CNRS Éditions via OpenEdition

  • Des débats parlementaires en 1789 à l'affaire Dreyfus, jusqu'aux polémiques philosophiques des dernières années, les droits de l'Homme n'ont cessé d'être discutés, en France, mais aussi en Europe et dans le monde. Quels sont leurs fondements théoriques ? Quels rapports ont-ils avec le droit ? Comment les utiliser dans les combats politiques ? Toutes ces questions débattues dans cette anthologie proposée par Frédéric Worms n'ont rien perdu de leur actualité bien au contraire, en un moment où les droits de l'Homme font toujours l'objet de débats et d'élargissements, mais aussi de violations.

  • Quel enfant fut Louis XIV ? Quel élève fut Louis XV ? Que signifie « éduquer un prince » ? La royauté s'enseigne-t-elle ? Quelles vertus, quels savoirs transmettre dans un monde qui voit évoluer la conception du pouvoir ? C'est cet aspect méconnu de la monarchie française que nous dévoile Pascale Mormiche avec l'éducation d'une quarantaine de princes, ces jeunes garçons qui, du xviie au xviiie siècle, étaient destinés à devenir de futurs rois ou des chefs de famille tels que les Conti, les Condé et les Orléans. De leur quatrième année chez les « femmes » à leur passage chez les « hommes » à sept ans jusqu'à l'âge du mariage, cette somme nous fait revivre leur apprentissage au quotidien. Cet ouvrage comporte trois volets : l'étude du personnel, précepteurs ou gouverneurs qui ont la lourde tâche de façonner ce prince idéal, puis l'analyse des principes éducatifs et des moyens mis en oeuvre, avant de décrire la « fabrication » pratique d'un prince, tant sur le plan des vertus, des savoirs que dans sa manière d'être. Une somme magistrale sur la formation des souverains, une plongée dans les coulisses de la monarchie. Où l'on découvre que, loin d'avoir été négligée, l'éducation des princes fut l'objet d'une méticulosité remarquable et constituait une véritable affaire d'État.

  • De la révolution haïtienne à la révolution sud-africaine, d'une révolution contrariée à une révolution réussie, de 1791 à 1994, l'histoire de la textualité en Afrique est celle d'une longue oppression. Une histoire inséparable de la traduction, au centre de la conversation qui s'établit, tant bien que mal, entre l'Europe et l'Afrique. La traduction pose ce que Paul Ricoeur appelle « un problème éthique ». L'Afrique du Sud, pays aux multiples traducteurs, est aussi celui qui a développé le plus les formes de séparation fondée sur des critères ethniques. La question des textes est nouée à la question des terres, la question des langues à celle de l'exclusion des peuples. Quand la traduction présuppose et affirme une commune humanité langagière, l'apartheid la nie. D'où l'urgence de reconsidérer l'immense aire (multi)linguistique africaine, sable de Babel, textualité proliférante, de la rumeur à la chanson et au roman.

  • L'énergie est devenue une question vitale pour les sociétés, le citoyen, l'humanité tout entière. Sujet scientifique, économique, politique et écologique majeur, elle suscite des débats, parfois violents, sur les choix à faire aujourd'hui et leurs conséquences pour l'avenir des hommes et de la planète. Mais, alors que se tient le grand débat national sur la transition énergétique, comment se forger une opinion objective sans connaître les données scientifiques les plus complètes sur les potentiels et les limites de chaque source d'énergie ? Ce livre les met enfin à la disposition du public. L'énergie, qu'est-ce que c'est ? Quelles sont les grandes lois physiques qui la gouvernent ? Comment la produire, la transporter, la stocker ? Le solaire, la biomasse, l'éolien, l'hydraulique sont-ils des solutions alternatives suffisantes ? Et quelle part leur réserver à l'avenir ? Les nombreux articles de ce livre (près de 130) proposent au citoyen des outils pour se faire une opinion face à ces questions. Physiciens, chimistes, biologistes, géophysiciens, environnementalistes, géographes, économistes, y précisent, chiffres et schémas à l'appui, la place respective des énergies fossiles, du nucléaire et des énergies renouvelables. Au-delà, ils expliquent quelles sont les perspectives offertes par la science sur le mix énergétique, le problème du stockage, l'amélioration de nos usages de l'énergie, ses impacts environnementaux et sanitaires.

  • À la fois fête des peuples et fête de la beauté, les Jeux olympiques de Berlin ont été immortalisés en 1936 par Leni Riefenstahl. Mais comment les « dieux du stade » ont-ils contribué à l'affirmation des nazis sur la scène internationale ? Et comment comprendre l'incroyable puissance fusionnelle de ces célébrations politico-sportives ? À partir d'archives inédites, Daphné Bolz montre comment les régimes d'Hitler et de Mussolini ont soumis le sport à leurs objectifs de propagande. L'architecture des stades fut mise au service d'un univers symbolique mêlant mythologie de l'Antiquité et signes de la modernité. Daphné Bolz décrypte les codes de cette esthétique destinée à mettre en scène le triomphe de l'Homme nouveau par et dans le combat sportif. Une étude ambitieuse qui éclaire la genèse de la « religion fasciste ».

  • Cet ouvrage d'économie politique sur des communautés indiennes et rurales du Mexique répond à des questions que la récente actualité, telle la rébellion zapatiste du Chiapas, pose à propos des Indiens. En quoi consiste leur organisation sociale ? Comment évolue-t-elle avec la transformation du système politique mexicain ? Qu'en est-il du rapport entre le territoire et le pouvoir politique ? S'appuyant sur une recherche conduite durant plus de trente ans dans l'État du Guerrerro, l'auteur rejette la vision romantique selon laquelle l'organisation sociale des Indiens se caractériserait par l'égalitarisme, l'harmonie et le refus du monde extérieur, et explique comment les villages indiens accueillent les bouleversements politiques à partir des préoccupations et des conflits qui leur sont propres. Le cadre politico-administratif offert par l'État national, qui instaure un principe d'inégalité entre les groupes locaux, conduit ces derniers à rivaliser sans fin sur les plans municipal, agraire, scolaire et, plus récemment, électoral. Les Indiens mettent alors en oeuvre des tactiques directement géopolitiques car, en faisant de la politique, ils cherchent à redécouper l'espace, à réaménager les divisions territoriales. En recourant aux méthodes de l'anthropologie sociale, l'auteur montre en quoi les logiques locales fournissent des éléments d'explication aux problèmes politiques de notre temps.

  • Peuple, populaire, populisme : trois termes au coeur de multiples tensions. Tantôt les politiques se réclament du « peuple » pour légitimer leur action, tantôt les « élites » disqualifient les productions et les usages « populaires ». Quant au populisme, il est unanimement dénoncé. De Rousseau à Le Pen, le peuple est à la fois au coeur du débat politique, et méprisé. Les formes populaires de la culture sont aussi stigmatisées puis célébrées. Cet ouvrage est donc indispensable pour définir clairement des termes très marqués idéologiquement, tout en gardant une grande variété de points de vue.

  • L'Asie et le Pacifique. Immense région, neuve et ancienne à la fois, où vivent les deux tiers de l'humanité. Région de tous les superlatifs, de toutes les exceptions, de la Chine, renaissant perpétuellement des catastrophes et aléas de son Histoire, de l'Inde, continent à elle seule, ou du Japon, archipel des futurs. Une région qui tire la croissance mondiale et qui devient le centre du monde. Qui aurait pu dire que le PIB de l'Asie et du Pacifique ferait jeu égal avec celui de l'Union européenne ? Et demain ? Cet ouvrage réunit les textes de chercheurs et de spécialistes publiés sur le site Internet du Réseau Asie et Pacifique (CNRS), entre 2011 et 2013. Il constitue la suite du volume paru en 2011 et couvrant la période 2002-2011. Ces travaux, couvrant les sciences humaines et sociales, disent le passé, avertissent de l'avenir, montrent la complexité de l'Asie et du Pacifique, leurs failles, leurs atouts, leurs enjeux. Ils révèlent les racines profondes et donc les fondements du dynamisme de ces nouvelles puissances qui pourraient bientôt prendre les commandes de l'avenir de l'humanité. Une somme savante et accessible sur l'Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects de ce formidable et inéluctable basculement du monde.

  • Le président des États-Unis serait l'homme - ou la femme - le plus puissant de la planète. Cette perception commune, sans cesse alimentée par les productions d'Hollywood, n'en est pas moins fausse. Contraint par les multiples obstacles des checks and balances constitutionnels, le président doit notamment faire face au Législatif le plus puissant et le plus autonome du monde. La séparation des pouvoirs a en effet permis au Congrès de se construire comme un partenaire indomptable, et souvent capricieux, de la Présidence sans que celle-ci ne puisse intervenir. Le contrôle législatif ainsi créé et protégé repose en particulier - c'est là l'argument central de cet ouvrage - sur la chambre haute, le Sénat, qui dispose en son sein de multiples ressources procédurales lui permettant de bloquer les initiatives présidentielles. Le filibuster, la possibilité laissée à un seul sénateur de s'exprimer sans interruption et sans autre limite que celle de sa résistance physique, en est l'exemple le plus célèbre. Au pays de la séparation des pouvoirs, il existe ainsi un contrôle politique direct, souvent brutal, qui s'exerce en permanence sur l'Exécutif, reléguant le président, dans le meilleur des cas, à un statut d'habile négociateur, bien loin de l'image de héraut du monde libre. En mobilisant le droit constitutionnel, l'histoire et la science politique, cet essai se propose de mettre en relief les modalités d'action du Congrès, et notamment du Sénat, pour souligner que la Présidence impériale est au contraire, pour reprendre le mot de Gerald Ford, bien souvent en péril.

  • L'Asie et le Pacifique. Immense région, neuve et ancienne à la fois, où vivent les deux tiers de l'humanité. Région de tous les superlatifs, de toutes les exceptions, de la Chine, renaissant perpétuellement des catastrophes et aléas de son Histoire, de l'Inde, continent à elle seule, ou du Japon, archipel des futurs. Une région qui tire la croissance mondiale et qui devient le centre du monde. Qui aurait pu dire que le PIB de l'Asie et du Pacifique ferait jeu égal avec celui de l'Union européenne ? Et demain ? Cet ouvrage dessine le panorama de l'Asie-Monde, en réunissant une centaine de textes de chercheurs et de spécialistes publiés sur le site Internet du Réseau Asie et Pacifique (CNRS/FMSH), entre 2002 et 2011. Ces travaux, couvrant les sciences humaines et sociales, disent le passé, avertissent de l'avenir, montrent la complexité de l'Asie et du Pacifique, leurs failles, leurs atouts, leurs enjeux. Ils révèlent les racines profondes et donc les fondements du dynamisme de ces nouvelles puissances qui pourraient bientôt prendre les commandes de l'avenir de l'humanité. Une somme savante et accessible sur l'Asie et le Pacifique contemporains, qui rend sensibles les multiples aspects de ce formidable et inéluctable basculement du monde.

  • Quels sont les liens entre Internet et politique ? Cet Essentiel s'intéresse à deux aspects. Le premier concerne l'impact d'Internet sur la vie politique : favorise-t-il la participation des citoyens, peut-il instaurer une démocratie plus directe ? Le deuxième porte sur la régulation d'Internet, qui constitue un enjeu politique majeur pour les démocraties. Ces questions sont traitées avec rigueur par des spécialistes reconnus. Une réponse scientifique claire pour comprendre une évolution complexe.

  • Asia and the Pacific, an immense region, both new and old, in which two thirds of the world lives. A region of superlatives, exceptions, China, continually facing disasters and risks from its past, India, a continent of its own, Japan, archipelago of the future. It is a region that is attracting global growth and becoming the centre of the world. Who could have predicted that the GDP of Asia and the Pacific would be equal to that of the European Union? And what will tomorrow bring? This compilation gives an overview of Asia's world, bringing together roughly a hundred texts written by researchers and specialists and that have been published on Asia and the Pacific Network's website (CNRS/FMSH) between 2002 and 2011. These works covering the humanities and social science recount the past, tell us of the future and illustrate the complexity of Asia and the Pacific through its flaws, strengths and challenges. They reveal the profound roots and depth of the dynamism of these new powers that could soon take over the future of humanity. Numerous researchers and academics specialising in contemporary Asia and the Pacific are bringing into light many aspects of this great and inevitable shift in the world.

  • Depuis près de vingt ans, l'Inde a changé d'image : les réformes économiques engagées à compter de 1991 et les essais nucléaires de 1998 ont témoigné de sa volonté de s'affirmer comme une puissance émergente. Elle est désormais reconnue comme telle, y compris par la Chine. Après la longue césure de la colonisation et de la guerre froide, le retour de l'Inde dans un continent en mouvement dessine une nouvelle Asie, plus vaste, plus peuplée, plus complexe que la seule Asie orientale. Cette évolution fait naître de nouveaux équilibres sur un échiquier où jouent, entre autres acteurs, l'Inde, la Chine, le Japon, les États-Unis, et les voisins de l'Inde, ceux de l'Asie du Sud comme ceux du « voisinage étendu » qui court du Moyen-Orient à l'Asie du Sud-Est. Ce « grand jeu » contribue à redessiner peu à peu un nouvel ordre mondial, dans lequel les puissances dominantes occidentales doivent apprendre à redéfinir leurs relations avec une Asie nouvelle. En trois étapes qui analysent la « présence du passé », le nouvel échiquier géopolitique et les enjeux économiques de l'Asie en mouvement, cet ouvrage réunissant historiens, économistes et géopolitologues, spécialistes de l'Inde, mais aussi de la Chine, du Japon et de l'Asie du Sud-Est, éclaire de façon inédite les voies multiples par lesquelles l'émergence du pôle indien dynamise l'ensemble de l'Asie et, au-delà, appelle à repenser les relations Nord-Sud. Avec les contributions de Bruno Dagens, Jean-François Huchet, Claude Markovits, Claude Meyer, Jean-Luc Racine, JoelRuet, Isabelle Saint-Mézard.

  • La préhistoire, une passion française... qui remonte à la Révolution et aux premières tentatives d'organisation de la recherche archéologique. La fièvre préhistorienne culmine au XIXe siècle : fouilles sauvages, commerce illégal de monuments mégalithiques, archéologues du dimanche... Mais aussi paysans occupés à paver les rues de leur village avec les menhirs de Carnac ! Il faudra attendre 1941 pour que l'État réglemente les fouilles archéologiques. Cet ouvrage retrace la longue marche des archéologues français vers l'institutionnalisation de leur discipline, aventure passionnante qui vit les préhistoriens se mobiliser contre les pouvoirs publics pour préserver leur liberté d'agir.

  • Pas de démocratie sans espace public. L'espace public est un espace symbolique où peuvent s'exprimer toutes les opinions qui structurent le jeu politique. Ce livre regroupe dans une langue accessible des textes de chercheurs reconnus et offre une compréhension claire de l'espace public actuel. Indispensable pour qui veut comprendre notre société démocratique et les rapports entre communication et action politique.

  • Les attentats du 11 septembre 2001 ont brutalement posé la question des libertés politiques dans le monde arabe. Ces pays musulmans ne seraient-ils que des « démocraties sans démocrates » ? La frustration de populations réprimées serait-elle une cause de la « violence islamiste » ? L'Occident voit dans la réforme de ces régimes autoritaires les prémices d'un rempart contre l'hyperterrorisme. Il cherche à convaincre - par la force si besoin - les gouvernements arabes d'organiser des élections, d'améliorer le statut de la femme, de protéger les minorités... bref, de s'ouvrir à la démocratie. Démarche difficile s'il en est car, au xxie siècle, la notion de pouvoir en islam fait toujours débat, en particulier en raison de l'imbrication du religieux et du politique. Cet ouvrage vient précisément éclairer la place du politique en « terre d'islam » sous différents angles - histoire, anthropologie, sociologie, science politique. Il dresse un tableau vivant de la situation au Maroc, en Égypte, en Arabie saoudite, en Iran et en Turquie.

  • De 1906 à 1947, Marcel Cachin nota jour après jour ses impressions, ses analyses, et surtout, avec une étonnante méticulosité, le détail de ses conversations, de ses rencontres, de ses observations. Membre de la direction du Parti socialiste entre 1907 et 1920, rédacteur de l'Humanité en 1912, avant d'en être le directeur de 1918 à sa mort, quarante ans plus tard, membre de la direction du Parti communiste depuis sa création, Marcel Cachin occupa les plus hautes responsabilités dans le mouvement socialiste, puis dans le mouvement communiste. De Jaurès à Lénine, de Guesde à Trotsky, de Thorez à Clara Zetkin, de Duclos à Boukharine, mais aussi de Lefranc à Bourgeois, ou de Charles à Antoine, ils sont des milliers à défiler, du militant de base aux dirigeants français ou russes, allemands ou finlandais. Avec cet ensemble de près de 3 000 pages, en 4 volumes, nous disposons d'une source d'une importance cruciale pour comprendre la France politique et sociale de la première moitié du XXe siècle. Le tome III nous offre un ensemble exceptionnel sur la première décennie du mouvement communiste international puisque Marcel Cachin a tenu avec une grande précision le journal de ses voyages à Moscou entre 1922 et 1933. Qu'il s'agisse de la vie des instances du Komintern ou des conflits souvent tendus entre ses principaux dirigeants ou au sein même de la délégation française, le lecteur, historien de profession ou simplement intéressé par cette période majeure de l'histoire du XXe siècle, trouvera sous l'écriture fluide de Marcel Cachin un récit important et agréable à lire.

  • De la chute de Napoléon III en 1870 à la césure de la Première Guerre mondiale, la caricature politique des premières décennies de la troisième République va se déchaîner. Par opposition au discours républicain constitutionnel et institutionnel, elle a eu largement recours au vocable du corps pour personnifier et dénoncer. Le corps et ses métamorphoses ont ainsi été le lieu, dans la sphère de limage satirique, d'un contre-pouvoir efficace et percutant, essentiellement fondé sur le principe d'une dégradation déclinée sous de multiples formes, en regard et en dérision du culte du grand homme. La personnification des scandales, les déformations physiques, les régressions végétales ou animales et les insectisations ont constitué l'arsenal graphique et symbolique par lequel les caricaturistes antirépublicains ont attaqué le régime. On y retrouve en arrière-plan les théories scientifiques contemporaines - physiognomonie, phrénologie, morphophysiologie... -, les combats esthétiques et politiques et l'idéologie républicaine même, récupérée et détournée. Le « corps » politique reprend ici ses droits, à ses dépens, avec une outrance qui nous surprend. L'ouvrage comprend un ensemble d'annexes et un dictionnaire des caricaturistes et dessinateurs de presse, comportant de nombreuses données inédites.

  • De 1906 à 1947, Marcel Cachin nota jour après jour ses impressions, ses analyses, et surtout, avec une étonnante méticulosité, le détail de ses conversations, de ses rencontres, de ses observations. Membre de la direction du Parti socialiste entre 1907 et 1920, rédacteur de l'Humanité en 1912, avant d'en être le directeur de 1918 à sa mort, quarante ans plus tard, membre de la direction du Parti communiste depuis sa création, Marcel Cachin occupa les plus hautes responsabilités dans le mouvement socialiste, puis dans le mouvement communiste. De Jaurès à Lénine, de Guesde à Trotsky, de Thorez à Clara Zetkin, de Duclos à Boukharine, mais aussi de Lefranc à Bourgeois, ou de Charles à Antoine, ils sont des milliers à défiler, du militant de base aux dirigeants français ou russes, allemands ou finlandais. Avec cet ensemble de près de 3 000 pages, en 4 volumes, nous disposons d'une source d'une importance cruciale pour comprendre la France politique et sociale de la première moitié du XXe siècle. Un volume entier réunit ses notes sur quatre années qui ébranlèrent le monde, 1917 et les deux révolutions russes, 1918 et la fin de la Première Guerre mondiale, 1919 et les principaux traités de paix, 1920 et la naissance du Parti communiste français. Le rôle et les responsabilités de Cachin font de ce deuxième tome des Carnets une source fondamentale autant qu'un récit captivant.

  • Au XVIIIe siècle, la Pologne tremble, puis s'effondre, engloutie par les puissances frontalières. Les efforts de la France pour conserver cet ancien allié n'y peuvent rien. Espions, mouchards, chargés d'affaires, ambassadeurs ou ingénieurs militaires, sillonnent le pays « sarmate » en proie à la guerre civile et tentent d'y remettre de l'ordre. Tous ces efforts restent vains. Refrisant l'asservissement, les Polonais commencent à émigrer et s'engagent dans une véritable épopée, maintenant oubliée. Pour combattre les puissances copartageantes, dans l'espoir de reconquérir leur territoire, ils rejoignent les rangs de l'armée révolutionnaire. Immigrés nobles ou roturiers, hommes d'épée ou paysans, ils sont de toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire. Il faut attendre la création du grand-duché de Varsovie pour sentir les frémissements d'espoir de toute une nation : la campagne de Russie et le Congrès de Vienne mettent fin à tous leurs rêves. Les Polonais qui s'étaient distingués pendant l'Empire deviennent alors des indésirables traqués par la police de la Restauration. Destins individuels, marqués par la pauvreté, les Polonais sont tous suspectés d'être Bonapartistes. Pendant cette période, ils perdent non seulement leur pays, mais aussi leur seul allié. Il faut attendre l'insurrection de Varsovie pour que la France ouvre ses portes aux milliers d'hommes et de femmes qui, depuis si longtemps, réclament leur indépendance au sacrifice de leurs vies.

  • Qu'est-ce que la politique à la télévision ? Le propre de la télévision réside dans sa formalisation « sensible », dans le formatage « esthétique » qu'elle impose : c'est là son langage... et le prix à payer, sans doute, pour permettre à une majorité de citoyens d'accéder à une forme de compréhension de la réalité politique. S'appuyant sur une analyse de séquences politiques de journaux télévisés pendant la campagne présidentielle de 1995, le livre propose une étude plus large de la rhétorique politico-audiovisuelle.

  • Que les Balkans soient mal connus, c'est incontestable. Que certains épisodes de la Seconde Guerre mondiale soient tombés dans l'oubli, cela est un fait. Antoine Sidoti raconte ici deux épisodes de la Seconde Guerre mondiale. Le premier est l'occupation par l'Italie fasciste du Monléiiégio, historiquement îlot de résistance face à la puissance ottomane. Le second est l'institution de la « Provincia di Cattaro » (Province de Kotor) et le rattachement au sol de la péninsule italienne de cette véritable forteresse naturelle de la côte monténégrine, dont l'intérêt stratégique a attisé les convoitises des grandes puissances successives, depuis des temps immémoriaux. Mais l'ouvrage d'Antoine Sidoti dépasse le cadre du simple récit traditionnel d'une invasion d'un pays (le Monténégro) par un autre (l'Italie fasciste, d'avril 1941 à septembre 1943, et l'Allemagne nazie, de septembre 1943 à fin 1944). L'utilisation de très nombreuses sources, qui pour certaines n'avaient jamais été exploitées, et la prise en compte des dimensions culturelle et symbolique, révélées notamment dans les domaines de la littérature, de l'héraldique, de la peinture, des timbres-poste, permettent au lecteur de mieux cerner la complexité de l'histoire monténégrine en particulier et, plus généralement balkanique, sans oublier la politique impérialiste fasciste. Cet ouvrage de référence permet, de par son importance documentaire et son éclairage inédit, d'apporter une vision nouvelle sur les Balkans.

  • C'est à travers le prisme de l'activisme féminin et plus généralement de la ques­tion des femmes que Christèle Dedebant aborde la société pakistanaise. Fondée sur une réelle pratique du terrain, sur une série d'entretiens et sur l'analyse de la littérature savante et militante, son étude offre un éclairage novateur sur la trajec­toire d'un mouvement de femmes trop souvent caricaturé, dans un pays gui ne l'est pas moins. Du début du XXe siècle, à l'heure des réformistes socio-religieux de l'Inde coloniale, jusqu'à la période contemporaine, sur fond de tensions régionales entre les deux puissances nucléaires du sous-continent, l'ouvrage éclaire la gestation, l'évolution et les variations du discours d'une fraction de l'élite urbaine qui milite pour l'amé­lioration de la condition féminine. Grâce au contexte historique amplement détaillé, aux jeux de miroirs entre le passé et le présent, l'analyse cerne les caractéristiques de cette avant-garde militante et anglophone qui a fait de la cause des femmes son combat (statut de la femme musulmane, rapport au patriarcat, au pouvoir...). Apparaissent alors les ambiguïtés, les paradoxes - les dilemmes parfois - qui régis­sent les rapports de cette élite tout à la fois établie et contestataire vis-à-vis de l'État, de l'islam, du local et du transnational (au travers des ONG notamment) et des femmes mêmes dont elle entend défendre les droits. Évitant jargon et simplification. Le Voile et la Bannière s'adresse bien sûr aux spécialistes du monde indo-pakistanais, mais aussi à tous ceux qu'intéresse le féminin en pays d'islam, soucieux de se faire une opinion loin des idées reçues.

  • Grataron d'Arêches, pogne de Romans, cardon, bouche rouge, tarte au quemeau, pormonier, boudin d'herbe, chapons et poulardes de Bresse... Porteurs d'une étonnante diversité biologique et culturelle, les « produits de terroir » foisonnent aujourd'hui dans tous les secteurs agroalimentaires. Depuis 1992, l'Europe réglemente la protection de leur nom. Ce dispositif, qui se répand comme une traînée de poudre, conjugue une origine géographique et des qualités particulières. Sur quels critères repose cette qualification ? Quel est le contenu de la relation à un lieu ? Comment prendre en compte la tradition, l'histoire, les savoirs et les pratiques, la culture locale en un mot ? De plus en plus, notre société tend à associer étroitement la valorisation de ces productions à leur dimension patrimoniale : un patrimoine vivant, synonyme de revitalisation et de trajectoire dynamique pour peu que les acteurs locaux en décident. Mais ces charcuteries, fromages, huiles, fruits ou légumes, dont l'existence est intimement liée à la consommation locale, sont aujourd'hui très convoités. Ils doivent se frotter aux normes d'hygiène, aux stratégies commerciales des grandes enseignes, à l'industrie agroalimentaire. Que reste-t-il alors de la dimension culturelle qui signe leur spécificité ? Un voyage savoureux, de la région Rhône-Alpes au Trás-os-Montes, de la Catalogne à l'Emilie-Romagne, ponctué par l'évocation des modes de fabrication et des usages alimentaires...

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