• La vie du mystérieux Arménien qui a régné sur le monde du pétrole et sur celui de l'art.
    Alors que l'Empire ottoman s'effondre et que les Arméniens sont persécutés, la famille du jeune Kaloust se réfugie à Constantinople.
    Le garçon, déjà connu pour son intelligence hors du commun, est émerveillé par la capitale
    du Bosphore et se pose pour la première fois la question qui allait le poursuivre toute sa vie :
    " Qu'est-ce que la beauté ? "
    Il ne sait pas encore qu'il va régner sur le monde naissant du pétrole, devenir l'homme le plus riche et le plus puissant de la planète... et le plus grand collectionneur de tous les temps.
    Inspiré de faits réels, L'Homme de Constantinople relate la vie extraordinaire du mystérieux Arménien, Calouste Gulbenkian, qui a changé le monde - et consacre définitivement J.R. dos Santos comme un auteur majeur des lettres portugaises et l'un des grands écrivains contemporains.

  • La lucidité

    José Saramago

    Au lendemain des élections municipales organisées dans la capitale sans nom d'un pays sans nom, la stupeur s'empare du gouvernement: 83% des électeurs ont voté blanc.Incapables de penser qu'il puisse s'agir d'un rejet démocratique et citoyen de leur politique, les dirigeants soupçonnent une conspiration organisée par un petit groupe de subversifs, voire un complot anarchiste international. Craignant que cette "peste blanche" ne contamine l'ensemble du pays, le gou-vernement évacue la capitale. L'état de siège est décrété et un commissaire de police chargé d'éliminer les coupables - ou de les inventer. Aussi, lorsqu'une lettre anonyme suggère un lien entre la vague de votes blancs et la femme qui, quelques années auparavant, a été la seule à ne pas succomber à une épidémie de cécité, le bouc émissaire est tout trouvé. La presse se déchaîne. La machine répressive se met en marche. Et, contre toute attente, éveille la conscience du commissaire.

  • La lucarne

    José Saramago

    En 1953, José Saramago remit un roman manuscrit à une célèbre maison d'édition de Lisbonne qui ne lui répondit pas et ne lui renvoya jamais son texte. En 1989, lors d'un déménagement, cette même maison d'édition retrouva le manuscrit et proposa à l'auteur de le publier. Saramago refusa et s'opposa à toute édition de son vivant.La Lucarne nous parvient donc avec soixante ans de retard. On y raconte la vie des habitants d'un immeuble dans une petite ville portugaise. Des couples qui se haïssent, une femme entretenue, une jeune fille ambitieuse qui devient sa rivale, quatre couturières amoureuses de Beethoven et de Diderot, un cordonnier philosophe et son locataire, alter ego de l'auteur. Ce roman, profondément subversif pour le Portugal du milieu du XXe siècle, traite de situations apparemment anodines mais aussi profondes qu'universelles. Dans l'immeuble où Saramago a fait entrer le monde, les lecteurs retrouveront les personnages de ses romans futurs et l'univers littéraire qui a marqué toute son oeuvre.Traduit du portugais par Geneviève Leibrich.Préface de Pilar del RioJosé Saramago est né en 1922 à Azinhaga, au Portugal. Écrivain majeur de la littérature portugaise, son oeuvre, qui comprend des romans, des essais, de la poésie et du théâtre, est traduite dans le monde entier. Il a reçu en 1995 le prix Camõens, la plus haute distinction des lettres portugaises, et le prix Nobel de littérature en 1998. Il est décédé à Lanzarote en 2010.

  • L'autre comme moi

    José Saramago

    Tertuliano Máximo Afonso, professeur d'histoire dans un collège, trente-huit ans, divorcé et vivant seul, découvre, horrifié, dans un film loué par hasard à un vidéo-club, son double parfait. En proie à la plus grande confusion, il visionne d'autres films, confirme sa découverte, interroge producteurs et distributeurs et parvient à connaître le nom de celui qui lui ressemble trait pour trait : António Claro. Avec l'aide de sa maîtresse, il part à la recherche de son double, un homme ordinaire, marié, acteur de cinéma, finit par trouver son adresse et son numéro de téléphone et le convainc de la nécessité d'une rencontre. Celle-ci a lieu dans un endroit désolé et s'achève sur un désastre, car chacun comprend que deux êtres semblables ne peuvent co-exister. Lequel des deux est moi, lequel est l'autre ? Pour Tertuliano Máximo et pour António Claro, la réponse n'est évidemment pas la même. Tout est alors en place pour que du désordre de l'identité surgisse la tragédie.Une fois encore, José Saramago met brillamment en scène un mythe pour mieux le démythifier en abordant la réalité de notre temps et la crise de notre société.Prix Nobel de littérature

  • Relevé de terre

    José Saramago

    Le soleil embrase le latifundium, l'ombre de la garde nationale plane sur sa glèbe. João Mau-Tempo découvre que la solidarité unit plus fortement les fourmis laborieuses que les paysans. Il mesure alors l'aliénation des siens. Entré dans la clandestinité, qualifié de dangereux perturbateur, il est emprisonné et torturé. Son combat n'est pas vain : une jeune femme libre marche sur ses traces.

  • Dans une écriture limpide et poétique, José Saramago nous livre une mosaïque de souvenirs d'enfance et d'adolescence. Entre Azinhaga, la terre de ses grands-parents, où il est né, et Lisbonne, où il a grandi, images, sensations, anecdotes reviennent pêle-mêle à la mémoire du grand écrivain: une famille de paysans pauvres, une grand-mère analphabète, un père devenu fonctionnaire de police à force de travail, et un enfant qui court dans les oliveraies, passe de longues heures sur les rives du Tage, contemple les beautés d'un ciel nocturne, marche pendant plusieurs jours en compagnie de son oncle pour aller vendre des cochons à une foire aux bestiaux, s'évade, solitaire, dans la lecture, ou cède à la magie des cinémas lisboètes.Cet attachement à la terre et aux plus humbles a nourri toute l'oeuvre du prix Nobel de littérature et éclaire l'engagement sans faille d'un homme aux côtés des opprimés.José Saramago est né en 1922 à Azinhaga, au Portugal. Écrivain majeur de la littérature portugaise, son oeuvre, qui comprend des romans, des essais, de la poésie et du théâtre, est traduite dans le monde entier. Il a reçu en 1995 le prix Camõens, la plus haute distinction des lettres portugaises, et le prix Nobel de littérature en 1998. Il est décédé à Lanzarote en 2010.Traduit du portugais par Geneviève Leibrich

  • La caverne

    José Saramago

    Cipriano Algor est potier. Il vit avec sa fille Marta et son gendre Marçal dans un petit village non loin d'un gigantesque centre commercial, une bâtisse de 48 étages avec magasins, restaurants, bars, piscines, services médicaux, appartements très convoités et un service d'ordre féroce. Lorsque le centre fait savoir à Cipriano Algor que sa vaisselle en terre cuite, rustique, cassable et démodée ne fera plus l'objet d'aucune commande, le potier comprend que tout ce qui avait donné sens à sa vie a brutalement disparu. Il ne lui restera plus alors, au fil d'un long cheminement, qu'à essayer de sauver par l'imagination et la rébellion un monde en voie de disparition, rongé par un autre qui grandit et se multiplie comme dans un jeu de miroirs où l'illusion trompeuse ne connaît pas de limites.Avec L'Aveuglement et Tous les noms, La Caverne forme un triptyque dans lequel José Saramago nous livre sa vision d'un monde courant au désastre en même temps que son attachement profond aux valeurs universelles de l'humanisme.

  • Lenz B., le grand chirurgien, façonné par l'éducation qu'il a reçue et l'admiration qu'il portait à son père, Frédéric Buchman ? un militaire ayant décrété « la peur est illégale dans cette maison » ?, refusait de porter le même patronyme que son frère, Albert, le jugeant médiocre et faible. C'est seulement lorsque meurt Albert qu'il estime pouvoir enfin recouvrer son identité, être Lenz Buchman, l'unique et digne fils de Frédéric Buchman.
    À la mort de son frère, Lenz Buchman abandonne la chirurgie et devient l'un des premiers dirigeants du Parti. Mais en même temps que la fulgurante ascension de l'homme, une autre force, insidieuse, suit un même chemin. Le chef du Parti est enfin élu, essentiellement grâce à la redoutable intelligence de Buchman. Le lendemain de ce jour, la maladie, elle aussi, avait vaincu. Lenz Buchman, l'homme fort, devient alors l'homme malade, puis l'homme faible, dépendant...

  • « Hanna a cessé de se tenir sur la pointe des pieds et de se regarder dans le miroir. Elle a rangé son bistouri esthétique et a attrapé son petit sac. Elle était, en même temps que six autres femmes, dans un appartement au rez-de-chaussée rue Georg-Lenz.
    - Je vais sortir ? a-t-elle dit. ? Il est trois heures du matin, si je ne suis pas revenue à six, c'est que quelqu'un m'aura tuée. ? Et avec un grand rire, elle claqua la porte. » « Un Kafka portugais. Impossible de résumer ce roman radieusement noir sinon qu'il ne cesse de brouiller les frontières entre la raison et la folie, l'horreur et la dérision, l'absurde et la gravité. », Le Figaro Magazine

  • Tout commence au lever du soleil. Dans un village portugais au nom de mammifère, un homme armé disparaît. Au même moment, à Lisbonne, le vent tourne : la révolution des OEillets met fin à la dictature. Mais où a pu se rendre l'insaisissable Celestino ?
    La Main de Joseph Castorp est le portrait d'une famille marquée par les années de tyrannie salazariste, la répression et la guerre coloniale. Ses secrets, ses mystères, ses joies se dessinent au rythme de l'Histoire, tragique parfois, somptueuse toujours, du Portugal, et composent une symphonie inoubliable.

  • 1987. Cinq jeunes femmes autour d´un piano, cinq survivantes du naufrage de l´Empire colonial portugais, elles sont là pour chanter. Il y a Gisela, qui les a convoquées et va mettre toute son audace et son énergie à leur transformation en un groupe vocal qui enregistre des disques et se produit sur scène. Il y a les deux soeurs Alcides, Maria Luísa la mezzo-soprano et Nani la soprano, qui sortent du conservatoire. Il y a Madalena Micaia, The African Lady, à la sublime voix de jazz, noire et serveuse dans un restaurant. Il y a enfin la plus jeune, Solange de Matos, dix-neuf ans, qui découvre la vie et la ville. Elle n´a pas une grande voix mais un grand talent "pour les petites choses", elle compose des paroles de chansons inoubliables qui feront la gloire du groupe. Puis il y aura l´amour aérien et ambigu du chorégraphe international João de Lucena.

  • " Mesdames et messieurs, circulez, Il n'y a rien à voir Tout est sous contrôle. " Un roman, suivi d'une nouvelle en bonus. Avec une grande maîtrise, Rui Zink joue de la farce et de l'humour pour questionner notre rapport aux maux de notre temps que sont le terrorisme, la torture, mais aussi le pouvoir et la manipulation. PRIX UTOPIALES 2017 pour le précedent titre L'Installation de la peur
    Le Terroriste joyeux Un dialogue. Deux personnages : un présumé terroriste face au policier qui l'interroge. Le premier est cueilli à la frontière, à sa descente de l'avion, transportant des explosifs. Sa défense : il n'a fait que les transporter pour son cousin, en échange d'un peu d'argent. Les autorités n'avaient qu'à lui demander de remplir préalablement un formulaire ! Le ton est donné. Au fil de l'interrogatoire, le doute s'installe, un glissement insidieux se produit, les rôles se défont : il n'y a plus un terroriste et un policier, mais simplement deux hommes. Et dans un système qui prône la suspicion, la méfiance et la haine de l'autre, le sort de ces hommes n'est peutêtre pas si différent...
    Le Virus de l'écriture Un virus hautement contagieux se répand partout, et à grande vitesse : le nombre d'écrivains et de poètes augmente à vue d'oeil. Et ils écrivent bien par-dessus le marché ! L'épidémie est d'abord saluée avec enthousiasme, considérée comme une nouvelle Renaissance par les journalistes, commentateurs et autres critiques. Bien vite, pourtant, les choses tournent vinaigre : les marchés et les magasins sont vides, la pénurie alimentaire menace, plus personne n'assume ses fonctions. Tout le monde écrit. Mais si tous écrivent, qui reste-t-il pour lire ? Ainsi s'interroge le narrateur, mystérieusement immunisé. Existe-t-il un espoir de trouver d'autres lecteurs pour former une cellule de résistants ? Pour empêcher la lecture et les langues de mourir ? Telle est la puissance, follement perverse, du virus.
    L'Installation de la Peur a reçu le grand prix des Utopiales 2017

  • " Souvent, il faut choisir entre le bonheur de la lecture et les délices de l'interprétation. Le Portugais Gonçalo M. Tavares invite à mener les deux de front [...] Ajoutez à cela un suspense capable d'aller crescendo, en dépit de ce qui émerge ou surgit, et vous aurez idée du plaisir de lire à nul autre pareil que procure cette prose à la fois sincère et en tapinois. " La Croix

    – C'est votre fille ?
    – Non, répondis-je. Je l'ai trouvée dans la rue. J'ai déjà demandé dans des magasins : personne ne sait qui elle est. Personne ne l'a jamais vue dans le quartier. Elle est à la recherche de son père. Elle s'appelle Hanna. Il y a une institution qui accueille ce genre d'enfant, je vais l'y conduire.

    Cette rencontre déterminante dictée par le hasard va bouleverser la vie des deux protagonistes.

    Marius – qui jusque-là fuyait un danger inconnu – décide de prendre Hanna sous son aile et de l'aider à retrouver son père. Un détail retient son attention : la jeune fille tient entre ses mains une boîte contenant une série de fiches dactylographiées destinées à l'" apprentissage des personnes handicapées mentales. " Mais cette définition,
    handicapée mentale, s'applique-t-elle vraiment à la situation de la jeune fille ? Rien n'est moins sûr.

    Une odyssée moderne et initiatique commence alors, portée par l'écriture " quasi hallucinée " propre à Gonçalo M. Tavares.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Ici, c'est Monsieur Walser qui fait son entrée en scène. Voilà un drôle de personnage, solitaire en apparence, qui décide de faire construire sa maison au beau milieu de la forêt. Cette nouvelle demeure, fruit d'acharnement et d'exigence, est le symbole même de la victoire de la civilisation, c'est un espace que l'humanité a conquis sur la forêt !
    Seulement voilà, le jour de l'inauguration les choses vont se compliquer à mesure que l'on sonne à la porte... Alors que Monsieur Walser semble au comble de la félicité, ce sont les professionnel, au lieu des invités, qui font irruption dans la maison afin de réparer les robinets, les murs, les fenêtres, le parquet...

  • « J'étais la fille d'un hasard, d'une bêtise de jeunesse, de l'exubérance du corps... Alors j'étais responsable de ce que cette barque noire soit venue couler à notre porte. » Emma découvre qu'elle est la fille du jeune frère de son père, chassé par la famille et dont elle ne connaît que les dessins d'oiseaux qui jalonnent ses voyages à travers le monde. Elle va aimer passionnément ce père étrange qui lui a donné sa couverture de soldat et son revolver. Puis, adolescente, elle assiste à la lente destruction par la famille de l'image de l'absent.
    Lídia Jorge écrit ici un roman poignant, direct, limpide, d'une force incroyable, qui vous tient prisonnier bien au-delà de sa lecture. Un livre exceptionnel.

  • Monsieur Swedenborg pense le monde de manière géométrique, tout n'y est que figures et espace en mouvement. Cette fantaisie littéraire s'appuie sur l'oeuvre du scientifique et théologien suédois reconnu comme l'un des précurseurs du spiritisme. Cet opuscule démontre, si besoin était, l'extraordinaire talent de Tavares, esprit hors norme, ambitieux, logique et fou !

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Valéry est petit mais il aurait préféré être grand. Il ne veut pas trop s'attacher à un animal domestique car ils meurent facilement. Il a tendance à confondre son chapeau avec ses cheveux. Et il doit absolument distinguer sa droite de sa gauche. Bref, le quotidien de Monsieur Valéry est ainsi consacré à la construction d'un schéma mental qui l'aiderait à affronter des dilemmes. Grâce à la logique et au dessin, Monsieur Valéry est toujours persuadé de trouver une solution.
    Avec une ironie et un humour mordants, Gonçalo M. Tavares nous impose là une sorte de micro-traité sur la bêtise, ou nous montre comment une intelligence purement logique mais dépourvue de toute émotion et de bon sens tombe dans le piège de l'absurdité absolue.

  • Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards... Jusqu'à l'apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d'une pièce entraînant celle de la suivante...

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Brecht est conteur professionnel. Un jour, il s'installe dans une salle presque vide et commence à raconter des historiettes entre absurde et humour noir. Des personnes entrent, s'installent, l'écoutent, la salle se remplit progressivement. Surgit alors un problème majeur : le public est tellement nombreux qu'il bloque la porte de sortie ! Monsieur Brecht se retrouve prisonnier de son propre succès...

  • Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre.
    Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant

  • L'installation de la peur

    Rui Zink

    • Agullo
    • 8 Septembre 2016

    "Madame n'est pas sans savoir que l'installation de la peur est un objectif patriotique. Directive n°359/13. ' Un huis clos délétère et magistral, un texte jubilatoire, grinçant et drôle. La sonnette retentit dans l'appartement d'une femme vivant seule avec un enfant. Ignorant qui se trouve derrière la porte, la femme, méfiante, décide de cacher son enfant dans la salle de bains avant d'aller ouvrir. Sur le perron se trouvent deux agents du gouvernement qui l'informent de leur mission : la mise en application de la directive n° 359/13 exigeant l'installation de la peur dans chaque foyer. Faisant irruption violemment dans le salon, les deux visiteurs se lancent dans une inquiétante performance : tour à tour, ils haranguent la pauvre femme, dressant un tableau horrifique des maux de notre temps. Dans leur discours halluciné, tout y passe : crise, épidémies, catastrophes naturelles, misère sociale, guerre et torture, terrorisme... Ils agrémentent leur diatribe d'histoires effrayantes jouant sur les peurs primales de l'homme (peur de l'autre, de la maladie, de la folie...), qu'ils mettent en scène pour un effet d'épouvante maximum. Petit à petit, ils installent ainsi une violence sourde dans la pièce, entraînant la femme - et le lecteur - dans leur délire paranoïaque. Mission accomplie? Pas sûr. La peur a une vie propre, et ses ravages peuvent parfois se montrer inattendus... Né à Lisbonne en 1961, professeur de littérature et de théorie de l'édition à l'Universidade Nova de Lisbonne, RUI BARREIRA ZINK est l'auteur de récits pour la jeunesse, de scénarios de bandes dessinées et de plusieurs romans dont Dádiva divina, prix du pen Club portugais 2005, et Le Destin du touriste, traduit en français aux éditions Métailié en 2011.

  • Soufre

    José Luis Peixoto

    • Seuil
    • 7 Septembre 2017

    Non loin du village de Galveias, dans le sud du Portugal, une étrange météorite s'abat sur un champ, emplissant les lieux d'une insupportable odeur de soufre. Des pluies incessantes succèdent à une chaleur suffocante, le pain et la farine prennent un goût exécrable. Autour du cratère se rassemblent bientôt les habitants, dont la vie et les secrets sont peu à peu dévoilés, soudain mis à nu au contact du mystérieux phénomène agissant tel un révélateur. Sans que sa vieille mère le sache, le facteur a fondé depuis plus de vingt ans une famille en Guinée, où il a fait son service militaire; désireuse de répandre son savoir, la maîtresse d'école voit son établissement saccagé et sa chienne éventrée; la tenancière du bordel est aussi une habile boulangère brésilienne; les chiens errent et vivent de drôles d'aventures; les existences se déroulent et s'entrecroisent, heureuses ou malheureuses, les rancœurs des uns et des autres ressortent, profondément humaines. Dans un style imagé, José Luís Peixoto nous livre un roman qui décrit une réalité froide, tour à tour belle et laide, parfois blessante comme la vie.
    " Un des écrivains les plus brillants de sa génération. "
    José Saramago

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Calvino préfère se promener pour mieux observer le monde et le comprendre. Il est rêveur mais rigoureux, toujours impeccable, jamais rien ne change chez lui. Il s'emporte contre la société moderne, les machines, les comptables, la presse, les écrivains immatures, et il déteste qu'on l'interrompe alors qu'il pense !
    Il se lance des défis techniques à première vue absurdes mais dans le but d'exercer son intelligence. Voilà donc que tous les samedis, il traverse le Quartier en transportant une barre parfaitement parallèle au sol ou bien déplace 10 kg de terre d'un endroit à un autre en utilisant une petite cuillère pour « entraîner les muscles de la patience ».

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des « messieurs » portant les noms d'écrivains célèbres. Ces petits livres n'ont rien d'une biographie. Ce sont des hommages.
    Monsieur Kraus est un journaliste politique, chargé de rendre compte du quotidien d'une campagne électorale. Il est convaincu que « la seule façon objective de commenter la vie politique, c'est d'en faire la satire » ! De courts épisodes nous présentent donc les aventures (comiques) d'un dirigeant politique, « le Chef », borné, outrageusement ignorant et égocentrique.
    Ce livre, furieusement drôle, est surtout un pamphlet contre les agissements irresponsables des dirigeants que l'exercice du pouvoir et la vanité aveuglent. C'est l'archétype du chef absolu qui est dépeint dans les chroniques.

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