans la propriété du cinéaste Roman Polanski et en égorgent les occupants, dont sa compagne Sharon Tate, 26 ans, enceinte.
    Et c'est de toute cette mythologie soudée comme un monolithe qu'est fait notre présent. Certains des héros de Woodstock continuent se produire sur scène, et la dernière demande de libération conditionnelle de Manson a été rejetée le 11 avril 2011.
    Et puis l'épilogue des sixties : on est le 6 décembre, sur le circuit de courses automobiles d'Altamont, où les Rolling Stones, accusés d'avoir trop engrangé de bénéfices dans leur tournée géante, ont voulu se rattraper par un concert gratuit, mais en ont confié le service d'ordre aux motards des Hells Angels. Là mourra Meredith Hunter, directement devant la caméra des frères Maysles (Gimme Shelter).
    Tous les tenseurs de notre culture actuelle sont désormais au grand jour, ou plutôt exibés à même l'immuable nuit des hommes.
    Alors c'est comme une histoire qu'on s'imagine connaître d'avance et par coeur, mais, si on la déplie, voilà une myriade de faits et de détails qui résonnent et interfèrent, et nous découvrons que nous en avons si peu, si peu...
    Marc Villard est un maître de la fiction. Là (et nous le saluons avec une mise en 69 pages !), c'est la réalité même qui devient son terrain d'exercice. C'est fascinant, c'est brûlant, c'est urgent. Pensez, 1969, USA...

    FB

    Réalisation graphique et couverture Roxane Lecomte (Digital Hat).

  • Il y aura des morts

    Patrick Senecal

    • Alire
    • 9 Novembre 2017

    À huit heures vingt-quatre, ce vendredi 12 août 2016, Carl Mongeau émerge du sommeil sans se douter qu'aujourd'hui, sa vie basculera dans un cauchemar paranoïaque. Même si, comme tout le monde, il connaît son lot de petits problèmes et d'irritations diverses, il mène une existence somme toute frappée par les sceaux de la quiétude et de la sérénité, mais dans moins de neuf heures, ceux-ci disparaîtront, et ce, de façon définitive.
    Pourtant, la journée de Carl, propriétaire du bar Le Lindsay à Drummondville, s'annonce normale. Le seul événement vraiment étrange est la visite de cette inconnue qui lui annonce quelque chose de troublant. Mais comme il s'agit sans doute d'une blague de mauvais goût, Carl se concentre plutôt sur les festivités du 20e anniversaire de son établissement qu'il prépare avec minutie. Car l'homme de cinquante et un ans, malgré quelques déceptions (comme sa séparation après vingt-huit ans de vie en couple) a toujours contrôlé son existence et aujourd'hui, il considère qu'il mène la vie presque parfaite qu'il mérite.
    ... sauf qu'à partir de 17:05, l'anniversaire de son bistrot sera le dernier de ses soucis. Comme tout ce qui concerne l'organisation de son quotidien, d'ailleurs.

  • L'un des avantages incontestables de cet ouvrage est d'avoir rassemblé des contributions émanant, en majorité, des chercheur-e-s et activistes Afro-descendant-e-s, originaires de Limón. Son objectif principal est de dévoiler la « face cachée » du Costa Rica, celle qu'on ne perçoit généralement pas de l'extérieur, celle qui n'est pas forcément représentée par/dans les récits pédagogiques nationaux de ce pays. Quant elle vient à l'être c'est toujours au prix d'une stéréotypie tenace ou encore cela engendre des discordances, des failles dans la projection du « Soi » national imaginé. De ce point de vue, l'ouvrage fait le point sur certains trajets de représentations imaginaires hégémoniques, tout comme il met l'accent sur les parcours de résistances, d'auto-affirmation et d'auto-représentation des Afro-descendant-e-s de Limón, à travers leurs propres productions à travers leur propre capacité d'agir.

  • Ce livre de Victorien Lavou Zoungbo constitue une tentative d'articulation de ses travaux autour de la « présence-histoire » des Noirs en Amérique Latine. Il y met particulièrement en exergue les rapports contradictoires des imaginaires sociaux latino-américains aux Noirs. Ces derniers, bien que rendus invisibles ou vécus comme tels par cette structure d'aliénation dont parlait Frantz Fanon, ne cessent cependant pas de fonctionner comme un commutateur d'identités aussi bien individuelles ou collectives que locales, régionales ou nationales. Le livre insiste aussi sur le devenir-sujet des Noirs en Amérique Latine. Il s'agit là d'un processus qui s'est renforcé considérablement à partir de la décennie 1990, suite à des décisions politiques, comme en Colombie, mais surtout du fait même de la mobilisation publique des Noirs. Cela a fatalement conduit à des repositionnements identitaires mais a aussi entraîné une redéfinition de certaines catégories et de certains présupposés, surtout anthropologiques, qui ont servi (et servent encore) à dire le parcours historique des Noirs en Amérique ainsi que leur vécu.

  • Mettre en tension la généalogie de la « matrice de race » et son imaginaire a constitué l'un des objectifs principaux des Journées d'Études Internationales organisées par le GRENAL autour des enjeux de « race/s ». À travers différentes analyses pratiques portant sur un corpus diversifié, ces journées ont mis l'accent sur certains biais dans la saisie de l'autre non-blanc qui empruntent encore largement au schéma racial. Que celui-ci soit assumé ouvertement ou transfiguré, conscient ou inconscient. L'imaginaire racial ne saurait cependant pas être réduit aux images des non-blancs; il implique une relation hiérarchique, induit des dispositifs de relégation ou de valorisation et, surtout, génère de puissantes identifications très contradictoires dont l'efficace sociale est incontestable.

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