• Mon nom est Rouge

    Orhan Pamuk

    Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions, et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre à la manière italienne...
    Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l'univers fascinant de l'Empire ottoman de la fin du XVIe siècle, et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page par un extraordinaire suspense. Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policière, elle-même doublée d'une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d'une force et d'une qualité rares.

  • Qu'est-ce que le cante jondo ? García Lorca, infatigable passeur de l'Andalousie profonde, tâche d'y répondre dans une conférence mémorable. La siguiriya gitane constitue le modèle fondamental du cante jondo, qui désigne les plus ancestrales chansons du répertoire andalou.

    La force lumineuse du propos de García Lorca tient dans sa capacité à ne pas voir dans le cante jondo une curiosité folklorique mais bien une authentique manifestation de la plus pure poésie : une poésie anonyme et populaire, forgée au fil des siècles. L'Andalousie se révèle un véritable magma lyrique, où les vers des poètes espagnols bouillonnent dans le même creuset que les poètes persans et arabes.

    García Lorca réussit ainsi le tour de force de proposer une véritable leçon d'histoire, de musique, et de poésie.

    Né en Andalousie en 1899, Federico García Lorca est sans conteste le plus grand poète espagnol contemporain. Il étudie le Droit et les Lettres à l'université de Grenade. Installé à Madrid, il côtoie Dalí, Buñuel... Il ne devient célèbre qu'en 1927, avec la publication des Complaintes gitanes. Il rejoint Grenade au début de la guerre civile. Bien qu'exempt de toute action politique, il est fusillé, probablement à cause de ses critiques envers les gardes civils de Franco.

  • John Cowper Powys se défie de l'affliction autant que de la sérénité. Le philosophe avance, en funambule, sur un fil tendu au-dessus du gouffre de la solitude. Dans une approche présentée comme « libre, sceptique et indépendante », il se propose de « retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire ». Pour ce faire, en grand érudit, il invoque les présocratiques, Rousseau, le stoïcisme, et renoue avec les philosophies orientales, deux décennies avant la Beat Generation.

    Mais l'auteur se fait surtout intraitable critique. Son désir de « rappeler la philosophie », comme sa dénonciation de l'impuissance des grands systèmes philosophiques, résonnent avec force. La recherche de la solitude et le mépris du destin font dès lors office de vaccin contre l'amertume de l'existence.

    John Cowper Powys est né en Angleterre en 1872 dans une famille de onze enfants. Il oriente ses premiers écrits vers la recherche poétique, puis officie de nombreuses années comme conférencier aux États-Unis. Notamment célébré pour ses romans, il est aussi l'auteur d'une riche oeuvre philosophique. Plusieurs fois nommé pour le prix Nobel de littérature, il fut admiré par des personnalités aussi diverses que Glenn Gould ou Henry Miller.

  • Samedi

    Ian Mcewan

    Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devait être un samedi comme les autres. Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant... Un banal accrochage, et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant.
    Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace événements planétaires et privés avec une telle virtuosité que cet étrange samedi devient la métaphore de toute une vie, de toutes nos vies fragiles d'Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Et cette réflexion profonde sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l'art, la quête d'un sens qui résisterait à la mort, nous montre une fois de plus, après Expiation, un romancier parvenu à la plénitude de son talent.

  • Seize siècles nous séparent de lui (né en 354 ap. J.-C., il est mort en 430). Depuis lors, son rôle fut essentiel, à un titre ou un autre, en pratiquement tous les siècles de l'histoire occidentale. Même aujourd'hui, il est réédité, lu, commenté.
    Il demeure l'un des rares penseurs chrétiens dont les non-chrétiens savent qu'il existe et à qui ils font une place dans l'évolution de la culture occidentale.Mais on ne prête qu'aux riches : salué comme un génie, il est aussi rendu responsable de nos soubresauts religieux - la Réforme -, de nos malheurs politiques - la prétention de l'Eglise à dominer l'Etat -, de nos désarrois privés - le mépris chrétien du corps et de la sexualité.Cependant, au-delà des «augustinismes» qui ont marqué l'histoire de l'Occident, cet ouvrage d'un grand historien de l'Antiquité tardive revient à Augustin lui-même, à sa vie et à son oeuvre : la seule manière de le connaître vraiment et de porter un jugement équilibré sur sa postérité intellectuelle.Ce livre, repris de la collection «Maîtres Spirituels», comprend une anthologie de textes choisis, des tableaux chronologiques et une importante bibliographie actualisée.

  • Repères et clés pour décrypter l'actualité

    Ni tout à fait en Europe ni tout à fait en Asie, la Russie interroge : quelle est sa stratégie politique ? Quels développements économiques envisage-t-elle ? Comment se positionne-t-elle face aux États-Unis et face à cette nouvelle grande puissance qu'est la Chine ? Ces questions traversent l'histoire contemporaine et resurgissent au fil de l'actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Spécialiste incontesté, l'auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L'ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.


    "Jean de Gliniasty dénoue l'énigme russe et porte un éclairage édifiant sur des réalités loin d'être monolithiques"
    Pascal Boniface

  • « Il y a assurément deux façons d[e] parler [du terrorisme], car le terrorisme n'est pas considéré comme tel lorsqu'il est pratiqué (et sous une forme nettement plus meurtrière) par ceux qui, de par leur pouvoir, sont parés de vertu. » Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le colonialisme et le néocolonialisme occidentaux ont causé la mort de 50 à 55 millions de personnes, le plus souvent au nom de nobles idéaux comme la liberté et la démocratie. Pourtant, l'Occident parvient à s'en tirer en toute impunité et à entretenir, aux yeux du reste du monde, le mythe voulant qu'il soit investi de quelque mission morale. Comment y arrive-t-il?

    Dans ce livre d'entretiens, Noam Chomsky et Andre Vltchek démontent la puissance de cet appareil de propagande qui permet à l'Occident de dissimuler ses crimes et le rôle véritable qu'il joue dans le reste du monde. S'ouvrant sur l'histoire du kiosque à journaux de New York où le jeune Chomsky a commencé à faire son éducation politique, leur discussion s'élargit progressivement sur des sujets tels que les bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagasaki, la guerre froide, les mésaventures étatsuniennes en Amérique latine (Salvador, Nicaragua, Guatemala, Chili, Cuba), l'Inde et la Chine, l'intervention de l'OTAN en ex-Yougoslavie, les attentats du 11-Septembre, l'invasion militaire de l'Irak, le Printemps arabe, le fiasco de la Lybie et de la Syrie, ainsi que la guerre des drones.

    À travers ce survol, les auteurs critiquent de façon magistrale l'héritage funeste du colonialisme et l'exploitation éhontée des ressources naturelles de la planète exercée par l'Occident. Ce livre d'entretiens est augmenté de deux articles qu'ils ont publiés dans la foulée de l'attaque contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à Paris, en janvier 2015, dénonçant l'hypocrisie occidentale vis à vis d'un terrorisme qu'il a largement contribué à développer.

  • Ce qui a fait naître l'émerveillement des premiers penseurs grecs, c'est qu'il y a quelque chose plutôt que rien, et c'est là ce qui a donné le coup d'envoi à cette pensée de l'être qui s'est développée de Parménide à Aristote et qui constitue le fondement de la philosophie occidentale. On trouve cependant, déjà dans la pensée grecque, une dénégation de la possibilité d'un discours sur l'être, d'abord chez Gorgias, contemporain de Socrate, puis chez le fondateur de l'école sceptique, Pyrrhon. Et à l'époque même où Parménide écrivait son poème, une pensée de la vacuité et du néant commençait à se développer en Orient dans le cadre du bouddhisme, laquelle met profondément en question la notion même d'ontologie. Or c'est précisément cette pensée du rien qui resurgit en Occident à la fin de l'âge classique, avec ce premier philosophe véritablement moderne qu'est Kant, dans son Essai sur les grandeurs négatives et cette « Table du Rien » qui, dans La Critique de la raison pure, clôt l'Analytique transcendantale. Et c'est le concept de négativité qui va former chez Hegel la matrice même de la pensée dialectique, alors que celui du néant constituera le coeur de la critique du nihilisme qu'entreprendra Nietzsche, avant de redevenir, avec le Heidegger de Qu'est-ce que la métaphysique ?, avec le Sartre de L'Être et le néant, et avec le dernier Merleau-Ponty, auteur de ce livre inachevé qu'est Le Visible et l'Invisible, un thème fondamental de la pensée de l'apparaître.
    Une telle pensée du néant et de la négation traversant la frontière qui sépare l'Orient de l'Occident, il s'agira donc, en prenant comme référence majeure la pensée heideggérienne, d'en interroger les diverses figures, d'abord chez Gorgias et Pyrrhon, puis chez Nagarjuna, le plus grand penseur du bouddhisme indien (II-IIIe siècle) et chez Nishida (1870-1945), représentant fameux de l'école de Kyoto et du bouddhisme zen, avant d'en venir à l'idéalisme allemand avec Kant et Hegel, à la question du nihilisme européen avec Schopenhauer, Nietzsche et Heidegger, puis à la phénoménologie avec Husserl, Sartre, Merleau-Ponty et Maldiney.
    Françoise Dastur, professeur honoraire de philosophie, a enseigné dans les Universités de Paris-I, Paris-12 et Nice-Sophia Antipolis. Son travail porte sur la philosophie allemande et la phénoménologie. Elle est présidente honoraire de l'École Française de Daseinsanalyse dont elle fut l'un des membres fondateurs.

  • De façon étonnante, il n'existe pas d'histoire récente et complète de la critique d'art. La seule qui fut écrite, celle de Lionello Venturi, date de 1936. En dehors de cet essai général, on trouve des travaux concernant des périodes déterminées, mais aucun qui propose, comme l'ouvrage de Gérard-Georges Lemaire, une histoire des écrits sur l'art depuis les Grecs jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, en Europe et en Amérique. C'est à Denis Diderot qu'il revient d'avoir élevé la critique d'art au rang de genre littéraire à part entière. Cette consécration est le fruit d'une longue histoire qui commence avec l'Antiquité grecque et latine, se prolonge à la Haute Renaissance italienne, puis s'épanouit lorsque la naissance des Salons, à partir de la fin du XVIIe siècle, donne lieu à de libres commentaires des amateurs d'art. Au XIXe siècle, de nombreux écrivains rédigent leurs Salons ou font le portrait des artistes, ces derniers décidant souvent de prendre à leur tour la plume pour faire oeuvre critique. Cette relation étroite entre l'art et la littérature fait tache d'huile dans toute l'Europe et, plus tard, aux États-Unis. Au XXe siècle, la critique est profondément enracinée dans les moeurs. Parallèlement aux écrits des écrivains et des artistes, une presse spécialisée émerge et, avec elle, de plus en plus de professionnels. Le genre se diversifie et s'universalise. Cet ouvrage réinterroge, tout en retraçant son histoire, cette aventure de la pensée et du goût qui accompagna le développement de l'art occidental.
    Gérard-Georges Lemaire est écrivain, historien et critique d'art, professeur émérite, directeur de collection, traducteur, commissaire de nombreuses expositions, journaliste culturel. Il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages dont Telve (1992), L'Univers des orientalistes (2001), Le Salon de peinture (2004), Le Noir (2006), Kafka (2006), Les Cafés littéraires (2016).

  • « Dégager la lecture du Coran de son appareil juridique et cultuel, revenir à une approche poétique et spirituelle, tel est le sens de cette nouvelle traduction. Confisqué par une exégèse dogmatique ou, pire, par "des aînés barbus et enturbannés qui tuent", le Coran doit pouvoir se lire, selon Youssef Seddik, comme l'Odyssée, comme les livres de Julien Gracq ou de Maurice Blanchot, de Heidegger ou de Derrida. Youssef Seddik resitue son travail dans une interrogation sur l'acte de lire qui interpelle tous les amoureux de la chose écrite, bien au-delà de la question du Coran. » Catherine Bédarida, Le Monde « Cet ouvrage novateur de Youssef Seddik place la réflexion sur l'islam bien au-delà des mesquineries ressassées par l'actualité médiatique : il stimule la réflexion, ouvre des perspectives et conduit à repenser la place que devrait tenir la culture musulmane dans l'héritage européen. » Gilbert Grandguillaume, La Quinzaine littéraire Youssef Seddik, philosophe et anthropologue, helléniste et arabisant, a publié de nombreux ouvrages, dont, chez le même éditeur,

  • Quand Nicolas Bouvier et Bruce Chatwin réinventent la littérature de voyage, un autre vagabond sillonne lAsie en un itinéraire expiatoire. Trente après sa parution, voici réédité son chef duvre. Par son ampleur, son lyrisme et son humanité, Le Long Eté évoque LOdyssée autant que Le Livre des merveilles. Mais si Homère et Marco Polo ouvrent pour nous le monde, Pestelli y décrypte profanation et agonie.

  • Un nouveau mode de rapport au monde est né en Grèce ancienne : l'attitude critique, laquelle a marqué durablement l'histoire occidentale pour ensuite s'imposer mondialement. Dès ce moment inaugural, beaucoup s'est joué, car l'indépendance de la pensée, le rapport questionnant au monde, la tradition de la discussion critique et du franc-parler - c'est-à-dire la tradition du rapport critique à la tradition - allaient pénétrer à l'intérieur des doctrines juive, chrétienne et musulmane pour en infléchir le cours, puis gagner à l'époque moderne leur espace propre dans la Cité. Inventeurs de la démocratie et de la philosophie, les Grecs ont donné naissance à cet éthos-critique dont le pli culturel n'allait plus nous quitter. Le présent essai propose donc une lecture du Monde moderne fondée sur une réinterprétation de l'input antique grec, une analyse qui tient compte de la nouvelle humanité, critique et réfléchie, découverte en Grèce, et qui prend ses distances vis-à-vis des approches proposées par des auteurs comme Hans Blumenberg (la Modernité relève d'une autoaffirmation absolument originale), Marcel Gauchet (le désenchantement du monde est un phénomène essentiellement tardif ; la démocratie d'aujourd'hui tout autre chose que la démocratie antique), et Rémi Brague (l'Occident tient davantage de la Rome hellénisée et christianisée que d'Athènes). Notre civilisation a sans doute rompu avec certains aspects de sa tradition, mais elle n'a pas rompu avec son passé, celui plus ancien qu'elle redécouvre maintenant de manière plus libre. Le but de l'ouvrage n'est d'ailleurs pas de sacraliser l'hellénisme, mais de montrer que le potentiel critique, inscrit dans la dynamique même de cette culture, peut nous aider à mieux comprendre - et à mieux défendre - la société ouverte d'aujourd'hui.

  • LOubli de lInde « Philosophie indienne », cela existe-t-il ? Des manuels scolaires, aujourdhui encore, affirment que non. Certains penseurs aussi, comme Heidegger.            Pourtant, quelques générations auparavant, des philosophes européens se sont enthousiasmés. Schopenhauer et Nietzsche en Allemagne, Cousin et Renouvier en France, dautres encore ont jugé quil fallait prendre en compte la philosophie indienne.            Que sest-il passé, dun siècle à lautre ? Pourquoi lInde a-t-elle pratiquement disparu de la scène philosophique ? Existe-t-il, oui ou non, de la philosophie en Inde ? Telles sont les questions que cet essai tente de poser, en mêlant érudition, ironie et écriture limpide.

  • épitaphe

    Antoine Matha

    « Tout le monde ici soupire après Paris... Paris que vous vous représentez comme une caverne gorgée de biens... Paris où le bonheur a son enseigne... Aujourd'hui comme jadis, c'est la même verroterie qui vous fascine... Non contents d'être contemporains, vous voulez être modernes... Mais savez-vous ce qu'il en coûte d'être moderne ? Savez-vous qu'au bout de nos bagnoles qui polluent, de nos télés qui nous regardent et nous possèdent, au bout de tout ce qui se vend, s'achète, s'use, s'accumule, savez-vous qu'une immense lassitude vous attend, celle qui nous a déjà pris ? » Deux jeunes Africains, amis depuis l'enfance, quittent leur pays pour Paris, attirés par les sirènes de la société d'abondance. Nous les suivons dans cette vie nouvelle qui tour à tour leur offre des scènes étonnantes, l'argent facile et illicite, les émois du coeur et du sexe, les tracas et les avanies ordinaires d'une vie d'immigré... Jusqu'au jour où la catastrophe survient : l'un meurt, et l'autre se retrouve à convoyer le cercueil de son ami défunt dans leur pays d'origine où une guerre civile vient d'éclater...


  • La paix n'est pas un vain mot. Elle est un état d'être qui se sème et se cultive dans les consciences pour construire un état d'esprit individuel et collectif.

    Un rêve, dîtes-vous ? Une utopie ? Notre défi ne consiste-t-il pas justement à transformer ce rêve en réalité ? L'auteur vous propose ici des éléments qui vous aideront à mieux vous connaître et vous reconnaître (au travers d'un engagement citoyen, d'une vision commune et d'une volonté de mieux vivre ensemble), et à promouvoir les valeurs essentielles auxquelles aspire une grande partie de l'humanité : pluralisme, équité, justice, sacralité de la vie, respect de l'environnement... afin de donner sens à vos vies.

  • Alors que la sentence « Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument » est universellement connue, son auteur, Lord Acton (1834-1902), l'est beaucoup moins. À telle enseigne qu'aucune des oeuvres de ce grand historien catholique anglais, très proche ami et inspirateur du Premier Ministre libéral progressiste William Gladstone, n'était jusqu'à présent disponible en français. C'est désormais chose faite avec cette traduction inédite de trois conférences portant successivement sur le travail de l'historien, l'histoire de la liberté dans l'antiquité puis dans le christianisme - où de nombreux passages illustrent le thème d'une fatale tendance à la corruption du pouvoir. Outre cette critique libérale du pouvoir (« Il n'y a pas plus de rapport entre la liberté et le pouvoir qu'entre l'éternité et le temps »), l'intérêt majeur de ces textes est d'exposer une robuste et singulière philosophie de l'histoire trouvant son sens dans un progrès continu quoique tourmenté du monde vers toujours plus de liberté. Laquelle, pour le professeur d'histoire contemporaine à Cambridge que fut Lord Acton est en elle-même « l'objectif le plus noble qui soit ».
    Jean-Philippe Vincent, ancien élève de l'ENA et économiste, est notamment l'auteur de Qu'est-ce que le conservatisme ? (Les Belles Lettres, 2017)
    Michel Lemosse, professeur émérite de civilisation anglaise à l'université de Nice,
    est l'auteur de traductions de textes de Bertrand de Jouvenel, John Stuart Mill et Margaret Thatcher parues aux Belles Lettres.

  • Le monde est en train de changer. Radicalement. C'est l'effet de l'accélération de l'histoire, phénomène conjugué avec le processus de mondialisation. Ce ne sera pas la fin du monde, mais justement la fin d'un monde, du monde où nous vivons, façonné pendant des siècles par la civilisation occidentale. Depuis quelque temps, cette civilisation-phare donne des signes de fatigue. Par rapport aux autres régions du monde, elle rétrécit comme peau de chagrin ; sa part dans la population de la planète et dans l'économie mondiale ne cesse de décliner.
    Plus grave encore, il n'y a plus de grand projet pour l'avenir. Pendant des siècles l'Occident a été motivé et stimulé par la ferveur religieuse dans un premier temps, et ensuite par les véritables religions sécularisées affirmées à l'époque moderne : la démocratie, la nation, le progrès...
    Que reste-t-il de ces grandes croyances ? Et où va l'Occident ? Où va le monde ? Personne ne connaît la réponse à ces questions. On ne peut qu'imaginer des scénarios inévitablement multiples et contradictoires.
    C'est ce que cet ouvrage, fresque planétaire de ce que pourrait être notre futur, propose au lecteur.

  • Pendant deux ans, Régis Debray et Zhao Tingyang se sont écrit de longues lettres avec une grande liberté de ton sur la nature humaine, la politique, la mondialisation, la Chine et l'Occident.

    Ce livre limpide et profond est le premier dialogue entre un intellectuel occidental et un philosophe chinois.

  • Jacques Ellul est né en 1912 à Bordeaux où il enseigne à la faculté de droit et à l'Institut d'Etudes Politiques de 1944 à 1980. Ses cours sur le Marxisme, l'Histoire des Institutions de l'Antiquité à nos jours, la Propagande et la sociologie de la société technicienne ont laissé leur empreinte sur bon nombre d'étudiants qui gardèrent de lui un souvenir ému et reconnaissant. Historien et sociologue mais aussi théologien, il analyse avec passion et lucidité les phénomènes les plus complexes de notre société dans un langage volontairement simple et compréhensible. Son oeuvre qui se compose d'environ 50 volumes et quelques milliers d'articles s'articule autour de deux grands schémas :
    o les problèmes générés par l'auto-accroissement du phénomène technicien,
    o une éthique chrétienne de la liberté et de l'espérance adaptée à cette société.
    « Trahison de l'Occident » a été écrit en 1974. Il s'agit d'un livre puissant et pugnace qui nous donne à réfléchir sur nos rancoeurs naturelles à l'égard de cet Occident qui nous a pourtant tout donné y compris la faculté de le critiquer.
    Jacques Ellul est décédé en mai 1994 laissant derrière lui des groupes de réflexion et des auteurs qui s'emploient à poursuivre son oeuvre.

  • Derrière cette globalisation «incontournable», aujourd'hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l'économie? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d'oikonomia - une économie centrée le cadre privé - en l'opposant à celui de chrématistique, «l'art» individualiste de faire de l'argent par l'accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l'oikonomia traditionnelle.

    "L'impasse de la globalisation" nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s'agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s'en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s'inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial; retrouver l'âme de l'humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

  • « Le monde moderne a perdu son âme : ce constat aussi vieux que la modernité elle-même est aujourd'hui dressé par un philosophe iranien, Daryush Shayegan. Il ne sombre pas comme tant d'autres dans la dénonciation pure et ­simple de l'Occident. Il reconnaît à notre culture le mérite d'avoir inventé l'esprit d'examen, la rationalité scientifique et les institutions démocratiques, c'est-à-dire la résolution des conflits hors de la violence. Mais au prix de ce trésor inestimable que recèlent encore les sociétés traditionnelles - "les grandes émotions qui font vibrer les coeurs". (...) Shayegan nous adjure de mettre en oeuvre cette tâche immense : réinventer une nouvelle spiritualité qui succéderait à l'éclipse du divin. Beau défi que l'auteur nous lance, non sans malice et gravité. »Pascal Bruckner, Le Nouvel Observateur

  • Après une longue entrée toute " subjective " où l'auteur évoque son angoisse d'être Arabe sans concession et tout aussi attaché à cette Europe des Arts, des Lettres et de la Pensée, cet ouvrage happe son lecteur dans un tourbillon d'analyses et de rappels historiques, de portraits surprenants, et oblige tout Européen à reconnaître que cet Arabe ignoré ou méprisé a bien façonné le continent, y compris dans sa dimension chrétienne, au même titre que les Goths, les Alémans ou les Francs... C'est la grande rupture de la conquête islamique qui est venue un jour donner un formidable prétexte à l'Eglise et à de puissants pontifes, commandeurs réels des nations, pour verrouiller les consciences et épurer les mémoires.

  • Assassinat d'otages, menace terroriste, engagement "djihadiste" de jeunes Européens... L' "État islamique", visage d'épouvante de l'islam radical, synonyme de barbarie, embrase les esprits et laisse perplexe. Pour éclairer l'actualité de façon constructive, et tracer un pont entre l'Orient et l'Occident, cet ouvrage propose un retour historique et une analyse philosophique du radicalisme, aux sources millénaires et religieuses. Il produit aussi une analyse géopolitique des formes contemporaines de l'islam radical. Enfin, il dresse le bilan géostratégique de la situation internationale depuis le 11 septembre. Antoine-Joseph Assaf nous livre un décryptage éclairant, un témoignage vivant et une vision pleine d'espérance, à l'intention du plus large public. Il nous invite à appréhender de façon posée les enjeux et les problématiques d'une réalité complexe, loin des fantasmes, des amalgames ou des simplifications.

    "J'ai écrit cet essai en tâchant d'unir tes diverses approches qui ont marqué ma vie. En chercheur d'abord, car c'est te retour aux sources qui permet d'atteindre ta plus grande objectivité. En tant que témoin vivant de la plupart des événements que je relate. En tant qu'ancien conseiller politique dans cette région agitée du monde. Et même en tant qu'ancien otage dans un pays comme le Liban qui fut dans la dernière partie du XXe siècle le pays miroir de toutes les guerres que nous vivons."

  • Il y a bien eu, dans le refus d'un culte des images en Europe latine, la construction d'un dogme des images portant prescription de leur usage conforme à leur pouvoir d'évocation du passé (un art de mémoire), aux manipulations de figures dans la machinerie des rêves. La théologie et les philosophies en ont fait l'instrument approché de toute connaissance conçue comme la lecture d'un tableau, possible parce que nous en participons par notre nature. Que signifient les formules de la création : l'homme a été fait comme une image - l'homme a été créé selon le mode des images - Dieu a créé l'homme à son image, ou encore, il l'a fabriqué par une image ?

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