• Cette nouvelle parution de Voix et images nous propose un réexamen de « La révolution littéraire des années 1940 au Québec ». Voulant éclairer autrement le récit officiel, ce dossier cherche à déterminer les interactions qui existent entre le centre et la marge, entre les oeuvres reconnues et les discours trop souvent délaissés par la critique. En tenant compte des productions populaires et médiatiques, les articles réunis ici proposent une saisie inédite des bouleversements de la décennie 1940, marquée par la Seconde Guerre mondiale, le déploiement des grands journaux et de la presse spécialisée, l'essor de la radio, etc. En somme, ce dossier souhaite faire voir la complexité du choc qui provoque l'exceptionnelle ébullition des années 1940 et qui offre l'occasion de saisir la façon dont le littéraire fait sens de l'ensemble de la société de l'époque, où à la fois le pôle littéraire, le pôle médiatique, le marché, la critique savante et les institutions acquièrent d'un coup une maturité sans précédent.

  • Une grande constante traverse le dernier numéro de l'année de la revue Nuit blanche : celle du voyage. En plus de toutes les nouveautés québécoises et internationales, voici le menu qu'elle nous propose. Premièrement un panorama de la littérature routière et vagabonde, de Okanagan de Sara Lazzaroni à L'Astronome dur à cuire de Jonathan Ruel en passant par Le Fil des kilomètres de Christian Guay-Poliquin. Ensuite une approche particulière de l'« indianité » à travers l'oeuvre de Louise Erdrich et Thomas King. Puis, un anniversaire : la maison d'édition L'Instant même fête ses 30 ans et se raconte à rebours. De nombreuses pages seront consacrées aux correspondances du clan Ferron. L'écrivain méconnu du XXe siècle mis à l'honneur sera le moderniste et voyageur Luc Durtain (1881-1959). La publication nous propose également de découvrir le poème inédit de Robert Yergeau Les Muses chauves ainsi qu'un portrait de l'écrivaine Gracia Couturier, entre théâtre, albums jeune public et romans.

  • Symbole incontestable de la modernité québécoise, à la fois manifeste et recueil d'oeuvres d'art, Refus global est entré dans la légende avec ses mythes, ses héros, ses martyrs. Comment a-t-il été reçu lors de sa parution en 1948? Et comment cette réception a-t-elle cheminé tout au long des décennies subséquentes, entre voies royales et routes secondaires, entre oubli et consécration, entre modes culturelles et tendances historiques?

    Dans ce récit au carrefour de la littérature, de l'histoire et de la sociologie, l'auteure cherche notamment à comprendre les phénomènes de réceptions partielles ou parallèles qui peuvent sauver de l'oubli certaines oeuvres. Elle examine les facteurs qui influencent la construction de « l'autoroute de la mémoire culturelle » et confirme l'intérêt qu'il y a, parfois, à jeter un oeil à ses angles morts. En déconstruisant le récit commun au fondement du mythe, et en désengorgeant le discours critique, cet ouvrage essentiel ouvre grand les pistes pour de nouvelles lectures de cette époque charnière de l'histoire du Québec.

empty