Littérature générale

  • La septième croix Nouv.


    Dans les années 30, sept opposants au nazisme s'enfuient d'un camp.

    Un formidable appareil policier est mis en branle pour les retrouver et sept croix sont dressées. Aidés par la solidarité ouvrière ou bien trahis par des voisins ou des inconnus, combien des fugitifs seront capturés ?
    Dans ce roman de l'Allemagne nazie écrit pendant son exil en France, Anna Seghers dresse une fresque polyphonique et dépeint une société dans laquelle le national-socialisme et la montée du totalitarisme révèlent en chacun les aspects profonds de son être : héroïsme insoupçonné de l'un, lâcheté d'un autre, ou simple peur existentielle et fragilité face à un système conçu pour broyer toute résistance visant non seulement l'individu mais sa famille, ses proches.
    Anna Seghers, qui, pour écrire son récit, a longuement écouté et recueilli les témoignages d'exilés, trace le portrait d'une humanité proche de nous : « Nous avons tous ressenti comment les événements extérieurs peuvent changer l'âme d'un être humain, de manière profonde et terrible. Mais nous avons également ressenti qu'au plus profond de nous il y avait aussi quelque chose d'insaisissable et d'inviolable. »

    Ce roman, publié pour la première fois aux États-Unis en 1942, a connu un immense succès international : il a même été envoyé aux soldats américains partis libérer l'Europe.

  • Edition enrichie (Présentation, notes et chronologie)« ... un matin, comme je me promenais près de mon parterre de rosiers, je vis, je vis distinctement tout près de moi, la tige d'une des plus belles roses se casser comme si une main invisible l'eût cueillie, la fleur resta suspendue dans l'air transparent, toute seule, immobile, effrayante, à trois pas de mes yeux.
    Saisi d'une épouvante folle, je me jetai sur elle pour la saisir. Je ne trouvai rien. Elle avait disparu...
    à partir de ce moment-là, je sus qu'il existait près de moi un être invisible qui m'avait hanté et qui revenait. Un peu plus tard, j'en eus la preuve. »
    Confession lucide et maîtrisée d'un homme qui assiste au naufrage de sa propre raison, Le Horla nous révèle la trajectoire secrète et fulgurante qui relie la plénitude de la santé au martyre de la démence. Nul autre récit fantastique - en raison, peut-être, de certains accents autobiographiques - n'a développé avec plus de rigueur et de vérité clinique l'implacable logique de l'imaginaire. 

  • En 2004, Iván, écrivain frustré, responsable d'un misérable cabinet vétérinaire de La Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui promenait sur la plage deux lévriers barzoï.
    L'homme qui aimait les chiens lui fait des confidences sur Ramón Mercader, l'assassin de Trotski qu'il semble connaître intimement.

  • Edition enrichie (Préface, notes et chronologie)Le huis clos d'une vieille demeure dans la campagne anglaise. Les lumières et les ombres d'un été basculant vers l'automne. Dans le parc, quatre silhouettes - l'intendante de la maison, deux enfants nimbés de toute la grâce de l'innocence, l'institutrice à qui les a confiés un tuteur désinvolte et lointain. Quatre... ou six ? Que sont Quint et Miss Jessel ? Les fantômes de serviteurs dépravés qui veulent attirer dans leurs rets les chérubins envoûtés ? Ou les fantasmes d'une jeune fille aux rêveries nourries de romanesque désuet ? De la littérature, Borgès disait que c'est « un jardin aux sentiers qui bifurquent ». Le Tour d'écrou n'en a pas fini d'égarer ses lecteurs.Traduction, préface, notes et dossier de Monique Nemer.

  • Le chien, prisonnier, affamé, guide la bande d'hommes lancée à la poursuite d'un Indien blessé dans la forêt d'Araucanie. Il sait sentir la peur et la colère dans l'odeur de ces hommes décidés à tuer.
    Mais il a aussi retrouvé dans la piste du fugitif l'odeur d'Aukamañ, son frère-homme, le compagnon auprès duquel il a grandi dans le village mapuche où l'a déposé le jaguar qui lui a sauvé la vie.
    Dans la forêt, il retrouve les odeurs de tout ce qu'il a perdu, le bois sec, le miel, le lait qu'il a partagé avec le petit garçon, la laine que cardait le vieux chef qui racontait si bien les histoires et lui a donné son nom : Afmau, Loyal. Le chien a vieilli mais il n'a pas oublié ce que lui ont appris les Indiens Mapuches : le respect de la nature et de toutes ses créatures. Il va tenter de sauver son frère-homme, de lui prouver sa fidélité, sa loyauté aux liens d'amitié que le temps ne peut défaire.

    Avec son incomparable talent de conteur, Luis Sepúlveda célèbre la fidélité à l'amitié et le monde des Mapuches et leurs liens avec la nature.

    Luis Sepulveda est né au Chili en 1949 et vit actuellement en Espagne. Il est l'auteur, entre autres, du Vieux qui lisait des romans d'amour, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet, de L'ombre de ce que nous avons été, Dernières nouvelles du sud (avec Daniel Mordzinski), Ingrédients pour une vie de passions formidables, Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis (dessins Joëlle Jolivet), Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur (dessins Joëlle Jolivet), et Deux idées de bonheur (co-écrit avec Carlo Petrini).
    Ses livres sont traduits dans 52 pays.
    Joëlle Jolivet est née en 1965. Après des études de graphisme aux Arts appliqués de Paris, elle s'intéresse à la lithographie et suit des cours aux Beaux-Arts. Cela la conduit à la gravure sur linoléum, son principal moyen d'expression aujourd'hui. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans et travaille régulièrement pour la presse.

  • 1920. Sur le site minier de Faymoreau en Vendée, un coup de grisou a provoqué l'effondrement d'une galerie. Apprenant la tragédie, Isaure Millet, la fille des métayers du château, s'est précipitée sur les lieux. Thomas Marot, l'homme qu'elle aime depuis toujours, fait partie des mineurs pris au piège. Les secours s'activent. Thomas est sauvé mais le soulagement d'Isaure est de courte durée : le jeune homme est déjà fiancé à une ouvrière polonaise. Comment pourra-t-elle se résoudre à renoncer à lui ?
    Les suites de la catastrophe prennent une tournure inattendue: l'une des victimes retrouvées sans vie au fond de la mine a, en fait, été assassinée d'une balle dans le dos... L'enquête bute sur le mutisme des témoins. La belle Isaure, qui lutte pour dissimuler les sentiments qu'elle voue à Thomas, en sait-elle plus qu'elle ne prétend ? Quel secret cache la petite communauté de gueules noires ?
    Marie-Bernadette Dupuy est l'auteur d'une oeuvre extrêmement riche et variée, traduite jusqu'en Russie, qui lui a permis de conquérir le coeur de nombreux lecteurs. Elle revient avec une époustouflante saga, dédiée au monde de la mine, sur les pas d'une héroïne extraordinairement attachante.
     

  • - 44%

    Les aventures semées d'embûches d'une jeune fille rebelle et d'un bagnard et le début de la tumultueuse saga de la famille Roy en Charente.Dans la vallée des Eaux-Claires, en Charente, Claire, au tempérament rebelle, mène une jeunesse insouciante entre sa cousine et confidente, Bertille, les ateliers du moulin où son père fabrique du papier artisanal et la campagne environnante où elle se promène inlassablement, accompagnée du jeune loup qu'elle a recueilli. Mais l'univers paisible de son enfance s'effondre bientôt... Accablé de dettes, son père la promet en mariage au fils d'un riche propriétaire de la région, un jeune homme brutal et sans scrupules qu'elle déteste. Un soir, Claire fait une rencontre qui va bouleverser sa vie : celle de Jean, un jeune bagnard, évadé alors qu'il devait embarquer pour Cayenne. La passion va lier ces deux êtres que tout oppose.

  • Dans le village minier de Feymorau, en Vendée, dans les années vingt, Isaure, fille de paysans de la région, et Thomas, un mineur dont la femme, d'origine polonaise, est repartie vivre dans sa patrie, décident de faire fi de la morale et de leur culpabilité : ils s'aiment et se retrouvent en cachette sous le vieux chêne qui abritait leurs rendez-vous adolescents.
    Un dimanche, alors qu'elle vient de passer la nuit avec Thomas, Isaure est appelée d'urgence au chevet de sa mère, Lucienne. Celle-ci est au plus mal. Avant de mourir, elle tient à avouer à sa fille le secret de sa naissance : le véritable père d'Isaure n'est autre que le châtelain local, le comte de Régnier, l'amour de jeunesse de Lucienne.
    Cette terrible révélation bouleverse Isaure, qui voit ses tourments familiaux s'éclairer d'un jour nouveau. Mais elle ignore encore à quel point cet aveu va faire basculer son destin...
    Marie-Bernadette Dupuy  nous entraîne dans une époustouflante saga dédiée au monde de la mine, sur les pas d'une héroïne extraordinairement attachante.

  • Claire, la fille du maître papetier Colin Roy, espère le retour de Jean Dumont, son premier amour parti travailler au loin. La vie les a séparés, mais le jeune homme lui a confié l'éducation de son enfant, Faustine, dont la mère est morte dans des circonstances tragiques.

    Au Moulin du loup, la vie quotidienne poursuit son cours paisible en cette année 1905. Les frères de Claire, Matthieu et Nicolas ont adopté la fillette, ainsi que le demi-loup, Sauvageon. Entre son vieil ami Basile, ancien instituteur aux idées humanistes, sa servante Raymonde, mariée au meilleur ami de Jean, l'ancien matelot Léon, devenu domestique chez les Roy, les travaux ménagers, sa passion pour l'herboristerie, Claire a trouvé un équilibre.

    /> Le retour de Jean, en compagnie de Térésa, une veuve tapageuse et volubile, va briser la paix de la maisonnée. Le couple emmène Faustine, au grand désespoir de toute la famille. Mais Claire ne renonce pas. Elle veut reconquérir l'homme qu'elle aime et reprendre la fillette. Sa force morale et sa sincérité viendront à bout de tous les obstacles. Jean lui revient finalement et ils se marient.

    Au fil des années, s'égrènent joies et peines. Les enfants grandissent. Puis une femme, Blanche Dehedin, arrive au moulin, pour annoncer à Jean qu'elle est sa soeur jumelle et lui offre la moitié de son héritage. Femme ambiguë, la nouvelle institutrice du village va semer le trouble dans ce foyer paisible. Mais l'amour qui unit Jean et Claire résiste à toutes les tempêtes, jusqu'à ce que la Première Guerre mondiale les sépare...

  • Soledad engage un gigolo pour l'accompagner à l'opéra et rendre jaloux l'amant qui l'a quittée. Mais à la sortie un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d'une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.
    Elle a 60 ans, le jeune homme en a 32.
    Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l'exposition qu'elle prépare pour La Bibliothèque nationale.
    La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l'un des plus libres et personnels de l'auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l'échec et de l'espoir, du besoin d'aimer et de l'heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d'une ironie vivifiante.

    Une grande romancière raconte une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps qui passe.

  • Troisième tome de la série initiée par Le Moulin du loup, Les Tristes Noces commence à la toute fin de la Guerre de 1914-1918. Après le retour de Jean et de Léon, sains et saufs, la vie cherche à reprendre son cours normal dans la vallée des Eaux-Claires. Faustine est maintenant institutrice dans un orphelinat d'Angoulème et doit se marier avec Denis Giraud, le riche héritier du domaine de Ponriant. Mais elle comprend vite qu'elle aime plutôt Matthieu, que sa famille considère comme son frère d'adoption. De leur côté, Jean et Claire connaissent encore des heures sombres. Lui n'a plus goût à travailler la terre, les horreurs qu'il a connues sur le front l'ayant profondément marqué. Quant à Claire, tout en tentant d'encourager son mari qui est presque totalement ruiné, elle décide de recueillir son jeune demi-frère Arthur, âgé de quatre ans, le garçon d'Étiennette.

    Or, la situation semble enfin s'améliorer quand le moulin est loué à un papetier anglais qui souhaite s'installer en France, William Lancester. Ce dernier, qui verse une avance qui sauve la famille de la ruine, profite rapidement des nombreuses absences de Jean pour courtiser Claire, de plus en plus distraite par ce jeu amoureux.

    Parallèlement, un double mariage est organisé : Faustine épouse Denis Giraud et Matthieu, qui suit des cours dans une école d'ingénierie, épouse Corentine Giraud, la soeur de Denis. L'avocat Bertrand Giraud apporte d'ailleurs son soutien financier à l'ouverture d'une institution pour orphelines que dirigera Faustine, sa belle-fille.

    Mais au domaine, la situation s'envenime. Denis se met à boire et devient de plus en plus violent et agressif envers Faustine. Il forcera même la bonne Greta à devenir sa maîtresse. Matthieu, lui, part travailler à l'étranger. Faustine, désespérée, se donne à lui et ils comprennent qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Cependant, Denis meurt accidentellement, et ce décès dont sa femme se juge responsable la persuade de renoncer à Matthieu. Pourtant, le soir où il revient dans la vallée, elle court vers lui et ils décident de ne plus se quitter.

  • C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises - l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent.
    Charlie y tomba deux fois amoureux. D'abord, il s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres : il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg.

    La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

    Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick nous offre, avec Arrive un vagabond (Grand Prix des Lectrices Elle), une plongée sensuelle et enivrante au coeur de la passion. Il y dépeint les membres d'une communauté face à une tragédie en marche.
    Des hommes et des femmes simples, qui se retrouvent partagés entre la terreur de ce qu'il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

  • Un soir d'été de 1931, Lilly Blackwood remarque les lumières d'un cirque depuis la fenêtre de sa mansarde. La petite fille a interdiction d'explorer les alentours de Blackwood Manor... Elle n'est même jamais sortie de sa petite chambre. C'est pour sa sécurité, lui répète sa mère, car Lilly fait peur. Mais cette nuit-là, elle est emmenée en dehors de la propriété, pour la première fois. Et elle est vendue au cirque.
    Deux décennies plus tard, Julia Blackwood hérite du manoir de ses parents et de leur élevage de chevaux. Elle espère que revenir sur le lieu de son enfance pourra effacer de douloureux souvenirs. Mais elle va découvrir une mansarde jamais ouverte, et les photos d'un cirque mettant en avant une étonnante jeune femme...
    Au début, le cirque des Frères Barlow n'est qu'une nouvelle prison pour Lilly. Mais au sein de ce monde violent et hétéroclite, Lilly va découvrir la force, l'amitié, et un lien incroyable avec les animaux.

    Rapidement, grâce aux éléphants Pepper et JoJo, et à leur dresseur, Cole, Lilly n'est plus seulement une petite attraction, mais le clou du spectacle... jusqu'à la tragédie.

  • Marie, l'orpheline du bois des Loups, est devenue une femme accomplie. En Corrèze, à Aubazine, le village de son enfance, elle mène de front son métier d'institutrice et sa vie de famille. Mais les rancoeurs du passé la rattrapent... Suite de L'Orpheline du bois des Loups.
    Epouse comblée, mère de quatre enfants aimants, institutrice consciencieuse, Marie s'épanouit dans sa vie à Aubazine, le village où elle a grandi. Sa réussite tant privée que professionnelle est incontestable. Pourtant elle n'a pas oublié son enfance difficile, ses jeunes années à l'orphelinat et tous ceux qui lui ont fait du mal. Deux événements vont bouleverser sa tranquillité : la diffusion de lettres diffamantes à l'encontre de son couple et sa rencontre inopinée avec une jeune orpheline, Mélina, font resurgir de douloureux souvenirs... .

  • Toute petite, Violaine, enfant unique, perd son père, mort de la tuberculose, puis, moins d'un an plus tard, sa mère, qui succombe à la même maladie. Dans ce petit village côtier où l'argent manque et où chaque bouche à nourrir représente un défi pratiquement insurmontable, personne ne peut recueillir la fillette cruellement éprouvée. À gauche et à droite, on cherche des solutions, une façon de lui venir en aide, mais le miracle attendu ne se produit pas.

    C'est ainsi qu'elle est envoyée dans les Pyrénées chez sa tante Marcelline et son oncle Albert qui l'accueillent froidement, pour ne pas dire brutalement, et se mettent très vite à lui mener une existence insoutenable. Heureusement, Sidonie Fernandez, une Espagnole aux dons fascinants et surnommée la «brouche» (sorcière), prend la jeune fille sous son aile et ne l'abandonne pas malgré les coups obstinés de cette terrible fatalité qui ne cesse de frapper impitoyablement.

  • Les sables de l'empereur

    Mia Couto


    À la fin du XIXe siècle, le Mozambique est ravagé par les guerres entre les clans et contre les colonisateurs.

    Germano, un soldat portugais exilé sans espoir de retour parce que républicain, et Imani, une jeune Africaine, trop belle et trop intelligente, son interprète, sont le fil rouge de ce roman où ils évoluent parmi des personnages historiques bien réels, comme l'empereur africain Ngungunyane et le flamboyant Mouzinho de Albuquerque, "pacificateur" du Mozambique.
    Germano découvre l'Afrique de l'Est en prenant son poste dans un village perdu où il fait la connaissance d'Imani. Dans ses rapports, Germano raconte les transformations de la région avec en toile de fond l'affrontement entre la monarchie coloniale et Ngungunyane.
    Imani décrit l'avancée de la colonisation, les structures familiales, les traditions qui cherchent à subsister, les migrations. Elle s'aperçoit aussi que sa maîtrise du portugais la sépare de ses voisins, tandis que les Portugais la considèrent comme une espionne.

    Liés par un amour ambigu, Imani et Germano partent sur le fleuve dans une itinérance chaotique et aventureuse qui les confronte à la réalité de cette guerre et à des personnages fabuleux.

    Mia Couto, romancier dans un pays où l'oralité règne, décrit ces trajectoires d'une écriture concise et puissamment évocatrice. Il écrit ainsi un grand texte sur l'incompréhension et la construction de la peur de l'autre.

  • Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain.
    Année après année, dans l'indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.
    Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d'espoir et de passion, il aime les livres et les filles.
    Il y a dans ce roman tous les ingrédients d'un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l'écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie.
    On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c'est par le respect et l'admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d'un texte littéraire rare.
    "Un joyau exceptionnel qui va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman." - Irvine Welsh
    John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain en résidence à l'université de Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'université de Saint Andrews.
    Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie.
    Il est l'auteur des romans La Maison muette (Métailié, 2003), Une vie nulle part (Métailié, 2005), Les Empreintes du diable (Métailié, 2008) et Un mensonge sur mon père (Métailié, 2009).

  • MATHIEU BERTRAND
    LA PORTE D'ABADDON
    Janvier 1519 : Le capitaine Philippe d'Alesani est chargé par le Connétable Charles de Bourbon d'épurer la France des sorcières qui la hantent et qui continuent à échapper à la Sainte Inquisition. Lors d'une mission, il poignarde le sorcier Bune avant que ce dernier ne puisse lui révéler l'emplacement de la Porte d'Abaddon.
    Janvier 2019, Sud de la France : Isabelle vit un enfer auprès d'un mari alcoolique et violent. Son fils se met en tête d'assassiner ce père qui les terrorise. Dans le même temps, le commandant Patricia Lagazzi, officier de gendarmerie spécialisée dans les affaires criminelles liées aux phénomènes inexpliqués est missionnée dans les Landes pour y enquêter sur des disparitions qui s'y succèdent dans des circonstances étranges.
    Deux histoires sans le moindre point commun et qui pourtant vont s'entrechoquer dans une lutte qui mêlera sorcellerie, ordre religieux et services spéciaux du Ministère de l'Intérieur...


    Mathieu Bertrand

    Il est passionné par la visite des lieux chargés d'histoire et d'Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.
    Auteur de nombreux thrillers dans la lignée des plus grands noms de la catégorie.

  • Fin 1772. Bolitho à seize ans à l'heure de son deuxième embarquement. C'est sur le Gorgone, imposant vaisseau de soixante-quatorze canons qui appareille pour une destination inconnue, que le « petit » Richard fera son rude apprentissage : promiscuité des entreponts, brutalité des maîtres d'équipage, peur au ventre à l'heure des manoeuvres dans les voilures quand le gros temps malmène le navire... Tout cela ne serait rien sans les coups tordus qui gangrènent le quotidien et aguerrissent les plus tendres. Le « petit » deviendra grand et ceux qui le cherchent ne tarderont pas à le comprendre...

  • « La Sologne mystérieuse et ensorcelante est au coeur de ce beau récit où l'on ne pénètre pas sans retenir son souffle. » Michel Crépu, L'Express
    Dans la Sologne du début du siècle, coin de campagne reculé où persistent des superstitions d'un autre âge, une jeune fille envoûte tous ceux qui l'approchent par sa grâce et sa beauté. La sensualité qui accompagne chacun de ses gestes va bouleverser le quotidien, réveillant les vieilles culpabilités et tout un cortège de mauvais fantômes.
    Ce bref roman tissé d'angoisse est considéré comme le chef-d'oeuvre de Claude Seignolle.

    Claude Seignolle, né le 25 juin 1917 à Périgueux, se fait d'abord connaître comme ethnographe, à travers diverses enquêtes sur le folklore des provinces françaises. Des croyances et superstitions dont il aura recueilli les traces, il fera ensuite la riche matière de nouvelles et de romans qui le rendront célèbre dans le monde entier. Lawrence Durrell, qui fut l'un de ses fervents lecteurs, le considérait comme l'un des premiers conteurs de ce siècle - ce que proclamèrent à leur tour Cendrars, Mac Orlan, Audiberti et quelques autres.

  • 3 heures du matin. Assis dans un fauteuil sous le rond de lumière d'un abat-jour, un homme de 50 ans donne le biberon à son nourrisson de 3 mois.
    Entre eux : un demi-siècle et 96 kilos de différence.

    D'un côté un homme mûr, encore tout étourdi de cette paternité tardive. Revigoré par cette vie naissante, mais mesurant combien la sienne sera balisée désormais, et projeté brutalement dans un avenir lointain : il aura 80 ans quand cet enfant en aura 30.
    Confiant dans l'espoir qu'incarne ce petit être, mais terrifié aussi à l'idée de le jeter dans le bain d'un monde angoissant. Perplexe devant cette posture de papa poule, lui qui, encore célibataire quelques mois plus tôt, biberonnait à sa façon dans le monde de la nuit. Fier de cet enracinement patriarcal mais triste à l'idée de renoncer en grande partie, par cette sédentarisation même, aux voyages, à l'imprévu, à l'aventure.
    De l'autre, minuscule dans les bras de son père, un bébé qui a la vie devant lui ; qui tète goulûment entre deux endormissements ; qui gigote dans son body, gazouille et grogne, comme enivré, d'autant plus assoiffé de vie qu'il est né "en état de mort apparente" et a été "récupéré à M7" - c'est-à-dire après 7 minutes de massages cardiaques.
    Dans ce dialogue silencieux, qui commence à l'heure bien réelle d'un biberon pour s'achever dans une intemporalité imaginaire, s'expriment tous les paradoxes d'une confrontation entre un nouveau-né et un père encore jeune, mais déjà avancé dans la vie, et tous les enjeux et questionnements qu'un tel événement peut impliquer.
    Une drôle de fable à découvrir, en somme. Une comptine qui, entre l'anecdotique et l'onirique, l'humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d'être père.

    Le Réveil du coeur, son neuvième livre, a obtenu le Prix Maison de la presse 2014.

  • La vie pourrait sembler idyllique à San José, petite bourgade colombienne, où Ismael, un vieil instituteur à la retraite, coule des jours paisibles avec sa femme Otilia. À la grande honte de celle-ci, il passe ses journées à épier sa belle voisine qui se prélasse nue au soleil.
    Mais lorsque des bandes armées que rien ne distingue font irruption, tout se déglingue. Des habitants sont sauvagement assassinés, d'autres enlevés, la peur règne.
    Ismael commence à perdre la mémoire et la raison, s'égare dans ses souvenirs et dans les rues du village à la recherche de sa femme. Les habitants s'enfuient, mais il décide de rester au milieu des ruines pour attendre le retour d'Otilia, sa dernière boussole.
    Vieillard titubant, pathétique, mais révolté jusque dans son délire, Ismael est le narrateur de ce chaos sanglant où le village de San José apparaît comme un concentré chauffé à blanc d'une Colombie ravagée par la violence et les disparitions.

  • 1919. Sibérie.
    Le long de la voie du Transsibérien, Jazyk est occupée par une légion tchèque et attend l'offensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de Balashov.
    Arrive Samarin, mystérieux fugitif venu de la forêt qui raconte qu'il s'est évadé d'un bagne et qu'il est poursuivi par un cannibale.
    Anna Petrovna, une jeune veuve, n'est pas insensible à ce nouveau venu.
    Un shaman de la région est assassiné, et la peur et la folie s'abattent sur la ville.
    Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger Samarin et affronte Mutz, le lieutenant plein d'humanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.
    Des personnages exceptionnels d'intensité et de grandeur.

    Avec un remarquable talent de conteur, James Meek combine le charme des grands romans russes au rythme d'un thriller moderne.

  • Fille de pionniers qui travaillent à réduire l'immensité de la forêt canadienne, Maria Chapdelaine a les rêves de ses dix-huit ans : suivre François Paradis, un trappeur dont elle est devenue amoureuse et qui a promis de l'épouser à son retour, le printemps venu. Mais, à la veille de Noël, brûlant de retrouver sa bien-aimée, François quitte le Grand Nord et s'engage sur des chemins que l'hiver a pourtant coupés...Epopée du Canada français, le grand roman de Louis Hémon, écrit en 1913, n'a pas seulement fait date dans la conscience collective québécoise ; par le souffle de son récit et les élans poétiques de son style, il a tenu en haleine des générations de lecteurs, en France et dans le monde entier.

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