Sciences humaines & sociales

  • Rome et le monde romain comme on ne vous les a pas racontés, et comme les manuels ne peuvent pas les raconter. Depuis Romulus jusqu'à la chute de l'empire, ce livre secoue nos certitudes et tend parfois un miroir à nos préoccupations contemporaines, parlant de fake news et de politique-spectacle, d'accès à la citoyenneté entre asile généralisé et fermeture, d'images paradoxales de l'Urbs, de génocides étalés avec complaisance à côté de quelques discours humanitaires, d'une hostilité prétendue au progrès scientifique, de représentations du limes construites en fait au XIXe siècle, d'une extraordinaire et bien réelle capacité à gérer de terribles défaites (parlera-t-on de résilience ?), de l'escamotage des langues de l'empire autres que le latin et le grec, du moins jusqu'aux prêcheurs chrétiens, de l'importance des prodiges et de la multiplicité des cultes locaux, ou encore des « invasions barbares » et du foisonnement des hypothèses sur la chute de l'empire... L'érudition et la familiarité s'associent en un récit passionnant et décapant.

  • Manuel

    Epictète

    Petit guide de philosophie pratique, le Manuel est destiné à quiconque souhaite progresser sur la voie de la sagesse. Selon Épictète, nous devons distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l'est pas. Ainsi, nous ne maîtrisons pas le cours des événements, mais nous sommes entièrement responsables de la façon dont nous y réagissons. Tempérer nos désirs, vivre en accord avec la Nature, comprendre le monde et le rôle que nous y jouons : tels sont les préceptes que nous exhorte à suivre Épictète, afin de connaître bonheur et vertu.

  • La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse. C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.

  • Qu'ils soient humbles ou illustres, l'histoire romaine regorge de voyageurs ayant parcouru les immenses routes impériales. L'empereur Hadrien est probablement le plus célèbre d'entre eux. L'essentiel de son règne s'accomplit loin de Rome, des rives de la Méditerranée jusqu'aux confins de l'Empire. Voyager lui permet d'exercer son pouvoir et d'unifier un Empire à vocation universelle. Ses pérégrinations le conduisent à rencontrer les soldats des frontières, les notables des grandes cités. Savants et lettrés, mercenaires ou simples citoyens des quatre coins du monde : le voyage est propice aux rencontres en tous genre. Au fil de son périple, les villes s'embellissent et les défenses de l'Empire se consolident sous la protection des dieux. Empereur érudit et curieux, il nous invite à redécouvrir les pyramides d'Égypte, à nous émerveiller des splendeurs de la Grèce ou à contempler les ruines de l'antique cité de Troie.

    Ce voyage sur les pas d'Hadrien nous permet d'embrasser l'immensité et la vie quotidienne d'un Empire à son apogée, en même temps qu'il nous donne à voir le génie politique et la sensibilité esthétique d'un homme exceptionnel.

    Agrégé d'histoire et spécialiste de l'Antiquité, Dimitri Tilloi-D'Ambrosi est chargé de cours à l'université Lyon III. Ses recherches portent sur les voyages, l'alimentation, la diététique et la médecine à l'époque romaine.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais c'est une Laïs qu'il me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de l'érotisme féminin dans l'Antiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. C'était aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) qu'il incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de l'Empire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À l'aide d'une documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Les Etrusques

    Dominique Briquel

    Au début du premier millénaire avant notre ère, les Étrusques ont développé la première grande civilisation de l'Italie. L'expansion de Rome y a mis brutalement fin. Elle ne nous est plus perceptible que par les vestiges que le sol de la Toscane et des alentours livre aux archéologues. C'est assez pour nous fasciner, mais cette civilisation continue à baigner dans une atmosphère de mystère : malgré les efforts de générations de spécialistes, des points essentiels, comme la compréhension de la langue, nous restent très imparfaitement accessibles.
    Cet ouvrage dresse l'état des connaissances sur les Étrusques, notamment sur leur origine et sur leur langue.

  • Héritier par adoption de la couronne du royaume de Numide, le jeune Jugurtha n'hésite pas à corrompre les dirigeants romains pour éliminer tout rival et s'emparer seul du trône. Mais bientôt la grogne se lève au sein du peuple de Rome, indignation de la plèbe qui se révolte contre les massacres en chaîne et les manoeuvres de la noblesse. Obligée, par crainte d'une guerre civile, de combattre le roi barbare, celle-ci l'emporte grâce à Marius, général aux origines modestes. Cette victoire marqua l'entrée dans les hautes sphères politiques de personnalités issues des classes populaires. Par une attaque sévère contre l'aristocratie romaine, vénale et corrompue et le récit de la première victoire du "parti populaire", Salluste écrit l'une des toutes premières luttes des classes de l'Histoire.

    Né en - 86, Salluste fut un homme politique, militaire et historien proche de Jules César et de Clodius. Après une courte carrière au Sénat, il accompagna César en campagne et franchit avec lui le Rubicon en - 49. Après l'assassinat de ce dernier, il se consacra au récit complet des épisodes les plus mémorables de l'histoire romaine. Son souhait novateur d'expliquer les causes des événements et de comprendre les motivations des protagonistes le consacrèrent "premier des historiens de Rome".

  • Que peut-on savoir des premières guerres de Rome ? Quelle a été la portée des défaites romaines au sein de ces conflits militaires, qui ont tous été réécrits postérieurement comme des victoires indubitables de Rome ? Assurément, l'histoire des plus anciennes guerres romaines n'est connue qu'à travers des récits écrits plusieurs siècles après les faits. Confrontés à d'importantes lacunes documentaires, leurs auteurs n'ont pourtant pas renoncé à reconstruire l'histoire des guerres qui ont permis aux Romains de s'affirmer progressivement comme une puissance hégémonique en Italie. Ces historiens ont même composé des récits très détaillés et souvent cohérents de ces conflits militaires, en s'appuyant sur des archives familiales et publiques, des inscriptions, ainsi que sur des récits oraux. À en croire les Anciens, ces sources divergeaient fréquemment, à tel point que les récits conservés présentent des versions différentes des mêmes événements. De plus, chaque oeuvre reflète les choix de son auteur ainsi que sa réinterprétation singulière du passé romain, qui évolue selon l'orientation de son ouvrage et l'époque à laquelle il écrit (de celle d'Auguste jusqu'aux premiers temps chrétiens). Dans un processus de mise en intrigue de l'histoire archaïque, ces historiens ont parfois exagéré le nombre et la portée des victoires romaines, nié l'existence de défaites que d'autres auteurs admettaient pourtant, réécrit des épisodes entiers en s'inspirant de l'histoire grecque et envisagé, plus largement, les premières guerres de Rome comme l'amorce d'un processus de conquête qui prédestinait la cité à gouverner le monde connu. En s'appuyant sur un catalogue exhaustif des affrontements rapportés par les textes entre 753 et 290 av. J.-C. (747 entrées), cette étude propose d'analyser les logiques de réécriture des premières guerres romaines, et tout particulièrement les enjeux complexes que présentent la mise en récit des défaites et des victoires, leur alternance ainsi que l'intrigue construite autour de ces péripéties.

  • Qui n'a en tête les larmes d'Obama en 2016, à l'évocation d'une fusillade dans une école ? Un homme, puissant de surcroît, pouvait donc manifester son émotion en public ! Apparente nouveauté car l'expression lacrymale n'a pas toujours été associée à une forme de faiblesse. Dans la Rome antique, les larmes étaient même un adjuvant du politique, l'arme des orateurs et le moyen de se distinguer du vulgaire. Une originale plongée dans la société de conquérants impitoyables, mais sentimentaux !
    Aussi surprenant que cela puisse paraître, les larmes coulent en abondance chez les Romains. Les empereurs, le peuple, les sénateurs, les soldats pleurent. Débats publics, procès ou ambassades, tout est prétexte aux déversements d'émotions. Plus que les Grecs, déjà grands pleureurs, les Romains ont la larme facile. La variété du vocabulaire latin vient l'attester. Les verbes flere, deflere, lacrimare, deplorare, complorare, gemere, lugere, complangere, plangere, queri, désignent tous l'action de pleurer, de se lamenter, parfois de manière bruyante et spectaculaire, gestes à l'appui : on se frappe la poitrine, on lacère ses vêtements, on griffe son visage, on se roule par terre. Les Romains s'épuisent à pleurer, leurs yeux s'y abîment. Souvent dépeints en conquérants impitoyables (ce qu'ils étaient), les Romains sont trop rarement montrés dans leurs moments de fragilité ou d'égarement. Les Romains construisent des routes, des ponts et des villes, ils bâtissent un Empire, mais ne s'abaissent pas à pleurer, pense-t-on. Leur mauvaise réputation de rudesse a jusque-là découragé toute enquête générale sur leurs larmes, là où les lamentations des héros grecs ont déjà fait couler beaucoup d'encre.
    Dans cette histoire inversée de la force romaine, il faut accepter de ne pas s'y reconnaître, de perdre pied. Les comportements sociaux des Romains, souvent ponctués de larmes, nous dépaysent. Le parcours que propose ce livre est ainsi celui d'un paradoxe : saisir l'étrangeté de ces larmes d'hier si semblables aux nôtres, c'est aussi comprendre qu'elles n'ont pourtant rien de celles d'aujourd'hui.

  • Proposant une lecture bilingue, ce petit livre permet d'approfondir son français tout en s'initiant au latin et à la mythologie antique.
    Énée, héros troyen fils de la déesse Vénus, a reçu une mission divine : fonder, dans le Latium, la nouvelle Troie qui deviendra Rome. Pour cela, il doit descendre aux Enfers retrouver l'âme de son père, avec l'aide de la Sibylle de Cumes, prêtresse d'Apollon. Elle seule est capable de le guider pour que son avenir lui soit révélé...
    Explore avec Énée le Royaume des Ombres.

  • Ecrit sous la dictée et publié à titre posthume, cet ouvrage est le fruit des dernières réflexions de l'empereur Napoléon Bonaparte en exil à Sainte-Hélène, une analyse avertie d'un chef de guerre par un autre chef de guerre. Entouré de ses derniers fidèles, Napoléon aborde un sujet qu'il connaît depuis l'enfance et maîtrise à la perfection, s'attachant à restituer les combats décisifs de la guerre des Gaules puis de la guerre civile et à les commenter en stratégie éclairé. L'étude comparée des conflits antiques et modernes fait apparaitre l'influence durable du génie césarien auant que les boulversements tactiques liés à l'émergence de l'artillerie, dans une fresque vivante et synthétique de l'art de la guerre romaine.

  • Proposant une lecture bilingue, ce petit livre permet d'approfondir son français tout en s'initiant au latin, à l'histoire et à la mythologie.
    Rome et Carthage s'affrontent, au IIIe siècle avant J.-C., pour la domination de la Méditerranée devenue trop petite. Désireux de venger sa cité vaincue dans un précédent conflit, Hannibal passe les Alpes avec mercenaires et éléphants, défait les légions de la République, touche aux portes de Rome, et combat près de dix-sept ans sur le sol italien.
    Rejoignez cette expédition inouïe qui a marqué à jamais le monde antique et la mémoire romaine.

  • Histoire générale de l'Empire romain1. Le Haut-EmpireCette synthèse magistrale sur l'Empire romain est devenue un classique des études antiques, intégralement reprise en 3 volumes en « Points Histoire ».1. Le Haut-Empire (27 av. J.-C.-161 apr. J.-C.)2. La Crise de l'Empire (des derniers Antonins à Dioclétiens, 161-284)3. Le Bas-Empire (284-395)Paul Petit (1914-1981)Il a été professeur d'histoire ancienne à l'université des sciences sociales de Grenoble.

  • Avec l'arrivée de Marc-Aurèle sur le trône s'ouvre un siècle de crise dans tous les domaines. Secoué par des guerres intestines, des invasions barbares, des troubles politiques, le monde romain est durablement affaibli. Les populations paient le prix des destructions dues aux guerres, de la disette et des épidémies qui sévissent et l'unité de l'Empire se défait progressivement. Un à un, tous les fondements du pouvoir s'effritent, contraignant les quelque 70 empereurs qui se succèdent en un siècle à accentuer un pouvoir toujours plus autoritaire et absolu, tandis que dans l'ombre s'affirme la grande religion des siècles suivants : le christianisme.Cette synthèse magistrale sur l'Empire romain est devenue un classique des études antiques, intégralement reprise en 3 volumes en « Points Histoire ».

  • Histoire générale de l'Empire romain3. Le Bas-EmpireThéodose réunit en ses mains pour la dernière fois le gouvernement de l'Empire tout entier. Bien que les contemporains ne semblent pas en avoir senti l'importance, la date de 395 est l'une de celles qui marquent la fin de l'Empire romain. Quelles sont les "causes de la chute de l'Empire romain" ? Le destin des grandes civilisations est-il de disparaître ?Depuis le XVIIIe siècle ont été élaborées des explications "unitaristes" qui attribuent cette ruine à une cause unique, ou tenue pour essentielle. Paul Petit propose, au contraire, de multiplier les causes et de souligner la survie des formes romaines de civilisation. Il est en tout cas un fait à ne jamais perdre de vue : entre 395 et 410, ce n'est pas la chute de l'Empire romain qui se produit, mais la définitive séparation entre l'Orient et l'Occident.Paul Petit (1914-1981)A été professeur d'histoire ancienne à l'université des sciences sociales de Grenoble-II.

  • Histoire de l'éducation dans l'Antiquité2. Le monde romain« L'éducation homérique, l'éducation spartiate, la pédérastie en tant qu'éducation, l'ancienne éducation athénienne, etc. Autant d'ensembles bien centrés sur un problème vivant. Rien de stéréotypé. Beaucoup de grosses questions abordées et, sinon résolues, du moins discutées avec pénétration. Pas de pédantisme. Un réel et solide savoir. Le constant souci de fournir au lecteur le moyen d'en vérifier les sources. D'un mot, un livre éclairant. Capital pour qui veut comprendre, en profondeur, les sociétés de l'Antiquité classique. »Lucien FebvreHenri-Irénée Marrou (1904-1977)Un des grands historiens de l'Antiquité tardive, spécialiste d'Augustin et de l'augustinisme, qui fut aussi critique musical sous le nom d'Henri Davenson. Il a notamment publié, au Seuil, L'Eglise de l'Antiquité tardive (1985) et Saint Augustin et l'augustinisme (2003).

  • Bienvenue dans les joyeux banquets et dans les aimables cercles littéraires des Grecs et des Romains !
    Les Anciens, de joyeux drilles ? Eux, les dignes, les sérieux, les vénérables fondateurs de notre philosophie, de notre politique, de notre littérature, ont pourtant un aspect très moderne : leur aptitude à faire rire le lecteur en créant avec lui une connivence amusée, tout particulièrement en usant de cette forme de comique subtil que nous appelons l'humour.
    L'humour est présent partout : bien sûr dans les comédies qui s'élèvent souvent au-dessus de la farce, mais aussi dans des genres moins attendus comme l'épopée ou l'histoire. Mais c'est surtout à l'occasion de dialogues, d'échanges épistolaires, de récits, que chacun laisse libre cours à sa fantaisie, en cherchant à faire rire ou sourire un interlocuteur qui sait apprécier les jeux de mots, l'impertinence du point de vue, les imaginations plaisantes.
    Alors, à votre tour de sourire avec la centaine de textes courts et piquants rassemblés ici.

  • « La République est morte », écrit Cicéron à son ami Atticus près de quinze ans avant que César ne tombe sous les dagues des conjurés. Un siècle. Telle fut la durée de l'agonie de la République romaine qui succomba sous les coups d'ambitieux dictateurs et chefs militaires, avides d'exercer un pouvoir personnel. De 133 avant notre ère, lorsque Tiberius Gracchus fut éliminé après avoir trahi les institutions républicaines, jusqu'à la mort d'Antoine à Alexandrie, vaincu par Octave à l'été 30, un siècle de guerres civiles, de violences et d'affrontements sanglants ont ravagé Rome et l'Italie. Les plus grands généraux, Marius, Sylla, Pompée, César, Antoine, Octave... sont parvenus à faire chuter un régime politique que plusieurs siècles avaient réussi à édifier sous l'égide de la célèbre « vertu romaine » et dans l'affirmation du bien le plus précieux pour les Romains : la liberté. Comme toujours en pareil cas, c'est le peuple romain qui s'en trouva la principale victime. Pourquoi assassiner la liberté ? Comment un engrenage fatal a-t-il conduit des hommes jadis fiers de leur République à renier leurs valeurs fondamentales ? Telles sont les questions que pose l'auteur qui, pour mieux faire revivre ces heures brûlantes, assortit son propos de relations évocatrices comme autant d'ouvertures vivantes sur cette époque tragique. L'observation de ce moment historique pendant lequel se déchaîna une violence qui faillit tout emporter avec elle n'est sans doute pas inutile à la réflexion de ceux qui s'interrogent également sur l'évolution de notre temps.

  • Reines, courtisanes, religieuses, geishas, mères de famille, intellectuelles, prostituées, travailleuses, féministes... Cet ouvrage sans équivalent réunit les meilleurs spécialistes des femmes pour nous raconter leur véritable histoire.Dans l'Athènes ou la Rome antiques, en France durant le Moyen Âge ou la Révolution, dans le Japon du XVIIIe, le Paris du XIXe  ; dans les palais, les foyers, les couvents, au travail, pendant la guerre, dans la rue pour défendre leur cause, les auteurs déconstruisent les idées reçues qui nous imprègnent encore.Loin de l'image idyllique d'une marche irrésistible vers l'émancipation, leurs textes mettent en évidence les différentes phases de cette évolution, mais aussi les freins et les retours en arrière -  pas toujours là où on les croit. Du temps du silence à celui de l'égalité se dessine ainsi une histoire des femmes qui est avant tout celle d'un combat jamais terminé. Les plus grands historiens et historiennes nous en offrent ici un panorama inédit et extrêmement vivant.  Par Jean-Pierre Bardet, Sylvie Chaperon, Alain Corbin, Fanny Cosandey, Stella Georgoudi, François Lebrun, Jacques Le Goff, Mona Ozouf, Michelle Perrot, Michel Porret, Yannick Ripa, Florence Rochefort, Maurice Sartre, Pierre-François Souyri, Thomas Späth, Christelle Taraud, Françoise Thébaud, Laurent Theis et Georges Vigarello. 

  • Rome, milieu du XIVe siècle. Le pape est à Avignon, la Ville éternelle en proie à la tyrannie des barons. Mais en 1347 Cola di Rienzo, fils d'une lavandière, l'esprit enflammé par l'idée de la grandeur de Rome et de l'Italie, se met à la tête du peuple en armes et s'empare du pouvoir. Enivré par sa puissance, il finira massacré par la foule. À quelque temps de là, un écrivain inconnu prend la plume pour composer en langue romaine une chronique rapportant les faits et gestes de Cola di Rienzo - mais pas seulement. Et ce sera un chef-d'oeuvre de la littérature italienne, tourbillon au parler truculent nous transportant sur les champs de bataille de Crécy, en Espagne ou en Turquie et dans le monde chatoyant de cette Italie du gonfalon à l'humanisme frémissant, théâtre des fureurs des hommes, de leurs prouesses et de leurs misères.

  • « Alea jacta est ». L'expression est désormais entrée dans le langage courant pour évoquer une décision irrévocable : celle que César prit en 49 av. J. C. lorsque, bravant un ultimatum du Sénat, il franchit en armes le Rubicon. César et Pompée briguaient l'un et l'autre la charge de consul. César aurait dû se présenter dans l'Urbs, en tant que citoyen privé, après avoir congédié ses légions. Mais, César prononçant la phrase fatidique (alea jacta est - les dés sont jetés), il décida de marcher sur Rome. Comment en est-il arrivé à ce coup de force ? Que se passa-t-il pour que finalement Rome capitule ? Quel moment clé le passage du Rubicon représente-t-il dans l'histoire de Rome ?
    Luca Fezzi reconstitue les événements et nous les expose avec souffle et intelligence. Il découvre pour nous les incertitudes de César, ses craintes, ses inquiétudes personnelles, mêlant sans cesse « privé » et « public ». L'auteur offre ainsi une enquête historique inédite et moderne sur l'un des épisodes les plus célèbres de l'histoire de l'Antiquité.

  • La République romaine est-elle morte parce que ses légions auraient fini par être recrutées, pour l'essentiel, parmi les plus pauvres de ses citoyens ? L'historiographie moderne l'a affirmé et répété inlassablement depuis le XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui. Pour la première fois, ce livre propose une réfutation de cette théorie traditionnelle. Il montre que l'armée romaine dite « post-marienne » est un mirage historiographique. Elle n'a jamais existé que dans l'esprit des spécialistes modernes qui ont cru, par cette expression, pouvoir rendre compte d'une évolution significative en matière de recrutement légionnaire au cours du dernier siècle de la République. Or, malgré le très large consensus qui s'est formé autour de l'hypothèse d'une prolétarisation des légions à cette époque, un tel phénomène n'est absolument pas attesté dans la documentation, bien au contraire. En ce sens, l'armée de citoyens pauvres à laquelle l'historiographie moderne a coutume d'attribuer une responsabilité décisive dans la crise et la chute de la res publica s'apparente, en fait, à une armée imaginaire.

  • Sans doute l'effondrement de la civilisation romaine n'eut-il ni l'uniformité, ni la fulgurance dont se plut à le parer l'imagerie romantique. La disparition de l'empire d'Occident n'en fut pas moins le résultat d'une submersion violente du territoire romain par des populations qui désiraient jouir de ses richesses sans adopter ses disciplines. Elle se traduisit, pour ses contemporains, par un désastre comme l'histoire en offre peu d'exemples.
    Au fil d'un récit plein de drames, de fureurs, de retournements, d'où émergent les grandes figures de Théodose, de Stilicon, d'Alaric, de Galla Placidia, d'Attila, d'Aetius, Michel De Jaeghere fait revivre le siècle décisif qui sépare l'irruption des Goths, en 376, de la déposition, cent ans plus tard, de Romulus Augustule. Brossant le portrait de la société et des institutions de l'antiquité tardive, comme celui des peuples barbares qui se pressaient alors aux porte de l'empire, il analyse sur la longue durée le processus qui vit la montée en puissance des populations germaniques à l'intérieur du monde romain, en ne négligeant ni l'histoire militaire, ni les circonstances politiques, économiques et sociales qui réduisirent les autorités romaines à l'impuissance.
    Il inscrit, surtout, l'ensemble de son livre dans une double réflexion sur la grandeur et les limites de la civilisation antique et sur les causes de la mort des empires.

  • Les Romains eux-mêmes écrivaient l'histoire consulat par consulat, mais cette approche ne conviendrait pas à une conquête qui fut polymorphe en raison des différences géographiques ainsi que des stratégies, de l'organisation politique et de l'état socio-économique des vaincus. Conquête mise à part, qu'y eut-il de commun entre les âpres guerres puniques, la longue soumission des Ibères, la rapide destruction des Grecs et la guerre des Gaules ? Certains furent menaçants, d'autres résistèrent longtemps dans leur pays sans jamais menacer l'imperium, d'autres encore étaient profondément divisés entre eux au point parfois de préférer l'envahisseur à leur voisin. Rome les a certes tous vaincus, mais jamais de la même manière, ne serait-ce qu'en raison de leurs différentes façons de combattre. Ce second tome adopte par conséquent une démarche thématique, vaincu par vaincu plutôt que consul par consul. L'approche polycentriste ne réduit pas les peuples à leur rôle d'adversaire temporaire de Rome, mais en dégage les caractérisques essentielles, les forces et les faiblesses, le génie propre à chacun d'eux. L'analyse de Carthage est à cet égard la plus éclairante, parce qu'elle ne se réduit pas à la reprise des commentaires, nécessairement biaisés par l'ignorance et l'hostilité, des nombreux écrivains grecs et latins. Elle remet en question de nombreux préjugés et s'appuie notamment sur les découvertes récentes des sémitisants pour expliquer les institutions carthaginoises et réfuter nombre de lieux communs tels que l'origine essentiellement commerciale de la richesse punique ou le manque de pugnacité des Puniques accoutumés à recourir au mercenariat par peur d'exposer leur propre sang. L'analyse de Carthage, la puissance la plus dangereuse pour Rome et par beaucoup d'aspects le plus original de ses adversaires, est érigée en méthode pour le reste de l'ouvrage, tant il s'agit sans doute du chapitre le plus précieux de tous. Les modalités d'exploitation varient en outre en fonction des pays conquis, et si la politique de la praeda reste la norme s'esquissent dès cette époque des tentatives d'organisation durable des espaces et des peuple conquis sur un autre mode que la fides, dont les Etoliens demandaient au Sénat en quoi elle était différente de l'esclavage. L'histoire de la conquête est aussi celle de l'apprentissage de l'exercice de la domination, qui ne saurait se réduire aux formes traditionnelles de relation avec l'hostis issues de la plus haute Antiquité.
    (P. Prigent)

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