Langue française

  • Des vertus, on ne parle plus guère. Cela ne signifie pas que nous n'en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer. Mieux vaut enseigner les vertus, disait Spinoza, que condamner les vices : mieux vaut la joie que la tristesse, mieux vaut l'admiration que le mépris, mieux vaut l'exemple que la honte. De la politesse à l'amour, dix-huit chapitres sur les vertus, celles qui nous manquent parfois, celles qui nous éclairent. Il ne s'agit pas de donner des leçons de morale, mais d'aider chacun à devenir son propre maître et son unique juge. Il n'y a pas de bien en soi : le bien n'existe pas, il est à faire et c'est ce qu'on appelle les vertus.

  • Tao Te King

    Lao-Tseu

    Depuis près de trois mille ans, le Tao-te-king, véritable manuel de vie, guide les taoïstes dans le monde entier. Avant même le bouddhisme, le livre du « Vieux Sage » a donné naissance à la pensée chinoise à travers quatre-vingt-un préceptes énigmatiques reposant sur la philosophie du non-agir.
    Jean Éracle décrypte les grands principes du tao à partir de la traduction de Stanislas Julien, orientaliste réputé du xixe siècle.

  • Pourquoi vit-on ? La philosophie jaillit de cette énigme, sans ignorer que la religion cherche à y répondre. La tâche d'une philosophie de la religion est de méditer le sens de cette réponse et la place qu'elle peut tenir dans l'existence humaine, à la fois individuelle et collective. La philosophie de la religion se veut ainsi une réflexion sur l'essence oubliée de la religion et ses raisons, voire sa déraison. À quoi tient, en effet, cette force du religieux que l'actualité est loin de démentir ?

  • La première édition de cet ouvrage date de 1964. En 1963, j'avais lu les Essais pour la première fois... Je me proposais d'en extraire la philosophie que j'y pressentais et de l'exposer de manière à en montrer la cohérence. Je distinguai soigneusement la morale et la doctrine de la sagesse, ce que j'appellerais aujourd'hui l'éthique. Cette distinction essentielle fit beaucoup pour la clarté de l'exposé. On a cru que 'mon' Montaigne me ressemblait, que je l'avais bâti d'après moi-même. Il est difficile de se tromper plus complètement. Que l'on lise 'Existence et culpabilité', dans Orientation philosophique, et l'on verra quelle sorte d'homme j'étais à l'époque, et combien j'étais plus près de Pascal ou même de Jansénius que de Montaigne.

  • « Les essais de Cora Diamond regroupés ici complètent son grand ouvrage, L'esprit réaliste , par un examen de difficultés morales particulières : ils posent, par exemple, la question de savoir si nous pouvons tuer en temps de guerre (alors que nous nous l'interdisons dans des circonstances normales), ou dans un autre registre, manger des animaux (alors que nous ne mangeons pas nos compagnons humains). Elle utilise pour cela et transforme l'idée même de l'humain, plus précisément de l'importance d'être humain.
    Cora Diamond entreprend ces analyses dans le cadre, non pas d'une théorie morale spécifique, mais d'une approche inspirée de Wittgenstein, alliant l'examen attentif des situations, descriptions et expressions morales à un travail de l'imagination morale, associé notamment à la littérature. C'est cette lecture de Wittgenstein et plus généralement de la philosophie morale - du type d'exigence qu'elle résume pour nous que nous allons développer dans un premier temps. Nous montrerons ensuite comment cette position permet de traiter de façon radicale et originale les questions d'éthique pratique d'aujourd'hui, à condition de comprendre que la morale se trouve non dans de grands principes ou des réalités spécifiques, mais dans l'attention au particulier. » (Extrait de la présentation)

  • Cet ouvrage montre que de nombreux arguments mis en avant par ceux qui voudraient justifier l'interdiction de la pornographie sont infondés ou qu'ils ne peuvent servir à justifier des décisions dans une démocratie laïque. Cet essai ne plaide pas, pour autant, pour une défense de la pornographie, mais se livre, au nom d'une "éthique minimale", à une critique des arguments les plus souvent utilisés dans les débats. Des documents complètent cette analyse (habituel dans cette collection).

  • En tant que discipline, l'éthique animale s'est récemment constituée dans les années 1970 et quasi exclusivement dans les pays anglo-saxons, même si Herbert Spencer lui avait consacré un chapitre dans son oeuvre The Principles of Ethics (1892). Les rares occurrences francophones témoignent d'un usage maladroit et méfiant : l'éthique animale est présentée comme une activité douteuse au sujet de laquelle on utilise volontiers une rhétorique sectaire, voire hostile. La question n'est pas "pour ou contre l'éthique animale ?", mais "quelle éthique animale ?" La tradition humaniste française, à la différence de l'utilitarisme anglo-saxon, s'exprime par un fort anthropocentrisme : l'animal, comme l'environnement, est au service de l'homme, que ce soit par l'élevage ou la chasse. Mais à travers le travail de plusieurs associations et la traduction de nombreux textes du débat anglo-saxon, les universités et écoles vétérinaires s'ouvrent à l'éthique animale. Cet ouvrage s'inscrit dans ce mouvement et répond ainsi à une demande d'information croissante.

  • Nous ressemblons aujourd'hui ã des adolescents révoltés qui découvrent qu'ils ne peuvent ni se suffire ã eux-mêmes ni vivre leur existence ã crédit, mais qu'il faut rendre des comptes. Entre l'oubli de la dette et le blocage sur la dette impayable, il est urgent pour nos sociétés d'apprécier le juste sens de la dette, capable de relier les hommes entre eux et d'ouvrir l'avenir. « Qu'avons-nous que nous n'ayons point reçu ? » se demandait saint Augustin, soulignant ainsi que l'homme seul ne peut se rendre créateur de lui-même.
    La « crise des dettes » n'est pas seulement financière et économique. Elle affecte l'identité de l'individu contemporain et signe l'échec du désir d'indépendance radical qui est au coeur du logiciel néolibéral. Cet état critique de crise identitaire constitue une occasion pour élaborer, ã la jointure de l'intime et du social, de l'éthique et du politique, un sens de la dette qui permettrait d'en porter le poids avec plus de légèreté.

  • La philosophe américaine Judith Butler est connue en France pour avoir relancé la problématique féministe à partir d'une relecture des relations de pouvoir chez Michel Foucault. Mais son travail peut aussi être étudié sous l'angle des rapports entre sujet et normes. Comprendre l'action des normes dans la vie humaine et la vie des normes dans les actions humaines, c'est s'engager dans une double réflexion sur le pouvoir de la norme dans la vie et sur le pouvoir de la vie dans les normes. Tel est le centre de la philosophie de J. Butler. D'un côté, la norme a une efficacité pratique particulière dans la régulation des vies et des comportements, d'un autre côté, une norme n'est posée que parce qu'elle peut être contestée par la vie. L'un des enjeux de cette étude est de souligner combien, en posant des questions radicales, J. Butler s'inscrit dans la tradition philosophique d'une "relecture" comparée - ici, Hegel, Freud, Foucault.

  • « Il existe une philosophie morale de la guerre élaborée dès l'Antiquité, traditionnellement désignée sous le nom de guerre juste. La conception de la guerre juste a longtemps fourni une grammaire et un vocabulaire pour l'usage de la force. À l'origine de la réflexion sur la guerre juste, on trouve la conviction qu'il est possible de déterminer la légitimité des buts de la guerre et des moyens employés. La notion de guerre juste est étroitement associée à la possibilité d'une éthique de la violence, elle suppose qu'une distinction puisse être établie entre des usages légitimes et des usages illégitimes de la force.
    La théorie de la guerre juste met en avant deux considérations : d'une part, en certaines circonstances, les raisons qui conduisent à la guerre peuvent être légitimes, donnant parfois à la guerre une justification morale (jus ad bellum, droit de la guerre) ; d'autre part, il existe une juste façon de faire la guerre (jus in bello, droit dans la guerre). » (M. Canto-Sperber)

  • Notre parole répond aux autres, aux situations, au monde, à nous, à Dieu. Nous répondons de nous et de ce que nous serons. Comment décrire ces divers modes de la parole comme réponse ? Comment penser le lien de la réponse et de la responsabilité ? Qu'en est-il de la lutte entre réponses adverses ? Tels sont les enjeux de ces réflexions conduites sous la forme de conférences données par l'auteur dans le cadre de l'Institut catholique de Paris en janvier 2007.

  • Comment soigne-t-on aujourd'hui les personnes malades ? Ces dernières années, la médecine a fait des progrès énormes. Les soins que l'on apporte aux patients sont de plus en plus savants et techniques. Peut-on pour autant rabattre l'épreuve de ceux qui souffrent à une simple série de « signes cliniques », seuls censés être objectifs, neutres et rationnels ? Quelle est la place du malade au sein de l'hôpital ?
    En analysant des situations délicates et complexes (cancer, fin de vie...), Jean-Philippe Pierron s'interroge sur la signification des soins que la médecine offre aux personnes qui souffrent. L'homme malade a besoin d'être reconnu et cette reconnaissance exige du temps. Prendre soin de lui, le soigner, c'est l'accompagner au quotidien : c'est donc et tout d'abord prendre en compte l'extrême vulnérabilité dans laquelle nous plonge la maladie.

  • « Les jugements moraux semblent être progressivement entrés dans la fabrique du monde, dans la manière de le décrire et de le comprendre. En politique internationale, la morale est devenue une contrainte et un moyen de pression. Contrainte qui restreint ce que des gouvernements peuvent faire. Moyen de pression dont se servent individus, groupes, opinions, voire États, lorsqu'il s'agit d'inciter ces mêmes gouvernements à protester et à agir.
    Après plusieurs décennies, plusieurs siècles même, où les relations internationales furent largement définies à partir de l'intérêt immédiat des nations, de considérations de stabilité à long terme et d'équilibre planétaire, la présence nouvelle de la morale a de quoi à surprendre.
    Quelle est la place de la morale dans les relations internationales ? Comment expliquer son succès ? Que sont devenus les composants traditionnels du système des États : souveraineté des États et équilibre des puissances ? De quels concepts se servir pour définir la morale internationale ? À quels valeurs et principes faire droit ? Que serait une morale du monde ? Ce livre a pour ambition de répondre à ces questions. » (M. Canto-Sperber)

  • La création d'utérus artificiels permettant la réalisation d'une gestation en dehors du ventre maternel est aujourd'hui un programme de recherche affiché par plusieurs laboratoire et pourrait se réaliser dans un avenir proche. Mais avec quelles conséquences pour l'enfant ? De nombreuses interrogations essentielles doivent être posées, une nouvelle vision de l'humanité en dépend. Cet essai tente de dépassionnaliser le débat autour des utérus artificiels afin de penser la reproduction à l'ère de l'ectogenèse, au-delà des fantasmes et des évidences, jusqu'alors admises, qui l'entourent.

  • Le critère départageant le licite de l'illicite serait le consentement des individus. Mais suffit-il à lui seul pour légitimer un acte ou une conduite ? Quels liens existent entre autonomie, liberté et dignité de la personne ? Cette question et bien d'autres se posent et nécessitent une analyse approfondie des différents aspects de cette notion. Peut-on aujourd'hui prôner une morale du consentement en refusant tout interférence de la réalité ? Le but de cet ouvrage est de mettre en évidence les enjeux des débats contemporains autour du consentement et de l'autonomie.

  • La compassion est cette sensibilité désarmante devant l'irruption en moi de la douleur d'autrui. Cette douleur n'est pas ressentie comme telle dans une impossible coïncidence, elle est un sentiment de tristesse par laquelle je reconnais ma propre vulnérabilité dans celle d'autrui, à travers sa souffrance : elle est ce sans quoi aucune vie morale ne serait possible.
    Et pourtant, si la compassion ne se laisse pas éclairer par des considérations raisonnées et visant à l'universel, elle ne peut fournir une assise pour les décisions toujours singulières auxquelles la vie nous confronte.

  • "La Recherche est le roman des déceptions [...] Tout se passe chez Proust comme s'il suffisait d'obtenir ce qu'on avait le plus désiré pour s'étonner presque aussitôt de le trouver si peu désirable." D'où vient une déception aussi généralisée ? Pour répondre à cette question, l'auteur analyse à partir de l'oeuvre de Proust la séparation de la conscience et du monde, le deuil du réel, les illusions de l'imaginaire, les contradictions du désir et les horreurs de l'amour. A travers Proust, Nicolas Grimaldi poursuit ainsi sa propre analyse de l'imaginaire, du désir et du temps, déjà esquissée dans ses précédents ouvrages : Traité de la banalité et Préjugés et paradoxes.

  • Les morales collectives s'expliquent mais sont sans justification universelle, chacune étant relative à une collectivité particulière, pour laquelle elle est simplement la morale « qu'il lui faut » (Durkheim). Les éthiques, ou déontologies particulières (éthique du journaliste, du médecin, etc.), ou arts du bonheur, dépendent de tel ou tel système particulier (celui de Spinoza, celui d'Épicure, etc.). Mais la morale des droits de l'homme peut être fondée universellement, non sur telle ou telle croyance, religion ou système, mais sur cet absolu qu'est le rapport de l'homme avec l'homme dans le dialogue. Les morales collectives et les éthiques valent dans la mesure où elles n'y contreviennent pas.

  • Le deuil n'est pas l'affaire d'un instant. Il dure, persiste, se transforme, ravage la vie psychique d'un individu en s'insinuant dans les méandres de l'inconscient. Comment résister à une perte qui n'est pas seulement la perte de l'autre, mais aussi celle de quelque chose de soi ? Et pourquoi la société cherche-t-elle aujourd'hui à se détourner de ses morts ? En s'appuyant sur une longue expérience clinique d'écoute de personnes endeuillées et en s'inscrivant en porte-à-faux contre les prescriptions contemporaines de « consolation » et de « remplacement » de l'être perdu, José Morel Cinq-Mars livre ici des pistes pour approcher ce qui peut sembler incompréhensible dans les processus du deuil, pour éclairer un peu ce qu'est ce temps particulier et partager ce que lui ont appris les endeuillés, ces hommes, ces femmes et ces enfants qui traversaient ce que, paraphrasant Philippe Ariès, elle nomme ici un « deuil ensauvagé ».

  • Le but de ce livre est d'examiner, dans la philosophie morale anglaise contemporaine, cette tension qu'entretiennent les notions de valeur et d'invidualité : depuis Moore avec les Principia Ethica jusqu'à la philosophie analytique qui s'en est inspirée, en passant par Iris Murdoch. C'est donc une nouvelle analyse de la valeur de l'individualité dans la philosophie morale anglaise qui est ici inaugurée.

  • Une « religion purement intellectuelle », nous dit Pascal, serait certes capable de satisfaire des esprits éclairés, « mais elle ne servirait pas au peuple ». Si certains intellectuels ont réussi pourtant à se reconnaître dans les grandes religions universelles comme le judaïsme ou le christianisme, religions qui étaient loin d'être « purement » intellectuelles, c'est d'abord parce qu'ils détenaient les moyens de réinterpréter le message religieux en fonction de leurs propres besoins. La philosophie, en particulier, leur a permis de concilier de très nombreuses attentes au sein de leur confession, celles de croyants profanes et celles de croyants lettrés, et même, hors de leur confession, celles de lettrés croyants, voire non croyants.
    Les études de cas présentées ici réunissent trois figures : Emmanuel Levinas (le plus longuement abordé), Hermann Cohen et Jules Lachelier, qui ont en commun une posture antimystique. Pour eux, le contact avec l'Absolu ne passe pas par les voies de l'affect mais par celles de l'abstraction, de l'esprit, de l'étude, de l'effort sur soi-même. C'est sans doute ce qui procure une allure universelle à leur message, indissociablement philosophique et religieux.
    Fondé sur des études précises, cet ouvrage se propose, loin des débats du jour sur le retour du religieux ou l'avenir des religions, d'apporter une contribution sociologique à la connaissance des formes de religiosité des intellectuels.

  • Qu'est-ce que le corps ? Pourquoi une éthique du corps est-elle nécessaire ? Comment penser le corps ? Parce que la médecine, le droit, la publicité, la sexualité se rapportent au corps mais ne s'attachent guère à réfléchir sur ce qu'est un corps, sur les comportements permis ou interdits à son égard, il est aujourd'hui urgent de penser le corps. C'est ce à quoi s'attache cette réflexion de philosophie pratique, afin de montrer l'importance d'une reconnaissance de la valeur du corps et d'un certain droit d'en disposer. Des documents complètent cette réflexion.

  • Il se pourrait que nous ayons grand besoin d'une autre conception de l'éthique qui, elle aussi, s'émanciperait de la nécessité de « fonder » le partage du bien et du mal. La philosophie heureusement, n'est pas sans ressources pour commencer à le faire. Certains progrès scientifiques fondamentaux peuvent même nous aider à déblayer le terrain.

  • Choix de textes de l'auteur sur le thème de la bioéthique et présentés par Muriel Fabre Magnan

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