Entreprise, économie & droit

  • Jamais les Romains n'ont employé de formule pour désigner ce que nous appelons le « droit pénal ». Devrait-on penser pour autant avec Theodor Mommsen que « le droit pénal romain n'ayant jamais formé un tout, il ne peut être question d'en retracer l'histoire » ? Non, précisément, car l'histoire ne saurait supposer un système doctrinal qui en déterminerait l'objet comme un tout. Depuis la fondation de Rome attribuée à Romulus (en 753 av. J.-C.) jusqu'à l'effort de reconquête mené par l'empereur byzantin Justinien (527-565 ap. J.-C.), des institutions et des normes relatives à la répression des crimes n'ont cessé d'être produites. A l'origine, un « droit de vie et de mort » qualifie la place du père dans la famille, comme celle du magistrat dans la cité. Naît ensuite la « République » ou l'avènement de la libertas, c'est-à-dire essentiellement la protection du citoyen face à l'arbitraire du magistrat. Cinq siècles plus tard et au terme de longues guerres civiles, l'autocratie impériale se substitue à la « liberté » : tout crime peut être désormais considéré comme une atteinte à la « majesté du prince » ; seul l'empereur peut décider de « l'indulgence » effaçant une peine ou recevoir l'« appel » d'un condamné. Le présent ouvrage articule en cinquante rubriques, réparties en trois chapitres (la procédure, les crimes, les peines), la lecture de treize siècles d'une histoire politique de Rome.

  • De l histoire de Rome au XIXe siècle, on ne retient souvent que la prise de la ville en 1870 par les troupes italiennes et la construction controversée du Vittoriano, en hommage au roi Victor-Emmanuel II. L objet de ce livre est d étudier sous un angle différent la manière avec laquelle la ville a été intégrée, politiquement et dans sa forme de capitale, au royaume d Italie. Au lieu de se concentrer sur l affrontement des symboles du monde national et de la sphère catholique, la démarche ici est tournée vers l étude de chantiers de travaux publics et d aménagement urbain souvent moins exposés à la dimension symbolique, mais dont l étude est révélatrice des mécanismes à l oeuvre entre municipalité, État et monde catholique. Dans un contexte où la municipalité romaine a été tour à tour lieu de confluence entre noblesse locale et intérêt national puis laboratoire de la gauche garibaldienne et enfin bastion de la droite conservatrice catholique, des projets tels que la canalisation du cours du Tibre ou l extension de la ville en direction des quartiers adjacents au Vatican ont été l objet de vifs débats entre les années 1870 et la fin du siècle. Au tournant du XXe siècle, c est l extension de la ville hors de ses murs antiques qui suscite rivalités et convoitises, par l étude desquelles on voit combien la dimension technicienne a été à Rome soumise pendant de longues décennies à un biais politique et institutionnel. Égouts bouchés à dessein, projets bloqués, mauvaise foi technique contre mauvaise foi politique, rien n est épargné à la ville à cette époque. Mais c est également sur le terrain de ces conflits que se sont construites les modalités d un rapprochement entre camps antagonistes et que c est édifiée une véritable culture civique citadine nouvelle, en rupture avec l ancien régime romain et reflet tant des convergences de fait entre Monarchie savoyarde et noblesse catholique pour le camp conservateur qu à gauche des tournants pris par les héritiers de Garibaldi. C est sur cette base qu entre 1922 et 1925 les fascistes assoient leur emprise sur la ville, en liant discours nationaliste post-garibaldien sur le développement de la capitale et négociation avec la noblesse propriétaire héritière de l Ancien Régime pour la réalisation de leur programme.

  • Le genre de la biographie d'artiste établi par Giorgio Vasari dans les "Vite de' più eccellenti architetti, pittori, e scultori italiani..." (1550) à l'épreuve de trois biographes romains du XVIIe siècle, Giovanni Baglione, Giovanni Battista Passeri et Giovanni Pietro Bellori : évolution d'un genre, qui tend peu à peu vers une histoire des arts plutôt qu'une histoire des artistes.


  • Jérôme Kerviel se confie en exclusivité sur sa nouvelle vie depuis l'" Affaire ". Un témoignage de rédemption, de résilience et de foi d'une grande force.

    " Je me suis installé pour quelques jours à Sainte-Marine afin de fouiller dans ma mémoire ce que fut ma vie avant de quitter la Bretagne. Écrire, c'est la contrainte que je me suis imposée pour comprendre ce qui a fait de moi un autre. Je prends cet exercice comme une thérapie. La marche en fut aussi une.
    À mes dépens, cette fable que nous appelons l'"Affaire' est devenue une histoire publique, et l'orgueil de rétablir mon nom a décuplé l'envie de la déconstruire pour mieux la comprendre. Je mets toute mon énergie à ce qu'elle n'échappe plus à l'examen de la vérité, préalable à l'expression sereine de la justice.
    Je relis de manière consciente les étapes de mon voyage inattendu. Je pose des filets pour attraper tout ce qui peut nourrir ma quête intérieure. L'aurais-je fait avant l'affaire ? En regardant ce décor paisible, je pense soudainement à tout ce qui m'est arrivé de bon depuis. Je sais que j'aurais pu passer à côté de ma vie. "
    Pour la première fois, Jérôme Kerviel se confie sur sa rencontre bouleversante avec le pape François, la marche de trois mois qui a suivi en Italie, son arrestation à Menton, la prison et sa libération... Il témoigne de sa résilience et de son parcours de rédemption, un changement de vie radical où l'Autre joue un rôle primordial.

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