• En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • Pékin, 1900. Les huit plus grandes puissances du moment s'allient pour "punir" la Chine et écraser dans le sang la révolte des Boxers. Sur place, Loti observe, atterré, le résultat de la sauvagerie coloniale et la fin d'un mythe : Pékin n'est plus la Cité interdite.

  • Le Pousse-pousse, le plus célèbre roman de Lao She, ce sont les aventures de Siang-tse le Chameau dans le Pékin des années vingt et trente. Sa grande ambition est de posséder son propre pousse-pousse. Dans cette ville où tout est régi par la guerre, l'argent, le danger, il ira de désillusion en désillusion et ne connaîtra que la déchéance et le désenchantement. Mais c'est aussi le roman du petit peuple de Pékin, un Pékin aujourd'hui disparu, que Lao She fait vivre, avec humour, sous nos yeux : celui de Siang-tse, celui des petits métiers, celui des colporteurs, avec leur langue savoureuse, leurs misères et leurs fêtes.


  • Description du livre


    Vous prévoyez un voyage en Chine mais vous n'avez pas le temps d'apprendre le mandarin ? Le créateur de la célèbre méthode Assimil a conçu pour vous le compagnon moderne et indispensable de votre séjour en Chine.
    °Initiation à la langue : 21 leçons de chinois
    °Les phrases et les mots indispensables
    °Toute la prononciation
    °Toutes les situations du voyage

  • Dans Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel, j'ai voulu, surtout, respecter le rythme de ce destin galopant. C'est d'ailleurs l'un des secrets de cette vitalité alexandrine qui tient du prodige : Mme David-Néel ne s'est jamais arrêtée. Comment en aurait-elle eu le temps ? Elle s'incarna, en une seule existence, en tant de personnages : anarchiste, bourgeoise, bouddhiste, cantatrice, orientaliste, exploratrice (elle fut la première Parisienne à pénétrer à Lhassa, en 1924), journaliste, écrivain... Comment aurait-elle pu perdre un instant, alors que sa vie, sa vraie vie selon ses plus profonds désirs, ne commença qu'à quarante-trois ans ? Quelle leçon de patience et d'endurance ! Bondissant sans cesse en avant, sans cesse en mouvement, même quand on la croit immobilisée à sa table de travail, celle qui, centenaire, faisait, à l'étonnement de son entourage, renouveler son passeport, n'a consenti à se reposer qu'en consentant à mourir, en 1969. Et encore, rien ne prouve que la mort, pour Alexandra, soit un repos éternel !

  • Poussière et sueur

    Xinwu Liu

    C'est un dimanche ordinaire à Pékin. Lao He, cinquante sept ans ans, est un ouvrier migrant parmi tant d'autres, survivant d'une histoire tragique. Employé comme jardinier par la municipalité, il vit dans un foyer près du quartier d'Andingmen. Des visites familiales à la traditionnelle loterie sur la place principale, mille événements, souvent cocasses, vont rythmer son unique journée de loisir.

    Liu Xinwu reconstitue la vie de tout un quartier populaire avec ses ivrognes, ses escrocs, ses braves gens et quantité de personnages pittoresques, d'une marieuse surnommée la Girafe à un loueur de trampoline. L'occasion de décrire, avec tendresse, une société en pleine transformation, entre mode de vie traditionnel et modernité citadine.

  • Pékin,29 juillet 2008. On frappe à la porte de l'atelier d'artiste de Han Zuo : c'est Fa Lina, son amour de jeunesse. Cette femme, c'était le souvenir des odeurs de sang et de poudre, les clameurs de la foule, le grincement des chenilles de tanks. En mai 1989, tous deux faisaient partie des étudiants en rébellion sur la place Tiananmen. Aujourd'hui, Lina lui apprend que l'un d'entre eux vient d'être découvert assassiné et que la police soupçonne leur ancien leader, qui vient tout juste d'être libéré, de s'être ainsi vengé d'un ancien traître. Les Jeux Olympiques approchent, la chasse aux dissidents est ouverte. Les anciens membres du groupe se sentent menacés. Han et Lina vont chercher la vérité de ce qui s'est vraiment passé en 1989.

  • Où en est aujourd'hui, le Cambodge, après le 17 avril 1975, date de la victoire des révolutionnaires khmères ? Témoin oculaire de la prise de Phnom Penh, François Ponchaud nous en fait revivre les péripéties : entrée des révolutionnaires, exode forcé de toute la population. Il évoque ensuite la prise du pouvoir dans les provinces, la désertion des villes et des bourgades par un peuple livré de force au travail de production agricole. Par une analyse du discours officiel tenu par la radio, l'auteur décrypte les buts poursuivis par la révolution, l'organisation de la nouvelle société, la formation idéologique du peuple, la création d'une nouvelle culture. Par sa radicalité même, cette révolution comporte des traits spécifiques que l'auteur situe dans le contexte historico-social qui l'a vue naître, ainsi que dans l'histoire personnelle de ses leaders actuels. Révolution fascinante et terrifiante... L'expérience cambodgienne est un défi qui interpelle tout homme.

  • Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé
    à plus d'un milliard d'exemplaires. Ce recueil de citations
    de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution
    culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les
    maoïstes occidentaux.
    Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung,
    bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la
    République populaire, est d'abord conçu comme un outil d'éducation
    politique pour l'armée, puis devient l'« arme spirituelle » des gardes
    rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il
    séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68,
    qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur
    propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime
    chinois.
    Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle
    prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste
    Pascale Nivelle raconte l'épopée de cette petite bible en vinyle
    rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d'une immense et folle
    passion collective.

  • 1989, Pékin, place Tiananmen. Le mouvement étudiant est écrasé dans le sang. Un inconnu se dresse devant une colonne de chars, l'image fait le tour du monde. Cet homme devient le symbole de la révolte, mais on ignore son identité. Et même ce qu'il est devenu ou s'il est encore vivant.25 ans après, obsédé par ce rebelle inconnu surnommé « Tankman », Christophe Deloire part à sa recherche. Il retourne sur les lieux, rencontre les protagonistes, fouille des rapports classés « secret défense » et exhume des clichés inédits pour se rapprocher de l'homme sans visage qui, pendant trois minutes, a dansé avec des engins de mort.L'homme qui ne se retourne pas est le récit de cette enquête à la fois planétaire et intime. Ce livre nous plonge dans les secrets d'une Chine toujours plus troublante et nous révèle qu'un héros peut avoir plusieurs visages.

  • Le 1er juillet 1997, Hong Kong retournera à la Chine. La troisième place financière du monde sera englobée dans le dernier grand État communiste. Ainsi en ont décidé Londres et Pékin qui, en l'absence de tout représentant des presque six millions d'habitants du territoire, ont négocié les modalités de la restitution. Pourtant, à l'occasion de cette négociation, la population de Hong Kong a fait son apparition sur la scène politique ; elle a commencé à goûter à la démocratie, elle a connu d'intenses moments de mobilisation et a constitué associations et partis. Longtemps symbole de l'arrogance coloniale anglaise et de l'humiliation de la Chine, Hong Kong est aujourd'hui celui du dynamisme capitaliste face à l'embourbement bureaucratique du continent. Sera-t-il demain un modèle politique pour les Chinois ?

  • Ce premier de cinq volumes est le résultat d'une longue quête des archives françaises sur la Corée depuis le milieu du 19e siècle. Ces documents permettent une meilleure compréhension de ce royaume jusqu'à son occupation par le Japon en 1910.

  • Quelle vie extraordinaire fut celle du Sixième Dalaï-Lama, Bouddha réincarné et poète scandaleux ! Deux êtres vont marquer son existence : son grand-père, un aimable vieux fou se partageant entre réclusions dans sa maisonnette accrochée à la montagne et provocations dans les monastères ; puis une jeune et belle chanteuse, grâce à laquelle il découvre la musique, la poésie et l'amour, sublimé par les enseignements du tantrisme. L'histoire déroule sa trame implacable, de l'enfance dans un village himalayen jusqu'au Potala, des grands monastères aux pires lieux de débauches de Lhassa. Elle entraîne le lecteur à travers le Tibet de la fin du XVIIe siècle, à la rencontre des grands Lamas retors, des Mongols redoutables et des espions de l'Empire du Milieu, mais aussi du petit peuple - nomades, bandits, moines errants, baladins donnant d'étranges opéras qui faisaient courir les foules, sur fond de prairies turquoise et de montagnes étincelantes.

  • 1945-1990. Presque un demi-siècle qui commence par les premières explosions atomiques, qui s'achève sur l'évitement de l'apocalypse nucléaire - ce qui rassure, et sur la possibilité d'un désastre écologique - ce qui inquiète. Quarante-cinq années où pendant lesquelles la population humaine a plus que doublé - triplant dans les pays en voie de développement -, où le progrès scientifique et technique, satellisant l'homme dans l'espace, a réalisé les prophéties de Léonard de Vinci et de Jules Verne, où les espoirs investis dans la décolonisation et dans le socialisme ont sombré, où les écarts entre pays riches et pauvres ont atteint une distance quasi interstellaire. À travers ce chaos événementiel, où tout est singulier et interdépendant, on a tenté de guider le lecteur. Résumant les « événements » dans des chronologies relativement détaillées l'auteur, négligeant l'anecdote et choisissant l'austérité textuelle, s'est efforcé d'inciter à une réflexion sur une relative domination de l'homme sur la nature et sur son impuissance à donner un « sens » à l'Histoire.

  • Victime de la terreur d'État orchestrée par le régime communiste de Pékin, le peuple tibétain, bouddhiste et non-violent est, depuis un demi-siècle, plongé dans l'horreur. Monastères rasés, transferts de population, répression sanglante, désastre écologique : dans l'indifférence des nations, la Chine étrangle le Toit du Monde et bafoue les droits de ses habitants. La civilisation tibétaine est en danger de mort. En 1959, le Dalaï-Lama dut fuir vers l'Inde. À Dharamsala, où il établit son gouvernement en exil, un combat s'est engagé, par l'éducation et la transmission de la culture, contre cette mort programmée. Le chef spirituel et temporel du Tibet n'a jamais pu retourner dans son pays. Cependant, celui pour qui le seul vrai garant de la paix est en soi, ne cesse d'adresser au monde un message de tolérance et de compassion. Menée à partir de rencontres avec le Dalaï-Lama, son entourage et des réfugiés tibétains, cette enquête mêle de bouleversants témoignages à la réflexion historique et philosophique. Ces paroles d'hommes et de femmes, révèlent que la puissance de l'esprit est une forme essentielle de résistance à la barbarie. Enrichi de nombreuses photos inédites, ce document sans concession, pose la question cruciale de l'avenir du peuple tibétain, et lance un appel au monde occidental. Au risque d'ébranler nos consciences tranquilles. les auteurs s'interrogent sur le double langage en matière de droits de l'homme en Chine et au Tibet, Un plaidoyer à lire de toute urgence !

  • Un jour vient où il faut dire la vérité et libérer sa conscience. Peu importe s'il s'agit d'une affaire d'État et si l'amour s'en est mêlé. Car l'histoire des transactions secrètes entre Taïwan et la France pour la vente de six frégates contraint à ouvrir tous les placards de la République. Entre 1988 et 1991, l'opération Bravo a confondu l'argent de l'État, des affaires et de la corruption ; elle a impliqué deux des plus grandes sociétés françaises - Elf et Thomson ; elle a concerné l'un des personnages les plus influents de la République, Roland Dumas ; elle a révélé le rôle occulte d'un manieur d'hommes et d'argent, l'énigmatique Alfred Sirven. Tout cela couvert par le mystère du « secret défense ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À l'ombre du Théâtre Mogador, du Cirque de Moscou ou des spectacles de Robert Hossein, un petit homme malicieux fascine ceux qui l'approchent. Prince des coulisses, Fernand Lumbroso est l'un des hommes clefs du spectacle parisien : du lancement d'Édith Piaf à la dernière mise en scène de Jérôme Savary, il figure en bonne place dans le Gotha du succès. Mais rares sont ceux qui connaissent les arrière-cours de sa vie vagabonde. Ils découvriront son amitié pour Adamov et Roger Vailland, ses nuits avec Daumal, ses années de guerre en Amérique du Sud avec Ray Ventura, ses tournées au Moyen-Orient avec Cocteau et Jean Marais, ses voyages pionniers en URSS et en Chine, ses démêlés avec la DST, ses films avec Melville, ses coups de pouce à Planchon et Chéreau, ses relations avec Erlanger ou sa grande amitié avec le philosophe Jean Beaufret... Voici la vie de Fernand Lumbroso racontée par lui-même.

  • Nous poursuivons notre voyage aux côtés de Francis de Croisset.
    Après l'Indochine « La côte de jade », le Sri Lanka « Féérie cinghalaise » l'Inde « Nous avons fait un beau voyage », et non sans oublier la sublime « Dame de Malacca » à Penang en Malaisie, Croisset aborde finalement ce
    continent mystérieux et immense qu'est la Chine .
    De Hong Kong à Shanghai, de Pékin à la Mongolie pour finir au Japon, de Croisset s'y connait pour marier faits divers, descriptions toujours très justes et petites aventures.
    De compagnie bien agréable et jamais sans une fausse note d'éducation, nous déambulons au gré de ses émotions et envies.
    Dans nos jours précipités, il est bien agréable de redécouvrir le train ou le bateau pour atteindre ces rivages qui, aujourd'hui encore fascinent toujours les voyageurs venus de tous les continents.
    Ce livre de Kailash Éditions, réalisé en coopération avec Les Éditions de Londres, est un inédit numérique.

  • Au coeur de l'histoire douloureuse du XXe siècle en Chine, les Initiés du Sanmimeng tentent coûte que coûte de mener à bien leur mission et d'appuyer le pouvoir politique, de Pékin à Taipei. La réunification historique de la Chine est à portée de main.

  • Voilà, je suis L'Homme du Transsibérien. J'ai pris neuf fois ce train. Hormis les contrôleurs je suppose que personne ne connaît ce train comme moi. Arrivé au bout du monde. A Hanoï. Il faut aller jusque-là. Dans la ville verte. L'eau verte de ses lacs reflète le vert entier sur les façades des immeubles modernes et des maisons coloniales. Et puis la brume dans sa confusion renforce encore plus ces reflets plaqués par les nuages bas. Enfin, il y a ce vert « mythique », un vert dans l'imaginaire de chacun. Ce mot qui ne quittera jamais la ville quelque soit sa couleur...
    Vous me rencontrerez peut-être à 2h00 du matin dans le couloir d'un wagon. Vous chercherez une bière fraîche ou une discussion pour vous rassurer, calmer votre peur, ces idées en boucle à l'intérieur de vous et l'immensité dehors, défiante et qui menace de ne pas en terminer. Vous voudrez parler. Je pourrais aller vous chercher une bière fraîche car les contrôleurs chinois en cachent dans les ventilations. Pour eux et pour en vendre aux touristes. On en boira une. On leur paiera demain.
    Et si vous ne me rencontrez pas ce sera encore mieux. Vous ferez ainsi le voyage seul, seulement en vous-mêmes. Vous saurez si cet endroit est bien lavé, pas trop torturé, si votre vie pèse en bonheur ? Vous ne pourrez pas éviter de le savoir. 150 heures de train dressent les états des lieux d'entrée et de sortie: L'état du local. Chez certains, c'est un bon endroit.
    Stéphane Boudy nous a enlevés sur le quai, de notre vie qui passe, pour nous emmener avec lui dans le Transsibérien. La force de son écriture nous a happés et transportés par-delà le temps et l'espace. L'Asie, le passé, le présent puis le passé, le présent, l'Asie,... Morceaux de vie que nous lui abandonnons ou lui prenons, avec la seule certitude que nous ne reviendrons pas intacts. Ce voyage intérieur et extérieur nous chamboule. Malgré les codes « comme des pactes » que nous a donnés Stéphane, au départ, le transsibérien « bringuebale la vérité et la tendresse » sur des rails inexorablement parallèles aux autres. En dehors ou en plein coeur d'autres paysages, d'autres pays, nous ne nous éloignons jamais (assez) de la mort...
    Au hasard des rencontres, un photographe dont « les yeux avaient l'allure d'une plaque vierge, telle la pellicule » et surtout un auteur qui chausse des « lunettes sociologiques» car même s'il s'en défend, elles lui vont plutôt bien...lorsqu'au travers d'elles, il déplore « notre lourdeur, notre façon d'insister à se connaître, reconnaître ».
    Autant dire à quel point ce roman de Stéphane Boudy transcende, transgresse, transmet, sans transfuge... Transsibérien oblige !

  • Début XVe siècle, l'avenir se joue sur la mer. Le Portugal se lance dans l'aventure exploratrice, quand, à l'autre bout du monde connu, une Chine revigorée entreprend les plus imposantes expéditions maritimes jamais réalisées jusqu'alors. Ses flottes majestueuses sillonnent, sans discontinuer, les mers d'Orient. Commandées par Zheng He, un eunuque musulman, elles atteignent l'Inde religieuse, l'Arabie parfumée et l'Afrique exotique. Des témoins à bord des jonques décrivent les moeurs et les richesses des pays visités... Sans oublier les escales aux rencontres singulières avec le pirate de Palembang, le roi cupide de Ceylan, l'usurpateur de Semudra ou le samorin de Calicut... Et que dire de l'accueil somptueux du Bengale, des stèles humanistes de Ceylan et du triomphe de la girafe à Nankin. Sur terre comme sur mer, l'Asie entière est prise dans le vaste filet diplomatique tendu par les Ming. De tous côtés, on se presse pour verser tribut au Fils du Ciel. Victoires contre les Annamites puis contre les Mongols ajoutent à la gloire d'un empereur insatiable qui a décidé de reconstruire, à Pékin, la Cité impériale et de rebâtir le Grand Canal. L'heure est au gigantisme. Face aux énormes jonques, qu'auraient pesé, alors, les frêles caravelles ? Soixante ans plus tard la roue a tourné, les cartes sont redistribuées. L'Europe a rattrapé son retard et pousse ses pions. La Chine se claquemure derrière ses Grandes Murailles et abandonne sa magnifique marine. Les raisons de ce recul méritaient bien qu'on s'y attarde.

  • Aimez-vous Victor Hugo ? Avant que vous n'ayez eu le temps de répondre, votre interlocuteur chinois ajoute : - Moi, je l'adore. « Les Misérables », quel merveilleux livre révolutionnaire. Balzac, Stendhal, quels fabuleux auteurs. « La Chartreuse de Parme », quel splendide livre d'amour. De telles affirmations ne sont pas sincères. Elles sont pourtant le seul sujet de conversation que l'officiel chinois impose à « l'ami étranger »... français, lors de leur premier contact. Quel que soit votre interlocuteur, il aimera Victor Hugo... parce que vous êtes Français. La preuve ? Les « amis italiens » ont droit, dans les mêmes circonstances, à un vibrant éloge de Marco Polo, les « amis allemands » découvrent que leurs hôtes raffolent de Goethe et les « amis britanniques » que Shakespeare a ravi plusieurs générations de Chinois. Le besoin de séduire et de convaincre l'étranger est perçu en Chine - nationalisme oblige - comme un devoir que les Chinois accomplissent sans aucun scrupule. À Shanghai, un jeune handicapé canadien qui effectuait le tour du monde en fauteuil roulant eut l'agréable surprise d'être accueilli par une vingtaine de paraplégiques chinois. Mais à peine était-il reparti que l'on vit les Chinois se lever et plier leurs fauteuils roulants. On dit les Chinois courtois et hospitaliers. Ils le sont. Mais les Occidentaux refusent d'admettre qu'ils sont aussi xénophobes et racistes. L'officiel chinois, courbé en deux pour vous saluer, le visage toujours éclairé d'un sourire, est avant tout un hypocrite. Mais il n'en est pas responsable. Le fautif, c'est le système totalitaire chinois qui, aujourd'hui encore, asservit plus d'un milliard de personnes. Car la Chine qui s'éveille, la Chine en pleine mutation, grande puissance industrielle, n'existe pas. C'est un mirage, le fruit de la propagande tendancieuse distillée par le régime communiste qui séduit les politiciens et hommes d'affaires occidentaux, prêts à tous les silences dans l'espoir de s'implanter solidement en Chine. « Des vélos plein la tête » décrit avec pugnacité et humour cette Chine où la délation est un devoir que l'on apprend à l'école maternelle. Une Chine où la liberté individuelle est bannie. Où des dizaines d'évêques et de prêtres croupissent en prison parce qu'ils n'ont pas renoncé à leur foi. Où deux millions de Tibétains et plus de vingt millions de musulmans, opprimés, pourraient, demain, devenir une véritable force d'opposition.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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