Sciences humaines & sociales

  • « Justice est faite », déclarait le président Barack Obama en mai 2011, en annonçant la mort d'Oussama Ben Laden, mettant fin à dix années de bras de fer entre les autorités américaines et le leader islamiste.
    Depuis le raid des forces spéciales américaines contre l'édifice qui abritait Ben Laden au Pakistan, prolongeant un nouveau cycle de guerre civile, l'épicentre de l'affrontement anti-terroriste s'est situé sur les terres afghanes, avant de se déplacer vers la Syrie et l'Iraq. Treize ans de violence et de guerre qui auront été le quotidien d'un peuple dont les perspectives d'avenir ne se sont pas soldées dans la mort de la figure tutélaire d'al-Qaeda.
    En Afghanistan, sur la question religieuse érigée en stratégie antisoviétique durant la guerre froide, le monstre s'est retourné contre son concepteur...
    Après le temps des Soviétiques, puis celui des Talibans, vient la fin programmée du temps des Américains et de leurs alliés occidentaux, qui devait conduire à la paix et à la démocratie, à la fin de la production de drogue, à la liberté pour les femmes, qui devait, enfin, réussir à « gagner les coeurs et les esprits »... Nous en sommes loin.
    Dans cet ouvrage écrit à plusieurs mains, des universitaires spécialistes de la question, des journalistes de terrain et des praticiens de l'action humanitaire croisent leurs points de vue sur les mécanismes qui alimentent le conflit, dressent un bilan de la période qui s'achève et mettent en lumière quelques chemins possibles pour imaginer d'autres scénarios que ceux de la violence répétée. Pour enfin voir fleurir un espoir sur les cendres des attentats du 11 septembre 2001 comme sur la terre endeuillée de l'Afghanistan.
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  • Guantanamo

    Frank Smith

    Ce qu´il y avait de disproportionné dans le camp de Guantanamo, c´était la convocation symbolique : hommes mis en cage à ciel ouvert (au début du moins) dans une île, à l´opposé géographique du terrain de guerre où s´en était saisi, et soumis à une relation du type bourreau-esclave, s´il s´agissait pour les militaires de George Bush de faire payer à ceux-là un autre crime, à la fois réel et symbolique, celui du 11 septembre.
    Ainsi se reconduisait, mais en se revendiquant d´une démocratie, une relation homme à homme que nous n´avions appris à envisager, même innommable que sous la botte nazie.
    Début 2009, Obama, et c´est à son honneur, dès son 1er jour d´exercice, a prononcé la fermeture de Guantanamo : ce début 2010, le camp existe toujours.
    Mais aucun de nous nulle part pour être indemne de Guantanamo : ce que nous avons appris à lire dans Les jours de notre mort de David Rousset, dans L´Espèce humaine de Robert Antelme, qu´est-ce que cela nous enseigne de ce qui s´accomplissait là-bas, sous les chapes de silence du secret militaire ?
    La littérature permet d´entrer là. On se souvient de L´Inquisitoire de Robert Pinget.
    Frank Smith se saisit des documents accessibles et publiés lors des premières commissions d´enquête. Il en fait une suite de récitatifs : contraindre la langue à marcher sur ces cailloux bruts, faire que chacun dessine un de ces captifs en situation d´interrogatoire (il y a l´interprète, il y a les bribes de rapports, il y a les réponses - au jour le jour, la guerre, et qui elle mobilisait).

    Ça se lit comme une enquête. Mais cela donne à réfléchir l´extrême, par les seuls moyens de la langue. Particulièrement fier de proposer ce texte en ligne aujourd´hui : faites lui bon accueil, c´est un texte nécessaire.

    FB

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