• Qui veut comprendre les îles du Ponant aujourd'hui ne peut faire l'impasse sur leur histoire et leur géographie si particulières. Les meilleurs témoignages littéraires sur la vie dans ces petits mondes insulaires entre 1850 et 1950 nous sont offerts par l'écrivain brestois Henri Queffélec (1910-1992). Ce grand connaisseur des « travailleurs de la mer » y situa en effet l'action de six de ses romans les plus célèbres.
    Le phare de la Jument (ar Gazek-Coz en breton), « morceau de sucre piqué droit dans le gosier du Fromveur », est bel et bien le personnage principal du roman. A tout le moins l'épopée de son érection entre 1904 et 1911 : un ancien négociant, Charles-Eugène Potron, lègue 400.000 francs-or à l'Etat pour édifier un nouveau phare dans les parages d'Ouessant, sous condition de le construire sur une durée maximale de sept ans. Nous suivons donc les péripéties - et les hommes - qui jalonnent la jeunesse de la Jument lors de sa difficile mise en oeuvre, de sa construction, de ses oscillations anormalement fortes dans les tempêtes, enfin de la consolidation de ses fondations dans les années 1920-30.
    Dans le même temps, un pêcheur molénais, Alain Creignou, fonde un foyer avec la fille d'un agriculteur ouessantin, Françoise Mescam. Alain Creignou est subjugué par la Jument. A bord du Sant Mikkaël, il initie son fils François, qui rêve de devenir gardien de phare. Il croit à un pouvoir quasi surnaturel de ces tours de mer qui revivent dès que tombe la nuit ou la brume...
    Le phare s'inscrit parmi les grands romans insulaires français du XXe siècle. Il n'était plus disponible en édition simple depuis 40 ans. Nul doute que sa lecture vous passionnera. La Lumière enchaînée (parution en 2016) poursuit l'aventure de la Jument. - Avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec.

  • C'est à la suite d'un séjour de quatre mois sur l'île d'Ouessant en 1907, - à la pointe de Pern - dans l'ancien bâtiment de la sirène de brume (la « villa des tempêtes », que l'écrivain allemand Bernhard Kellermann, né à Fürth, (1879-1951) publie, en 1910, ce roman : das Meer. Il sera traduit, après-guerre, en français (1924).
    Si Ouessant n'y est jamais explicitement citée, l'atmosphère du livre en est complètement imprégnée ; le roman comme l'île suivent bien la même problématique : ils sont constamment confrontés à la mer, cette mer qui est le véritable héros du roman de Kellermann.
    Un livre qui a impressionné des générations de lecteurs et d'écrivains. A (re)découvrir.

  • Achevé d'écrire en 1952 et publié, pour la première fois en 1953, "Un Homme d'Ouessant", est le second des quelque neuf romans que le célèbre écrivain Henri Queffélec, né à Brest (1910-1992), consacre aux îles bretonnes.
    Qui veut comprendre les îles bretonnes aujourd'hui ne peut faire l'impasse sur leur histoire et leur géographie si particulières. A ce titre, les meilleurs témoignages littéraires sur la vie dans ces petits mondes insulaires sous l'Ancien Régime et la Révolution nous sont offerts par ce grand connaisseur des « travailleurs de la mer » que fut Henri Queffélec.
    Le personnage central du roman est un homme, Laurent Brenterch, connu sous le surnom de « Miserere », c'est un « Américain », qualificatif sous lequel on désigne les matelots vétérans de la guerre d'indépendance américaine (nous sommes en 1783). Riche de l'expérience de ses voyages, il va notamment chercher à améliorer les rendements des maigres cultures ouessantines [...] Miserere incarne dans sa personne toute la complexité des relations entre les îles de l'Armor et le continent, puisque les communautés insulaires acceptent les ressources fournies par la grande terre tout en rejetant un quelconque lien de sujétion. [...] Avec la minutie dont il est coutumier, Queffélec dépeint de façon réaliste cette société ouessantine des dernières années de l'Ancienne Monarchie - (extrait de l'avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec).
    Un "homme d'Ouessant" s'inscrit parmi les grands romans insulaires français du XXe siècle. Il n'était plus disponible en édition de qualité depuis de nombreuses décennies, le voici à nouveau disponible, soixante ans tout juste après sa parution.

  • La révolte gronde dans les Cévennes, région huguenote qui refuse d'abjurer sa religion. Le 24 juillet 1702, le Gévaudan explose et la terrible lutte des camisards contre les impitoyables dragons du roi Louis XIV débute.
    La famille Tassin, protestante, fuit vers l'un des pays d'accueil. Hélas ! La jeune Clémence perd la trace des siens et se retrouve isolée. Après un long périple où le danger est omniprésent, elle embarque sur un bateau qui se fracasse sur les rochers de l'île d'Ouessant. Sous le choc, la jeune huguenote perd la mémoire. Retrouvera-t-elle un jour sa famille ?
    "Les Cévennes, c'est leur désert à eux, celui de l'espoir, celui de Moise à la recherche de la Terre promise". Clémence a ralenti sa marche et s'arrête. Soudain, elle se sent tellement lasse qu'elle a envie de mettre un terme à cette fuite effrénée. Charles se retourne et, apercevant le visage résigné de la jeune fille, il comprend qu'elle en a assez. Il revient sur ses pas, saisit son menton et le relève vers lui. - Petiote, tu ne vas pas baisser les bras maintenant que la liberté est presque à nous. Clémence, te vois-tu enfermée, sans doute à vie, à la Tour de Constance ? Tu deviendrais folle. Allez reprends-toi

  • Partir au bout du monde pour mettre de l'ordre dans sa peur ! C'est ce qu'imagine Marc en fuyant la Côte d'Azur où il a déclenché un terrible incendie. Un train de nuit le conduit à Paris mais ce n'est pas assez loin. Une affiche touristique l'invite : "Ouessant, la pointe extrême de l'Europe". Sur cette île cernée par les tempêtes d'automne, Marc va faire des rencontres, qui tour à tour, lui apporteront l'espoir et la peur, jusqu'à la tentative désespérée pour échapper au piège qui se referme sur lui. Mais même au bout du monde Marc devra rendre compte de ses actes.

  • Le penzé (bris, épave en breton) est le leit-motiv de ce roman paru initialement en 1904. C'est l'appât du penzé qui fait découvrir aux habitants, très « spécialisés » dans les naufrages du château de l'île Keller (située au large d'Ouessant), un naufragé survivant. Ce Provençal va, petit à petit, recouvrer la santé et s'intégrer dans cette société très particulariste qu'est encore la population d'Ouessant à la fin du XIXe siècle. S'intégrer jusqu'à tomber amoureux et épouser la fille de son sauveteur, Mac'haïdik. Pourtant la vie à Ouessant - et à Keller - de cet aubain étranger ne trouve pas sa juste place - nostalgie de la marine oblige... Il sombre alors dans l'ivrognerie (mal du siècle !) que Mac'haïdik tente désespérément de contrer en le décidant à une nouvelle existence sur le continent... Un roman typé et bien documenté sur l'île d'Ouessant, ses particularités, ses habitants, leurs mentalités spécifiques. L'île d'épouvante est un roman à redécouvrir ; peut-être fut-il éclipsé par le succès de l'ouvrage d'André Savignon, paru en 1912, Les Filles de la Pluie, qui, à l'époque, s'attachait à une vision plus actuelle de l'île.
    Emile Vedel (1858-1937), officier de marine, homme de lettre, ami de Pierre Loti, est notamment l'auteur de Lumières d'Orient (1901), Sur nos fronts de mer (1918). On lui doit également une traduction du Roi Lear de W. Shakespeare, réalisée conjointement avec Pierre Loti.

  • Voici un trépidant roman d'aventure maritime dû à la plume d'André Savignon (1878-1947), né à Tarbes (Htes-Pyrénées). L'action se situe sur et au large de l'île d'Ouessant dans le milieu des récupérateurs d'épaves ; lesquels récupérateurs s'avèrent être plutôt d'avides et bien renseignés pilleurs d'épaves... Et des épaves, elles sont si nombreuses qu'elles ceinturent Ouessant sur toute sa périphérie maritime... En tout cas, la chasse au trésor est ouverte sur le bateau Le Rageur... et l'appât de l'or fait ressurgir toutes les ambitions, les rancoeurs, les rivalités des différents protagonistes !
    André Savignon connut tôt la notoriété en obtenant le prix Goncourt dès 1912 pour son autre roman ouessantin : FILLES DE LA PLUIE, SCÈNES DE LA VIE OUESSANTINE. Le SECRET DES EAUX fut publié initialement en 1923.

  • En 1912, Filles de la Pluie obtient le prix Goncourt.
    Ouessant, depuis la fin du XIXe siècle, est peu à peu sortie de son isolement : ses spécificités sont mieux connues grâce aux travaux des folkloristes mais elle entre véritablement dans le siècle avec la construction du fort Saint-Michel, conséquence du refroidissement des relations franco-britanniques, après l'affaire de Fachoda, - type de fort que l'on retrouve dans d'autres îles : à Houat, à Hoëdic, à Yeu en particulier.
    Le choc culturel et humain qui s'ensuivit, entre une population essentiellement féminine, paysanne, pauvre, restée isolée du monde et les militaires mis en garnison mais qui s'égayent dans toute l'île, finit par faire scandale dans les années 1900.
    André Savignon a séjourné à Ouessant en 1911 et son livre s'inscrit dans cette brûlante actualité-là. Le sous-titre de scènes de la vie ouessantine rappelle d'ailleurs que ce n'est pas un roman mais une suite de récits dont chaque chapitre est consacré à une Ouessantine : Barba la conteuse, Louise de Niou-Huella, Claire de Frugulou, Marie de Loqueltas, etc.
    Si le livre fit aussi scandale, à l'époque, c'est qu'il dépeignait Ouessant comme « une sorte de Tahiti européenne ».
    Cent ans plus tard, rien de tout cela ne subsiste sinon un beau livre de littérature de fiction qu'il faut redécouvrir pour son écriture, pour son évocation d'un Ouessant passé et parfois fantasmé... mais aussi pour les superbes lithographies du maître Mathurin Méheut qui n'avaient jamais été rééditées depuis 1934.

  • En 1974, il y a tout juste 40 ans, Henri Queffélec, publiait Les Îles de la Miséricorde, revenant à la suite de Charles Le Goffic et son roman Les Pierres Vertes, sur le naufrage du Drummond Castle : le 16 juin 1896, sur la fin de son voyage de retour à Londres, un paquebot anglais de la ligne du Cap, le Drummond Castle, s'égare dans la brume. Il se figure déborder Ouessant et s'engage dans les courants du Fromveur. A 11 heures du soir, juste comme une petite fête vient de se terminer à bord, il heurte une roche. En sept ou huit minutes il coule. Il n'y aura que trois survivants, un passager et deux hommes d'équipage, recueillis le lendemain matin, le premier par un homme d'Ouessant, les deux autres par un pêcheur molénais. Un « grand naufrage » ? Ce drame, qui a bouleversé son époque, n'est pas « grand » seulement par sa soudaineté ni par le nombre des victimes, mais parce qu'il a mis en lumière, d'une étonnante façon, la solidarité humaine.
    Les Anglais se représentaient alors les îliens de « Petite-Bretagne » comme des gens rudes et frustes. Sans aucune recommandation extérieure, les Molénais, les Ouessantins, avaient vu spontanément des frères et des soeurs dans les malheureux, vivants ou morts, que la mer leur donnait à recueillir et ils avaient montré pour eux les égards les plus délicats.
    Les Îles de la Miséricorde s'inscrit parmi les grands romans insulaires français du XXe siècle. Il n'était plus disponible en édition de qualité depuis 30 ans. Nul doute que sa lecture vous transportera dans le temps et dans l'espace, jusque dans ces parages des îles d'Ouessant et de Molène, si périlleux pour la navigation d'autrefois. - Avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec.

  • Qui veut comprendre les îles du Ponant aujourd'hui ne peut faire l'impasse sur leur histoire et leur géographie si particulières. Les meilleurs témoignages littéraires sur la vie dans ces petits mondes insulaires entre 1850 et 1950 nous sont offerts par l'écrivain brestois Henri Queffélec (1910-1992). Ce grand connaisseur des « travailleurs de la mer » y situa en effet l'action de six de ses romans les plus célèbres.
    Le personnage principal du roman s'avère être - pour la seconde fois - le phare de la Jument situé au large d'Ouessant, en plein courant du Fromveur. Après le premier roman qui lui est consacré (« Le Phare ») où l'on découvre la véritable épopée de son érection entre 1904 et 1911 et les craintes quant à la pérennité du phare sous les coups de boutoir réunis des tempêtes ouessantines et du fameux Fromveur. La Lumière enchaînée raconte donc les nouvelles péripéties - et toujours en contrepoint celles des hommes et des femmes des îles, Molène et Ouessant - qui, après guerre dans les années 1920-1930, permettront enfin la consolidation des fondations du phare et le combat quotidien du Service des Phares & Balises - autre héros du roman - pour maintenir, coûte que coûte, la continuité de la lumière rouge au faîte de la Jument...
    La Lumière enchaînée s'inscrit parmi les grands romans insulaires français du XXe siècle. Il n'était plus disponible en édition simple depuis 40 ans. Nul doute que sa lecture, après celle du Phare, vous passionnera. - Avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec.

  • Ouessant : première vision avant d'arriver : un désert de pierres dans les solitudes marines, solitude bouleversée de tempêtes et de naufrages. Vision qui ne change guère une fois dans l'île, désolée et stérile, en proie à tous les vents tonnants et hurlants du large. Vous lirez la pittoresque traversée, au beau style de gabier ou de quartier-maître ; la description du bourg gris aux maisons basses, celle du cimetière maritime avec son ossuaire des disparus, celle surtout des tempêtes de suroît ; vous contemplerez non sans effroi cette nature déchaînée, cette nature dans sa force intacte et première, semble-t-il, que la science et la peine des hommes n'ont pu ni dompter, ni même, si peu que ce soit, assagir ? [...] C'est le livre de la mer et du vent. [...] C'est la nature humanisée qui vibre dans ce récit et les deux protagonistes du drame sont la mer et le vent, ou, pour mieux dire et les fondre en un seul être plus fort encore, plus indomptable : le vent maritime, l'immense vent maritime... (extrait de la Préface de l'édition originale de 1935).
    Yvonne Pagniez (1896-1981) née à Cauroir (Nord). Après des études de philosophie, elle est infirmière pendant la Première guerre mondiale ; elle s'illustre dans la Résistance lors de la Seconde, est déportée en Allemagne mais s'en évade. Elle sera ensuite correspondante de guerre en Indochine, puis en Algérie. On lui doit, dans l'Entre-deux-guerres, deux romans régionalistes qui ont pour décor la Bretagne : Ouessant et Pêcheur de goémon, qui, tous deux, seront distingués par un prix littéraire de l'Académie française.
    Un des grands classiques parmi les « romans ouessantins » du XXe siècle.

  • C'est d'abord un chant de retour.
    Une femme revient sur une île de Bretagne, dans le paysage de mer où elle a grandi. Elle habite sous un phare, et la nuit ravive les fantômes. Entre le pays et soi, désormais, un décalage, par toutes ces années d'Amérique collées sur la peau.
    Alors lancer des mots à la mer, par petits éclats, comme les messages des sémaphores. Une adresse à un aïeul, un capitaine qui est allé se perdre à l'ouest aussi, longtemps avant. Et le reflux des souvenirs, premières amours, cassures et dérives, pour s'éclairer où il y a eu partage des eaux, entre rester et s'en aller.
    "Tout ce que nous aurions pu faire si nous n'étions pas partis au loin est resté là, inachevé. Les fantômes ne sont pas des morts, ce sont des vies que nous avons laissées en suspens."
    Ce livre est disponible en papier et en numérique > http://www.publie.net/livre/comment-va-le-monde-avec-toi-laure-morali/

  • A l'orée de la cinquantaine, Henri Queffélec a déjà largement contribué par ses romans à une « défense et illustrations des îles bretonnes ». Au moment où le monde de sa jeunesse prend irrémédiablement fin, il accepte comme un point d'orgue de rédiger un plaidoyer insulaire illustré par des photographies en noir et blanc de Jacques Boulas. Ce texte comme ces images revêtent une précieuse valeur de témoignage sur les îles de l'Armor à la fin des années 1950. Aujourd'hui, 60 ans plus tard, Eric Chaplain a suivi leurs traces au sens propre pour offrir au lecteur du XXIe siècle des photographies en couleur, comme des ricochets temporels qui font écho à la plume queffélécienne...
    Laissons une fois de plus à Henri Queffélec le mot de la fin, puisque malgré tout, contre vents et marées, les îles bretonnes surnagent, hier comme aujourd'hui. La raison en est simple : si les îles auront toujours besoin des hommes pour vivre, les hommes auront toujours besoin des îles pour rêver... : « Dans le message que portent jusqu'à nous les îles bretonnes actuelles figure certainement un souci de témoigner pour d'autres lieux, d'autres peuples, d'autres époques, dont, sous peine d'être des barbares, les nations doivent garder la mémoire. Même si elle est condamnée à demeurer vague » (extrait de l'Avant-propos d'Eric Auphan pour la présente édition).
    Henri Queffélec (1910-1992) né à Brest, écrivain, essayiste. Il est considéré comme le romancier maritime français par excellence du XXe siècle, auteur de plus de 80 livres, dont beaucoup ont été inspirés par la Bretagne natale,la mer et les îles.
    L'Association des Amis d'Henri Queffélec et les Editions des Régionalismes ont prévu de rééditer l'ensemble de son oeuvre bretonne et maritime sur la période 2013-2023, à raison de trois ouvrages par an.

  • En 1865, François-Marie Luzel fait paraître, dans la Revue de Bretagne et de Vendée, ses notes de voyages, sorte de reportage sur le vif au jour le jour, de ses diverses « missions » de collectage que le Ministère de l'Instruction publique lui a confiées (1863 et 1873-74 pour les îles). C'est pour Luzel l'occasion de présenter in vivo dans un véritable récit de voyage ce qu'était alors son travail de collectage, ses informateurs, leurs versions des textes collectées, bref une vision plus vivante de ce qu'était la Bretagne et les Bretons sous le Second Empire et les débuts de la IIIe République
    François-Marie Luzel est né à Plouaret dans les Côtes-d'Armor (1821-1895). A la fois poète bretonnant, folkloriste et journaliste, il finira sa carrière professionnelle comme conservateur des Archives départementales du Finistère. Il demeure un des artisans majeurs de la renaissance culturelle bretonne de par l'importance et la qualité de ses collectages.

  • Achevé d'écrire en 1952 et publié, pour la première fois en 1953, Un Homme d'Ouessant, est le second des quelque neuf romans que le célèbre écrivain Henri Queffélec, né à Brest (1910-1992), consacre aux îles bretonnes.
    Qui veut comprendre les îles bretonnes aujourd'hui ne peut faire l'impasse sur leur histoire et leur géographie si particulières. A ce titre, les meilleurs témoignages littéraires sur la vie dans ces petits mondes insulaires sous l'Ancien Régime et la Révolution nous sont offerts par ce grand connaisseur des « travailleurs de la mer » que fut Henri Queffélec.
    Le personnage central du roman est un homme, Laurent Brenterch, connu sous le surnom de « Miserere », c'est un « Américain », qualificatif sous lequel on désigne les matelots vétérans de la guerre d'indépendance américaine (nous sommes en 1783). Riche de l'expérience de ses voyages, il va notamment chercher à améliorer les rendements des maigres cultures ouessantines [...] Miserere incarne dans sa personne toute la complexité des relations entre les îles de l'Armor et le continent, puisque les communautés insulaires acceptent les ressources fournies par la grande terre tout en rejetant un quelconque lien de sujétion. [...] Avec la minutie dont il est coutumier, Queffélec dépeint de façon réaliste cette société ouessantine des dernières années de l'Ancienne Monarchie - (extrait de l'avant-propos d'Eric Auphan, président de l'Association des Amis d'Henri Queffélec).
    Un homme d'Ouessant s'inscrit parmi les grands romans insulaires français du XXe siècle. Il n'était plus disponible depuis de nombreuses décennies, le voici à nouveau, soixante ans tout juste après sa parution ; ici enrichi des bois gravés par Jean Chièze pour une édition introuvable, originellement parue en 1957.


  • "Trop de fils, de pères et de frères disparus. La mer leur avait trop pris. Oui, le prix à payer était trop lourd. Dans une île où la communauté prévaut, comment trouver sa place lorsque l'on est une fille de rien, une naufragée au grand coeur ?"



    Les Veilleuses. Un texte transmédia, imaginé dans un train, créé et distillé en 48 h en plus de 800 tweets via Twitter, en public, lors du 11e salon international du livre insulaire d'Ouessant. Diffusé en podcast, puis porté en application sous une bande-son de Ólafur Arnald, avant de continuer son aventure print/numérique à l'aide du trait de la bretonnante Lise Hascoët.
    Une histoire d'îles pour et par les îles, de cette insularité parfois rude, mais qui rassemble les Hommes. Ou plus exactement, les femmes. Ces femmes qui veillent, ses mères qui protègent.
    Une écriture live et sans filet, à une époque où la Twittérature n'avait ni nom ni existence. Nous étions en 2009. Twitter était encore un ovni, les applications-livres n'existaient pas, tout comme les bandes-son dédiées. Une éternité.


  • L'intrigue des
    Pierres vertes
    tente d'élucider l'énigme du dramatique naufrage du
    Richmond Castle
    , en 1920, sur ces récifs situés entre l'île d'Ouessant et celle de Molène. Ce fut la brume qu'on en rendit officiellement responsable, mais, selon le témoignage de certains îliens, il n'y avait pas de brume cette nuit-là sur la mer qui était calme. La vérité est donc à chercher ailleurs... Pour ce faire, Charles Le Goffic met en scène un savant anthropologue, Max Lebeau, qui séjourne à Molène pour y étudier le folklore des insulaires et en particulier celui qui concerne les morgans et les sirènes, mais également, de concert avec son
    sulfureux
    filleul, de rechercher une vérité cachée de ce naufrage
    . Une
    vérité qui serait donc plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord. Mais en en rassemblant tous les indices, on peut reconstituer le puzzle des événements et une terrible vérité se dessine alors...

    L'auteur part d'un fait bien réel : le naufrage du
    Drummond Castle
    en 1896 sur le récif des Pierres vertes, la même nuit du 16 au 17 juin, à la même heure : vingt-trois heures ; avec la même rapidité : trois minutes. Et dans les deux cas il n'y a que trois rescapés...

    Connu et reconnu pour ces recueils de contes, récits et romans régionalistes, Charles Le Goffic (1863-1932) a su prouver un incomparable talent de « metteur en scène » de la Bretagne éternelle.

  • En 1938 et 1949, Noël Spéranze fit paraître ce qui peut être considéré comme le premier véritable guide pour les touristes se rendant à Ouessant, à Molène et au Conquet.
    A quelque soixante-dix ans d'écart, cela demeure toujours instructif, amusant ou même édifiant de connaître la façon dont on voyageait à l'époque mais cela reste aussi un guide pratique et fourmillant de bonnes idées de balades inédites ou renouvelées... Le tout agrémentée de photographies qui ponctuent ce petit guide.

  • Molène et son archipel en mer d'Iroise, au large de la pointe Saint-Mathieu, n'ont pas eu l'occasion d'entrer dans la grande Histoire. Ni grande bataille, ni grand homme, ni curiosité monumentale ou géologique d'importance, l'archipel de Molène reste modeste à tous égards... Cela n'empêche point le visiteur qui y débarque de désirer en savoir davantage sur Molène, son archipel, ses habitants, son histoire, sa « vocation » de pêche et de sauvetage en mer...
    L'ouvrage de Claude Consorti vient combler cette demande même si l'absence d'archives historiques ne permet de connaître vraiment Molène que dans les temps modernes (à partir du XVIIe siècle), au contraire d'autres îles bretonnes. La modestie, toujours !

  • Yannick Madec, jeune fille paysanne, orpheline de père et de mère, îlienne d'Ouessant, éprouve une intense et sincère passion pour un jeune écrivain parisien, venu chercher le calme et le repos sur l'île, et qui, recherchant une location chez l'habitant, s'installe chez elle. Après l'inévitable départ de l'intellectuel parisien, Yannick va alors accepter - sans conditions - le mariage avec un pêcheur de ses connaissances. Mais elle découvre assez vite qu'elle était enceinte : les relations avec son mari, taciturne et ivrogne, s'enveniment alors que celui-ci comprend que l'Étranger l'a précédé dans l'intimité de Yannick... Puis la mystérieuse disparition en mer du pêcheur et la naissance de la petite Josik qu'il faut élever seule et qui ressemble tellement à son père...
    Chronique douce-amère sur une vingtaine d'années d'une vie de femme libre à Ouessant, au sortir de la Grande Guerre, où les prémices de la modernité se font jour déjà au sein de la société îlienne traditionnelle.
    Charles Marie Joseph Poncelain d'Eschevannes (Carlos d'Eschevannes de son nom de plume), né à Vitry-le-François (1886-1970), médecin militaire, écrivain, romancier. A partir de 1954, il devient évêque, puis en 1967, patriarche de l'Église catholique indépendante. On lui doit également la première traduction en français des oeuvres du grand moine irlandais saint Colomban.
    Fille d'Ouessant, roman écrit dans l'île en 1922, a été publié initialement en 1924.

  • Filles de la pluie

    Andre Savignon

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Un roman de moeurs prenant
    "Ce roman publié en 1912 et récompensé par le prix Goncourt, suscita à cette époque, quelques polémiques. Il lui était reproché des généralisations un peu hâtives, lorsqu'il décrivait les moeurs des Ouessantines. Il faut y voir une protestation contre un état des choses que l'auteur jugeait funeste à l'île lointaine et si belle : la présence d'hommes de troupe lâchés sans contrôle au milieu de filles innocentes, avec les conséquences que l'on devine..." L. Ferry de Pigny.
    Découvrez sans attendre la nouvelle édition revue et corrigée du prix Goncourt 1912 !
    EXTRAIT
    Il aperçut à ce moment Barba pour la première fois. Elle s'était d'abord tenue cachée dans l'ombre d'une pièce voisine, parce qu'elle avait vu un étranger. Elle était parée en Ouessantine, et si coquettement qu'on l'eût dite en costume de fête. Mais elle était accompagnée d'une amie, vêtue à la façon des villes, et dont la tête et les épaules s'enveloppaient d'un châle. Cette dernière, plus hardie, s'avança jusqu'au seuil de la porte. Alors Barba se risqua à son tour.
    La « demoiselle » répondit quand Herment lui adressa la parole. Il apprit qu'elle était Ouessantine elle aussi, bien qu'elle eût abandonné le costume. Les îliennes se firent un peu prier ; elles finirent néanmoins par accepter de boire quelque chose. Et, Barba, un peu sauvage au début, se mit à causer.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    André Savignon, journaliste et écrivain, est né à Tarbes (1878). Il s'installera à Saint-Malo au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le prix Goncourt lui a été attribué en 1912 pour Filles de la pluie, scènes de la vie ouessantine.

  • Ouessant ; l'île de l'épouvante Nouv.

    Auteur régionaliste prolixe, renommé dans l'Entre-deux-Guerres, un peu oublié maintenant, Léon Riotor (1865-1946) publia ce roman en 1931. Roman de terroir typiquement breton, cet ouvrage est également l'occasion de se plonger dans la vie de la Bretagne besogneuse du premier tiers du siècle dernier.
    Mais c'est aussi à une découverte, à une visite très documentée et particulière de l'île d'Ouessant de l'Entre-deux-guerres que nous convie cet ouvrage qu'il faut absolument redécouvrir.
    Une curiosité régionaliste à ne pas manquer.

  • Publié en revue en 1897, puis en livre en 1901, le Sang de la Sirène, est une des nouvelles les plus célèbres d'Anatole Le Braz. Lors d'un voyage à Ouessant pour y recueillir les légendes de l'île, l'auteur découvre celle qui se rapporte aux Sirènes : douze vierges belles comme des anges mais perverses comme des démons, qui avaient leur résidence d'été dans l'île. Un pêcheur ouessantin en attrapa une dans ses filets et elle en fit le roi de la mer : les vagues lui apportaient les poissons et les épaves, les vents et les courants lui obéissaient, mais la malédiction des sirènes s'abattit sur lui et se poursuit encore sur tous ses descendants. Et un vestige en serait la fameuse et singulière cérémonie de proella (du breton bro et ella : rapatriement au pays) qui consiste à remplacer le corps disparu du naufragé par une croix de cire lors des cérémonies de funérailles... Toujours à mi-chemin entre fiction et légende, entre modernité et tradition, voici Le Sang de la Sirène.
    Anatole Le Braz, né à Saint-Servais (Côtes d'Armor), en 1859 ; professeur de lettres au lycée de Quimper ; collecteur infatigable de chansons, contes et traditions populaires ; auteur de nombreux ouvrages sur le sujet : La Légende de la Mort, Contes du Vent et de la Nuit, Le Gardien du Phare, Au Pays des pardons, etc. Professeur à l'université de Rennes (1901-1924). Il s'éteint à Menton en 1926.

  • Publié initialement en 1933, dans la collection de poche Printemps en deux fascicules, voici enfin une réédition de ce roman d'aventures qui se déroule sur Ouessant, et fait référence à un lieu symbolique de l'île, le Créac'h où, plus tard, pour éviter les naufrages à répétition, sera justement érigé un des plus grands phares de l'Atlantique.
    « Attiré par la lueur trompeuse de feux allumés par des naufrageurs, le navire Belle France s'est brisé sur les rocs d'Ouessant. Seul le mousse Jean-Marie Le Goarec, amené vivant à la côte, est sauvé par la petite Césa avec l'aide de Gaël malgré Jobic, le père de Césa, qui tente en vain de s'opposer au sauvetage... » : Ainsi débute l'aventure, il n'y a plus qu'à se laisser aller et retrouver son âme d'enfant pour frissonner jubilatoirement à la lecture de ce surprenant et agréable roman populaire... et ouessantin !

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