• Après Marie Curie et Simone de Beauvoir, Irène Frain se tourne vers une héroïne qui fascina les romantiques : Pauline Geuble, amoureuse rebelle d'un insurgé décabriste. Partie sur ses traces en Russie, Irène Frain en reviendra hantée par une femme d'exception, étonnante de courage, de force et de passion.
    Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles.
    Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l'épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les Décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan aurait été promis à mourir dans l'oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n'avait décidé de le rejoindre. La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu'ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une minirépublique à la française...
    Qui était au juste cette Pauline qui croisa les hommes les plus célèbres de son temps, de Dumas à Dostoïevski, qu'elle fascina ? Irène Frain a suivi ses traces depuis la Lorraine jusqu'à la Transbaïkalie. Elle ressuscite son équipée et brosse avec feu et sensibilité le portrait d'une amoureuse endiablée.

  • Depuis Les Cercueils de zinc et La Supplication, Svetlana Alexievitch est la seule à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu'a été l'urss, la seule à écrire la petite histoire d'une grande utopie. Mais elle est avant tout un écrivain, un grand écrivain. Pour ce magnifique requiem, elle invente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés.

  • Ruossabáhkat, « chaleur russe », c'est comme ça qu'on appelait ce vent-là. Ruossabáhkat, c'est un peu l'histoire de la vie de Piera, éleveur de rennes sami dans la vallée de Pasvik, sur les rives de l'océan Arctique. Mystérieuse langue de terre qui s'écoule le long de la rivière frontière, entre Norvège et Russie. Deux mondes s'y sont affrontés dans la guerre, maintenant ils s'observent, s'épient. La frontière ? Une invention d'humains. Des rennes norvégiens passent côté russe. C'est l'incident diplomatique. Police des rennes, gardes-frontières du FSB, le grand jeu. Qui dérape. Alors surgissent les chiens de Pasvik.
    Mafieux russes, petits trafiquants, douaniers suspects, éleveurs sami nostalgiques, politiciens sans scrupules, adolescentes insupportables et chiens perdus se croisent dans cette quatrième enquête de la police des rennes. Elle marque les retrouvailles - mouvementées - de Klemet et Nina aux confins de la Laponie, là où l'odeur des pâturages perdus donne le vertige.
    Olivier Truc nous raconte le pays sami avec un talent irrésistible. Il sait nous séduire avec ses personnages complexes et sympathiques. Et, comme dans Le Dernier Lapon et La Montagne rouge, il nous emmène à travers des paysages somptueusement glacés.

  • Nous sommes dans la région de la Volga, dans les premières années de l'URSS, en 1920-1930. Jakob Bach est un Allemand de la Volga : il fait partie des descendants des Allemands venus s'installer en Russie au XVIIIe siècle.
    Bach est maître d'école dans le village de Gnadenthal, une colonie située sur les rives du fleuve. Un mystérieux message l'invite à donner des cours à Klara, une jeune fille vivant seule avec son père sur l'autre rive de la Volga. Bach et Klara tombent amoureux, et après le départ du père, ils s'installent ensemble dans la ferme isolée, vivant au rythme de la nature. Un jour, des intrus s'introduisent dans la ferme et violent Klara. Celle-ci mourra en couches neuf mois plus tard, laissant Bach seul avec la petite fille, Anntche.
    Après la mort de Klara, Bach s'éloigne du monde et perd l'usage de la parole. Tout en élevant l'enfant, il écrit des contes, qui de manière étrange et parfois tragique s'incarnent dans la réalité à Gnadenthal. Un autre enfant fait alors son apparition à la ferme : Vasska, un orphelin vagabond qui bouleversera la vie d'Anntche et Bach...
    Gouzel Iakhina est née en 1977 à Kazan, au Tatarstan (Russie). Elle a étudié l'anglais et l'allemand à l'université de Kazan, puis a suivi une école de cinéma à Moscou, se spécialisant dans l'écriture de scénarios. Elle a publié dans plusieurs revues littéraires, comme Neva ou Oktiabr. Son premier roman, Zouleikha ouvre les yeux, est immédiatement devenu un best-seller en Russie à sa parution en 2015. Il a reçu de grands prix littéraires, dont les prestigieux Bolchaïa Kniga et Iasnaïa Poliana 2015. Gouzel Iakhina vit aujourd'hui à Moscou, avec son mari et sa fille.

  • Anna Karénine

    Léon Tolstoï

    "Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative." Vladimir Nabokov
    Anna Karénine est une jeune femme mariée à Alexis Karénine, fidèle et mère d'un jeune garçon, Serioja. Lorsqu'elle se rend à Moscou chez son frère Stiva Oblonski, elle croise en descendant du train le comte Vronski, officier brillant, mais frivole et en tombe amoureuse. Elle lutte contre cette passion et finit pourtant par s'abandonner avec un bonheur coupable, au courant qui la porte vers ce jeune officier. Puis Anna tombe enceinte. Profondément déprimée par sa faute qui la culpabilise, elle décide d'avouer son infidélité à son mari.

  • « Ce roman nous va droit au coeur. Le récit du destin de l'héroïne principale, une paysanne tatare à l'époque de la dékoulakisation, est empreint d'une authenticité, d'une véracité et d'un charme tels qu'on en rencontre rarement dans la prose russe de ces dernières décennies. Je continue de me demander comment un jeune auteur a pu créer une oeuvre aussi puissante, qui chante l'amour et la tendresse en plein enfer... » Lioudmila Oulitskaïa
    Dans les années 1930, au Tatarstan, au coeur de la Russie. À l'âge de quinze ans, Zouleikha est mariée à un homme bien plus âgé qu'elle. Ils ont eu quatre filles, mais toutes sont mortes en bas âge. Pour son mari et sa belle-mère presque centenaire, très autoritaire, Zouleikha n'est bonne qu'à travailler. Un nouveau malheur arrive : pendant la dékoulakisation menée par Staline, le mari est assassiné et la famille expropriée. Zouleikha est déportée en Sibérie, qu'elle atteindra après un voyage en train de plusieurs mois. En chemin, elle découvre qu'elle est enceinte.
    Avec ses compagnons d'exil, paysans et intellectuels, chrétiens, musulmans ou athées, elle participe à la l'établissement d'une colonie sur la rivière Angara, loin de toute civilisation : c'est là qu'elle donnera naissance à son fils et trouvera l'amour. Mais son éducation et ses valeurs musulmanes l'empêcheront longtemps de reconnaître cet amour, et de commencer une nouvelle vie.
    Gouzel Iakhina est née en 1977 à Kazan, au Tatarstan (Russie). Elle a étudié l'anglais et l'allemand à l'université de Kazan, puis a suivi une école de cinéma à Moscou, se spécialisant dans l'écriture de scénarios. Elle a publié dans plusieurs revues littéraires, comme Neva ou Oktiabr. Zouleïkha ouvre les yeux est son premier roman. Elle vit aujourd'hui à Moscou, avec son mari et sa fille.

    Prix Bolchaïa Kniga et Iasnaïa Poliana 2015

    Préface de Lioudmila Oulitskaïa et postface de Georges Nivat

  • Balto t.2 ; les gardiens de nulle part Nouv.

    Marcel, un vieux copain de Balto, se fait assassiner sous ses yeux. Qui a pu commettre ce crime sans pitié ? En vrai gars de la Zone, Balto jure de venger son ami et se lance dans une enquête qui va le mener dans le monde du cinéma naissant, dans les salons de la haute couture parisienne, les réceptions de l'aristocratie russe en exil, et même les ruines d'un orphelinat. Coup de chance : il retrouve Émilienne Robinson, l'époustouflante journaliste lancée sur la même enquête. Mais les morts se multiplient, et l'étau se resserre autour de lui. Rattrapé par les Gardiens de Nulle-Part, Balto va se retrouver confronté à la Grande Histoire...

  • La Rose des vents est un roman d'aventures inspiré de faits réels. Tandis qu'aux États-Unis la conquête de l'Ouest bat son plein, l'Empire russe est engagé dans une course pour asseoir sa puissance dans l'Extrême-Orient et sur la côte pacifique. C'est alors que le tsar confie une mission d'importance au navigateur Guennadi Nevelskoï. Le 12 mai 1849, le navire Baïkal entre dans la baie d'Avatcha, mais un changement de destination intervient et le vrai but de l'expédition est révélé. En lisant ce roman aux nombreuses péripéties, à la trame sentimentale discrète et plein de suspens, on a le sentiment de toucher du doigt ce qu'il faut d'efforts, d'ingéniosité, d'intrigues, de hasards... pour parvenir à une décision politique et humaine à l'effet déterminant sur l'histoire du monde.

    Andreï Guelassimov est né en 1965 à Irkoutsk. Son premier roman, La Soif, paru en 2004, lui a assuré une notoriété jamais démentie sur la scène littéraire russe et internationale. Il est l'auteur de 6 romans et nouvelles publiés en français (Actes Sud et Babel) qui font découvrir chaque fois une nouvelle facette de l'écrivain. Avec La Rose des vents Guelassimov, désormais un auteur publié aux des Syrtes, se lance dans le roman historique et d'aventure.

  • Limonov

    Emmanuel Carrère

    « Limonov n'est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l'underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d'un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l'immense bordel de l'après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d'un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C'est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d'aventures. C'est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »Prix RenaudotPrix de la langue françaisePrix des prix


  • 2033.

    Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie.
    Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d'une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l'attendent.
    Nombre de mythes accompagnent l'univers du métro dans toutes les grandes villes.

    Dmitry Glukhovsky en fait un thriller fantastique inoubliable, traduit dans le monde entier, qui s'est vendu à plus de 2 millions d'exemplaires.

  • Hôtel Berlin 43 Nouv.

    Hôtel Berlin 43

    Vicki Baum

    Écrit en anglais par l'auteure exilée et scénariste à Hollywood, ce roman est publié en 1943 aux États-Unis, l'auteure le traduit en allemand ensuite et il sera publié en 1947 à Amsterdam puis dans les années 70, cette fois avec des coupes. Il paraît en France dans les années 50 à partir de la version américaine. Notre nouvelle traduction de l'anglais, fidèle au style de l'auteur, lui rend son charme et son ironie.
    1943, dans un palace à Berlin.
    Poussés par le rationnement et les bombardements, tout ce que la ville compte de diplomates, de généraux, d'hommes d'affaires ou de héros du champ de bataille se retrouvent dans ce lieu au luxe suranné, comme dans un ultime refuge. La comédie humaine se poursuit jusqu'à l'absurde, et les dignitaires fatigués cherchent les étoiles qui pourraient continuer d'entretenir leurs rêves de victoire ; au milieu de tous ces hommes brillent Tilli, une femme facile mais désargentée, et Lisa Dorn, égérie du Führer pour qui la foule envahit encore chaque soir le théâtre.
    C'est elle que va rencontrer Martin Richter, l'étudiant révolté, le téméraire opposant au régime, poursuivi par la Gestapo. Guidée par lui, elle va ouvrir les yeux sur la réalité et la barbarie du nazisme, puis l'aider dans sa folle aventure et sa fuite éperdue, jusqu'à succomber à son charme...
    Tandis que les bombes font vaciller les vieux murs, l'étau se resserre autour de cet amour naissant, symbole de liberté en ce lieu où chacun règle ses comptes et s'apprête à acquitter le prix des exactions commises pendant la guerre.
    Roman d'anticipation, le livre raconte avec un réalisme surprenant ce que personne, en Allemagne, n'aurait osé imaginer.

  • Edition illustrée et enrichie (illustrations originales de la collection Hetzel et dossier sur l'auteur)Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares dont Ivan Ogareff est l'âme. Ce traître, poussé par une ambition insensée autant que par la haine, projette d'entamer l'empire moscovite ! Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk, à 5 523 kilomètres de Moscou, et les communications sont coupées. Comment le prévenir ? Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d'une intelligence et d'un courage quasi surhumains. Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d'une lettre du tsar, en même temps qu'une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l'Anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet... Dans ce très grand roman, les extraordinaires péripéties, souvent dramatiques, que va connaître Michel Strogoff, un des plus merveilleux héros de Jules Verne, au cours de son voyage à travers les immenses régions sibériennes, tiennent en haleine les lecteurs jusqu'à la dernière page.
     

  • «La folie et l'horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j'ai écrits ne parlent de rien d'autre. Après L'Adversaire, je n'en pouvais plus. J'ai voulu y échapper. J'ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L'enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C'est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j'ai suivi des chemins hasardeux. Ils m'ont entraîné jusqu'à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu'il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l'horreur me rattrapaient. Elles m'ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J'ai écrit pour la femme que j'aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et nos amours. C'est de cela qu'il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s'y prend pour nous répondre.»

  • Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l'origine pour la presse russe, car, avant même d'être romancier, Dmitry Glukhovsky est journaliste.

    Et rien ni personne n'échappe à sa plume acerbe, à commencer, bien sûr, par le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) - le Leader de la Nation -, suivi de près par les strates corrompues de l'administration, les mafieux reconvertis en hommes d'affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l'alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes. Chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure. L'absurde et le fantastique, qui jalonnent le quotidien russe, ne sont jamais loin, et l'on se surprend même parfois à ressentir de la tendresse pour certains protagonistes.
    Pour un lecteur occidental, la fenêtre que Dmitry Glukhovsky ouvre sur le quotidien des gens du peuple comme sur celui des affidés du pouvoir peut sembler un miroir déformant, tant on a l'impression que l'auteur prend le pas sur le journaliste pour forcer le trait sur la naïveté des uns et les compromissions des autres. Malheureusement, la fiction n'est pas très loin de la réalité.
    C'est la génération la plus intéressante. Ses représentants ne sont ni soviétiques, ni antisovié¬tiques, ni postmodernes, mais écrivains tout court. Dmitry Glukhovsky, écrivain polyglotte de 38 ans, fait partie de cette génération décomplexée. L'Express, Marianne Payot

  • LAURA KASISCHKE
    ESPRIT D'HIVER


    Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

    « Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

    « Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
    Marine Landrot, Télérama


    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet

    Illustration de couverture :
    John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail)
    Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco

    ISBN : 978-2-267-02522-4

  • Le Bateau-usine nous plonge en pleine mer d'Okhotsk, zone de conflit entre la Russie et le Japon. Nous sommes à bord d'un bateau de pêche, où le crabe, produit de luxe, est conditionné en boîtes de conserve. Marins et ouvriers travaillent dans des conditions misérables. Un sentiment de révolte gronde...
    Ce récit bouleversant, inspiré de faits réels, provoque un puissant sentiment d'empathie avec ces hommes et leurs aspirations. L'oralité, le style incisif et le "regard caméra" adopté par le narrateur font de cette identification un appel à la révolte en soi.

    Phénomène de société au Japon, livre culte en France et traduit dans le monde entier, Le Bateau-usine reste une référence pour tous les révoltés et contestataires. Un phare donc, pour naviguer sur les eaux de notre présent tempétueux.

    Kobayashi Takiji est né en 1903. Devant le succès de ses premiers livres, auprès des intellectuels comme des ouvriers et des paysans, il est mis sous surveillance par l'appareil de sécurité de l'État. La publication, en 1929, du Bateau-usine le consacre comme l'un des plus grands romanciers de la classe ouvrière japonaise. Mais, dans un contexte de répression, l'ouvrage est censuré dès sa sortie. Il est soumis à interrogatoire par la police secrète et meurt sous la torture le 20 février 1933.

  • Staline Nouv.

    Staline

    Robert Service

    Le portrait puissant et novateur de l'un des hommes les plus ahurissants du XXe siècle.Les biographies de Staline sont nombreuses, certes, mais si l'on attend d'une biographie qu'elle déroule une vie de façon anecdotique en restant fidèle à la véracité des faits, celle de Staline pourrait être multipliée à l'infini sans jamais atteindre ce but. Car que dire sur un homme qui plus qu'aucun autre dans l'histoire a manipulé les éléments biographiques et terrorisé son entourage, proche et éloigné, au point que chacun devait soigneusement mesurer ses mots ; sur un homme qui a réussi à mettre en place un régime aux oreilles multiples et hostiles, au point que même après sa mort, il n'était pas toujours prudent de parler ?
    Ici, les éléments biographiques ne sont pas une fin en soi, ils servent également à alimenter une réflexion permettant de mettre en lumière certains aspects d'un personnage dont l'influence a profondément marqué l'Histoire. À travers l'histoire de Staline, la réflexion de Robert Service, au-delà des anecdotes et des récits de témoins, met en lumière la personnalité complexe et la psychologie du dictateur.
    Cette biographie est aussi un voyage à travers l'histoire du XXe siècle, en suivant le parcours d'un homme qui l'a profondément marquée. Elle s'inscrit dans la même ligne que
    Lénine (2011) et de
    Trotski (2012) et en est la suite logique.

  • Cilka Klein n'a que 16 ans lorsqu'elle est déportée.

    Très vite remarquée pour sa beauté par le commandant du camp de Birkenau et mise à l'écart des autres prisonnières.
    À la Libération, elle est condamnée pour faits de collaboration et envoyée dans un camp de Sibérie ; c'est alors un deuxième enfer qui commence pour elle. Au goulag, où elle doit purger une sentence de quinze ans, elle se lie d'amitié avec une médecin, et apprend à s'occuper des malades dans des conditions inimaginables.
    C'est ainsi qu'elle rencontre Alexandr, et qu'elle se rend compte que l'amour peut naître même dans les moments les plus dramatiques.
    Née en Nouvelle-Zélande, Heather Morris est une romancière à succès, n°1 sur la liste des best-sellers internationaux. Les récits de survie, de résilience et d'espoir la passionnent. En 2003, alors qu'elle travaillait dans un grand hôpital d'état à Melbourne, Heather a été présentée à un monsieur âgé dont « l'histoire valait peut-être la peine d'être racontée ». Sa rencontre avec Lale Sokolov a changé leurs vies à tous les deux. Leur amitié s'est développée et Lale a entrepris de réexaminer sa longue existence lui confiant les détails les plus intimes de ce qu'il avait vécu pendant l'Holocauste.
    Heather transcrivit d'abord le récit de Lale sous forme de pièce de théâtre qui obtint de nombreuses récompenses dans les compétitions internationales avant de s'en inspirer pour son premier roman, Le Tatoueur d'Auschwitz.

    Son deuxième roman, Le Voyage de Cilka, est la suite de ce best-seller.

  • Un destin détruit et illuminé par l'amour d'une femme.

  • Les Âmes Mortes

    Nicolas Gogol

    Notre héros, nous en convenons de bonne grâce, avait éprouvé une de ces terreurs blanches dont on ne revient pas vite, et, quoique son troïge allât à fond de train, quoique le village de Nozdref fût depuis longtemps hors de vue, caché là-bas derrière des plaines, des plis de terrain, des collines et des bocages, il regardait toujours avec frayeur, comme s'il s'attendait à être vivement poursuivi. Il respirait avec peine, et, ayant essayé de se rendre compte de ce qui se passait en lui, en glissant sa main droite au-dessous de son sein gauche, il sentit que le coeur lui battait comme se débat une pauvre caille méchamment emprisonnée dans une cage. « Eh ! quel bain il nous a fait prendre ! voyez un peu cet enragé ! »

  • L'intrigue principale tourne autour des trois fils d'un homme impudique, vulgaire et sans principes (Fiodor Pavlovitch Karamazov), et du parricide commis par l'un d'entre eux. En réalité, les enfants sont au nombre de quatre puisque le père donne naissance à un bâtard qu'il nommera Smerdiakov. Chacun des trois fils représente un idéal-type de la société russe de la fin du XIXe siècle : Alexeï, le benjamin, est un homme de foi ; Ivan, le deuxième fils, est un intellectuel matérialiste qui cherche à savoir si tout est permis, dans la mesure où Dieu n'existe pas ; Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un homme impétueux en qui le vice et la vertu se livrent une grande bataille : ce dernier incarne, selon l'auteur lui-même, « l'homme russe ». Extrait : En abordant la biographie de mon héros, Alexéi Fiodorovitch, j'éprouve une certaine perplexité. En effet, bien que je l'appelle mon héros, je sais qu'il n'est pas un grand homme~; aussi prévois-je fatalement des questions de ce genre~: «~En quoi Alexéi Fiodorovitch est-il remarquable, pour avoir été choisi comme votre héros~? Qu'a-t-il fait~? De qui est-il connu et pourquoi~? Ai-je une raison, moi lecteur, de consacrer mon temps à étudier sa vie~?~» La dernière question est la plus embarrassante, car je ne puis qu'y répondre~: «~Peut-être~; vous le verrez vous-même dans le roman.~» Mais si on le lit sans trouver mon héros remarquable~? Je dis cela, malheureusement, car je prévois la chose. À mes yeux, il est remarquable, mais je doute fort de parvenir à convaincre le lecteur. Le fait est qu'il agit, assurément, mais d'une façon vague et obscure. D'ailleurs, il serait étrange, à notre époque, d'exiger des gens la clarté~!

  • La taupe rouge

    Julian Semenov

    L'espion russe Von Stierlitz infiltré en Allemagne nazie doit déjouer le complot fomenté par des proches de Hitler qui tentent, sachant que la guerre est perdue pour l'Allemagne, de signer une paix séparée avec les Anglo-Américains dans le dos des Russes pour contrer la menace soviétique.

  • Édition enrichie (Préface, notes, appendice, commentaires sur l'oeuvre et biobibliographie)Elle l'aimait, elle en était aimée mais la bienséance et la mort la séparèrent de lui.
    Ce roman, dont Alexandre Dumas fils tira aussi un drame, est inspiré de l'existence authentique de Marie Duplessis. Merveilleusement belle et intelligente, cette courtisane fut adorée du Tout-Paris et de l'auteur lui-même. Il dut renoncer à elle, car il n'était pas assez riche. Verdi fit de ce drame un opéra sublime, La Traviata, que Franco Zeffirelli filma avec grand art.
    Armand et Marguerite vivent un amour immense qui survit à tous les obstacles et à toutes les tromperies. Le père d'Armand interdit cet amour inconvenant. Mais rien n'aura empêché le bonheur d'aimer, la virginité retrouvée, l'argent et les conventions dédaignés. L'amour véritable, c'était pour Marguerite l'espoir, le rêve et le pardon de sa vie. Tout lui fut donné, mais à quel prix !
    Présentation et notes d'Antoine Livio. 

  • Édition enrichie de Roger Grenier comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    "Il faut représenter la vie non pas telle qu'elle est, mais telle qu'on la voit en rêve." C'est ce que proclame un des personnages de La Mouette.
    Et Tchékhov avoue que sa nouvelle pièce transgresse les lois du théâtre : 'C'est une comédie : trois rôles de femmes, six rôles d'hommes, quatre actes, un paysage (vue sur un lac), beaucoup de conversations littéraires, peu d'action, cent kilos d'amour.'
    Pourtant, quand on parle de l'oeuvre théâtrale de Tchékhov, on pense tout de suite à La Mouette. Et l'oiseau, ses ailes déployées, reste l'emblème du Théâtre d'Art de Moscou.

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