Robert Laffont

  • Il est admis que 1984 et La Ferme des animaux d'Orwell permettent de penser les dictatures du XXe siècle. Je pose l'hypothèse qu'ils permettent également de concevoir les dictatures de toujours. Comment instaurer aujourd'hui une dictature d'un type nouveau ? J'ai pour ce faire dégagé sept pistes : détruire la liberté ; appauvrir la langue ; abolir la vérité ; supprimer l'histoire ; nier la nature ; propager la haine ; aspirer à l'Empire. Chacun de ces temps est composé de moments particuliers.Pour détruire la liberté, il faut : assurer une surveillance perpétuelle ; ruiner la vie personnelle ; supprimer la solitude ; se réjouir des fêtes obligatoires ; uniformiser l'opinion ; dénoncer le crime par la pensée.Pour appauvrir la langue, il faut : pratiquer une langue nouvelle ; utiliser le double langage ; détruire des mots ; oraliser la langue ; parler une langue unique ; supprimer les classiques.Pour abolir la vérité, il faut : enseigner l'idéologie ; instrumentaliser la presse ; propager de fausses nouvelles ; produire le réel.Pour supprimer l'histoire, il faut : effacer le passé ; réécrire l'histoire ; inventer la mémoire ; détruire les livres ; industrialiser la littérature.Pour nier la nature, il faut : détruire la pulsion de vie ; organiser la frustration sexuelle ; hygiéniser la vie ; procréer médicalement.Pour propager la haine, il faut : se créer un ennemi ; fomenter des guerres ; psychiatriser la pensée critique ; achever le dernier homme.Pour aspirer à l'Empire, il faut : formater les enfants ; administrer l'opposition ; gouverner avec les élites ; asservir grâce au progrès ; dissimuler le pouvoir.Qui dira que nous n'y sommes pas ? M.O.

  • De nombreux livres ont évoqué la vie de François Mitterrand, tel ou tel épisode de son itinéraire ; celui-ci le ramène dans l'Histoire, éclairant son exceptionnel parcours par quantité d'archives, tant françaises qu'étrangères, et de témoignages inédits. De cet homme d'État dont la part d'ombre demeure importante restait encore à découvrir quels accidents ont façonné sa sensibilité, déterminé ses choix. Au travers de correspondances privées jusque-là inconnues, cet ouvrage montre comment les épreuves de la guerre et une déception sentimentale dévastatrice ont trempé le caractère du futur président de la République, le préparant ainsi à son destin.
    Grâce à son travail d'historien, Éric Roussel réussit à jeter un jour nouveau sur l'ensemble de la carrière de François Mitterrand. Il éclaire notamment les circonstances curieuses de son départ pour la Grande-Bretagne à l'automne 1943, ses liens avec René Bousquet, auquel il doit probablement la vie, son passage au ministère de la France d'outre-mer sous la IVe République, l'affaire de l'Observatoire, ses relations avec Pierre Mendès France, le général de Gaulle ou Mikhaïl Gorbatchev et les principales étapes de sa présidence.
    En fin de volume, Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande, livrent leur vision de cet acteur majeur du XXe siècle.

  • " Il n'est ni tout à fait la droite, dont il est sociétaire à part entière, encore moins la gauche, dont il est parfois un évêque in partibus ; il n'est définitivement ni de Neuilly ni de Saint-Fargeau ; il n'est ni Sarkozy ni Mitterrand ; ni l'Ancien Régime ni la Révolution, il est tout simplement ce que l'on retrouve au fond du creuset, cet alliage d'évidence : Jean d'Ormesson, c'est la France ! Il n'est pas centriste, il est central. Il incarne toutes les valeurs auxquelles la France est en train de renoncer, mais dont elle conservera longtemps la nostalgie. Il est pour la vieille dame de province comme pour le rocker qui porte un tee-shirt à son effigie ; pour les stars de télé qui ne cessent d'inviter ce "bon client' comme pour l'agent de la circulation qui lui indique obligeamment où garer sa voiture. Il est un chef-d'oeuvre intemporel, et ce chef-d'oeuvre c'est une certaine idée de la France. " Jacques Julliard.
    Observateur engagé, Jean d'Ormesson n'a cessé d'être fasciné par le spectacle de la politique, le combat des idées et la marche du monde. Oeuvre littéraire à part entière, cette chronique, jalonnée de portraits, de reportages, de commentaires, de prises de position, témoigne de sa présence constante dans les grands débats de notre époque et du regard à la fois lucide et passionné qu'il porte sur ses contemporains. Ce parcours d'un homme de fidélité et d'espérance nous éclaire à chaque pas sur les enjeux du présent.


  • Anarchiste et vertueux, idéaliste et fou de liberté, le plus grand géographe français était une sorte de saint laïque et un écrivain.
    Élisée Reclus est né à Sainte-Foy-la-Grande, en 1830, dans une famille de quatorze enfants où il est élevé dans la crainte du péché par un père pasteur protestant. Il étudie en Allemagne, apprend quatre langues, s'intéresse très tôt à la géographie et traverse la France à pied. Après avoir été ouvrier agricole en Irlande, il part pour la Louisiane, découvre l'esclavagisme puis se rend en Colombie pour y créer une exploitation agricole. De retour à Paris en 1857, il entre dans la Société de géographie, tâte de la franc-maconnerie et surtout milite dans les rangs anarchiques. Reclus, profondément un homme de gauche, s'engage dans la Garde nationale pendant la Commune. À la suite des événements, il est condamné à la déportation mais, grâce à l'intervention d'une centaine de savants anglais et américains, il est seulement banni. Il part vivre en Suisse puis à Bruxelles, où il occupe une chaire de géographie et meurt en 1905. Qui était celui que Nadar, son ami, appelait " ce doux entêté de vertu " ?
    L'auteur d'une trentaine d'ouvrages dont les célèbres Nouvelle Géographie universelle, L'Homme et la terre, L'Histoire d'un ruisseau, de centaines d'articles et des guides de voyage. Un intellectuel anarchiste qui, avec Bakounine et Kropotkine, forme le trépied de ce mouvement dont se réclament aujourd'hui encore les organisations anarchistes. L'inventeur de la géographie sociale, celui qui inclut l'homme dans le processus géographique. Un athée acharné (il se marie trois fois en dehors de l'Église ; ses idées sur le mariage, l'éducation et les femmes sont très en avance sur son temps). Un homme à facettes multiples, fidèle et libre, une personnalité exceptionnelle que Kropotkine décrivait comme " le type du vrai puritain dans sa manière de vivre et, au point de vue intellectuel, le type du philosophe encyclopédiste français du XVIIIe siècle ".
    Elisée Reclus a obtenu le Prix Femina Essai 2010.

  • " La démocratie est malade de sa démesure : la liberté y devient tyrannie, le peuple se transforme en masse manipulable, le désir de promouvoir le progrès se mue en esprit de croisade. " - Tzvetan Todorov Aujourd'hui, les grands dangers pour la démocratie ne proviennent pas de ses rivaux de l'extérieur - fascisme, communisme ou terrorisme - mais de ses ennemis intimes, ceux qu'elle sécrète en elle-même et qui menacent jusqu'à son existence. Comment la protéger contre ces dérives ? Fidèle à sa méthode, Tzvetan Todorov éclaire l'actualité brûlante (guerre de Libye, tyrannie des marchés, montée des populismes) par des mises en perspective historiques qui vont du Moyen Âge au XXe siècle. Un essai limpide qui permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure. Tzvetan Todorov, directeur de recherche honoraire au CNRS, est historien et essayiste. Il est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Mémoire du mal,tentation du bien (Robert Laffont, 2000), Le Nouveau Désordre mondial (Robert Laffont, 2003), La Peur des barbares (Robert Laffont, 2008) et Goya à l'ombre des Lumières (Flammarion, 2011). L'Académie française vient de lui attribuer le Prix de la critique pour l'ensemble de son oeuvre.

  • C'est le livre de Jean-Louis Debré que l'on attendait depuis longtemps : l'histoire de sa famille, de ses origines, de sa filiation. Le parcours d'une dynastie qui se confond avec notre destinée nationale.
    " Je savais qu'un jour j'irais à la rencontre des miens, écrit-il.Je prenais des notes au hasard de conversations, de lectures, de déplacements en Alsace. J'accumulais des informations, une documentation. " Jean-Louis Debré retrace ici la trajectoire de sa lignée à travers cinq générations : celles d'Anselme, de Jacques, de Simon, de Robert, de Michel. Une ascendance façonnée par la tradition juive, qui opta à la fin du XIXe siècle pour la France et la République. Autant de valeurs essentielles que ces grandes figures, de Robert Debré, ami de Charles Péguy, de Paul Valéry, fondateur de la pédiatrie moderne, à son fils Michel, Premier ministre du général de Gaulle, ont incarnées tour à tour. Pour la première fois, Jean-Louis Debré nous fait entrer dans l'intimité de son histoire familiale. Il livre ses souvenirs d'enfance et d'adolescence, illuminés par l'exemple d'humanité généreuse et rayonnante de son grand-père Robert Debré. Il évoque son éducation gaulliste sous une influence paternelle aussi fervente qu'exigeante. À travers Michel Debré, dont il fut le confident jusqu'à sa mort, et le récit de ses engagements, de son action, de sa relation et de ses échanges avec de Gaulle, il nous offre un témoignage de première main sur les événements qui marquèrent les onze années de présidence gaullienne jusqu'au départ du Général en avril 1969.Avec sensibilité, pudeur et sobriété, Jean-Louis Debré met l'accent sur ce qu'il appelle un " esprit de famille ", une identité commune qui constitue sa propre " marque de fabrique ".

  • Dawa

    Julien Suaudeau


    Dans une France en guerre contre elle-même, deux hommes sombres poursuivent une vengeance au long cours. La violence de leur idée fixe va renverser d'autres destins, puissants, infortunés, des dalles de la banlieue parisienne jusqu'au coeur de l'État.

    " Où avez-vous l'intention de faire sauter vos bombes ?
    - Je vous demande pardon ?
    - Les cinq bombes. Paris piégé. Dawa al-Islamiya, ajoute l'homme en arabe, avec un parfait accent constantinois qui lui glace le sang.
    - Qui êtes-vous ?
    - Quelqu'un qui a vécu en Algérie, il y a très longtemps, à l'époque où ton père sévissait dans les Aurès. Quelqu'un qui te protège depuis une semaine, et qui va vous tuer, toi et lui, comme j'ai tué ton chien de frère il y a dix-sept ans. "


  • Elle était de ces rares personnages qui, de leur vivant même, semblent tout droit sortis d'une légende...

    Née au coeur de l'Inde dans une famille de basse caste, Phoolan Devi était destinée à l'esclavage domestique. Mariée à onze ans à un homme trois fois plus âgé qu'elle, abandonnée puis violée avant d'être enlevée par des hors-la-loi, elle s'est rebellée pour devenir la célèbre reine des bandits.
    Pendant trois ans, à la tête d'une véritable armée, elle a frappé l'imagination d'un continent entier, volant aux riches pour donner aux pauvres, à la poursuite d'une vengeance jamais assouvie contre la brutalité des hommes.
    Pour toutes les femmes du monde, de l'humiliation à la libération, Phoolan Devi était devenue le symbole de la révolte et du combat. Elle a été assassinée le 25 juillet 2001. Ce livre est son testament.

  • - 38%

    Annonçant avec une précision stupéfiante le monde dans lequel nous vivons - jusqu'à la crise du coronavirus -, ce texte visionnaire nous donne à la fois les clefs pour comprendre et les armes pour vaincre l'adversité.
    " Avec une crise financière sans précédent, au moins de puis 1929, un réchauffement de la planète unanimement constaté, la crainte de bouleversements bio-politiques, dans des domaines aussi variés que l'eau, l'énergie, l'agriculture ou même les épidémies, notre monde actuel n'incite pas toujours à l'optimisme béat. Pourtant, une prospective plus approfondie et moins terrorisée nous ouvre de nombreuses pistes, par lesquelles l'Humanité du XXIe siècle devrait quand même parvenir à dégager des solutions. Il s'agira surtout de réduire la part guerrière de notre géopolitique au bénéfice des échanges, de l'innovation technologique ainsi que du développement durable. Ces sont ces prospectives à court et à moyen terme qu'explorent à nouveau les spécialistes du renseignement américain. Les experts qui ont travaillé sur ce rapport pendant plusieurs années et ont cette fois étendu considérablement le champ de leurs investigations, fournissent au président Obama une sorte de viatique pour entreprendre le changement planétaire que tout le monde attend. " Alexandre Adler
    Terrorisme en retrait, glissement du pouvoir économique de l'Occident à l'Orient, pénurie d'eau, déclin des ressources en hydrocarbures, nouvelles technologies... Une fois de plus un document passionnant qui nous éclaire sur le monde qui nous attend dans les prochaines décennies, et où surtout, pour la première fois, les américains reconnaissent qu'ils ne seront plus les maîtres du monde ! Dans sa présentation, Alexandre Adler explore, en lever de rideau, les plus grands dangers géopolitiques actuels et suggère quelques moyens de les prévenir, pendant qu'il est encore temps.

  • Notre belle démocratie ne serait-elle qu'un mythe ? Cernée par la tentation autoritaire, la démocratie paraît fragilisée. Brandie comme un étendard, la promesse d'un " gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple " n'a, semble-t-il, pas été véritablement tenue. La classe politique paraît souvent plus soucieuse de sa propre survie que du bien commun. La démocratie représentative ne serait-elle qu'un leurre ? Partout dans le monde, de nouveaux mouvements citoyens cherchent à mettre en oeuvre une démocratie horizontale. En déconstruisant les mécanismes et les croyances qui régissent notre vision du pouvoir, ce texte propose de refonder rigoureusement le concept de démocratie réelle.


  • " La tête ailleurs " mais la plume toujours plus incisive.
    Dans ce récit, on retrouve tout le brio du mémorialiste, mais pour la première fois, il y relègue l'actualité au second plan de l'intime : on découvre alors un Nicolas Bedos inattendu, mélancolique et amoureux, qui affirme livre après livre un grand talent d'écrivain.

    "Cette année, il a fait moche partout.
    À l'Élysée, à Matignon. Dans la plupart des entreprises.
    Dans les salles de cinéma comme dans les salles de rédaction.
    Cette année, tout allait mal.
    En Grèce. En Italie. Partout, sauf chez moi.
    Je t'invite à passer une année sous mon toit. "
    Nicolas Bedos


  • Secrets d'État, compromissions et guerres fratricides : bienvenue place Beauvau !

    La machine policière française est opaque et sclérosée. Hollande et ses ministres, faute de vouloir et de pouvoir la transformer en profondeur, ont tenté de s'en servir à des fins politiques. Pour qui veut contrôler les affaires, le ministère de l'Intérieur est en effet un lieu stratégique, grâce aux grandes oreilles des renseignements et aux yeux aguerris des flics en tous genres.
    Pourquoi la légalité est-elle si souvent bafouée chez ceux qui sont précisément censés faire régner l'ordre ? Le Président a-t-il un cabinet noir ? Faut-il être franc-maçon pour réussir dans la police ? Qui mettra un terme à la guerre sans merci que se livrent les diverses officines de renseignement ? Comment la gauche s'est-elle accommodée des réseaux mafieux corses ? Quel est le poids du FN dans la police ?
    Dans le plus grand secret, les auteurs ont mené leurs investigations durant plusieurs années. Ils ont interviewé des centaines de témoins (ministres, conseillers spéciaux, patrons de police, agents de renseignement, gardiens de la paix...), ont écumé les commissariats, fouillé le ministère, épluché les dossiers les plus confidentiels pour livrer cette enquête percutante et mettre en lumière le plus cuisant échec du quinquennat qui s'achève.


  • Les interventions de Nicolas Bedos dans l'émission de FOG sont devenues cultes. Caustiques, polémiques, virtuoses, les chroniques de ce mythomane autoproclamé sont réunies ici avec celles qu'il a écrites pour la radio et une série de nouvelles parues dans la presse.

    " Cette année, j'ai fait le tour du monde avec Martine Aubry, j'ai bu des mojitos avec John Galliano, j'ai " tué le père " avec Marine Le Pen, drogué Dominique de Villepin et tatoué les épaules d'Angelina Jolie, j'ai séquestré Laurent Fabius et ruiné Liliane Bettencourt, j'ai voilé ma petite soeur devant Tariq Ramadan avant de me faire violer par une femme de chambre, j'ai dragué Rama Yade chez Castel et Jean Dujardin au ski, j'ai fait un enfant à la première dame de France, j'ai tué Édouard Baer et Johnny Hallyday, j'ai partouzé avec des nains et Alexandre Jardin, j'ai sniffé sept grammes de coke avec Jean-Luc Delarue, j'en ai même offert un au président de la République, j'ai travesti Jean d'Ormesson avant de faire exploser l'Académie française, j'ai présenté Anne Frank à deux cosmonautes, dansé sur la lune avec Michael Jackson, pris un bain chez Hortefeux et une douche chez Hollande, j'ai détesté plein de gens, j'en ai aimé tant d'autres, bref, j'ai passé une année de merde mais vous n'imaginez pas ce que je pense de la vôtre... "
    " Prodigieusement libre. ' Les Inrocks

    " Doté du merveilleux humour de Philip Roth, Nicolas Bedos est, de surcroît, l'enfant de Hunter S. Thompson, pape déjanté du nouveau journalisme. ' Le Point

    " Électrique et brillant. ' Transfuge

    " J'aime Nicolas Bedos parce qu'il est triste, drôle, méchant, ultrasensible, et qu'il a du style. ' Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine

  • " C'est l'histoire d'un grand basculement. Elle met en scène des ambitions peu communes et des trahisons d'une qualité rare. Elle raconte à la fois un échec sans précédent, puisque soldé par un renoncement lui aussi inédit, et une conquête d'une audace incroyable, puisque partie de rien, si ce n'est des rêves d'un jeune homme à l'appétit carnassier. Emmanuel Macron est l'enfant du règne. Le double et le contraire. L'héritier et l'inverse. Qui dit mieux, au moins dans la conquête ? Celle-ci n'a pas été le fruit d'une improvisation. Elle vient de loin. Ella a été préméditée. C'est en cela que le crime fut parfait. La victime et l'assassin l'ont souvent admis, à l'heure des confi dences. Tout cela a été fait "avec méthode', comme l'a dit un jour l'ancien président. Et maintenant ? Personne ne saura jamais ce que pensaient vraiment Emmanuel Macron et François Hollande lorsque, un matin de la mimai 2017, à l'Élysée, l'un est devenu retraité et l'autre président. On fera ici l'hypothèse qui en vaut bien d'autres qu'ensemble, fût-ce un bref instant, ils se sont remémoré cette histoire de cinq ans qu'ils ont vécue côte à côte, chacun à sa façon, et qu'il s'agit de raconter à présent dans sa totalité parce qu'on n'en reverra pas de sitôt de plus ébouriffante. " F.B.

  • Comment les hommes en viennent-ils à se massacrer légalement ? "Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d'ennemi !" avait prédit en 1989 Arbatov, conseiller diplomatique de Gorbatchev. L'ennemi soviétique avait toutes les qualités d'un "bon" ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l'Occident et rendu plus vaine sa puissance. L'ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. C'est pourquoi les États, les services de renseignements, les think tanks stratégiques et autres faiseurs d'opinion "fabriquent" consciencieusement de l'ennemi, qu'il soit rival planétaire (Chine), ennemi proche (Inde-Pakistan), ennemi intime (Rwanda), Mal absolu, ennemi conceptuel ou médiatique. Certains ennemis sont bien réels, d'autres, cependant, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels. Conséquence : si l'ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s'agit moins au final d'une affaire militaire que d'une question politique.

  • Cet éloge de l'ironie offre un mode d'emploi de l'esprit léger, le meilleur antidote qui soit à tous les interdits et toutes les doxas.
    " Regardez-moi lorsque je parle au second degré : comme dans un jeu d'enfant, je me raconte une histoire au milieu de la vie quotidienne. Comme tous les jeux, celui-là donne du plaisir : moquerie partagée, complicité de malfaisance légère. Un sourire, un simple sourire est l'enjeu de la partie. Il est urgent de redécouvrir les bienfaits joyeux de l'ironie, les vertus décapantes du second degré... ce mal français qui nous fait tellement de bien. " D. P. " Nous ne céderons rien à l'ironie ", déclarait Emmanuel Macron le soir de son élection. L'ironie n'est donc plus au programme. Elle dérange, elle questionne, elle bouscule, elle renverse parfois. C'est un sport de combat tout en souplesse, mais qui peut s'avérer redoutable. Didier Pourquery montre ici comment, de Socrate à Daniel Defoe, de Jonathan Swift à Kierkegaard, de Musil à Jankélévitch, les amis de l'ironie ont interrogé le monde sans se lasser. Cet ouvrage va à leur rencontre pour recueillir leurs enseignements toujours délectables et offrir un mode d'emploi de l'esprit léger, le meilleur antidote qui soit à tous les interdits et toutes les doxas. Un programme comme un autre. Mais celui-ci, d'une efficacité assurée.


  • 1968-1980 : la traversée tumultueuse d'un homme de gauche.

    " Comment avez-vous pu être trotskistes, maoïstes, anarchistes... ? me demandent mes enfants. Pourquoi avez-vous cessé de l'être et vous êtes-vous ralliés à la gauche réformiste ? Pour quelles heureuses raisons n'êtes-vous pas passés à la lutte armée, contrairement aux gauchistes italiens, allemands ou japonais ? "
    " Réponds-leur à la première personne, par le récit de ton parcours ", m'a conseillé Régis Debray. C'est ce que je fais dans ce livre, qui me mène du camp de travail de Léninabad, en Asie centrale, où mes parents étaient internés et où je suis né, aux barricades de la rue Gay-Lussac, en 1968, puis à la direction du Parti socialiste et au Parlement européen, en passant par le Sénat. Cet itinéraire d'un Juif polonais né en URSS et devenu parlementaire français est une manière personnelle de raconter d'où est sorti Mai 68, ce qui s'est passé pendant ce printemps fabuleux, et de comprendre ses lendemains : de l'utopie chimérique à l'utopie réaliste, de la révolution à la réforme.

  • " Je suis devenu ministre par surprise. C'est sans doute vrai puisque je l'ai entendu dire un peu partout. Enfin, j'ai essayé de faire de mon mieux et j'ai quand même tenu trois ans. Avec le recul, ce qui m'a plu aussi dans cette aventure c'est d'avoir osé sauter dans la cage aux lions de la politique et d'observer leur férocité, leurs grognements et leurs faiblesses. Ils sont beaux à observer, imprévisibles, tour à tour caressants et cruels. Ce fut à la fois dangereux, excitant et amusant car je n'étais pas dompteur de profession mais tout de même bien décidé à ne pas me faire manger. J'ai reçu pas mal de coups de griffes mais j'en suis sorti sain et sauf. J'ai retrouvé ma vie d'avant sans regrets ni amertume pendant qu'ils continuent à s'entredévorer, mais j'ai emporté une clef de la cage. Et comme j'aime bien partager, je la tiens à la disposition de ceux qui voudraient s'en servir pour tenter leur chance. À condition d'apprécier ce type de sport et d'apprendre à courir plus vite que les grands fauves, ça vaut vraiment le coup d'essayer. L'existence n'offre pas beaucoup de récréations de ce genre... " F. M.

  • Les enquêtes par sondage livrent une image morcelée des Français. Elles analysent les caractéristiques individuelles une par une : catégorie sociale, âge, sexe, niveau d'éducation, activité, origine, lieu de résidence... Mais une personne n'est pas successivement un ouvrier, un homme, un jeune, un titulaire du bac, un actif et un habitant de la capitale né en Bretagne. Elle est tout cela à la fois, et bien plus encore. Pour saisir le comportement de nos concitoyens, cet ouvrage recolle ces divers morceaux de leur personne et les réinsère dans leur environnement - couple, foyer, parentèle, lieu de résidence... - qui les définit autant sinon plus que leurs particularités individuelles. Cela est rendu possible par les big data du recensement national, qui décrivent la composition exacte de plus de dix millions de ménages.Cette enquête exceptionnelle, illustrée par une cartographie riche et inédite, révolutionne notre conception des comportements sociaux et économiques des Français.

  • - 50%

    Quand le politique et l'intellectuel réinventent la France. Dans ce livre qui sort de l'ordinaire politique et intellectuel, Benoît Hamon et Yannick Jadot, avec Michel Wieviorka, invitent quarante personnalités de la société civile - acteurs sociaux, culturels, économiques, chercheurs - à enrichir le débat public sur des thèmes essentiels de la vie d'aujourd'hui, tels que la réinvention du travail, le sauvetage du projet européen, le digne accueil des réfugiés, l'indépendance de la justice, la confiance en la jeunesse, la démocratie environnementale. Ces analyses, qui s'ajoutent au texte programmatique de Benoît Hamon et Yannick Jadot, ont pour objectif de forger dans notre pays un nouvel espoir, une façon de refonder la politique en liaison avec le mouvement des idées. Rien d'autre, finalement, que le projet de vivre, de penser et de faire ensemble avec bienveillance.

  • " Tous le clouaient au pilori. Ses rivaux de droite, bien sûr, mais aussi ceux du Front national, de la gauche triomphante, et, surtout, les juges, occupés à traquer les fautes et délits du président déchu. Tant de vampires avaient juré sa perte. Logiquement, Nicolas Sarkozy aurait dû s'effondrer, capituler, passer la main, tourner la page. Or, il a fait tout le contraire.
    Comment cet animal politique a-t-il réussi à survivre à tant d'épreuves - ses mises en examen, les grandes et petites trahisons de ses amis ? Comment, flanqué d'une poignée de fidèles, celui que François Hollande surnommait le Sortant a-t-il reconquis peu à peu un territoire politique dévasté ? Comment s'est-il emparé à nouveau de l'UMP, au nez et à la barbe de ses concurrents, pour en faire une machine de guerre à son seul profit ? Quel moteur secret le fait avancer ? Une soif de reconnaissance jamais rassasiée ?
    C'est l'ordalie singulière d'un homme à terre, en quête de rédemption et d'une deuxième chance, que raconte cet ouvrage. Le roman d'un flibustier qui échappe à toutes les balles, dans l'espoir d'un nouveau destin. Mais lequel ? "

  • " Rarement la vie politique sous la Ve République a semblé à ce point sinistrée, ravagée par un mal secret ", constate Jean-Marie Rouart au regard d'une campagne présidentielle hors normes. Dans ce journal politique tenu au cours des dix dernières années, sous les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, l'écrivain fournit autant de clés permettant de décrypter une dramaturgie dont les héros semblent frappés d'une étrange malédiction. Il dépeint avec maestria la vie politique pour ce qu'elle est avant tout à ses yeux : un terrain d'expériences romanesques où se jouent les destins. Ce qui passionne l'auteur dans la geste politique et dans les portraits qu'il brosse, c'est tout ce qui les relie à la vie où nous trouvons reproduites nos propres passions, ambitions, et blessures.
    Jean-Marie Rouart montre ici le lien direct entre la politique et l'histoire qui sous-tend à chaque instant notre roman national. D'où l'éclairage saisissant que son livre apporte sur ce psychodrame typiquement français. Un mystère qui fait de notre pays, avec ses contradictions, ses diverses guerres de clans, un terrain d'étude et d'observation plus que jamais fascinant. Sa richesse, l'aura culturelle que la France garde dans le monde, mais aussi sa tendance masochiste à l'autodestruction, viennent aussi de cet extraordinaire paradoxe. Le passé comme l'actualité continuent de nous en offrir des exemples imprévisibles et parfois déroutants.


  • Voltaire contre-attaque revisite le plus extraordinaire - le plus contemporain - des attentats littéraires jamais commis en France. Candide ou l'Optimisme. Un petit livre à trente sous. Une bombe.
    Candide, enfant du hasard, devant le monde qui s'ouvre comme un gouffre, orphelin de " Vestphalie ", donc de nulle part, est le héros de notre temps.
    Candide livre la plus hilarante des odes à la liberté, un hymne magistral à la tolérance, dont les philosophes, réactionnaires comme progressistes, n'ont cessé de minorer l'impact.
    Glucksmann l'érige en discours de la méthode d'une Europe post-idéologique qui, pour survivre, doit identifier les périls qui l'assaillent et les errances qui la définissent.
    Face à l'ignorance de soi, face aux démissions irraisonnées devant tant de dictatures actuelles, face aux " infamies ", aux fanatismes et aux nihilismes, quelques injections de lumières voltairiennes peuvent aider.
    " Lis Candide et connais-toi toi-même. "

  • Ce livre révèle les véritables raisons de la crise de confiance qui éloigne un nombre grandissant de Français de la classe politique actuelle et ébranle notre démocratie.
    La présidentielle de 2017 est censée opposer trois grandes forces politiques : la gauche, la droite et le Front national. Pour Brice Teinturier, cette tripartition, réelle mais trop ressassée, occulte l'émergence d'une quatrième force qui a progressé au moins autant que le FN en dix ans et qui bouscule plus sûrement encore la gauche et la droite : un puissant courant de pensée qui exprime un dépit et un détachement profond à l'égard de la politique - " Plus rien à faire de tout ça ! " - ou, plus encore, une rupture rageuse - " Plus rien à foutre de tous ces gens ! " Ce que l'auteur appelle la " PRAF-attitude ".
    Pour Brice Teinturier, celle-ci montre à quel point le malaise de la démocratie est important en France. Effondrement de la morale et crise de l'exemplarité, confusion de la politique et de la téléréalité, mutations de l'information et influence des réseaux sociaux : il en analyse les origines et les conséquences, pointe les dérives, relève les solutions.
    À la veille d'une élection présidentielle décisive, le poids de cet électorat particulier sera déterminant. Mais au-delà du sort des candidats eux-mêmes, il influera aussi sur l'avenir de notre système démocratique.
    Prix du livre politique 2017

empty