• Oedipe roi

    Sophocle

    Edition enrichie de Jean-Louis Backès comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    La ville de Thèbes est ravagée par la peste. Son souverain, OEdipe, mène l'enquête. Il découvre que l'homme qu'il a tué jadis, Laïos, était son père, et qu'il a épousé sa propre mère, Jocaste, dont il a eu quatre enfants. Elle se suicide, il se crève les yeux et s'exile.

    Une des plus belles tragédies de l'Histoire, modèle de l'enquête policière et de son suspens, de la peinture de la destruction de soi, et des relations troubles qui tissent les liens familiaux, grande interrogation jetée au destin, cette pièce est à l'origine de nombreuses imitations (jusqu'à Gide et Cocteau) et de nombreux commentaires (jusqu'à Freud ou Jean-Pierre Vernant).

    "Ô lumière c'est la dernière fois que je te vois, /
    je suis né de qui je ne devais pas, je suis uni /
    à qui je ne dois pas, j'ai tué qui je n'aurais pas dû."
    OEdipe roi, IIIe épisode.

  • Jung

    Christian Gaillard

    Comment aborder la psychologie jungienne, objet de tant d'opinions hâtives ou d'enthousiasmes mal fondés, sans dénaturer un parcours intellectuel résolument original ? « Mes oeuvres peuvent être considérées comme autant de stations de ma vie ; elles sont l'expression de mon développement intérieur... » Ainsi Carl Gustav Jung a-t-il tenu lui-même ensemble sa vie et son oeuvre, et ce jusqu'à sa mort.
    De sa complicité puis de sa brouille avec l'inventeur de la psychanalyse, jusqu'à la découverte déterminante du Yi King, des archétypes et de la permanence de l'archaïque, le présent livre en retrace fidèlement tous les tours et détours. À lire également en Que sais-je ?...
    Histoire de la psychanalyse, Roger Perron
    Sigmund Freud, Jean-Michel Quinodoz

  • « Pourquoi philosopher ? Parce qu'il y a le désir, parce qu'il y a de l'absence dans la présence, du mort dans le vif ; et aussi parce qu'il y a notre pouvoir qui ne l'est pas encore ; et aussi parce qu'il y a l'aliénation, la perte de ce qu'on croyait acquis et l'écart entre le fait et le faire, entre le dit et le dire ; et enfin parce que nous ne pouvons pas échapper à cela : attester la présence du manque par notre parole. En vérité, comment ne pas philosopher ? »
    D'une rare limpidité pédagogique, en même temps que d'une rare profondeur philosophique, ce cours d'introduction à la philosophie donné par Lyotard en 1964 est totalement inédit.

  • À travers la présentation de sept textes de Freud, Jacques André traite une oeuvre qui déborde largement l'espace limité de la psychanalyse, marquant toute la culture du XXe siècle : l'enfant, la sexualité, la destructivité, l'oeuvre d'art, la religion, la psychologie des masses, sans parler de la psychopathologie, ne sont plus les mêmes problématiques avant et après Freud. La pensée freudienne a révolutionné quelques-uns des fondamentaux sur lesquels reposent l'expérience humaine : ce que « moi » veut dire, l'infantilisme de la sexualité, notre rapport à la temporalité et à la mort, la présence d'un inconciliable, d'un inacceptable au coeur de la vie psychique de chacun, l'empire de la honte et de la culpabilité par-delà la morale ordinaire, l'inexorable violence individuelle et collective... et nos modes de pensée les plus communs ne sont pas épargnés : il n'est plus possible après un lapsus de s'en remettre à la fatigue, ou de renvoyer l'homosexualité à la « contre-nature ».

  • On croit à la fois bien connaître l'oeuvre de Freud et sa vie. Mais que sait-on réellement de l'homme, de ses choix, de son identité et de ses liens au judaïsme... ?
    C'est ce Freud-là, saisi « sur le vif » que nous invite à découvrir Jean-Pierre Kamieniak à travers une série d'ouvrages brefs qui révèlent des facettes méconnues de l'homme et du chercheur.
    Quels rapports à son nom et à son identité Freud entretenait-il pour qu'il éprouve en 1938, à la veille de la deuxième guerre mondiale, le besoin d'affirmer haut et fort lors d'un entretien sur les ondes de la BBC : « My name is Sigmund Freud » ? Quelle fonction et quel usage accordait-il à la parole au cours de sa pratique ? Et quelle place occupait donc le nom dans sa dimension fantasmatique pour le « père de la psychanalyse » ? Comment vivait-il son identité juive en cette période propice à l'expression de la haine, renforcée par la montée de l'antisémitisme en Europe ?
    La psychanalyse n'est pas sortie toute armée de la tête de Sigmund Freud : elle est le résultat de sa propre expérience vécue. Celle d'un homme parmi les hommes, un être bien vivant, avec lequel on ne peut que partager cet ordinaire familier dont il a su, lui, extraire les lois universelles qui régissent les conduites humaines.

  • On croit à la fois bien connaître l'oeuvre de Freud et sa vie. Mais que sait-on réellement de l'homme, de ses choix, des pratiques et des conditions ayant permis ses découvertes sur la sexualité... ?

    C'est ce Freud-là, saisi « sur le vif » que nous invite à découvrir Jean-Pierre Kamieniak à travers une série d'ouvrages brefs qui révèlent des facettes méconnues de l'homme et du chercheur.
    Comment fut-il amené à appréhender la sexualité infantile ? Et quel accueil fut réservé à cette découverte « scandaleuse » effectuée par un auteur alors jugé « malfaisant et obscène », qu'elle rendit « presqu'universellement impopulaire » ? Comment le célèbre analyste appréhenda-t-il la masturbation ? Et quelle signification radicalement nouvelle offrit-il de cette supposée étiologie de toutes les « maladies nerveuses » qu'elle incarnait aux yeux de l'ensemble des savants ? Et comment comprenait-il ce phénomène appelé « ménopause masculine » ?
    La psychanalyse n'est pas sortie toute armée de la tête de Sigmund Freud : elle est le résultat de sa propre expérience vécue. Celle d'un homme parmi les hommes, un être bien vivant, avec lequel on ne peut que partager cet ordinaire familier dont il a su, lui, extraire les lois universelles qui régissent les conduites humaines.

  • Il est devenu difficile de percevoir le scandale que suscita la découverte par Freud, en 1897, de ce qu'il appellera plus tard le « complexe d'OEdipe ». Il a mis en évidence l'un des ressorts essentiels du fonctionnement psychique humain. Banalisée aujourd'hui, cette notion demeure pourtant d'une grande difficulté et souvent mal comprise, elle suscite toujours de nombreuses questions.

  • Livre très original quant à sa forme : un commentaire bio-bibliographique à partir de chaque texte de Freud. Ce travail s'appuie sur un parcours intellectuel à la fois personnel et collectif. Personnel : une rencontre avec la psychanalyse freudienne et une longue expérience de psychanalyste. Collectif : aboutissement d'un travail en séminaire de lectures chronologiques de l'oeuvre de Freud, travail commencé en 1988 dans le cadre de la formation de psychanalystes au Centre de psychanalyse Raymond de Saussure à Genève.
    Cet ouvrage se présente ainsi comme "un guide de l'oeuvre freudienne" chaque chapitre est consacré à un texte : une présentation, puis des éléments biographiques et un commentaire de ce même texte.
    "On peut lire Freud d'une manière ponctuelle, à la carte, un article ou un livre.... On peut aussi lire Freud de manière chronologique depuis les Etudes sur l'hystérie publiées en 1895 jusqu'à l'Abrégé de psychanalyse rédigé en 1938, un an avant sa mort. Lire les oeuvres dans l'ordre de leur parution permet au lecteur de saisir l'évolution de sa pensée au cours de sa vie.... Je pense que cette expérience s'avère particulièrement stimulante dans le cadre d'un groupe de lecture."

  • Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir l'Autriche.
    Mais lui, pourquoi reste-t-il, malgré l'invasion des nazis ? Quel secret renferme la lettre retrouvée par son fils ? Comment Marie Bonaparte parviendra-t-elle à le convaincre de partir ? Qui est le mystérieux Anton Sauerwald ?
    Aux heures les plus sombres de l'Histoire, ce roman passionnant offre une nouvelle vision du père de la psychanalyse.

  • « Le psychanalyste, c'est la présence du sophiste à notre époque, mais avec un autre statut », dit Lacan en 1965. Est-ce cela qui le poussa à consulter Barbara Cassin sur la doxographie ?Dans le fil de cette rencontre, les outils de l'helléniste servent à montrer les similitudes entre parole analytique et discours sophistique et selon quelles voies Jacques le Sophiste fait passer du « sens dans le non-sens » (lapsus et mots d'esprit) au « foncier non-sens de tout usage du sens ».Aristote est ici interpellé par un Lacan, sophiste moderne, qui pointe la « connerie » du Stagyrite à l'endroit du principe de non-contradiction.Comment parle-t-on, comment pense-t-on la manière dont on parle, quand on place avec Lacan l'énoncé « Il n'y a pas de rapport sexuel » en lieu et place du premier principe aristotélicien ?

  • Les évolutions contemporaines de la médecine, technologiques ou managériales, numériques ou politiques, sapent les conditions d'une médecine authentiquement clinique : il importe alors d'en dégager les lignes de force qui ont traversé les âges, pour déterminer ce que nous voulons vraiment pour demain. Tel est le but de ce livre, qui repart de l'expérience fondamentale du clinicien : la consultation.
    De quoi est faite la consultation ? Quelle crise affronte le thérapeute, quelle réalité délimite son champ d'action ? Comment intègre-t-il le principe d'incertitude? Quelle est la tension entre la créativité de l'intelligence pratique et le refuge dans la standardisation ?
    Refusant la dichotomie stérile entre science et art, l'auteur décrit la clinique comme un ensemble de gestes et de paroles ajustés à une situation singulière, et élabore une conception de l'éthique comme tact. Le traitement du corps est indissociable de l'accueil de la parole, comme sont indissociables l'absence de garantie et la confiance, ainsi que l'autonomie du patient et la liberté du médecin.

  • Le développement naturel de tout adulte comporte des souffrances liées à des blessures affectives plus ou moins enfouies (rejet, pertes, abus, abandon, mépris, mensonges, trahison, manipulation, intimidation, etc.). Ces situations mènent parfois à l'éclosion de patrons comportementaux qui surgissent dans les relations affectives actuelles. Cette répétition de patterns génère des conflits interpersonnels en réactivant, souvent à notre insu, la douleur de certaines blessures du passé que nous croyons pourtant guéries et cicatrisées.

    Au sein de l'espace thérapeutique, ces « transferts » permettent de réparer les conflits intérieurs. Ce livre passionnant présente de façon claire et vivante les concepts de transfert et contre-transfert tout en offrant des outils de qualité.

  • On refuse au nihiliste le titre de philosphe ; on lui reproche d'usurper sa place et de singer la pensée sans la pensée même : le philosophe doit être le phare de l'humanité, et l'on ne conçoit pas que ce phare puisse éclairer un charnier ou, pire, une mer d'insignifiance.

  • « Ce livre aurait pu s'intituler le Dictionnaire des génies.Légendes, icônes, les personnages à qui nous rendons hommage ont, pour la plupart, marqué leur temps grâce à leur art, leur science ou leurs actes.Mais à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si simples, car, un jour ou l'autre, ces personnalités hors du commun ont toutes dérapé, dit ou fait une connerie susceptible de réduire à néant l'oeuvre de toute une vie. C'est cet acte grandiose que nous souhaitons saluer, car grâce à eux, génie et connerie n'ont jamais été si proches, unissant par là même les créatures insignifiantes que nous sommes à ces êtres infiniment brillants... »Neil Armstrong, Bono, Confucius, Salvador Dalí, Albert Einstein, Sigmund Freud, Victor Hugo, Michael Jackson, Napoléon, Le Père Noël, William Shakespeare, Voltaire, Zidane... Une soixantaine de conneries décomplexantes !

  • La toute-puissance a mauvaise presse : on l'envisage soit comme pur mirage, soit comme dévoiement d'une surpuissance, alors qu'elle a d'abord été une façon d'affirmer une altérité irréductible.Théologique, elle a contribué à établir la liberté de Dieu au-delà de l'ordre dont il était le garant. Politique, elle a été au fondement de l'absolutisme royal à la française. Juridique, elle s'est immiscée dans l'état d'exception, en plein coeur des systèmes démocratiques. Dans tous les cas, elle repose sur l'existence d'une volonté tenue pour insondable, et donc : toute Autre.En destituant l'Autre d'une quelconque qualité subjective, Jacques Lacan a creusé l'espace d'une question inédite au regard de cette tradition : et si le monde de la toute-puissance ne recelait aucun agent ? Ne serait-ce point là le véritable athéisme ?

  • Malraux nous le rappelle : "L'art vient moins de quelque part que de quelqu'un". Freud constate que "plus on pénètre profondément dans la pathogenèse de la maladie nerveuse, plus se dévoile la connexion des névroses avec les productions de la vie psychique humaine et même les plus précieuses d'entre elles". C'est pourquoi la confrontation de l'art et de la psychanalyse est inévitable. Lorsque Freud se place en spectateur des oeuvres d'art et lorsqu'il cherche à élucider les énigmes que celles-ci lui renvoient quant à l'émotion qu'elles suscitent, il ne se place pas en position d'interprète. Il reconnait que ce qu'il a découvert "à l'aide d'un laborieux travail sur autrui" était déjà su et exprimé intuitivement par les artistes. C'est ainsi que Freud a peu à peu interrogé les avancées théoriques de sa découverte. Ce qui a donné lieu aux textes et essais, dont les plus remarquables sont présentés ici, suivis des développements ultérieurs produits par Lacan. Claude This est psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne. Diplômée de l'Ecole nationale des beaux-arts de Nancy, elle a inauguré à partir de 1969 un enseignement qui confrontait l'art et la psychanalyse. Elle a été professeur aux Beaux-Arts de Paris de 1977 à 1995.

  • Quel rôle Shakespeare a-t-il joué dans l'élaboration de la psychanalyse ? Freud lui a donné une place à part, à la croisée de son propre roman familial et de l'invention de l'oeuvre. La force des mots de poésie de Shakespeare, jointe à l'énigme de son nom, mettent au jour une fonction singulière du grand dramaturge. Shakespeare regarde la psychanalyse plus qu'il n'est analysé par elle.
    Ce livre invite à une traversée de l'oeuvre freudienne, dessinant la silhouette du Shakespeare de Freud, comme poète incontestable des « choses inconnues », mais aussi comme créateur au nom incertain. Cette énigme du nom, Freud l'a interrogée jusqu'au tourment. Il a ainsi mis au travail la question de la naissance d'une oeuvre et de l'authenticité de l'auteur.
    Arlequins ou fantômes, vêtus de neuf ou dans leurs costumes d'origine, les mots de Shakespeare déplacés dans la langue de Freud gardent sur eux l'éclat du voyage. Comme si la psychanalyse à ses commencements avait besoin de ces éclats d'étranger, de ces revenants de la mémoire.

  • « Le concept d'inconscient a fait son apparition dans la culture moderne en même temps que celui de conscience et comme son exacte conséquence : dès que l'essence originelle de la phénoménalité, révélée et occultée à la fois par Descartes dans le cogito, a été réduite à la représentation.
    Pour autant que Freud emprunte explicitement son concept de conscience à cette tradition philosophique, l'affirmation que le Fond de la Psyché échappe à la phénoménalité ainsi entendue revêt une portée immense : elle pose, après Schopenhauer et Nietzsche, que la vie ne s'exhibe jamais dans l'Ek-stase où la pensée, depuis la Grèce, la cherche. Et si, faute de moyens appropriés, le f'reudisme fut contraint de rejeter dans un arrière-monde les formes élémentaires de l'expérience, si l'affect fut ramené à la pulsion, et la pulsion à un système énergétique conforme aux schémas scientifiques de l'époque, il reste possible de reconnaître, derrière ces constructions spéculatives, à travers ces emboîtements d'hypothèses à l'infini, la figure même de cette vie - la nôtre. » (M. Henry)

  • Les deux dernières décades de la vie de Freud ont été marquées par les épreuves personnelles, en particulier par le cancer de la mâchoire qui finit par l'emporter. Il remet inlassablement les découvertes de la psychanalyse sur le métier, introduit la notion de pulsion de mort, révise ses conceptions sur la sexualité féminine et sur le processus analytique. C'est l'époque où il s'avance le plus sur le chemin qui mène de l'analyse de l'individu à la compréhension de la société et de la religion.
    Ce volume montre Freud au travail et le laisse s'exprimer lui-même sur ce qu'il pense de ses hypothèses, de ses découvertes et de leur devenir. Il se montre le critique le plus lucide et souvent le plus virulent de son oeuvre.
    C'est parce que Freud a su ouvrir d'innombrables voies nouvelles que ses successeurs ont pu suivre leur propre chemin dans l'exploration du psychisme de l'homme. C'est aussi parce que Freud n'a jamais voulu constituer de dogme que l'évolution de ses idées a pu être si féconde et si diversifiée mais parfois aussi dénaturée.

  • Le nom « autisme », reçu comme une évidence, désigne depuis plus d'un demi-siècle une forme extrême de maladie mentale. Pour autant, sait-on dans quels champs de savoirs il a été forgé, à travers quels débats, quels conflits, quels emprunts ? Marie-Claude Thomas débrouille ici l'écheveau textuel où se lit comment Bleuler a réduit l'auto-érotisme de Freud en autisme. Sa « pensée autistique » décrivait un esprit livré à la fantaisie, au rêve, à la poésie : présente chez tout un chacun, elle envahissait la vie du schizophrène. On la retrouve au fondement même de la psychologie de l'enfant, notamment chez Piaget. Trente ans plus tard, sur un autre continent, un médecin lancé dans la toute jeune psychiatrie infantile rencontre quelques enfants mutiques, enfoncés dans une « seulitude » qui semble les couper de toute affectivité. Il les baptise d'un mot dont l'emploi restait jusque-là plutôt mineur : « autistes ». Le syndrome de Kanner était né.

  • « J'oublie tout », « Je n'arrête pas de perdre mes papiers », « J'ai encore fait un lapsus malencontreux »... Personne n'est à l'abri de ces mésaventures qui émaillent la vie quotidienne et dont les effets sont parfois désastreux. Pour y pallier, chacun y va de son interprétation, suivant la voie ouverte par Freud dès les débuts de son oeuvre. Mais le plus souvent, il s'agit d'une lecture « sauvage », qui colmate la brèche plutôt qu'elle ne l'explore.
    Ce livre réinvente l'auto-analyse, en revisitant de façon inédite les interprétations freudiennes. Quel rôle joue la honte dans l'oubli, la colère dans les lapsus, le deuil dans la perte d'objets ? Quels plaisirs primaires, quels fantasmes essentiels refoulons-nous depuis l'enfance ?
    Cette auto-psychanalyse n'est pas un simple exercice solitaire. C'est une réflexion en situation, tenant compte de tout ce qui nous touche, en nous et autour de nous.


    La meilleure introduction qui soit à la connaissance de son inconscient.

  • L'amour Lacan

    Jean Allouch

    La mise au jour de l'amour Lacan est ici établie par une discussion pas à pas des propos tenus par Lacan tout au long de vingt-sept années de séminaires, où furent successivement abordées plusieurs figures de l'amour sans que l'on puisse, à première vue, distinguer celle qui importait. Telle apparaît une des raisons de l'épaisseur de l'ouvrage. Une autre tient au caractère peu admissible de la thèse, qui donc ne peut être avancée qu'à partir d'une étude exhaustive des propos de Lacan sur l'amour, particulièrement de ceux qui paraissent y contrevenir. Une autre raison, enfin, est due au style de Lacan, allergique à toute paraphrase. Ainsi l'ouvrage vaut-il également comme une proposition portant sur la manière de lire Lacan. Une de ses caractéristiques est l'impossibilité ici reconnue de dissocier complètement l'oeuvre et la vie de Jacques Lacan. On a aussi souhaité ne pas s'en tenir au commentaire de textes aujourd'hui presque anciens, mais les confronter à des travaux qui, depuis le décès de Jacques Lacan, ont approfondi, renouvelé et enrichi la méditation contemporaine sur l'amour.

  • Jeanne L'Etang

    Perrine Le Querrec

    Jeanne L'Étang naît à Paris en 1856.
    Bâtarde, fille de folle, elle passe les premières années de sa vie enfermée dans l'étroit comble d'une maison parisienne.
    Lorsqu'elle s'en échappe, c'est pour être enfermée ailleurs : la maison des folles -la Salpêtrière-, puis la maison close.
    Ces trois maisons délimitent le destin de Jeanne L'Étang : à travers les murs lui parviennent l'agitation parisienne, la guerre de 1870, la Commune, les grands travaux d'Haussmann.
    À l'intérieur des murs, elle rencontrera Degas, l'un de ses amants au bordel, Charcot, maître des hystériques de la Salpêtrière, Freud, son assistant pour quelques mois.
    Folie et luxure, misère et vices, chaque maison possède ses propres codes, son vocabulaire, ses silences, ses issues.
    Mot à mot, année après année, Jeanne L'Etang apprendra à parler ces langues.
    Si Jeanne L'Étang est une fiction, une architecture de mots qui élève autour de son héroïne des murs d'enceinte ou de protection, l'auteur s'est immergée dans les archives de l'Assistance Publique, de la Bibliothèque Universitaire Pierre et Marie Curie et de la bibliothèque Historique de la Ville de Paris afin de retranscrire au plus près la vie quotidienne de la maison close et de la Salpêtrière.

  • Slavoj Zizek est aujourd'hui une des figures majeures de la pensée dite « radicale ». Son oeuvre, commencée au milieu des années 1980, a pris son essor dans le contexte agité de la dissidence au communisme yougoslave, au sein d'un groupe de philosophes slovènes, appelé à devenir l'« École de Psychanalyse Théorique de Ljubljana », nourris par la théorie française des années soixante-dix, en particulier le structuralisme de Lacan, dont l'appropriation visait la reviviscence de l'hégéliano-marxisme. Une équipe de travail composée de chercheurs en philosophie et de psychanalystes, lecteurs de longue date du philosophe de Ljubljana, s'est penchée sur les enjeux proprement théoriques soulevés par la pensée de Zizek, et tout particulièrement sur sa tentative de ranimer l'inspiration freudo-marxiste à l'aune de la théorie lacanienne. L'intérêt que la personnalité de Zizek, l'originalité de son style et sa radicalité suscitent auprès du grand public et des médias, a pour contrepartie l'occultation de cette dimension essentielle de son oeuvre. On se propose donc ici d'examiner et d'éclairer la pensée du philosophe slovène sous un jour nouveau, proprement systématique et spéculatif, à la confluence de Hegel, Marx et Lacan. Zizek lui-même a accepté de contribuer à la tâche en proposant deux écrits inédits. Une des questions soulevées par le livre est bien celle de savoir si la vocation de la psychanalyse à jouer un rôle dans l'élaboration d'une philosophie de l'émancipation est toujours d'actualité, et si tel est le cas, sous quelle forme, à quelles conditions.

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