Presses universitaires François-Rabelais

  • La « réforme fiscale » de l'empereur Dioclétien inaugure un changement majeur qui provoque, tout au long du IVe siècle, une série de pratiques cadastrales et fiscales nouvelles, interférant sur les questions foncières de façon décisive. Mais justement, en quoi consiste la réforme ? Ce livre est le récit des changements qu'a connus la fiscalité personnelle et foncière, nommée souvent « capitation », à partir de la réforme fiscale de Dioclétien. Le lien est fait entre la documentation des arpenteurs sur le cadastre et le bornage d'une part, et les textes juridiques d'autre part. L'auteur peut ainsi décrire, pour la première fois, le mécanisme complet qui conduit de l'évaluation des terres et des hommes sur le terrain, à la définition et à la répartition de l'impôt. Pour permettre la gestion, on a institué des circonscriptions nommées fundus, praedium, casa, au sein desquelles on a regroupé les exploitations, fixé les hommes par l'enregistrement obligatoire (adscriptio), réuni les terres désertées aux terres productives. Les arpenteurs ont défini différents codages permettant de passer du terrain aux archives. Un dictionnaire de 1600 termes et expressions complète le livre et fournit un précieux outil de travail.

  • La mondialisation de l'économie, d'une part, les limites d'une planification urbaine procédant principalement par normes et réglementations, d'autre part, ont conduit les villes méditerranéennes à imiter les grandes métropoles mondiales en se tournant vers une programmation plus stratégique et plus flexible de leur développement et de leur aménagement. En Méditerranée comme ailleurs, prendre place dans la compétition internationale et attirer des flux croissants d'investissements internationalement mobiles devient un enjeu décisif qui conditionne fortement l'adoption d'un "projet urbain", caractérisé le plus souvent par de grandes opérations d'urbanisme à caractère emblématique. Cet ouvrage, faisant suite au colloque du Groupe de Recherches sur les Espaces et les Réseaux du Bassin Méditerranéen (GRERBAM) organisé à Barcelone en mai 2000 avec la collaboration de l'Institut Catala de la Mediterrania, s'interroge sur les conditions de mise en oeuvre du projet urbain dans le contexte spécifique des villes méditerranéennes. Soumises souvent à deux menaces, tantôt alternatives, tantôt complémentaires, de marginalisation périphérique et de métropolisation mal-maîtrisée, comment les villes méditerranéennes peuvent-elles penser leur projet urbain ? Quels atouts cherchent-elles à valoriser au travers de leurs plans stratégiques de développement pour se positionner sur le marché mondialisé des territoires ? Quelles sont les implications sociales, culturelles, urbanistiques de ces projets ? Telles sont quelques-unes des questions principales qui traversent les différents chapitres rédigés par des spécialistes des espaces méditerranéens, croisant leurs approches interdisciplinaires en partant d'exemples observés sur l'ensemble du pourtour méditerranéen.

  • Cet ouvrage constitue les Actes du colloque tenu à Tours les 7, 8, et 9 septembre 1998, qui a rassemblé des spécialistes de toutes les périodes de l'histoire dans une perspective totalement diachronique et pour une large aire géographique, de la Sicile grecque à la France du xxe siècle , en passant par les Cités-États de l'Italie ou de l'Allemagne médiévales. Une réflexion y est menée sur la pertinence de l'emploi du mot patriciat à travers les âges et les cultures, ainsi que sur les éléments constitutifs de l'identité patricienne au regard le l'ensemble des familles de l'élite urbaine. Les processus de formation et de pérennisation des lignages sont mis en lumière, de même que leurs mode d'insertion dans la cité et dans ses instances dirigeants et leurs systèmes de représentations face aux contemporains et à la postérité.

  • Une ville " rattachée " à une nouvelle souveraineté est toujours une ville " reconfigurée ". Des débuts de l'époque moderne aux événements les plus contemporains, en Europe et sur le pourtour de la Méditerranée, les bouleversements politiques internationaux ont donné forme aux villes, les ont modelées et marquées de leurs empreintes successives. Sur les trois aspects privilégiés dans cet ouvrage - la reconfiguration des réseaux sociaux, la recomposition des espaces, l'évolution de la mémoire de la ville -, les regards croisés d'historiens, d'historiens d'art et de praticiens de la ville mettent en lumière les diverses stratégies d'intégration, d'appropriation et de réinvention des sociétés urbaines qui ont vécu ce passage d'une souveraineté à une autre.

  • Après une longue période de troubles des guerres de religion, le renouveau des arts se manifesta de façon particulièrement éclatante sous le règne d'Henri IV, dans tous les domaines : peinture, sculpture, architecture, mais aussi l'art des jardins, les arts de cour, notamment les ballets et les entrées. Ce fut aussi le cas de l'art du livre, encore trop peu étudié aujourd'hui. Ce livre expose l'ampleur de ce renouveau et en montre les multiples aspects. Afin de cerner les transformations et les nouvelles configurations artistiques de cette période, les pratiques artistiques sont replacées dans leur contexte historique, politique et culturel. L'ouvrage pose les enjeux épistémologiques entre pouvoir (élaboration et diffusion par l'image de la figure du « bon roi », tolérant et unificateur du royaume) et art (art de cour, art sacré, dans une époque de troubles religieux...). Enfin, dans une volonté d'inscrire la production artistique française dans un cadre plus large, ce livre explore les liens qui unissent la France d'Henri IV et de Marie de Médicis aux grands centres artistiques européens (Florence, Nancy, Anvers).

  • MIHI MINIMO OMNIUM SANCTORUM, « Moi qui suis le plus petit de tous les saints » : les Minimes aimaient se référer à saint Paul pour rappeler l'humilité de leur ordre qui fut cependant l'un des plus florissants de l'époque moderne. C'est en France, tout près du château royal du Plessis-lès-Tours qu'à la fin du xve siècle François de Paule, un ermite guérisseur de Paola en Calabre fonda son premier couvent et définit l'une des règles de vie les plus rigoristes de l'époque. C'est là aussi que le fondateur devenu prophète de cour mourut en 1507. À la fin du siècle suivant, l'ordre comptait 457 couvents dans le monde, dont plus du tiers en France, signe d'un incontestable rayonnement spirituel. Pourtant, en dépit de cette importance numérique et de la renommée de quelques grandes figures « minimes », l'historiographie a longtemps ignoré ces religieux proches des rois et des élites urbaines, impliqués dans les réseaux lettrés et scientifiques. Ce livre collectif, qui s'inscrit dans un renouveau des recherches menées en Italie sur l'influence des Minimes, est le fruit de deux colloques organisés à Tours et à Beauregard-l'Évêque en 2007, à l'occasion des Célébrations nationales du 5e centenaire de la mort de saint François de Paule. À la croisée de l'histoire, de l'histoire de l'art et de la musicologie, il tente de saisir la présence au monde, complexe et multiforme, de ces religieux engagés sur tous les fronts de la lutte confessionnelle et des grands débats de leur temps.

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