Editions Champ Vallon

  • C'est au prix d'une généralisation hâtive d'un trait de la sensibilité de son temps que Chateaubriand déclare : "Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines". S'il est en effet des époques où le spectacle des ruines a fait naître une émotion et un plaisir singuliers, il en est d'autres où il n'a suscité qu'indifférence voire horreur. Tout permet de désigner la Renaissance comme le moment où le goût des ruines s'est manifesté pour la première fois en Occident. Cette apparition elle-même peut être interprétée comme révélatrice de l'émergence d'une nouvelle forme de conscience historique.Située à la croisée de l'histoire de l'art, de l'esthétique et de la philosophie de l'histoire, cette étude s'attache à l'examen du traitement poétique, pictural et philosophique du motif de la ruine, du début du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle et appréhende, à travers lui, la transition d'une approche théologique et allégorique de l'histoire à une conception séculière, prenant pour modèle le cycle biologique de la croissance et du déclin.

  • La noblesse romaine a été souvent considérée comme la mère de toutes les noblesses occidentales et les ouvrages sur la noblesse médiévale commencent classiquement par une référence à l'héritage romain. Cette noblesse romaine (nobilitas) n'est pourtant pas celle que l'on croit : trop d'historiens l'ont confondue à tort avec l'ordre sénatorial. À la fin de la République romaine, la noblesse désignait au contraire un sous-groupe du Sénat, composé des familles patriciennes et consulaires. Il s'agissait d'une notion coutumière et non pas juridique. L'ambition de ce livre est de mettre en lumière le rôle des catégories non statutaires dans la structure sociale romaine.Christophe Badel retrace le destin de ce modèle social au cours des cinq siècles de la période impériale. Groupe défini par l'usage social, non par la loi, la noblesse n'avait pas pour autant des contours flous car une série de marqueurs permettaient clairement aux Romains de l'identifier. La gestion du consulat, l'exhibition des masques en cire des ancêtres lors des funérailles, l'affichage des tableaux généalogiques peints sur les murs de l'atrium désignaient concrètement un noble sénatorial au début de l'Empire comme sous la République. Même si ce "modèle républicain" de la noblesse sénatoriale connut des remaniements à la fin de l'Antiquité, son fonctionnement général ne fut guère bouleversé.Il démontra aussi son rôle de modèle en s'implantant dans d'autres milieux et d'autres contextes. C'est en copiant la nobilitas sénatoriale que les empereurs, les notables locaux, les chrétiens élaborèrent leur modèle de noblesse. Ce phénomène de transfert ne fut pas sans affecter le modèle originel, qui connut une certaine érosion dans le nouveau milieu d'accueil. Mais le dynamisme du modèle nobiliaire n'en fut pas moins impressionnant d'autant plus qu'il survécut à l'effondrement de l'Empire romain en Occident (476). Au début du VIe siècle, il demeurait inchangé dans les nouveaux royaumes barbares avant de s'effacer brusquement dans le dernier tiers du siècle, victime de la fusion des élites romaines et germaniques. Une nouvelle aristocratie forgeait un nouveau modèle nobiliaire.

  • Ce livre n'est pas une histoire de Rome, mais une expédition aux sources de son image. Comprendre comment Rome fascine, remonter jusqu'au moment où l'immense piège est façonné, puis tendu pour capturer une Europe que la Réforme a pu ébranler, savoir qui a élaboré cet instrument culturel si magistral, telles sont les ambitions de cette enquête sur l'imaginaire urbain le plus subtilement conquérant qui fut jamais.

  • L'histoire culturelle de l'Europe entre le XVIIIe siècle et le milieu du XXe siècle est marquée par l'émergence de nouveaux lieux centraux pour les échanges, le rayonnement et l'innovation en matière de culture. L'observation de ces capitales culturelles, d'État le plus souvent, permet de comprendre la dynamique du passage de la culture de cour ou d'élite à une culture de plus en plus largement partagée et pratiquée, ainsi que l'émulation entre les espaces nationaux et linguistiques. Les capitales culturelles anciennes ou dominantes (Londres, Rome, Paris) suscitent en effet des politiques de rattrapage dans les capitales culturelles plus récentes ou incertaines. Produit d'un travail collectif rassemblant des spécialistes de littérature, d'histoire, d'histoire des sciences, d'histoire des arts et de la musique, ce livre redresse bien des stéréotypes et images simplifiées d'une période qui voit l'apogée du rayonnement culturel européen, l'un de ses moments de créativité les plus féconds (de l'opéra aux avant-gardes picturales) et un moment d'interaction intense avec les combats politiques et sociaux les plus décisifs pour la transformation du continent. Textes de Giovanna CAPITELLI, Christophe CHARLE, Sophie COEURÉ Maria, Pia DONATO, Charlotte GUICHARD, Béatrice JOYEUX-PRUNEL, Matteo LAFRANCONI, Antoine LILTI, Véronique TARASCO-LONG, Daniel ROCHE, Bénédicte SAVOY, Mélanie TRAVERSIER, Stéphane VAN DAMME, Blaise WILFERT-PORTAL.

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