Connaissances & Savoirs

  • Cet ouvrage est tout à la fois un exercice de réflexion, un compagnon de voyage, une méditation et un témoignage sur une époque qui m'a fait rêver au changement et plus encore, le refus d'une résignation au monde tel qu'il m'a été fait, une aventure intellectuelle, l'exploration du « même », du « proche » et « du lointain », un départ à la rencontre de soi-même car « je » est un « autre » comme nous le disons et redisons encore avec Arthur Rimbaud. L' « utopie » est un lieu qui ne s'avoue pas. Quand la mémoire s'en retire c'est l'histoire qui s'installe. Villes neuves et nouvelles sont les symptômes des impossibles poliorcétiques. La typicité et la marginalité de certaines expériences poussent à en chercher la singularité dans un retour sur une position, celle d'un objet complexe l'urbain : son utopie mise en perspective à partir de son cadre, un lien social à l'origine d'un projet de renouveau volontaire - son moment - pose la question des représentations d'un ensemble de protagonistes et cerne une demande sociale, interroge sur les affaires des uns et des autres : militant, intellectuel, chercheur, « animateur de l'enfance » sur un terrain initial, « initiatique » où concept et mythe s'entrecroisent dans un mouvement de soi vers l'autre : le « moment » utopique donne à la fois le temps et l'élan d'un premier mouvement et une première parenthèse. Surgit l'habitant lointain d'un univers exposé à l'incertaine et aléatoire présence de l'enquêteur. Il s'agit de trouver quelque raison d'être à « être habitant », réhabiliter une ambulation de proximité. Dans les rêves d'intégration il s'agit de prendre le monde au mot. Le sociologue prudent saura tenir sa langue et échapper au choc des valeurs. La neutralité axiologique n'épouse pas nécessairement les incertitudes partisanes. Il faut raison garder et quitter les certitudes de la reproductibilité. Penser le social ni plein ni vide mais incertain et flou et, considérer les débords. Reposer le problème de la singularité dans la compréhension du social, de l'invention des moyens de l'échange, d'une labilité de l'être, de l'insaisissable haleine à la respiration profonde, en deçà des laxismes et des crispations épistémologiques, retrouver les coeurs des variations, rencontrer dans l'interposition les voix du social, un accès au monde et à une figure de l'humain qui en subvertit les déformations.

  • Sur quels desseins pratiques et éthiques se fondent les activités humaines qui façonnent nos milieux ? Quels en sont les effets concrets, existentiels sur les êtres vivants ? En quoi les activités humaines ont-elles à voir avec le design comme rencontre d'un dessin et d'un dessein ? En quoi le design questionne-t-il notre rapport à la Terre que nous habitons et qui nous habite ? Cet ouvrage interroge les choix éthiques qui nous amènent à designer le vivant, designer indifféremment au vivant, designer à rebours du vivant ou designer avec le vivant. Des choix qui se posent aujourd'hui à chaque habitant de la Terre et à chaque communauté. Partant d'une approche comparative entre le design permaculturel, les cultures paysannes et l'agriculture industrielle, Nicole Pignier questionne les liens entre cultures, agricultures, technologies. Dans une approche sémiotique des Sciences de l'Information et de la Communication, elle met en exergue les liens entre perception et éthique au sein des activités de design.

  • Avec près de deux naissances sur cinq survenant encore à domicile en l'absence d'un personnel quali?é, le Cameroun est l'un des pays d'Afrique où les progrès sont les plus mitigés. Cet ouvrage vise à mettre en évidence les facteurs qui sous-tendent la survenue de l'accouchement à domicile au Cameroun. Au terme de l'analyse explicative, le nombre de CPN, le niveau de vie du ménage, le groupe ethnique, la zone de résidence, la religion, le degré de modernité sont les facteurs qui in?uencent signi?cativement la survenue de l'accouchement à domicile. A l'aune de ces résultats, il est recommandé que soient effectuées, surtout en milieu rural, des campagnes de sensibilisation et de causeries éducatives à base communautaire sur les questions de prise en charge de la grossesse et de l'accouchement. Il est en outre important de renforcer les programmes d'autonomisation ?nancière des femmes.

  • Avant la communalisation en 1980, les équipements et infrastructures réalisés par l'État dans les domaines éducatifs, socio-culturels, administratifs et économiques étaient insuffisants et inégalement répartis sur l'ensemble de l'espace bâti. Les quartiers anciens concentraient la quasi-totalité des activités urbaines au détriment des quartiers modernes et des nouveaux quartiers. À partir de 1980, malgré les difficultés constatées dans l'exécution des programmes triennaux, la ville a connu une évolution spatiale très nette : le paysage urbain bassamois est en pleine mutation entre1966 et 1998 ; l'activité économique a repris progressivement suite à la reprise des activités de la scierie (SCAF). Toutefois, des difficultés liées à l'insuffisance de drainage et d'assainissement, à la salubrité et à la spéculation foncière restent encore à surmonter. Cette étude a permis de montrer que la municipalité de Grand-Bassam est capable de réaliser des investissements avec des maigres ressources, et que les deux premières décennies n'ont été qu'une étape d'apprentissage de la gestion urbaine pour la plupart des autorités locales ivoiriennes, à l'image de la commune de Grand-Bassam. L'avenir est promoteur du fait des efforts et l'esprit d'entreprise des gestionnaires locaux.

  • À en croire Péguy, l'ordre seul fait en définitive la liberté, et le désordre la servitude. Ce chiasme réapproprié en désordre-liberté, en ordre-servitude et vice versa pose d'une part le problème de la conciliation des deux exigences apparemment contradictoires, antinomiques et, d'autre part, semble interpeller au premier chef la philosophie politique. Pourtant, tout est entrecroisé ; l'ordre pensé à la fois comme finalisé et comme structure stable ou récurrente, et le désordre comme absence d'un dessein intelligent, ouvrent à une complexité qui enjoint politique, éthique, esthétique et épistémologie à la quête de sens. Repenser le désordre et la liberté, c'est engager le penser philosophique dans des notions profondément mêlées et complémentaires, dont leur combinaison, dans un jeu de contingence et de nécessité, produit la diversité du monde matériel et axiologique que nous connaissons. Face à cette homothétie entre les conceptions du désordre et de la liberté, l'ordre finalisé, nécessaire et contingent ne se constituera pas à l'encontre du désordre, mais avec lui. La liberté s'établira non en triomphant de la servitude, mais en se servant de celle-ci.

  • Fruit d'une vingtaine de contributions qui partent du terrain, le présent livre explore une variété de dynamiques urbaines, auxquelles fait face la ville au Cameroun, ainsi que les changements sociaux qu'elles induisent dans le pays de manière générale. Vivre en ville aujourd'hui au Cameroun, revient donc d'abord à s'adapter et à se positionner par rapport à de nouvelles normes circulatoires, à des expériences de communication inédites, aux offres de logements, de divertissement, de travail, de consommation qui se croisent au point de rencontre du local, du national et du global. Il en résulte qu'à l'ère de la globalisation, vivre en ville, au Cameroun aussi, c'est aussi mimer les autres habitants de toutes les autres grandes villes du monde. La métropolisation du monde s'accompagne ainsi d'une certaine métropolisation des pratiques sociales de consommation, de divertissement, de communication, et même de protestation et de régulation sécuritaire. Cette métropolisation des pratiques sociales est dictée par des dynamiques urbaines qui sont la conséquence simultanée des dynamiques institutionnelles, des tendances culturelles cosmopolites, des contraintes de nature techno-numériques, des transactions inédites entre ethno cultures locales complexes et des pratiques individuelles forts disparates. Cette métropolisation des pratiques n'efface pourtant pas des spécificités significatives qui rendent toujours compte des identités urbaines particulièrement composites.

  • La vie dans la ville présente d'énormes potentiels pour la santé en ceci qu'elle assure un accès à une diversité de services et de commodités aux citadins, et offre des ressources matérielles (économiques et sociales) favorables à leur épanouissement. Toutefois, l'urbanité n'est pas sans répercussions défavorables sur la santé. En effet, la vie dans les grandes zones urbaines pose certains risques à la santé. Du fait d'une urbanisation rapide et brutale, ces risques semblent élevés dans les villes en développement (VED) dont le paysage épidémiologique est dominé par les maladies infectieuses comme les maladies diarrhéiques. Actuellement, les diarrhées sont encore responsables d'une mortalité infantile élevée dans les VED, et ce malgré les progrès importants effectués au cours des deux dernières décennies dans leur contrôle et prise en charge thérapeutique. À Yaoundé, où elles sévissent sur un fond endémique, les diarrhées infectieuses s'expriment de façon inégale dans l'espace urbain. Les disparités intra-urbaines relevées, tant du point de vue de la prévalence générale que de celui des types de diarrhées, montrent qu'elles constituent un problème majeur de santé publique. Puisque la santé d'une population est un phénomène complexe, caractériser la santé d'une ville exige de considérer divers éléments. Dans cet ouvrage, nous décrivons les facteurs de risques de maladies diarrhéiques en regard du processus d'urbanisation différenciée de la ville. La détermination des facteurs de risques associés à ces maladies diarrhéiques, et l'identification des espaces/populations à risques, peuvent servir aux aménageurs comme aux professionnels de la santé, d'outils de réflexion, pour une nouvelle approche de la politique de santé urbaine centrée sur des stratégies de prévention plus efficaces.

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