Les Belles Lettres éditions

  • Rome et le monde romain comme on ne vous les a pas racontés, et comme les manuels ne peuvent pas les raconter. Depuis Romulus jusqu'à la chute de l'empire, ce livre secoue nos certitudes et tend parfois un miroir à nos préoccupations contemporaines, parlant de fake news et de politique-spectacle, d'accès à la citoyenneté entre asile généralisé et fermeture, d'images paradoxales de l'Urbs, de génocides étalés avec complaisance à côté de quelques discours humanitaires, d'une hostilité prétendue au progrès scientifique, de représentations du limes construites en fait au XIXe siècle, d'une extraordinaire et bien réelle capacité à gérer de terribles défaites (parlera-t-on de résilience ?), de l'escamotage des langues de l'empire autres que le latin et le grec, du moins jusqu'aux prêcheurs chrétiens, de l'importance des prodiges et de la multiplicité des cultes locaux, ou encore des « invasions barbares » et du foisonnement des hypothèses sur la chute de l'empire... L'érudition et la familiarité s'associent en un récit passionnant et décapant.

  • La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse. C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.

  • Que peut-on savoir des premières guerres de Rome ? Quelle a été la portée des défaites romaines au sein de ces conflits militaires, qui ont tous été réécrits postérieurement comme des victoires indubitables de Rome ? Assurément, l'histoire des plus anciennes guerres romaines n'est connue qu'à travers des récits écrits plusieurs siècles après les faits. Confrontés à d'importantes lacunes documentaires, leurs auteurs n'ont pourtant pas renoncé à reconstruire l'histoire des guerres qui ont permis aux Romains de s'affirmer progressivement comme une puissance hégémonique en Italie. Ces historiens ont même composé des récits très détaillés et souvent cohérents de ces conflits militaires, en s'appuyant sur des archives familiales et publiques, des inscriptions, ainsi que sur des récits oraux. À en croire les Anciens, ces sources divergeaient fréquemment, à tel point que les récits conservés présentent des versions différentes des mêmes événements. De plus, chaque oeuvre reflète les choix de son auteur ainsi que sa réinterprétation singulière du passé romain, qui évolue selon l'orientation de son ouvrage et l'époque à laquelle il écrit (de celle d'Auguste jusqu'aux premiers temps chrétiens). Dans un processus de mise en intrigue de l'histoire archaïque, ces historiens ont parfois exagéré le nombre et la portée des victoires romaines, nié l'existence de défaites que d'autres auteurs admettaient pourtant, réécrit des épisodes entiers en s'inspirant de l'histoire grecque et envisagé, plus largement, les premières guerres de Rome comme l'amorce d'un processus de conquête qui prédestinait la cité à gouverner le monde connu. En s'appuyant sur un catalogue exhaustif des affrontements rapportés par les textes entre 753 et 290 av. J.-C. (747 entrées), cette étude propose d'analyser les logiques de réécriture des premières guerres romaines, et tout particulièrement les enjeux complexes que présentent la mise en récit des défaites et des victoires, leur alternance ainsi que l'intrigue construite autour de ces péripéties.

  • Proposant une lecture bilingue, ce petit livre permet d'approfondir son français tout en s'initiant au latin et à la mythologie antique.
    Énée, héros troyen fils de la déesse Vénus, a reçu une mission divine : fonder, dans le Latium, la nouvelle Troie qui deviendra Rome. Pour cela, il doit descendre aux Enfers retrouver l'âme de son père, avec l'aide de la Sibylle de Cumes, prêtresse d'Apollon. Elle seule est capable de le guider pour que son avenir lui soit révélé...
    Explore avec Énée le Royaume des Ombres.

  • Proposant une lecture bilingue, ce petit livre permet d'approfondir son français tout en s'initiant au latin, à l'histoire et à la mythologie.
    Rome et Carthage s'affrontent, au IIIe siècle avant J.-C., pour la domination de la Méditerranée devenue trop petite. Désireux de venger sa cité vaincue dans un précédent conflit, Hannibal passe les Alpes avec mercenaires et éléphants, défait les légions de la République, touche aux portes de Rome, et combat près de dix-sept ans sur le sol italien.
    Rejoignez cette expédition inouïe qui a marqué à jamais le monde antique et la mémoire romaine.

  • Michel De Jaeghere est journaliste. Chargé de suivre l'information religieuse, il est envoyé à l'automne 1996 à Rome pour y « couvrir » la mort de Jean-Paul II, qu'on annonce imminente, et le conclave où sera désigné son successeur. Les rumeurs sont contradictoires, les papabile poussent leurs pions, mais Jean-Paul II ne meurt pas ! Désoeuvré, l'envoyé spécial explore le Vatican, les ruines de la Rome antique, les musées, multiplie les rencontres avec vaticanistes, prélats, cardinaux. Il note ce qu'il voit, commente ce qu'il visite, rapporte ce qu'on lui raconte. Son journal de voyage prend dès lors les allures d'un savoureux portrait de la Ville où les Monsignori complotent à l'ombre des souvenirs prestigieux de la Rome des Papes, étroitement mêlés avec ceux de la Ville des Césars. L'histoire de l'art y fait sa place à l'archéologie, le récit historique s'entrecroise avec les souvenirs littéraires, le reportage avec la méditation sur l'histoire, dans l'esprit des Promenades dans Rome de Stendhal.
    Michel De Jaeghere est directeur du Figaro Histoire. Il a publié aux Belles Lettres Le Menteur magnifique, Chateaubriand en Grèce, Les Derniers Jours, La fin de l'empire romain d'Occident et La Compagnie des Ombres, À quoi sert l'Histoire ?

  • Jamais les Romains n'ont employé de formule pour désigner ce que nous appelons le « droit pénal ». Devrait-on penser pour autant avec Theodor Mommsen que « le droit pénal romain n'ayant jamais formé un tout, il ne peut être question d'en retracer l'histoire » ? Non, précisément, car l'histoire ne saurait supposer un système doctrinal qui en déterminerait l'objet comme un tout. Depuis la fondation de Rome attribuée à Romulus (en 753 av. J.-C.) jusqu'à l'effort de reconquête mené par l'empereur byzantin Justinien (527-565 ap. J.-C.), des institutions et des normes relatives à la répression des crimes n'ont cessé d'être produites. A l'origine, un « droit de vie et de mort » qualifie la place du père dans la famille, comme celle du magistrat dans la cité. Naît ensuite la « République » ou l'avènement de la libertas, c'est-à-dire essentiellement la protection du citoyen face à l'arbitraire du magistrat. Cinq siècles plus tard et au terme de longues guerres civiles, l'autocratie impériale se substitue à la « liberté » : tout crime peut être désormais considéré comme une atteinte à la « majesté du prince » ; seul l'empereur peut décider de « l'indulgence » effaçant une peine ou recevoir l'« appel » d'un condamné. Le présent ouvrage articule en cinquante rubriques, réparties en trois chapitres (la procédure, les crimes, les peines), la lecture de treize siècles d'une histoire politique de Rome.

  • « La République est morte », écrit Cicéron à son ami Atticus près de quinze ans avant que César ne tombe sous les dagues des conjurés. Un siècle. Telle fut la durée de l'agonie de la République romaine qui succomba sous les coups d'ambitieux dictateurs et chefs militaires, avides d'exercer un pouvoir personnel. De 133 avant notre ère, lorsque Tiberius Gracchus fut éliminé après avoir trahi les institutions républicaines, jusqu'à la mort d'Antoine à Alexandrie, vaincu par Octave à l'été 30, un siècle de guerres civiles, de violences et d'affrontements sanglants ont ravagé Rome et l'Italie. Les plus grands généraux, Marius, Sylla, Pompée, César, Antoine, Octave... sont parvenus à faire chuter un régime politique que plusieurs siècles avaient réussi à édifier sous l'égide de la célèbre « vertu romaine » et dans l'affirmation du bien le plus précieux pour les Romains : la liberté. Comme toujours en pareil cas, c'est le peuple romain qui s'en trouva la principale victime. Pourquoi assassiner la liberté ? Comment un engrenage fatal a-t-il conduit des hommes jadis fiers de leur République à renier leurs valeurs fondamentales ? Telles sont les questions que pose l'auteur qui, pour mieux faire revivre ces heures brûlantes, assortit son propos de relations évocatrices comme autant d'ouvertures vivantes sur cette époque tragique. L'observation de ce moment historique pendant lequel se déchaîna une violence qui faillit tout emporter avec elle n'est sans doute pas inutile à la réflexion de ceux qui s'interrogent également sur l'évolution de notre temps.

  • Bienvenue dans les joyeux banquets et dans les aimables cercles littéraires des Grecs et des Romains !
    Les Anciens, de joyeux drilles ? Eux, les dignes, les sérieux, les vénérables fondateurs de notre philosophie, de notre politique, de notre littérature, ont pourtant un aspect très moderne : leur aptitude à faire rire le lecteur en créant avec lui une connivence amusée, tout particulièrement en usant de cette forme de comique subtil que nous appelons l'humour.
    L'humour est présent partout : bien sûr dans les comédies qui s'élèvent souvent au-dessus de la farce, mais aussi dans des genres moins attendus comme l'épopée ou l'histoire. Mais c'est surtout à l'occasion de dialogues, d'échanges épistolaires, de récits, que chacun laisse libre cours à sa fantaisie, en cherchant à faire rire ou sourire un interlocuteur qui sait apprécier les jeux de mots, l'impertinence du point de vue, les imaginations plaisantes.
    Alors, à votre tour de sourire avec la centaine de textes courts et piquants rassemblés ici.

  • La République romaine est-elle morte parce que ses légions auraient fini par être recrutées, pour l'essentiel, parmi les plus pauvres de ses citoyens ? L'historiographie moderne l'a affirmé et répété inlassablement depuis le XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui. Pour la première fois, ce livre propose une réfutation de cette théorie traditionnelle. Il montre que l'armée romaine dite « post-marienne » est un mirage historiographique. Elle n'a jamais existé que dans l'esprit des spécialistes modernes qui ont cru, par cette expression, pouvoir rendre compte d'une évolution significative en matière de recrutement légionnaire au cours du dernier siècle de la République. Or, malgré le très large consensus qui s'est formé autour de l'hypothèse d'une prolétarisation des légions à cette époque, un tel phénomène n'est absolument pas attesté dans la documentation, bien au contraire. En ce sens, l'armée de citoyens pauvres à laquelle l'historiographie moderne a coutume d'attribuer une responsabilité décisive dans la crise et la chute de la res publica s'apparente, en fait, à une armée imaginaire.

  • Sans doute l'effondrement de la civilisation romaine n'eut-il ni l'uniformité, ni la fulgurance dont se plut à le parer l'imagerie romantique. La disparition de l'empire d'Occident n'en fut pas moins le résultat d'une submersion violente du territoire romain par des populations qui désiraient jouir de ses richesses sans adopter ses disciplines. Elle se traduisit, pour ses contemporains, par un désastre comme l'histoire en offre peu d'exemples.
    Au fil d'un récit plein de drames, de fureurs, de retournements, d'où émergent les grandes figures de Théodose, de Stilicon, d'Alaric, de Galla Placidia, d'Attila, d'Aetius, Michel De Jaeghere fait revivre le siècle décisif qui sépare l'irruption des Goths, en 376, de la déposition, cent ans plus tard, de Romulus Augustule. Brossant le portrait de la société et des institutions de l'antiquité tardive, comme celui des peuples barbares qui se pressaient alors aux porte de l'empire, il analyse sur la longue durée le processus qui vit la montée en puissance des populations germaniques à l'intérieur du monde romain, en ne négligeant ni l'histoire militaire, ni les circonstances politiques, économiques et sociales qui réduisirent les autorités romaines à l'impuissance.
    Il inscrit, surtout, l'ensemble de son livre dans une double réflexion sur la grandeur et les limites de la civilisation antique et sur les causes de la mort des empires.

  • À Rome, sous la République et au début de l'Empire, un magistrat ne pouvait pas exercer ses responsabilités sans ses appariteurs. Ils étaient sa voix (hérauts ou praecones), ses huissiers (viatores), ses gardes du corps (licteurs), ses mains et sa mémoire (scribes). Ils entouraient le magistrat et effectuaient les multiples tâches qu'exigeait l'exercice du pouvoir. Ils étaient des hommes libres et des citoyens, au service de la cité qui les rémunérait et les mettait à la disposition des magistrats le temps de leurs fonctions. La plupart d'entre eux étaient ainsi inscrits dans des cadres officiels, des décuries, d'où chaque année était choisi le personnel nécessaire. Ils y gagnaient la reconnaissance d'une compétence et d'une certaine indépendance, d'une dignitas qui leur valait de se constituer en ordres. Toutefois, les membres de l'aristocratie sénatoriale qui devaient pouvoir compter sur leur fidélité et leur dévouement veillaient à faire recruter leurs dépendants, souvent leurs affranchis. Ainsi, la position qu'ils occupaient avait-elle quelque chose d'étrange : au service à la fois, public, de la cité et, privé, de ses gouvernants. L'étude de ces hommes se révèle alors décisive pour la compréhension de l'évolution de l'organisation civique romaine qui, par un processus de privatisation des instances publiques, conduisit à l'Empire.

  • Robert Turcan, de l'Institut, ancien membre de l'École française de Rome, a consacré plusieurs ouvrages aux empereurs qui ont marqué l'histoire : Hadrien, Marc Aurèle, Héliogabale, Constantin. Avec Tibère, c'est le type même d'un prétendu tyran sanguinaire qui est concerné. Nos études classiques (Tacite et Suétone) nous ont appris à le détester.
    « Le plus beau portrait historique dans Tacite est celui de Tibère », écrit Chateaubriand. « Il n'y a guère d'apparence que le fils de Livie ressemblât au Tibère de Tacite, c'est pourtant ainsi que nous le voyons tous », avertit toutefois Rousseau.
    À relire les textes d'un oeil plus critique, on fait la connaissance d'un homme qui, dès l'enfance, a dû affronter les périls d'une vie éprouvante, avant de faire face à mainte obligation inexorable, comme chef militaire aussi bien que gendre et successeur d'Auguste. On constate alors un décalage entre les témoins directs de son temps et les « historiens » qui l'ont jugé trois quarts de siècle après sa mort. Th. Mommsen l'a considéré comme « le plus capable des empereurs romains » et le compte, en tout cas, au nombre des « meilleurs ».
    Avec Auguste, le pouvoir impérial relevait du mystère. Tibère l'a exercé sans ambiguïté et, pour ainsi dire, fondé pour une longue et prestigieuse postérité.

  • Écrits au début de notre ère, quand naissait l'Empire, les Fastes reflètent à merveille l'ambiguïté de l'époque. Ovide nous livre ici une oeuvre fascinante où se mêlent mythologie, histoire et philosophie : le grand calendrier religieux commenté au jour le jour, les « Fastes » de Rome. Les fêtes se succèdent et s'éclairent au rythme du nouveau calendrier qui se constitue sous les yeux du poète : insensiblement, le temps du prince vient enlacer le temps de la Cité. Ovide fait alterner les genres littéraires : épisodes épiques, conversations avec les dieux, tableaux de genre, scènes comiques. Poème de l'ambiguïté, à l'image de leur époque, les Fastes sont aussi un superbe recueil de mythes à la romaine.

  • Les triumvirs l'ont emporté sur les républicains à Philippes, mais les guerres civiles ont encore cinq belles années devant elles. Désormais, Antoine et Octavien doivent tenir les promesses faites aux soldats : Antoine se charge de l'argent en pressurant les provinces d'Orient ; pour les terres en Italie, Octavien exproprie leurs occupants, et tout le pays entre en ébullition. Lucius, consul, et aussi frère d'Antoine, tente alors de rétablir la République, mais l'entreprise se termine vite par sa défaite à Pérouse. Une autre menace vient de Sextus Pompée qui contrôle toujours la Sicile et le trafic maritime : Rome est affamée. Quand Antoine, soucieux, quitte les bras de Cléopâtre pour retrouver l'Italie, ses officiers et ceux d'Octavien ont bien du mal à enrayer la guerre qui commence entre eux... Ainsi s'ouvre le cinquième livre des Guerres civiles, livre des rebondissements, où discordes, réconciliations, défections, accords vite transgressés, émeutes, tempêtes et mutineries ponctuent la période confuse où la République achève sa longue agonie. Appien arrête son récit à la mort de Sextus Pompée, considérant qu'avec lui la République, elle aussi, est bien morte ; l'historien réserve pour son Livre égyptien (qui ne nous est pas parvenu) la lutte finale entre Antoine et Octavien, une histoire d'une autre nature, celle de l'affrontement entre deux prétendants à la monarchie.

  • Livre d'architecture privée et publique, le De architectura de Vitruve intéresse également, dans une relation novatrice longtemps méconnue, les arts mécaniques (mécanique civile, mécanique militaire) et élargit son champ d'étude à des disciplines et thématiques diverses : hydrologie, biologie, géographie, histoire, éthique, histoire événementielle et croyances. Les études sélectionnées dans cet ouvrage s'attachent à saisir dans ses constituants particuliers, mais aussi comme ensemble, cette problématique complexe. Elles la situent dans un contexte historique, socio-culturel, scientifique et technique déterminé, dans le système plus précisément aussi d'une pensée antique aux postulats parfois radicalement différents des nôtres et intégrant dans une vision globale ses interrogations sur l'homme et sur le monde. La démarche critique choisie associe à une enquête conceptuelle une enquête linguistique tendant à identifier l'interdépendance établie dans le De Architectura entre un projet d'auteur et le langage qui lui donne corps.

    Professeur émérite à l'Université de Caen-Normandie, Louis Callebat est un spécialiste internationalement reconnu à la fois du latin tardif, des langages communs et techniques latins et du De Architectura dont il a édité et commenté plusieurs livres dans la Collection des Universités de France, qu'il a étudié dans de nombreux essais et communications et pour l'analyse duquel il a fourni des outils lexicographiques (Concordance, Dictionnaire des Termes techniques).

  • Pénétrer dans l'atelier de Clio, la muse de l'Histoire, c'est pour le lecteur moderne découvrir ou redécouvrir les grands événements et les petits faits qui ont façonné l'histoire d'Athènes et de Rome, portés par les plus belles pages de la littérature antique. C'est approcher Tacite, Hérodote ou Tite-Live et comprendre la manière dont ils écrivaient. C'est lire des pages mémorables où le souffle de la grande histoire, accompagné par un art du récit, côtoie l'anecdote et le fait divers. C'est aussi méditer sur les leçons morales et politiques du passé pour mieux comprendre le présent ; c'est enfin croiser des figures d'hommes illustres et déambuler au milieu d'une galerie de portraits de chefs, de soldats et de rois inoubliables. Des récits de batailles aux intrigues de palais, des complots immortalisés à la postérité organisée, du quotidien au spectaculaire, lecteur, suis donc Clio : c'est elle qui te servira de guide.
    Marie Ledentu, professeur des universités, enseigne la langue et la littérature latines à l'Université Jean Moulin - Lyon 3. Gérard Salamon, maître de conférences à l'ENS de Lyon, enseigne la langue et la littérature latines, principalement pour les élèves préparant l'agrégation de Lettres classiques. En collaboration avec Christophe Cusset, il a publié dans la collection Signets À la rencontre de l'étranger. L'image de l'autre chez les anciens (2008).

  • De 66 à 44 avant J.-C., les crises à Rome se succèdent et s'aggravent jusqu'à embraser le monde méditerranéen tout entier. L'historien grec Appien d'Alexandrie se montre fasciné par le spectacle de ces passions politiques déchaînées, par cette scène perpétuellement changeante sur laquelle défilent des acteurs illustres et consommés, dans toutes sortes de rôles : César l'audacieux, Pompée le rusé, puis le désemparé, Cicéron le vaniteux, Clodius l'impétueux, Caton le vertueux, Antoine le débrouillard, Lépide le maladroit... Le destin se joue de tous les héros et leur réserve une grande diversité de fins tragiques auxquelles se mêlent des épisodes grotesques.

  • Cet ouvrage présente un état de la condition du médecin à Rome dans une perspective historique : sa vie professionnelle de l'acquisition des connaissances à sa retraite ou à sa mort ; sa place dans la société : esclave, affranchi ou citoyen (de naissance ou par octroi du droit de cité) ; son comportement quotidien dans sa boutique ou en visite ; ses rapports avec ses confrères et avec l'autorité politique ; sa situation inégale et fluctuante selon la fortune et la localisation de sa clientèle, riche ou pauvre, urbaine ou rurale ; ses devoirs et sa responsabilité morale et juridique. Avec le temps, le développement de l'urbanisme favorise la multiplication des praticiens et leur concentration dans les grandes cités où vivent les riches, en même temps que le corps médical se diversifie (médecins, chirurgiens, cliniciens, médecins-masseurs, etc.). Abstraction faite des progrès postérieurs de la science médicale et de la civilisation, cette revue permet de saisir en germe plusieurs traits modernes de la profession : médecins de collectivités préfigurant la médecine du travail, médecins municipaux, enseignement officiel, institution, restreinte aux grandes cités, de l'assistance médicale gratuite pour les prolétaires, et même amorce de la médecine légale.

  • La mer est ouverte ! Emporté par le souffle des dieux, Tiron navigue jusqu'aux rivages de l'Égypte. Ton destin t'attend au-delà de la mer, a prophétisé la Sibylle de Cumes.
    Dans ce pays où tout l'enchante, aussi bien la turbulente mégapole que la paisible campagne soumise au rythme des crues du Nil, il nous fait découvrir le coeur des sanctuaires où officient les prêtres hellénisés et nous dévoile le bouillonnement culturel du musée d'Alexandrie. Bientôt remarqué par le préfet romain Balbillus, il accomplit un brillant parcours.
    Mais le ciel s'assombrit à l'avènement de Néron, dont Sénèque tente en vain de réfréner les pulsions criminelles. À Rome, dévastée par un incendie, s'annonce alors pour Tiron un tout autre destin, cette fois lourd de menaces. Saura-t-il l'affronter et conserver sa liberté ?
    L'ouverture de la mer, célébrée chaque année lorsque s'éloigne l'hiver hostile aux navigations, est ici la métaphore de l'espoir. Des vagues de la vie à ses tempêtes, ce roman tumultueux est une invitation au voyage, un voyage dans le temps et l'espace qui nous appelle et nous rappelle : homme libre, toujours tu chériras la mer !

    Anne-Laure Cartier de Luca vit à Rome, où elle a été professeur de Lettres au lycée français avant d'enseigner à l'université italienne. Poète, nouvelliste et critique littéraire, elle a aussi publié des entretiens avec des écrivains. Après Le Papyrus de la Via Appia, L'Ouverture de la Mer est son deuxième roman historique.

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